J’aimerais bien aller toujours bien

J’aimerais bien aller toujours bien

« Je ne suis pas à plaindre ». C’est ce que j’entends beaucoup autour de moi. Des gens qui se sentent mal et qui se rabâchent à longueur de journée « je ne suis pas à plaindre, y a plus grave ». C’est sûr, il y a plus grave. Et puis il y a vous, ce que vous ressentez ici et maintenant, et ça, c’est ce qui est (se dire « on n’est pas à plaindre » vous aide peut-être à relativiser, et c’est top si c’est le cas !

On a tendance à se le dire à soi-même pour essayer de réfréner une émotion en soi, et on a aussi tendance à le dire aux autres quand ils expriment une émotion difficile. Et typiquement, la personne d’en face peut se sentir rabaissée, pas écoutée quand on lui dit ça. Attention, je ne dis pas que vous êtes le mal incarné si vous l’avez déjà dit. On a tous dit des variations de tout ça, parce que des fois, on est juste désarmés.
 

A la liste des choses qu’on dit et qui généralement n’aident pas, il y a « ça va aller ». Je l’ai beaucoup entendu à une période de ma vie, et tout ce que ça me donnait envie de faire, c’était de hurler « mais qu’est-ce que t’en sais ? » (je vous épargne la version peu polie).  

On (se) dit ce genre de chose avec une bonne intention. En vrai, on ne sait pas quoi dire, donc on dit un truc facile à dire. Généralement, l’autre personne n’attend rien d’autre que d’être écoutée. Puisque de toute évidence, à certains moments de la vie, il n’y a rien d’autre à faire qu’à attendre et voir, et donc on voudrait juste parler et qu’on nous serre dans ses bras ou qu’on nous écoute vraiment. Sans nécessairement nous comprendre. Quand on est la personne qui écoute, c’est un exercice très périlleux (je trouve).

Bref, on sort ces phrases toutes faites, à nous ou aux autres, parce que les émotions difficiles, on ne les aime pas, ni chez nous ni chez les autres. On n’a pas envie de les vivre, on n’a pas envie que les gens qu’on aime les vivent, on veut aller bien tout le temps, on veut que tout le monde aille bien tout le temps.

Et clairement, en 2021, je pense qu’on a compris que non, on ne va pas bien tout le temps. Et c’est totalement normal. Covid ou pas Covid (pourquoi on lui donne une majuscule à celui-là, sérieusement ?), confinement ou pas confinement, crise ou pas crise.

A l’intérieur de nous, il y a une myriade de trucs qui se passent. En écho à ce qu’il se passe à l’extérieur, mais aussi, juste à l’intérieur, avec nous-même. Parfois, on ne sait même pas pourquoi, mais une émotion est déclenchée. Elle est désagréable à vivre. D’ailleurs, on dit souvent « émotion négative ». Je n’aime pas utiliser ce terme-là. Il n’y a pas d’émotion qui soit négative. C’est ce genre de qualificatif qui nous les fait fuir encore plus : « je ne vis que du positif, love and light, tralalala youpi » (et j’enfonce au passage ce qui ne me plait pas bien profondément en moi).

L’expérience humaine est composée d’émotions agréables, douces, enchantantes. Elle est composée aussi d’émotions difficiles, désagréables, dures. On est humains, on vit toute cette palette d’émotions.

Mais on n’a pas appris à vivre avec. Et ce n’est pas du tout naturel pour beaucoup de monde de rester avec nos émotions difficiles. Moi la première. Je suis la reine des solutions, et donc s’il y a un problème, il y a une solution : s’il y a une émotion qui m’embête, je vais la ratiboiser au sécateur, qu’on en finisse une bonne fois. Bon, a priori, ça ne marche pas comme ça. Le sécateur, ça ne fait que renforcer la pousse : si je ne prends pas le temps de la déraciner avec délicatesse, et donc de voir bien quelles sont toutes ses ramifications, jusqu’où elle va, dans mon corps, mon cœur, mon esprit, elle va pousser comme une plante tropicale invasive.

Prendre le sécateur pour couper l’émotion, c’est la fuir. Et ça ressemble à quoi de fuir une émotion ? On va sentir monter la tristesse par exemple, et on va chercher à s’en divertir absolument : on va manger un truc qui nous fait plaisir, on va regarder des vidéos de chats sur YouTube, on va aller se noyer dans les méandres des réseaux sociaux (ou plein d’autres choses encore, et on peut faire toutes ces choses là). On ne veut pas voir, on ne veut pas aller regarder, on fuit.

Et ça va peut-être bien marcher sur le très court terme. Et attention ! Des fois c’est vital de faire ça : on pète un plomb et on a besoin d’un truc pour ne pas voir l’émotion, ne pas la traverser maintenant parce que ce n’est pas le moment.

Si on est en confinement avec 3 enfants, dont 2 à l’école primaire, des devoirs par-dessus la tête, la maitresse qui fait des commentaires pas les bienvenus sur le manque de qualité des devoirs, et les cris d’enfants qui n’ont pas le droit de sortir jouer dans la rue : on fait ce qu’on peut pour arriver à la fin de la journée, on est bien d’accord. Donc on n’est pas là en train de se dire qu’on ne va plus jamais fuir une émotion désagréable de notre vie. On peut essayer d’être plus consciente. On peut essayer de prendre 30 secondes, au milieu du chaos pour respirer 3 fois profondément, décrisper nos muscles et essayer de voir ce qui se passe là.

