L’équilibre entre Sthira et Sukha

L’équilibre entre Sthira et Sukha

Lundi, j’ai pris la décision de décaler d’une semaine la sortie de mon nouveau programme, Bulles de Sérénité. Je veux d’ailleurs arrêter de l’appeler « programme », je le vois plus comme un coffret : un coffret que vous pouvez ouvrir et duquel vous pouvez sortir la pratique qui vous fera du bien ce jour-là. Mais je m’égare. Lundi, j’ai pris la décision de décaler sa sortie donc. Je vous avais déjà dit que je pensais le lancer le 14 février, c’était dans mon calendrier, c’était prévu. Et puis, le mois de janvier est venu un peu me chahuter, à plusieurs niveaux, et je n’ai pas avancé aussi vite.

Mon premier instinct, ça a été de me dire que j’allais mettre les bouchées doubles et que j’allais le lancer à la date dite. Et puis franchement, plus le temps avançait, plus je me disais que j’allais vivre à nouveau un lancement de « programme » comme je l’ai fait pour Matins Sereins, dans la précipitation et, comble du comble, sans sérénité. Or, ce que je veux là, c’est de la douceur et de la joie. Je veux ancrer en moi qu’un lancement de programme, ça n’a pas besoin d’être un sprint. Je veux ancrer en moi que je peux travailler à mon rythme, respecter ce que je vis, accueillir les transformations qui se passent en moi, faire de la place.

Ça faisait plusieurs jours que je bataillais avec ça, et franchement, ce n’était pas très heureux. Autant j’étais super contente quand je filmais et quand je montais, autant je voyais que je n’avançais pas comme je l’avais prévu et que donc, j’allais devoir cumuler plusieurs fronts au moment du lancement. C’est ce que j’ai fait pour Matins Sereins, et ce n’était pas une bonne idée, je n’avais pas les idées assez claires. Et je ne l’ai pas assez fait dans la joie.

Alors lundi, j’ai lâché. J’ai accepté. Je décale le lancement des Bulles de Sérénité d’une semaine, au 21 février. Et du 14 au 21 février, on revisitera ensemble 7 cases du calendrier de l’Avent. Et ce sera parfait.

Comment je suis arrivée à cette décision ?

  • Vous vous rappelez de mes trois mots de l’année ? Confiance, joie, abondance. Clairement, quand j’étais en train de pousser, je n’étais pas dans la confiance, ni dans la joie, ni dans l’abondance. Là, je suis dans la confiance que me laisser une semaine de plus, ça m’offre une douceur incroyable, et je m’offre la joie de travailler pendant 3 semaines sereinement plutôt que de faire la même chose en 2 semaines dans l’angoisse de ne pas y arriver, je choisis de cultiver l’abondance de temps, de joie, de bonheur d’agir, comme je le fais pour le reste (mes séances de yoga)

  • J’ai réalisé qu’il y aurait d’autres programmes que j’allais lancer dans l’année, et que je ne voulais pas me prévoir d’autres moments de souffrance et de cavalcade. Pour m’assurer que mon ANNEE serait plus douce, c’est passé par ce décalage d’une semaine, pour ancrer qu’un lancement de programme, ça peut être doux, joyeux et léger

  • Il y a quelques mois, en début d’un coaching de groupe que je fais en ce moment, pour les apprenties entrepreneuses, il est arrivé très clairement sur la table que pour avancer, j’allais devoir être déloyale à l’Emilie d’il y a quelques années. Or, la loyauté, c’est une valeur profondément ancrée en moi, et l’Emilie d’il y a quelques années, j’en étais, j’en suis, fière. La PREMIERE séance, ça a été la déloyauté à la moi-même d’il y a quelques années, celle qui cavalait derrière les deadlines, notamment (à d’autres niveaux aussi)

