Prendre soin de sa santé mentale au quotidien

Prendre soin de sa santé mentale au quotidien

Je vis une période de changements, tous positifs et choisis, qui entrainent, malgré tout, leur avalanche d’émotions. Et non, l’excitation lié à notre changement de vie n’est pas toujours celle qui est à la surface. D’ailleurs, elle est souvent ensevelie sous une certaine anxiété qui s’exprime de différentes façons. Associée au syndrome prémenstruel, c’est un cocktail puissant que je vous déconseille 😂

La tentation fatale est de fermer les yeux, les oreilles et le cœur surtout et fuir les émotions, les fermer à double tour. Mais je sais très bien que ça refera surface, et probablement à un moment crucial… Ca fait un moment déjà que j’ai choisi en toute conscience de faire pleine place à mes émotions, et d’être là avec elles. Je prends le temps de ressentir ce qui se joue, c’est déjà pas mal.

Pour être en capacité de faire cela, j’ai toute une panoplie de petites pratiques, trucs et astuces pour prendre soin de ma santé mentale au quotidien. « Santé mentale », j’ai l’impression que c’est encore un « gros mot » en français. Quelque chose qui ne se dit pas vraiment, alors que personne n’a de mal à parler de prendre soin de sa santé tout court (santé physique donc). Quelque chose qui sous-entendrait automatiquement qu’une personne qui prend soin de sa santé mentale est forcément en dépression. Non, loin de là !

Prendre soin de sa santé mentale, c’est important pour tout le monde (encore plus en temps de pandémies et autres catastrophes). Et pour moi, ce sont des micro-choses du quotidien… On n’a pas besoin d’aller chez le psy toutes les semaines ou de s’allonger sur de divan d’un psychanalyste pendant 10 ans (mais bien sûr, allez y si vous en ressentez le besoin, ou l’envie [oui l’envie, plonger à la rencontre de soi avec un psy, ça peut être une question d’envie aussi, pourquoi pas ?]).

Ce qui est clé, pour moi, pour être bien dans ma tête :

  • M’entourer des bonnes personnes

Bon, j’ai gagné la loterie du mari, il est vraiment clé dans le dispositif. Et il est venu comme ça : à l’écoute, disponible, ne prend pas personnellement si un jour je suis triste sans raison apparente, capable d’entendre que sa façon de me répondre là ne me convient pas et réajuster en fonction… Puis débriefer après.

Ça peut être n’importe qui de votre entourage, le principal, c’est que ce soit une personne absolument de confiance en qui vous pouvez vous confier (confier/confiance, y a comme un lien). Ça ne veut pas dire leur déverser tout dessus à la moindre occasion, ils/elles sont humain-e-s aussi ! Mais cette personne (ou ces personnes) vous aime a priori, et en leur demandant si elles sont dispos, ça devrait bien se passer. Et puis on peut jouer ce rôle là aussi pour d’autres personnes (ou la même d’ailleurs) autour de nous !

Et bien sûr, voir/parler avec mes proches en général, famille, amies, copines, anciennes collègues (je mets tout au féminin, parce qu’elles sont majoritaire, mais je n’oublie pas mes amis gars !). Bien sûr, ça demande un effort d’être régulière, surtout quand c’est à distance… Mais ça reste capital et à entretenir ! Une simple conversation peut changer une journée !

  • Revenir au corps encore et toujours

Attention, grand scoop, la prof de yoga vous dit que faire du yoga lui fait du bien !! Haha, quelle originalité ! En réalité, ce n’est pas une baguette magique, loin de là. Il y a des jours où je fais mon yoga, parce que c’est ce que je fais avant le petit déjeuner. Par habitude, c’est tout. Je déroule mon tapis, et oui, parfois, ça peut être un peu machinal, un peu robotique, mais avant de commencer, et pendant, je me demande quand même tout le temps « comment je me sens aujourd’hui ? J’ai envie de quoi ? » donc quand même, rien que ça, ça aide énormément…

Donc parfois, oui, c’est une pratique purement physique pendant laquelle j’ai du mal à ramener mon mental dans le corps… Mais après tout, personne n’a jamais dit qu’on ne devait pas pratiquer dans ces cas-là, au contraire ! C’est pour ça que je crois en la force de l’habitude, parce qu’il y a plein de matins où j’ai bien besoin du yoga où j’aurais « grave la flemme » si ce n’était pas ancré.