Donc, bien sûr, je parle des cas où on a le choix. Dans ma vie idéale, j’ai toujours le temps de traverser une émotion difficile. Dans ma vraie vie, ce n’est pas qu’une question de temps : parfois je n’aurai pas envie, pas le courage, juste envie de m’évader, oublier ce qui me tourmente, et c’est parfaitement OK. Mais j’ai bien remarqué, sur les quelques mois écoulés, depuis que j’essaie vraiment de le pratiquer, que c’est ce qui m’apporte le plus d’alignement avec moi-même : me laisser vivre ce qui est, traverser, et en ressortir grandie. Une copine dans mon groupe d’entrepreneures m’a dit « tu as eu un passage à vide, et depuis, je te trouve sereine et posée, tranquille et déterminée ». La seule chose qui a changé, c’est que j’ai vécu une déception et au lieu de faire style (auprès de moi-même) « ouais ça va, tout roule », j’ai accepté que j’étais déçue, que j’étais triste, pas contente. Ça ne veut pas dire que je pleurais toute la journée ni que tout le monde autour de moi le savait. Non, ça veut juste dire qu’à l’intérieur de moi, j’ai respiré plein plein de fois, j’ai relâché mon corps plein plein de fois, j’ai ressenti tout ce qu’il se passait dans mon corps (et il s’en passe, des choses, dans nos corps), j’ai observé, et j’ai dit « OK. OK tout ce qui est là est là. OK mon estomac est lourd, ou ma gorge est nouée ou mes jambes sont tendues. OK. »

Et puis peu à peu, c’est passé, c’est devenu plus léger, plus fluide, et je peux dire que j’ai grandi. C’était pas le but, le but c’était juste de me permettre d’être et d’arrêter de me contraindre, et surtout d’arrêter d’essayer d’être bien tout le temps ce qui fait qu’après j’explose à un moment pas du tout approprié. Quand l’émotion qu’on fuit / qu’on enfonce bien profondément en nous / qu’on coupe au sécateur (en fonction de la version qui nous parle le plus), quand cette émotion là rejaillit, c’est plus fort, plus dur, plus violent peut-être. En tout cas pour moi. Pour certaines, ça va être une explosion lors d’une discussion avec leur partenaire, au travers des devoirs des enfants, ou dans une réunion avec les collègues : on va réagir démesurément (par rapport à nos réactions habituelles, pas par rapport à un supposé standard), on va s’enflammer, nou pou sap lor kal (on va pêter un plomb).

La façon de traverser mes émotions qui marche le mieux du mieux pour moi, c’est… le yoga. Haha grande surprise ! Même si je pratique de plus en plus RRSOP sans mouvement, dans mon quotidien, rien de tel, pour moi, que de passer par le corps. Soit je me laisse porter par mes envies, soit je choisis une séance douce, proche du tapis. Mais pour vous ce sera peut-être au contraire une séance plus active ou carrément autre chose.

Dans tous les cas, on s’assure de :

  • placer notre attention sur la Respiration, en respirant de plus en plus profondément…
  • …Relâcher notre corps, pour pouvoir…
  • …Sentir ce qu’il s’y passe…
  • …Observer ce qui est…
  • …et Permettre à ce qui est d’être, tout simplement

Et des fois, oui, les larmes montent. Des fois, oui, le simple fait de déposer le front sur le tapis et déjà tout est différent. Faire circuler l’énergie dans le corps n’a pas son pareil, pour moi, pour vivre mes émotions difficiles. J’ai déjà déroulé mon tapis dans la rage absolue, en revenant du travail. Le yoga, c’est ça aussi. Nous aider à traverser des moments d’inconfort profond.

Superposition des émotions (mon interprétation) - Photo de Callum Skelton

Superposition des émotions (mon interprétation) 

Photo de Callum Skelton

Mes petits trucs pour changer mon énergie

Mes petits trucs pour changer mon énergie

Il y a des matins où on se réveille, on est un peu raplapla. Non qu’il y ait quoi que ce soit qui aille particulièrement mal, ni qu’on vive des émotions désagréables, non. On est juste un peu grognon, pas très bien, mal au cou peut-être, pas la grande forme. Blah.

On peut se laisser enfoncer dans ces sensations et peut-être juger ce qu’il se passe : « je suis jamais en forme », « je dors 8h et je me débrouille quand même pour me réveiller à côté de mes pompes » (ce qui est OK aussi). Et/ou on peut prendre un instant pour observer, en toute neutralité (ou presque) ce qui ne nous va pas : OK, j’ai mal au cou, et un peu à la tête, j’ai le visage tout froissé, oh là là on dirait une carte de France, j’ai la flemme intersidérale de faire quoi que ce soit, et pourtant je dois me dépêcher parce que j’ai mille choses à faire.

Après ce petit état des lieux, on peut passer aux actions immédiates pour prendre le taureau par les cornes : la carte de France va disparaitre probablement après s’être lavé le visage, peut-être une petite séance de yoga pour le cou pour relâcher les tensions, peut-être une petite goutte d’huile essentielle de petit grain bigarade sur les poignets si on sent qu’on est dans une phase où on a besoin d’apaisement.

Et ça va déjà mieux. On peut alors penser un peu plus large :
  • Ça fait plusieurs matins que je me réveille avec ce mal de cou, peut-être devrais-je changer d’oreiller ?

  • Je dors 8h mais je me réveille fatiguée, peut-être que je devrais essayer d’aller au lit plus tôt le soir ? Ou moins manger le soir pour avoir un meilleur sommeil ?

  • Je me sens un peu fébrile en ce moment, est-ce que ça fait longtemps que j’ai fait une prise de sang ? Est-ce que je prends bien ma vitamine B12 en ce moment (la vitamine des végétariens, prenez-en si vous l’êtes, c’est important !) ? Ou peut-être je manque de magnésium ?