  • Cultiver la douceur pour moi me permet de l’incarner dans mon quotidien. Je suis arrivée à la mi-décembre épuisée par des contrats associatifs à boucler (dans ma vie de consultante) et par le lancement de Matins Sereins. Autant dire que j’avais une tolérance aux opinions contraires très limitée, ce qui s’est soldé par ma pire colère de l’année, devant une dizaine de personnes. Je reste convaincue de ce que je disais, mais j’aurais aimé pouvoir le dire avec calme et détachement. Certaines personnes et certaines situations appuient sur mes boutons, et « mo sap lor kal » (aucune expression ne représente plus fidèlement ce qu’il se passe en moi quand je me mets en colère. Comme s’il y avait une cale qu’on a enlevée et d’un coup bam, tout sort). Or, on atteint souvent bien mieux ses objectifs en expliquant calmement et fermement ses opinions qu’avec de grandes gesticulations et des yeux outrés (bon, les yeux franchement, je contrôle assez peu ce qu’ils font, et ils aiment s’exprimer. Les coins de mes lèvres aussi. Donc je garantis pas une amélioration sur ce front [mon front aussi d’ailleurs, lui aussi, est très expressif]). Toujours est-il que cette personne un peu survoltée, là, je ne veux pas l’être. Je ne l’ai jamais vraiment été, mais j’ai des pics de colère. Je sais ce qui met de l’huile sur le feu quand en plus d’être en PMS, j’ajoute de la fatigue, du stress, de la peur (oui, lancer un programme fait super peur !).

Donc me donner une semaine de plus, ça parait idéal. J’ai juste ajouté le temps nécessaire pour que ce qu’il me reste à réaliser soit fait dans la fluidité, la douceur et la légèreté. Ni plus ni moins, pour ne pas être ni dans le bourrinage (je vais bosser 14 heures par jour et puis c’est tout), ni dans la fuite (je me laisse tout le temps du monde, et du coup, on verra quand ça naîtra).

Pourquoi je vous partage tout ça ?

Quand j’ai (enfin !) fait le lien entre tout ça, que j’ai pris ma décision de reporter, je ressentais QUAND MÊME de la culpabilité. Alors que PERSONNE n’attend particulièrement ce programme. Il n’était même pas prévu à la base, c’est suite à vos retours sur le calendrier de l’Avent que je me suis dit que ce serait une belle idée. Donc après avoir pris cette décision qui pourtant me paraissait alignée, j’avais toujours une pointe de culpabilité. POURQUOI ?

Parce que j’ai « toujours » fonctionné en mode « marche ou crève » :

  • je suis malade, mais je tiens quand même debout, je vais quand même au bureau (et je m’en glorifie en mon for intérieur), résultat je mets 3 semaines à récupérer d’une crève qui avec du repos est réglée en 3 jours

  • je dois finir de relire ce projet, valider le budget, rendre ce rapport et mon patron me demande si je peux en plus faire ça parce que là ça coince de son côté ? Mais oui, bien sûr, vas-y, envoie, j’ADORE AIDER ! (et c’est vrai et en plus je me sens tellement importante quand je sors un collègue de l’impasse. Je m’y retrouve après, hein, dans l’impasse, mais au moins, je l’ai aidé)

  • je pars en Argentine et au Chili dans 2 mois et demi (c’était en 2018), ça fait 3 ans que je le sais, j’ai pas commencé à apprendre l’espagnol ? Pas de souci, je l’apprends en 2 mois et demi, à coup de 2/3 heures par jour (en vrai ça a bien marché et c’était fun, mais ça témoigne quand même de cette tendance « marche ou crève »)

J’ai commencé à me calmer quand j’ai quitté le salariat, mais du coup de façon pas du tout mesurée : soit je bosse à fond, soit je glande à fond, et du coup, ça ne fonctionne pas (pour moi). Et finalement, ce qui est en train de me permettre d’arriver peu à peu à l’équilibre c’est de travailler pour moi (et sur moi beaucoup aussi !), à cultiver l’équilibre entre sthira (la force) et sukha (la douceur).

C’est un grand principe de yoga que j’essaie de vous transmettre pendant les séances, en filigrane, c’est l’équilibre entre la discipline et le lâcher-prise, entre la force et la souplesse, entre l’énergie et le relâchement, entre la stabilité et le changement. C’est ce qu’on retrouve dans le Yoga Sutra II-46 Sthira Sukham Asanam qui vient décrire la qualité des asanas (les postures) : force et aise, stabilité et douceur, pas l’un ou l’autre, pas l’un après l’autre, mais les deux ensemble, dans une double polarité bien équilibrée. Par exemple, on érige le dos bien droit, et puis on tourne dans la torsion, équilibre entre sthira pour garder le dos droit, et sukha, pour s’installer dans la torsion avec douceur.

En ce moment, pour cultiver la douceur dans ma vie, parce que j’ai besoin de faire plus de place à cette polarité pour contrebalancer ce qui m’apparait comme « naturel » (mais qui est une construction), je pratique le yin yoga. Depuis lundi, je me fais comme un stage de Yin Yoga, tous les matins, je choisis une nouvelle pratique de yin yoga. Ce matin, une heure et demi de yin yoga, pour inviter des vrais temps de pause (parce que ne rien faire ET culpabiliser, ce n’est pas de la vraie pause) et de la douceur, y a pas mieux. Je n’en avais jamais vraiment fait, je pense par peur de m’y ennuyer, mais j’ai toujours été attirée par ce yoga où l’on tient des poses douces pendant plusieurs minutes, où la lenteur est l’un des principes directeurs (si j’avais au contraire été dans une léthargie avancée, j’aurais peut-être choisi de pratiquer du vinyasa yoga qui est beaucoup plus dynamique que mes pratiques habituelles).

Depuis lundi (jour de la décision et de la révolution, donc), je prends contact avec mes sensations, comme on le fait dans une pratique de yoga, plusieurs fois par jour, pour venir voir si ce que je suis en train de faire me met en joie et si non, s’il y a quelque chose que je peux faire pour le rendre plus léger : soit c’est un truc très pénible à faire, est-ce que j’écoute de la musique en même temps ? Soit c’est un truc que je fais mais qui n’est ni prioritaire ni important, est-ce que je peux laisser tomber ? Soit c’est un truc qui normalement me met en joie mais que je n’ai pas envie de faire là, je passe à autre chose et j’y reviendrai. Et c’est justement pour me donner cet espace que j’ai décalé le lancement de Bulles de Sérénité, ce joli coffret.

Je ne sais pas si vous raconter ma vie de jeune entrepreneure est intéressant pour vous. Vous commencez à le savoir, j’aime faire des parallèles entre ce qui se joue sur le tapis et ce qui se joue dans la vie, et la vie que j’ai sous la main, c’est la mienne, donc je vous en raconte des petits bouts, quand je me dis que ça peut aider à illustrer mon propos, que ça peut éclairer un bout de votre chemin.

Les 8 piliers du yoga

Les 8 piliers du yoga

Si je vous demande de lister tout ce que vous connaissez du yoga, vous me répondrez peut-être :

  • Les postures. C’est un des piliers du yoga, en effet, UN sur huit.

  • La respiration. C’est un autre pilier du yoga

  • La méditation qui est elle aussi encore un autre pilier du yoga

  • Peut-être que la non-violence vous viendra en tête, Ahimsa, c’est l’un des yamas qui lui est l’un des piliers du yoga.

Et vous me direz que c’est déjà pas mal. Et vous avez raison, c’est déjà super ! Oui, quoi que vous me répondiez, je vous aurais dit « super » parce qu’on connait ce qu’on connait, et c’est la base sur laquelle on va apprendre. Vu que je ne sais pas exactement de quelle base on part (car cette conversation entre vous et moi a surtout lieu dans ma tête ici et maintenant), on va y aller depuis le commencement.

Pourquoi voudriez-vous en savoir plus sur ces 8 piliers du yoga ?

Quand j’ai commencé ma formation de prof de yoga, je n’en savais pas guère plus sur le yoga que ce dont je vous parle plus haut, mais je savais que je voulais découvrir la philosophie du yoga. En gros, je ne connaissais qu’Ahimsa qui avait guidé notamment mon choix de devenir végétarienne (puis végane puis re-végétarienne). Et quand j’ai découvert l’ampleur, c’était comme plonger avec délectation dans un océan de merveilles (dit la fille qui a peur de faire de la plongée sous-marine [alors qu’elle habite sur une île [depuis 13 ans]]) : à la fois excitant et impressionnant.

D’où viennent ces 8 piliers ?