  • A moins que je sois déjà en période prémenstruelle ? Dans ce cas qu’est-ce que je peux bouger dans mon planning pour accommoder le dragon ? (réponse, on peut toujours faire un petit truc pour accommoder le dragon, ne serait-ce que décaler UN rendez-vous non prioritaire)

J’ai pris l’habitude de faire ce petit scan de moi-même le matin, pour demander à mon corps « on fait quoi ce matin, comme yoga ? ». Des fois, c’est très clair : « les haaaannncchhheesss ». Parfois, c’est juste « chien-chaaaaattt » (oui mon corps parle comme un assoiffé face à une oasis). Et des fois, il négocie, carrément : « bah je sais pas. Pas trop envie là. On a qu’à aller direct au petit déj, non ? On l’a bien mérité, je trouve ». Ces jours-là, vu qu’il est pas tout seul, et que c’est pas lui qui décide au final, je choisis autrement, j’ouvre YouTube et je fais la première vidéo courte qui m’inspire. 

Ça, c’était pour changer notre énergie le matin, quand on dirait que la journée pourrait mal commencer. Au milieu de la journée, mes tactiques sont variées, et incluent :

  • Lever les yeux de mon ordinateur très souvent et chaque fois que je sens comme une lourdeur se déposer sur moi

  • Danser. Ca me vient assez peu naturellement, car j’apprécie généralement plus le silence que la musique (oui, c’est étrange), mais quand ça me vient, ça me fait beaucoup de bien. Si je suis dans une énergie basse, je commence avec de la musique assez calme (mais pas déprimante), puis je monte en gradation jusqu’à pouvoir danser sur Celebration (et là on est un summum de l’énergie). Si je ne passe pas par ces étapes, je ne suis tout simplement pas dedans, et je ne vais pas réussir à bouger mon énergie, ni à apprécier ma musique entrainante.

  • Me mettre au soleil

  • Manger du chocolat (j’ai pas dit que c’était des tactiques parfaites, j’ai dit que c’étaient les miennes)

  • Vérifier si j’ai faim (chez moi, c’est un processus, car très souvent, je ne sens pas que j’ai faim, ce qui peut me faire descendre très bas en énergie, alors que j’ai juste faim)

  • M’étirer et bailler. Bailler et m’étirer. M’étirer et bailler

  • Faire quelques mouvements. Je pense que ça peut être bizarre pour les gens avec qui je suis, mais je peux avoir une tendance à faire quelques mouvements pendant des réunions, ou à être debout (si je suis avec des gens qui comprennent et qui sont open) après le repas, si j’ai besoin d’être productive, parce que j’ai une tendance à avoir envie de faire la sieste après le déjeuner

  • D’accepter que là, je suis pas dedans, je n’ai pas été dedans, je lâche l’affaire, je fais une sieste, je regarde un épisode d’une série, je lis un bouquin, ou je fais rien. Et on verra après. Je dois dire que je suis assez souvent dans cet état d’esprit pendant 2 heures après le repas, ce qui est beaucoup plus facile à gérer depuis que je suis à mon compte, mais qui reste compliqué quand j’ai plein de trucs à faire et parce que j’ai toujours ma petite voix qui me dit « gnagnagna »

Pour certaines personnes, ce sera ranger (pas moi, haha), courir, cuisiner… Vous, quelles sont vos astuces pour faire basculer votre énergie ? On pourrait faire une grande liste de tout ce qu’on fait pour s’inspirer mutuellement, puis je mettrai à jour cet article avec toutes vos astuces !

Faire du yoga, OK, mais pourquoi ?

Faire du yoga, OK, mais pourquoi ?

Déjà, faudrait-il qu’il y ait une utilité pour en faire ? Non, je ne crois pas. Le simple fait d’en avoir envie, c’est suffisant. Par exemple, en ce moment, je fais un puzzle. Pourquoi ? Parce que j’ai envie et que ça me fait plaisir de trouver la pièce du milieu qui manque làààà. Est-ce que ça m’apporte autre chose ? Sans doute (pour l’instant, je vois surtout que ça me distrait de mon travail et que ça me tue le dos, voilà d’ailleurs une courte séance de yoga pour les gens qui font des puzzles !).

Je ne crois pas qu’on devrait faire les choses uniquement par utilité. Oui, je vous dis tout le temps de « prendre un temps pour vous », de « vous faire du bien », de « prendre soin de votre corps et de votre esprit » à travers le yoga. Mais franchement, la plus grande motivation pour moi, c’est le plaisir que j’y prends. Si je trouvais ça trop nul ou que 99% du temps ça me porte peine de sortir mon tapis, c’est sûr que je ne le sortirais pas. S’il n’y avait que « l’impact » de la séance, je ne ferais pas du yoga.

Non, je prends du plaisir dans mon corps et dans mon esprit (et au-delà) pendant ma séance, et c’est ça qui me fait venir sur mon tapis. Et si la séance du jour ne me plait pas, je change, ou je fais mes propres mouvements. Plaisir avant tout. Oui, ça peut gonfler parfois, et il y a des jours où peut-être on regarde l’horloge toutes les 5 minutes, parce qu’on n’est pas rentrés dedans, parce qu’on n’arrive pas à se détacher d’une situation qui nous fatigue, mais 90% du temps, vous devriez être contentes d’être sur votre tapis.

Et oui, ça arrive d’avoir des séances pas intéressantes. Apparemment, j’en ai animé une récemment où ma meilleure critique m’a dit qu’elle s’était ennuyée ferme. Ça arrive. Ça venait peut-être de moi qui étais dans une énergie moins haute. Ça venait peut-être d’elle qui voulait un truc plus dynamique. Ça venait peut-être d’autre chose. Ce qui est sûr c’est que si elle s’ennuyait sur son tapis à chaque fois, elle ne ferait pas du yoga trois fois par semaine avec moi.