Les 8 piliers du yoga, c’est vaste. On parle aussi de 8 membres (limbs en anglais) ou d’étapes. Je choisis le mot pilier qui me parle mieux : on enlève l’un, ça vacille, 2 ça tremble, 3, ça s’effondre. Pourtant, en anglais, j’aime bien « limbs ». A vous de voir ce que vous préférez. Ces 8 piliers sont issus des Yoga Sutras de Patanjali, recueil d’aphorismes datant de 200 avant JC à 100 après JC. Les Yoga Sutras contiennent 194 aphorismes et sont originellement en sanskrit. Plusieurs traductions existent, et chacune permet d’avoir une compréhension différente du texte. Les Yoga Sutras ne se lisent pas forcément de la première page à la dernière, c’est plutôt une exploration.

Les 8 piliers

Ces 8 piliers, je vous en parle en filigrane, dans les cours, dans les vidéos et dans mes articles, mais aujourd’hui, on va faire un petit tour d’horizon, préliminaire à de plus grandes explorations au fil de l’année. Peu à peu j’ajouterai des articles et vidéos pour approfondir, et je viendrai ici y déposer les liens.

1. Les Yamas : comportements envers les autres

  • Ahimsa : la non-violence qui est le fondement des autres yamas – exploration d’Ahimsa en lien avec le végétarisme et en lien avec nos relations aux autres

  • Satya : la vérité

  • Asteya : la non-convoitise

  • Brahmacharya : l’abstinence (contrôler ses pensées et ses actions)

  • Aparigraha : la non-possessivité

2. Les Niyamas : comportements à cultiver pour soi

  • Saucha : pureté du corps et de l’esprit

  • Santosha : le contentement

  • Tapas : l’effort joyeux

  • Svadhyaya : l’exploration de soi

  • Ishwarapranidhana : l’abandon au divin

➡️ Les yamas et les niyamas sont sujets à réflexion, méditation et d’exploration. Je pense qu’en fonction des moments que nous vivons, nous pouvons nous approprier ces 10 yamas et niyamas de façon différente. Les explorer nous aide à avancer, c’est une porte d’entrée pour, peut-être, une vie meilleure. Une porte d’entrée comme tant d’autres, à vous de voir laquelle vous parle.

3. Asana : les postures de yoga comme celles que nous pratiquons ensemble

4. Pranayama : la respiration physique et énergétique pour cultiver et préserver l’énergie

5. Pratyahara : le contrôle des sens. A chaque fois que je vous invite à revenir placer l’attention à l’intérieur, c’est ce qu’on pratique, entre autres.

6. Dharana : les techniques de concentration

7. Dhyana : l’état de méditation

8. Samadhi : l’union avec la partie lumineuse en nous et avec l’univers

Vous le voyez, c’est dense ! Du coup, on va y aller tout au long de l’année, à coup de vidéos et d’articles, je vous parlerai peu à peu des 8 piliers du yoga, notamment à travers des commentaires des Yoga Sutras de Patanjali qui peuvent paraitre un peu rebutants de premier abord. Si jamais vous voulez les explorer par vous-mêmes, je vous encourage à explorer diverses versions commentées : personnellement, je n’en ai trouvé encore aucune qui me parle véritablement (vous pouvez explorer celle-ci ou celle-ci, en français / celle-ci ou celle-ci en anglais). Les sutras sont des aphorismes qui sans commentaire sont très «secs». On a besoin de contexte, d’interprétation, de mise en lumière… Et on accroche ou pas avec les commentaires d’un auteur. Je vous livrerai le fruit de mes explorations peu à peu pour éclairer les vôtres et vous offrir peut-être une porte d’entrée dans cet univers !

Je viendrais tout répertorier ici, au fur et à mesure, pour que vous puissiez vous repérer. Quel(s) aspect(s) voudriez-vous explorer en premier ? Dites-moi tout en commentaire !

Quand j’entends « pour les plus avancées » 🤯

Quand j’entends « pour les plus avancées » 🤯

Il y a 2 ans, après avoir passé beaucoup de temps à pratiquer seule chez moi, je me suis retrouvée dans un cours de yoga, avec une prof que je ne connaissais pas. Elle utilisait tout un tas de vocabulaire qui ne me convenait pas du type « la posture complète » ou « pour les plus avancées»*. Elle a passé du temps à ajuster celles qui faisaient des postures sur la tête, sans prêter attention aux autres. Ça m’a dérangée, et je sais que ce moment a été décisif dans le cheminement qui m’a décidée à investir pour devenir prof de yoga : j’ai ressenti que j’aurais ma place, en tant que prof de yoga, toute raide et incapable de toucher mes orteils que j’étais (et que je suis encore), puisque si j’étais ainsi, je ne devais pas être la seule !

Dans beaucoup de partages qu’on voit sur Facebook, Instagram, en couvertures de magazines de yoga, on voit rarement des postures modifiées pour convenir à des corps différents. Et franchement, je ne suis pas très à l’aise non plus de partager mon chien tête en bas adapté dans un post sur les réseaux sociaux : « est-ce qu’on va me considérer vraiment comme une prof de yoga ? » Je le fais malgré tout, parce que prouver à la petite voix qu’elle a tort est une façon très pratique de grandir, et aussi parce que moins il y aura des partages de poses adaptées à des corps pas souples, moins on a de chances de faire évoluer les choses.

Ce qu’on trouve aussi sur les réseaux sociaux, ce sont des visuels qui encouragent à aller toujours plus loin dans la posture, et toujours plus loin dans les postures acrobatiques et impressionnantes, ce qui fait naitre sentiment d’incompétence chez celles et ceux qui ne peuvent pas pratiquer ainsi et qui en plus fait croire que pour faire du yoga il faut être ******* (souple, jeune, mince, etc.). La dernière fois, je suis tombée sur ce visuel « bien » / « très bien », avec des suggestions dans la catégorie « très bien » qui me font mal rien que de la regarder faire et qui sont inaccessibles, voire dangereuses, pour beaucoup d’entre nous. Or, nous venons d’un système éducatif où on a toujours voulu avoir « très bien », plutôt que bien. Donc on va vouloir essayer, peut-être se blesser, pour avoir ce « très bien ».

On a chacun-e nos corps, avec ses limites, ses os et ses articulations uniques, son histoire, ses péripéties et ses maladies. Il n’y pas une posture qui est universellement « bien » ou « très bien » (d’ailleurs si les extra-terrestres ont 7 bras, on sera bien embêtés avec cet universalisme du yoga, et ce qui était considéré par certain-e-s comme « très bien » devra être déclassé en « à peine passable ». Bref, ça ne tient pas).

Il y a la posture qui est possible dans notre corps, dépendant de notre souplesse, de notre équilibre, de la longueur de nos bras, de notre ventre qui vient peut-être se mettre dans le chemin, etc. Il y a la posture qui est sécuritaire : le respect des alignements, la limite en termes de douleur, l’attention portée aux membres que l’on sait fragiles en soi. Il y a la posture qui nous permet de nous connecter à nous-mêmes, d’être nous, dans toutes les couches de notre être. Et celle-là, aucune photo ne vous la montrera. Et idéalement, ces trois ingrédients sont réunis dans une même posture.

Ce que je trouve de plus fascinant en yoga, et ce qui nous change, ou nous reconnecte, plutôt, à nous-mêmes, c’est l’attention aux sensations physiques, mentales, spirituelles, quand on pratique. Comment vous vous sentez quand vous n’arrivez pas à faire comme la prof (ou comme les autres élèves si vous pratiquez en présentiel) ? Comment vous vous sentez quand vous n’arrêtez pas de perdre l’équilibre dans la posture de l’arbre ? Comment vous vous sentez quand la prof vous invite à visualiser une lumière en vous et que vous ne voyez rien ? Si vous êtes comme moi, votre petite voix se fait peut-être entendre de façon assez peu douce « oh là là, mais j’y arrive pas », « je sens rien de rien de rien, je suis pas assez concentrée », « je vois rien de rien, j’ai un souci, pourquoi je la vois pas la lumière, moi ? Je suis sûre que tou-te-s les autres la voient, je vois que du noir. », etc.