Pour moi, quelque soient nos activités de détente, de loisir, de sport, il est préférable d’y trouver du plaisir. Attention, je vous invite à essayer suffisamment longtemps, certaines activités qu’on va aimer à terme peuvent être inconfortables au début : méditer, courir, lire peuvent nous demander des efforts conséquents au début pour « nous y mettre », pour apprécier être dans l’instant.

L’idéal est de prendre du plaisir dans l’instant, ou sinon, au moins, pour la/le Vous du futur : il se peut qu’on ait à faire une activité physique parce que le médecin nous le recommande pour notre santé. Si ce sont des mouvements qui ne nous apportent pas de plaisir dans l’instant, on peut penser au plaisir et à la satisfaction que nous aurons après avoir dépassé nos réticences.

C’est un de mes challenges pour courir par exemple : j’ai réussi à courir, à un moment de grande motivation pour renforcer mes muscles des jambes, avec un programme en ligne qui m’a fait passer de 3 minutes de course à 45 minutes sans interruption, en 5 semaines. Magnifique. Mais je n’ai pas persisté, je ne suis pas arrivée à l’étape où j’y prenais du plaisir. Et je suis sûre que c’est une activité dans laquelle *je pourrais* prendre du plaisir, si j’insistais. Donc un de ces 4 je vais m’y remettre, sur une période plus longue, pour voir.

Ce n’est pas un exercice facile, je trouve, de trouver cet équilibre entre trouver ce qui fait du bien, et faire l’effort d’insister un peu (attention, pas dans la douleur physique, hein !). L’équilibre entre Stirha et Sukha (la force et le confort). Tapas, l’effort joyeux, un des 5 Niyamas, nous invite à ne pas être complaisant-e avec nous-même, de façon suffisamment douce pour prendre du plaisir, dans l’effort.

Tapas nous invite à prendre soin de nous en dépassant nos limites actuelles, en élargissant notre zone de confort, dans le respect de nous-même. Voilà quelques limites et façons de les contourner/dépasser :

  • je n’ai pas le temps > commencer court
  • je n’ai pas l’énergie > trouver une formule douce, dans le respect de nos rythmes naturels
  • je n’ai pas d’argent > apprendre avec YouTube pour commencer ? S’équiper d’occasion ?
  • je n’ai pas la condition physique > se remettre en forme en douceur avant de se mettre le challenge de grimper le Kilimandjaro
  • je ne vais pas m’y tenir > trouver un-e partenaire pour pratiquer avec vous !

Et peu à peu, notre zone de confort grandit, nous prenons de plus en plus de plaisir dans l’effort, que ce soit une routine (du yoga tous les jours), un sport (courir 1 heure), de la musique (apprendre à jouer du ukulele)…

Si on le fait une fois, dans un domaine (et on l’a tou-te-s fait au moins une fois, regardez dans votre histoire, on a tous commencé quelque chose de difficile et qui est devenu agréable), ça nous donne la foi de pouvoir le refaire dans d’autres domaines, et de savoir que pendant ou après la phase d’apprentissage, il y a, peut-être, le plaisir, la joie, le dépassement de soi… Et vous, c’est dans quel domaine ?

 

Je voudrais faire du yoga, mais…

Je voudrais faire du yoga, mais…

Si vous lisez cet article, vous vous intéressez de près ou de loin au yoga. Peut-être que vous en faites déjà, peut-être que vous en avez fait et que vous n’en faites plus, peut-être que vous avez un peu peur d’essayer… 

Ici, je vais passer en revue pleins d’objections que j’entends couramment par rapport au yoga, et je vais vous partager plein d’idées pour les dépasser ! 

Et donc, vous vous dites peut-être « Je voudrais (re)faire du yoga, mais… »

…je n’ai pas le temps

C’est sûr que le temps d’aller jusqu’au cours de yoga, se changer, s’installer, suivre le cours, puis faire le chemin inverse, ça peut prendre du temps et de l’énergie qu’on n’a pas toujours, sans parler qu’on n’est pas toujours mobiles, entre les transports en commun inexistants dans certains endroits, la voiture en partage avec le/la conjoint-e, l’absence de baby-sitter…! Une heure de séance se transforme rapidement en 2, et ça nous prend bien trop de temps. 

Peut-être que vous galérez déjà à trouver 10 minutes pour vous dans une journée, alors 60 minutes consécutives dans la semaine, ça vous parait énorme (il semble que ce soit ce que vivent mes amies qui sont mamans, cœur sur vous !!). Donc une séance d’une heure, dans ce cas, on n’y pense même pas. 

Le temps c’est sûr, quand on n’en a pas, on ne peut pas l’inventer. On peut se demander toutefois ce qui nous attire dans le yoga, ce que ça nous apporterait dans notre vie et si ça vaudrait le coup de le remonter un peu dans la liste de priorité. La réponse est peut-être non. Si la réponse est oui, vous pouvez réfléchir au format qui vous conviendrait :

  • Aller en cours en présentiel (là où c’est possible), c’est peut-être trop compliqué, mais en ligne, ça fonctionne peut-être : des séances sur Zoom, il y en a plein en ce moment, et il y a aussi les cours pré-enregistrés sur YouTube !

  • Faire une séance d’une heure par semaine, c’est peut-être impossible de trouver ce créneau, mais peut-être que 10 minutes par jour, c’est envisageable (si oui, peut-être que le coffret de bulles de sérénité est pour vous !). ET de mon point de vue, on a plus de bénéfices : on crée une routine, on prend l’habitude de se connecter à soi, on développe nos capacités à ressentir nos sensations au quotidien… Que du bonus !