Je vous le dis souvent, observer ce qu’il se passe en soi quand on pratique le yoga permet de mieux observer ce qu’il se passe en soi dans la vie. Et de mieux gérer les situations du quotidien. Et au-delà de l’observation, peu à peu, on évolue, la petite voix se transforme : « c’est OK de ne pas tenir le chien tête en bas », « je perds mon équilibre, je recommence », « je ne vois pas la lumière, je reviens à l’observation de ma respiration ».

Au fil des séances, j’essaie autant que possible de toujours vous mettre à l’aise par rapport à vous-mêmes et à ce que vous pensez devoir faire. Mon intention est toujours toujours toujours que vous ne vous sentiez pas « moins » ****** (souple, agile, résistant-e, en forme, jeune, etc.). Je souhaite, à chaque séance, que vous puissiez vous connecter avec vous-mêmes, tel-le-s que vous êtes, sur votre tapis, et dans votre vie. Parce que l’héroïne de la séance de yoga, c’est vous, l’héroïne de votre vie, c’est vous !

 
 

*(et puis, le yoga, ce ne sont pas que des postures, j’y reviendrai dans de futurs articles, donc parler de “plus avancé” sur une simple dimension posturale n’a aucun sens).

Merci !

Merci !

Mardi 29 décembre, nous avons célébré 2020, ensemble, autour des belles choses de l’année que vous avez eu la gentillesse de partager avec moi. Je les ai lues pendant la séance, presque toutes. Il y en avait plein plein plein, et toutes m’ont touchée. Toutes. Et d’autres m’ont encore touchée un peu plus. Et l’ensemble était magnifique. Parce qu’on voyait que malgré tout, en 2020, nous avons vécu, nous avons connecté, nous avons grandi, nous avons appris, nous avons rêvé, nous avons réalisé. Je n’ai pas pu tout lire, parce que parfois je sentais que les larmes allaient monter. Pourtant, j’avais tout lu avant, plusieurs fois, j’avais organisé pour tout mélanger, comme si on avait mis toutes les belles choses dans un chapeau et qu’on avait secoué. Et puis, aussi, dans vos belles choses de 2020, certaines m’ont citée. Et je ne m’y attendais pas du tout. Mais alors pas du tout du tout. Quand j’ai vu ça, quand je préparais la séance, je me suis dit que j’allais vous dire merci, pendant la séance. Et puis j’ai oublié. Alors merci !

Merci à vous toutes qui avez fait de moi une prof de yoga ! Nathalie, ma toute première élève, auprès de qui j’ai réalisé que j’étais prof de yoga, quand je lui ai donné mon tout premier cours, fin février. Toutes celles (et ceux !) qui ont répondu présentes dès la première séance en ligne, le 25 avril, sans micro, pour 30 minutes. Merci à toutes celles qui ont transmis mon invitation à leurs copines. Merci à vous toutes qui avez eu la patience de passer à travers les problèmes de son, sans micro, avec le micro mal branché, ou même dernièrement, la séance à la bougie et à la frontale, sans électricité ! Merci à celles et ceux qui me lisent toutes les semaines et qui répondent à mes questions. Merci à celles qui renouvellent leur confiance, mois après mois, en participant aux séances de yoga. Merci de me citer dans vos belles choses de 2020, ça me touche tellement. Merci à vous toutes pour vos messages, les photos et vidéos que vous m’envoyez, et même les cadeaux ! Je me sens connectée à vous.

Merci à vous toutes qui avez offert des séances de yoga autour de vous ! Merci pour votre douce participation à toutes mes inventions, des capsules bien-être au calendrier de l’Avent, en passant par le concours pour Matins Sereins. Merci de m’inspirer, jour après jour, et de me donner de nouvelles idées. Grâce à vous, je (re)découvre le vrai plaisir de créer, d’inventer, d’échafauder. Sans contrainte, juste avec le souhait de vous faire plaisir, dans la joie et le bonheur de créer. Le bonheur de créer. Retrouvé avec vous. Pour vous. Mais surtout avec vous. Alors MERCI !