…ça coûte trop cher

C’est vrai, les cours de yoga peuvent coûter assez cher. De mon côté, j’ai choisi de garder mes tarifs à la séance relativement bas (surtout par rapport au marché français), justement parce que c’est un véritable obstacle à la pratique, et que je veux contribuer à rendre le yoga ACCESSIBLE A TOU-TE-S. Et malgré tout, ça n’en reste pas moins une somme, à sortir à chaque cours ou à chaque mois, et ce n’est pas disponible pour tout le monde. Dans ce cas-là, que peut-on faire ?

  • On profite des offres spéciales et des challenges gratuits : plein de profs de yoga en font, et la séance découverte est gratuite (le code pour une séance gratuite sur Zoom avec moi, c’est YOGAPOURMOI). En plus, ça vous permet de varier les plaisirs !

  • On peut choisir de faire UNE séance par mois, celle qui nous attire le plus, qui fait notre cœur chanter. Et si c’est en ligne, on refait le replay pour bien ancrer la pratique en nous (pendant qu’on y est)

  • On fait des séances gratuites sur YouTube. Il y en a plein, des milliers et des milliers. Vous tapez votre requête et vous aurez plein de choix, et encore plus si vous parlez aussi anglais (ou une autre langue) : yoga matin, yoga mal de tête, yoga du soir, yoga mal de dos, yoga anxiété, yoga digestion, yoga hanches… Bref, vous avez une idée, vous le demandez à YouTube, vous trouverez LA pratique qui vous va. Et si c’est une première, assurez-vous de choisir du yoga doux (pas de flow ou de vinyasa) et suivez ces quelques conseils.

  • On fait des cours de yoga en ligne à plusieurs dans la famille, si c’est OK avec le/la prof. Ca réduit le coût « par tête », et au-delà de la séance de yoga, ça permet aussi, forcément, de renforcer les liens au sein du foyer ! Attention, tou-te-s les profs n’acceptent pas forcément, à vérifier auprès d’elles/eux.

…je n’ai pas d’énergie

Aaaaahhh l’énergie. Moi aussi l’énergie, c’est toute une histoire. De moins en moins, mais toujours un sujet. Je vous garantis une chose : si vous vous sentez raplapla, vous aurez plus d’énergie APRES votre séance qu’avant. C’est sûr. Certain. Garanti. Rien que le fait de bouger le corps, au moins un peu, fait circuler l’énergie dans ses moindres recoins et aaahhh, ça va mieux. Le plus dur c’est d’arriver à votre tapis. Et parfois, on n’a même pas besoin de tapis, ni de tenue spécifique pour pratiquer : du yoga sur chaise, du yoga debout, de la méditation, de la visualisation… Là aussi, YouTube est votre ami ! Notamment si on passe par une phase dépressive, cette étape de dérouler le tapis, de se changer, ça peut être un vrai obstacle. Contournez l’obstacle, et choisissez une séance courte. Vous verrez, vous serez mieux après !

…j’ai une maladie / une condition

Là, je vous invite à en parler avec votre médecin. Globalement, dans le cas d’énormément de maladies et conditions, le mouvement est recommandé, avec bien sûr des contre-indications : demandez un certificat médical avec les contre-indications, écoutez les conseils de votre médecin, mentionnez votre condition/maladie à votre professeur-e de yoga si vous le souhaitez, tout en sachant que vous restez responsable de votre corps, et que si un mouvement ne vous inspire pas, ne le faites pas ! Votre santé AVANT TOUT ! 

…je ne suis pas assez souple

LA raison numéro 1 qui m’est donnée : « je voudrais bien faire du yoga, mais je ne suis pas souple du tout ». Si je suis face à la personne j’ai tendance à me pencher direct en direction de mes orteils et dire, « regarde, moi non plus, et pourtant je suis prof de yoga ». Le yoga N’EST PAS réservé aux personnes souples. Nous sommes toutes et tous les bienvenus dans une pratique de yoga, quel que soit notre niveau de souplesse. Si c’est un sujet et que vous avez peur du regard des autres sur le tapis :

  • Parlez-en à votre (futur-e) prof de yoga, confiez-lui vos inquiétudes : elle/il prêtera attention à vos besoins pendant les premiers cours de yoga que vous prendrez avec lui/elle pour adapter les postures à votre corps. Je répète, on adapte les postures à nos corps ET NON l’inverse !

  • Les accessoires sont vos amis : les courroies (longs foulards ou taies de traversin) et les blocs (gros livres) sont là pour vous aider à ajuster les postures, à remonter le sol à vous, à atteindre vos orteils avec vos doigts, etc. Là aussi, votre prof peut vous guider, et vous trouverez de nombreuses vidéos en ligne sur l’utilisation des accessoires, notamment celle-ci Et des infos aussi dans cet article !

  • Si c’est le regard des autres en séance publique qui vous inquiète, les cours en ligne sont vos amis : vous pouvez pratiquer depuis chez vous, personne ne vous voit (ou que la/le prof si c’est un cours sur Zoom et que vous activez la caméra) si c’est cela qui vous retient. Je sais que c’est un sujet chez quelques-unes d’entre vous

  • Prenez des cours particuliers pour que le/la prof vous aide à ajuster exactement les postures aux besoins de votre corps. C’est un budget, mais sur le court terme : une fois que vous avez intégré ces postures, plus besoin de cours particuliers !

…je suis trop grosse

Beaucoup des conseils juste au-dessus marchent aussi pour cette situation. Vous vous trouvez peut-être trop grosse, en tout cas, le yoga ne trouve pas que vous soyez trop grosse. Jamais. Quelle que soit votre carrure, vous pouvez faire du yoga. Bien sûr, comme pour tout le monde, vous allez devoir adapter le yoga à votre corps. Pour cela, je vous invite à échanger avec votre prof de yoga : telle posture me pose problème, quand j’avance mon pied vers l’avant j’ai mon ventre qui me coince, qu’est-ce que je peux faire d’autre ? Elle/il pourra vous accompagner, et au besoin, vous accompagner dans cette recherche. 