Et bien sûr, en 2021, on va continuer ensemble toute sortes d’expérimentations. Je vous en parlerai plus en détails en tout début d’année, mais je vous dis déjà que je prévois trois programmes au fil de l’année ! Un qui m’a été inspiré par vos retours sur le calendrier de l’Avent et qui n’était pas prévu du tout (comme le calendrier de l’Avent lui-même d’ailleurs !), et deux autres que j’ai en tête depuis plus longtemps… Je laisse poser encore un peu pour vous en parler dans quelques jours !

En parlant de programme, l’offre de lancement à 50 euros pour Matins Sereins touche à sa fin ! J’ai décidé de la prolonger jusqu’au 1er janvier minuit, après quoi le programme passera à 80 euros. 8 séances de yoga sur la plage (20 à 40 minutes), 8 méditations guidées (8 à 12 minutes) et un ebook pour vous guider, pour apporter de la douceur et de la paix à vos matinées ! https://www.yogaavecemilie.com/boutique

Votre future “vous” vous dira merci !

Votre future “vous” vous dira merci !

Des fois, j’ai pas envie de faire quelque chose. Ca m’arrive même très souvent. Vider le lave-vaisselle. Passer le balai. Plier le linge. Oui, bon, d’accord, je suis démasquée, je rechigne à TOUTES les tâches ménagères qui me demandent plus d’effort que d’appuyer sur un bouton. Pourtant, j’adorais ranger quand j’étais petite. J’alignais même les shampoings dans les supermarchés.

Du coup, ce que j’ai trouvé comme parade, c’est de le faire pour « ma future moi ». L’Emilie du lendemain matin qui sera bien contente de trouver la vaisselle rangée, le linge plié, le sol propre. La future moi, on dirait qu’elle est super pénible, faut faire beaucoup d’efforts pour lui plaire et lui faciliter la vie.

Pourtant, grâce à elle, je me bouge parfois un peu plus sur les tâches ménagères (pas en ce moment, je ne fais que respirer, vivre, manger, dormir Yoga avec Emilie. Les symptômes du lancement de programme chez la jeune entrepreneuse sont nombreux et pas tous réjouissants, je vous en parlerai bientôt !). Grâce à l’Emilie du futur, je fais du yoga le matin. Parce que je passe de meilleures journées quand j’ai fait du yoga le matin. Et puis l’Emilie du présent est tellement contente de le faire une fois que le tapis est déroulé. Grâce à l’Emilie du futur, je m’étais même mise à courir l’année dernière. J’étais passée de 3 minutes à 45 minutes en 5 semaines grâce à un programme (Running Débutant de Body by Lucile, super efficace).

Je le faisais pour l’Emilie du futur, randonneuse avec 12 kilos de sac à dos sur le dos qui s’était blessée et avait besoin de renforcer ses muscles pour éviter une nouvelle blessure ainsi chargée. Puis cette Emilie du futur s’est éloignée, Covid oblige, et la motivation de recommencer à courir est retombée.

Pour que ça marche chez moi, l’Emilie en question doit être dans un futur pas trop lointain. J’ai du mal à voir très loin. A me dire « dans 5 ans ». Je suis bien en peine de me dire ce que je veux pour cette Emilie du futur, à part de grands principes, un mode de vie, un type d’activité. Certes, je suis capable de semer des graines aujourd’hui pour dans quelques temps, mais j’ai besoin d’avoir un sentiment assez proche de résultat, de satisfaction de l’impact de mon action.

Donc au quotidien, pour les petites tâches de tous les jours, mais aussi pour le soin que j’apporte à mon corps et à mon alimentation, j’agis pour l’Emilie du futur, de demain ou d’après-demain. L’Emilie de maintenant qui a envie de manger des chips, peut-être, est connectée à l’Emilie de demain qui va lui dire que les chips, franchement, on le sait, c’est pas une bonne idée, pour une raison inconnue, ça n’arrange pas l’humeur. Bon. L’Emilie du futur est sympa, hein, mais elle fait un peu peur à l’Emilie du présent qui a bien envie de faire des efforts pour elle. Mon mari n’aime pas trop l’Emilie du futur. Je crois qu’il la trouve un peu pénible, cette princesse pour qui l’Emilie du présent veut faire quelques trucs et ne pas immédiatement passer à l’étape détente et relaxation.

Et vous, vous faites des trucs pour votre future Vous ?