…le yoga va à l’encontre de mes croyances

A vous de voir si le yoga va à l’encontre de votre religion. Sachez toutefois que le yoga ne prône rien, qu’il y a des principes de vie qui sont somme toute communs à de nombreuses religions. Vous pouvez trouver un-e prof avec qui en discuter, et il/elle pourra sans doute vous rassurer. Vous pouvez aussi en parler avec une autorité de votre religion. Engagez la conversation, ça m’est arrivé une fois, et c’est passionnant ! 

En conclusion : si le yoga vous attire, essayez ! Quelle que soit la forme : en cours en présentiel (si c’est possible dans votre contexte), en cours à distance, à travers des vidéos YouTube, courtes, longues… Le plus important : prendre du plaisir dans votre pratique et respecter votre corps ! En cas de douleur, on soooooort de la posture !

L’équilibre entre Sthira et Sukha

L’équilibre entre Sthira et Sukha

Lundi, j’ai pris la décision de décaler d’une semaine la sortie de mon nouveau programme, Bulles de Sérénité. Je veux d’ailleurs arrêter de l’appeler « programme », je le vois plus comme un coffret : un coffret que vous pouvez ouvrir et duquel vous pouvez sortir la pratique qui vous fera du bien ce jour-là. Mais je m’égare. Lundi, j’ai pris la décision de décaler sa sortie donc. Je vous avais déjà dit que je pensais le lancer le 14 février, c’était dans mon calendrier, c’était prévu. Et puis, le mois de janvier est venu un peu me chahuter, à plusieurs niveaux, et je n’ai pas avancé aussi vite.

Mon premier instinct, ça a été de me dire que j’allais mettre les bouchées doubles et que j’allais le lancer à la date dite. Et puis franchement, plus le temps avançait, plus je me disais que j’allais vivre à nouveau un lancement de « programme » comme je l’ai fait pour Matins Sereins, dans la précipitation et, comble du comble, sans sérénité. Or, ce que je veux là, c’est de la douceur et de la joie. Je veux ancrer en moi qu’un lancement de programme, ça n’a pas besoin d’être un sprint. Je veux ancrer en moi que je peux travailler à mon rythme, respecter ce que je vis, accueillir les transformations qui se passent en moi, faire de la place.

Ça faisait plusieurs jours que je bataillais avec ça, et franchement, ce n’était pas très heureux. Autant j’étais super contente quand je filmais et quand je montais, autant je voyais que je n’avançais pas comme je l’avais prévu et que donc, j’allais devoir cumuler plusieurs fronts au moment du lancement. C’est ce que j’ai fait pour Matins Sereins, et ce n’était pas une bonne idée, je n’avais pas les idées assez claires. Et je ne l’ai pas assez fait dans la joie.

Alors lundi, j’ai lâché. J’ai accepté. Je décale le lancement des Bulles de Sérénité d’une semaine, au 21 février. Et du 14 au 21 février, on revisitera ensemble 7 cases du calendrier de l’Avent. Et ce sera parfait.

Comment je suis arrivée à cette décision ?

  • Vous vous rappelez de mes trois mots de l’année ? Confiance, joie, abondance. Clairement, quand j’étais en train de pousser, je n’étais pas dans la confiance, ni dans la joie, ni dans l’abondance. Là, je suis dans la confiance que me laisser une semaine de plus, ça m’offre une douceur incroyable, et je m’offre la joie de travailler pendant 3 semaines sereinement plutôt que de faire la même chose en 2 semaines dans l’angoisse de ne pas y arriver, je choisis de cultiver l’abondance de temps, de joie, de bonheur d’agir, comme je le fais pour le reste (mes séances de yoga)

  • J’ai réalisé qu’il y aurait d’autres programmes que j’allais lancer dans l’année, et que je ne voulais pas me prévoir d’autres moments de souffrance et de cavalcade. Pour m’assurer que mon ANNEE serait plus douce, c’est passé par ce décalage d’une semaine, pour ancrer qu’un lancement de programme, ça peut être doux, joyeux et léger

  • Il y a quelques mois, en début d’un coaching de groupe que je fais en ce moment, pour les apprenties entrepreneuses, il est arrivé très clairement sur la table que pour avancer, j’allais devoir être déloyale à l’Emilie d’il y a quelques années. Or, la loyauté, c’est une valeur profondément ancrée en moi, et l’Emilie d’il y a quelques années, j’en étais, j’en suis, fière. La PREMIERE séance, ça a été la déloyauté à la moi-même d’il y a quelques années, celle qui cavalait derrière les deadlines, notamment (à d’autres niveaux aussi)

  • Cultiver la douceur pour moi me permet de l’incarner dans mon quotidien. Je suis arrivée à la mi-décembre épuisée par des contrats associatifs à boucler (dans ma vie de consultante) et par le lancement de Matins Sereins. Autant dire que j’avais une tolérance aux opinions contraires très limitée, ce qui s’est soldé par ma pire colère de l’année, devant une dizaine de personnes. Je reste convaincue de ce que je disais, mais j’aurais aimé pouvoir le dire avec calme et détachement. Certaines personnes et certaines situations appuient sur mes boutons, et « mo sap lor kal » (aucune expression ne représente plus fidèlement ce qu’il se passe en moi quand je me mets en colère. Comme s’il y avait une cale qu’on a enlevée et d’un coup bam, tout sort). Or, on atteint souvent bien mieux ses objectifs en expliquant calmement et fermement ses opinions qu’avec de grandes gesticulations et des yeux outrés (bon, les yeux franchement, je contrôle assez peu ce qu’ils font, et ils aiment s’exprimer. Les coins de mes lèvres aussi. Donc je garantis pas une amélioration sur ce front [mon front aussi d’ailleurs, lui aussi, est très expressif]). Toujours est-il que cette personne un peu survoltée, là, je ne veux pas l’être. Je ne l’ai jamais vraiment été, mais j’ai des pics de colère. Je sais ce qui met de l’huile sur le feu quand en plus d’être en PMS, j’ajoute de la fatigue, du stress, de la peur (oui, lancer un programme fait super peur !).

Donc me donner une semaine de plus, ça parait idéal. J’ai juste ajouté le temps nécessaire pour que ce qu’il me reste à réaliser soit fait dans la fluidité, la douceur et la légèreté. Ni plus ni moins, pour ne pas être ni dans le bourrinage (je vais bosser 14 heures par jour et puis c’est tout), ni dans la fuite (je me laisse tout le temps du monde, et du coup, on verra quand ça naîtra).

Pourquoi je vous partage tout ça ?

Quand j’ai (enfin !) fait le lien entre tout ça, que j’ai pris ma décision de reporter, je ressentais QUAND MÊME de la culpabilité. Alors que PERSONNE n’attend particulièrement ce programme. Il n’était même pas prévu à la base, c’est suite à vos retours sur le calendrier de l’Avent que je me suis dit que ce serait une belle idée. Donc après avoir pris cette décision qui pourtant me paraissait alignée, j’avais toujours une pointe de culpabilité. POURQUOI ?

Parce que j’ai « toujours » fonctionné en mode « marche ou crève » :

  • je suis malade, mais je tiens quand même debout, je vais quand même au bureau (et je m’en glorifie en mon for intérieur), résultat je mets 3 semaines à récupérer d’une crève qui avec du repos est réglée en 3 jours

  • je dois finir de relire ce projet, valider le budget, rendre ce rapport et mon patron me demande si je peux en plus faire ça parce que là ça coince de son côté ? Mais oui, bien sûr, vas-y, envoie, j’ADORE AIDER ! (et c’est vrai et en plus je me sens tellement importante quand je sors un collègue de l’impasse. Je m’y retrouve après, hein, dans l’impasse, mais au moins, je l’ai aidé)

  • je pars en Argentine et au Chili dans 2 mois et demi (c’était en 2018), ça fait 3 ans que je le sais, j’ai pas commencé à apprendre l’espagnol ? Pas de souci, je l’apprends en 2 mois et demi, à coup de 2/3 heures par jour (en vrai ça a bien marché et c’était fun, mais ça témoigne quand même de cette tendance « marche ou crève »)

J’ai commencé à me calmer quand j’ai quitté le salariat, mais du coup de façon pas du tout mesurée : soit je bosse à fond, soit je glande à fond, et du coup, ça ne fonctionne pas (pour moi). Et finalement, ce qui est en train de me permettre d’arriver peu à peu à l’équilibre c’est de travailler pour moi (et sur moi beaucoup aussi !), à cultiver l’équilibre entre sthira (la force) et sukha (la douceur).

C’est un grand principe de yoga que j’essaie de vous transmettre pendant les séances, en filigrane, c’est l’équilibre entre la discipline et le lâcher-prise, entre la force et la souplesse, entre l’énergie et le relâchement, entre la stabilité et le changement. C’est ce qu’on retrouve dans le Yoga Sutra II-46 Sthira Sukham Asanam qui vient décrire la qualité des asanas (les postures) : force et aise, stabilité et douceur, pas l’un ou l’autre, pas l’un après l’autre, mais les deux ensemble, dans une double polarité bien équilibrée. Par exemple, on érige le dos bien droit, et puis on tourne dans la torsion, équilibre entre sthira pour garder le dos droit, et sukha, pour s’installer dans la torsion avec douceur.

En ce moment, pour cultiver la douceur dans ma vie, parce que j’ai besoin de faire plus de place à cette polarité pour contrebalancer ce qui m’apparait comme « naturel » (mais qui est une construction), je pratique le yin yoga. Depuis lundi, je me fais comme un stage de Yin Yoga, tous les matins, je choisis une nouvelle pratique de yin yoga. Ce matin, une heure et demi de yin yoga, pour inviter des vrais temps de pause (parce que ne rien faire ET culpabiliser, ce n’est pas de la vraie pause) et de la douceur, y a pas mieux. Je n’en avais jamais vraiment fait, je pense par peur de m’y ennuyer, mais j’ai toujours été attirée par ce yoga où l’on tient des poses douces pendant plusieurs minutes, où la lenteur est l’un des principes directeurs (si j’avais au contraire été dans une léthargie avancée, j’aurais peut-être choisi de pratiquer du vinyasa yoga qui est beaucoup plus dynamique que mes pratiques habituelles).

Depuis lundi (jour de la décision et de la révolution, donc), je prends contact avec mes sensations, comme on le fait dans une pratique de yoga, plusieurs fois par jour, pour venir voir si ce que je suis en train de faire me met en joie et si non, s’il y a quelque chose que je peux faire pour le rendre plus léger : soit c’est un truc très pénible à faire, est-ce que j’écoute de la musique en même temps ? Soit c’est un truc que je fais mais qui n’est ni prioritaire ni important, est-ce que je peux laisser tomber ? Soit c’est un truc qui normalement me met en joie mais que je n’ai pas envie de faire là, je passe à autre chose et j’y reviendrai. Et c’est justement pour me donner cet espace que j’ai décalé le lancement de Bulles de Sérénité, ce joli coffret.

Je ne sais pas si vous raconter ma vie de jeune entrepreneure est intéressant pour vous. Vous commencez à le savoir, j’aime faire des parallèles entre ce qui se joue sur le tapis et ce qui se joue dans la vie, et la vie que j’ai sous la main, c’est la mienne, donc je vous en raconte des petits bouts, quand je me dis que ça peut aider à illustrer mon propos, que ça peut éclairer un bout de votre chemin.

Les 8 piliers du yoga

Les 8 piliers du yoga

Si je vous demande de lister tout ce que vous connaissez du yoga, vous me répondrez peut-être :

  • Les postures. C’est un des piliers du yoga, en effet, UN sur huit.

  • La respiration. C’est un autre pilier du yoga

  • La méditation qui est elle aussi encore un autre pilier du yoga

  • Peut-être que la non-violence vous viendra en tête, Ahimsa, c’est l’un des yamas qui lui est l’un des piliers du yoga.

Et vous me direz que c’est déjà pas mal. Et vous avez raison, c’est déjà super ! Oui, quoi que vous me répondiez, je vous aurais dit « super » parce qu’on connait ce qu’on connait, et c’est la base sur laquelle on va apprendre. Vu que je ne sais pas exactement de quelle base on part (car cette conversation entre vous et moi a surtout lieu dans ma tête ici et maintenant), on va y aller depuis le commencement.

Pourquoi voudriez-vous en savoir plus sur ces 8 piliers du yoga ?

Quand j’ai commencé ma formation de prof de yoga, je n’en savais pas guère plus sur le yoga que ce dont je vous parle plus haut, mais je savais que je voulais découvrir la philosophie du yoga. En gros, je ne connaissais qu’Ahimsa qui avait guidé notamment mon choix de devenir végétarienne (puis végane puis re-végétarienne). Et quand j’ai découvert l’ampleur, c’était comme plonger avec délectation dans un océan de merveilles (dit la fille qui a peur de faire de la plongée sous-marine [alors qu’elle habite sur une île [depuis 13 ans]]) : à la fois excitant et impressionnant.

D’où viennent ces 8 piliers ?

Les 8 piliers du yoga, c’est vaste. On parle aussi de 8 membres (limbs en anglais) ou d’étapes. Je choisis le mot pilier qui me parle mieux : on enlève l’un, ça vacille, 2 ça tremble, 3, ça s’effondre. Pourtant, en anglais, j’aime bien « limbs ». A vous de voir ce que vous préférez. Ces 8 piliers sont issus des Yoga Sutras de Patanjali, recueil d’aphorismes datant de 200 avant JC à 100 après JC. Les Yoga Sutras contiennent 194 aphorismes et sont originellement en sanskrit. Plusieurs traductions existent, et chacune permet d’avoir une compréhension différente du texte. Les Yoga Sutras ne se lisent pas forcément de la première page à la dernière, c’est plutôt une exploration.

Les 8 piliers

Ces 8 piliers, je vous en parle en filigrane, dans les cours, dans les vidéos et dans mes articles, mais aujourd’hui, on va faire un petit tour d’horizon, préliminaire à de plus grandes explorations au fil de l’année. Peu à peu j’ajouterai des articles et vidéos pour approfondir, et je viendrai ici y déposer les liens.

1. Les Yamas : comportements envers les autres

  • Ahimsa : la non-violence qui est le fondement des autres yamas – exploration d’Ahimsa en lien avec le végétarisme et en lien avec nos relations aux autres

  • Satya : la vérité

  • Asteya : la non-convoitise

  • Brahmacharya : l’abstinence (contrôler ses pensées et ses actions)

  • Aparigraha : la non-possessivité

2. Les Niyamas : comportements à cultiver pour soi

  • Saucha : pureté du corps et de l’esprit

  • Santosha : le contentement

  • Tapas : l’effort joyeux

  • Svadhyaya : l’exploration de soi

  • Ishwarapranidhana : l’abandon au divin

➡️ Les yamas et les niyamas sont sujets à réflexion, méditation et d’exploration. Je pense qu’en fonction des moments que nous vivons, nous pouvons nous approprier ces 10 yamas et niyamas de façon différente. Les explorer nous aide à avancer, c’est une porte d’entrée pour, peut-être, une vie meilleure. Une porte d’entrée comme tant d’autres, à vous de voir laquelle vous parle.

3. Asana : les postures de yoga comme celles que nous pratiquons ensemble

4. Pranayama : la respiration physique et énergétique pour cultiver et préserver l’énergie

5. Pratyahara : le contrôle des sens. A chaque fois que je vous invite à revenir placer l’attention à l’intérieur, c’est ce qu’on pratique, entre autres.

6. Dharana : les techniques de concentration

7. Dhyana : l’état de méditation

8. Samadhi : l’union avec la partie lumineuse en nous et avec l’univers

Vous le voyez, c’est dense ! Du coup, on va y aller tout au long de l’année, à coup de vidéos et d’articles, je vous parlerai peu à peu des 8 piliers du yoga, notamment à travers des commentaires des Yoga Sutras de Patanjali qui peuvent paraitre un peu rebutants de premier abord. Si jamais vous voulez les explorer par vous-mêmes, je vous encourage à explorer diverses versions commentées : personnellement, je n’en ai trouvé encore aucune qui me parle véritablement (vous pouvez explorer celle-ci ou celle-ci, en français / celle-ci ou celle-ci en anglais). Les sutras sont des aphorismes qui sans commentaire sont très «secs». On a besoin de contexte, d’interprétation, de mise en lumière… Et on accroche ou pas avec les commentaires d’un auteur. Je vous livrerai le fruit de mes explorations peu à peu pour éclairer les vôtres et vous offrir peut-être une porte d’entrée dans cet univers !

Je viendrais tout répertorier ici, au fur et à mesure, pour que vous puissiez vous repérer. Quel(s) aspect(s) voudriez-vous explorer en premier ? Dites-moi tout en commentaire !