Revenir au corps, bien sûr, ça passe par n’importe quelle activité physique qui vous conviennent, de la course à pied au rameur en passant par la boxe… C’est vous qui voyez ce qui vous fait du bien, et la bonne nouvelle c’est qu’on peut varier !

  • Déconstruire l’origine de l’émotion

Si je me sens moyen bien, j’essaie de voir pourquoi : que se cache-t-il derrière cette émotion qui me fait me sentir mal ? Quelle pensée ? Des fois, elle est bien cachée, et on a besoin de l’aide de nos personnes-soutiens, voire carrément de personnes extérieures dont c’est le métier. J’ai appris à faire ça justement en coaching : « OK, tu te sens comme ça, pourquoi ? ».

Souvent, on passe d’une circonstance absolument neutre à l’émotion, et on n’arrive pas à voir qu’il y a une pensée, une croyance, un jugement sur cette circonstance qui donne naissance à l’émotion.

Exemple très personnel : quand j’ai lancé mon premier programme, j’ai mis 2 semaines à le vendre. DEUX semaines. DEUX épuisantes semaines avant de faire une première vente. A me faire un drama incroyable dans ma tête. La circonstance, absolument neutre, était que je n’avais pas vendu le programme pendant 2 semaines. Neutre. Je me sentais triste et découragée.

Quelle pensée se cachait derrière ces émotions ? « Mon programme est top, les gens devraient l’acheter. S’ils ne l’achètent pas, c’est qu’il est nul » (oui, championne de raccourcis incroyables). Rien que d’avoir vu ça, déjà, ça m’a énormément aidée. Je ne la voyais pas comme ça, j’ai du faire un effort pour la voir.

Dans ce cas précis (mais ce n’est pas toujours ni possible, ni souhaitable), j’ai pu déconstruire immédiatement la pensée, puisque j’ai pu me dire très facilement : « comment les gens pourraient savoir comment il est ? Personne ne l’a vu. Donc non, il n’est pas nul, cette pensée est totalement fausse ». C’était facile à voir, et cette pensée a pu être dégommée sur place. Ca m’a apaisée, et permis de voir d’autres choses qui m’ont donné la base pour noter ce sur quoi j’allais pouvoir travailler après, une fois que j’aurais digéré tout ça… (et j’ai pu par la suite en tirer des leçons qui m’ont aidée à lancer mon deuxième programme, que j’ai vendu dans la première heure. Alleluia !)

L’avantage de faire cet exercice avec une personne extérieure, comme une coach, c’est qu’elle ne va pas vous lâcher jusqu’à l’origine de la pensée, et ça permet souvent d’aller plus loin, plus vite… On peut cependant tout à fait le faire par nous-même, avec un cahier et un crayon, le téléphone ou l’ordinateur. Et des fois on a des surprises, parce qu’on réalise que ce qu’on vit là, c’est pas du tout ce qu’on croyait, c’est en fait en lien avec complètement autre chose. Et rien que de le voir déjà, c’est énorme. Juste le voir. S’asseoir avec et réaliser… Et déjà, de voir la pensée, les choses auront évolué…

  • Se ficher la paix !

Pendant le deuxième confinement, j’ai eu une passion chocolat au lait aux noisettes. Une passion intense, partagée par des centaines de Mauriciens je pense, car le rayon était souvent en rupture. C’est sûr que le chocolat au lait aux noisettes, c’est bon, mais à petite dose, après on perd un peu le goût. Et puis on se sent pas forcément très bien après avoir mangé plein de chocolat au lait aux noisettes. J’aime manger équilibré, mais j’aime aussi grandement me ficher la paix, et voir mes priorités. Donc j’ai mangé relativement équilibré, mais avec du chocolat tous les jours. TOUS LES JOURS. Il faut ce qu’il faut. Manger ses émotions, c’est pas le top, mais manger ses émotions en conscience, bah, pourquoi pas ? (bien sûr, dans le respect de ce qui est possible dans notre corps, j’ai la chance d’être sans diabète ni cholestérol

  • Faire tous les jours quelque chose que j’aime

Dans les choses que j’aime, il y a lire, faire du yoga, écrire. Donc déjà, on est bien, c’est des activités faisables tous les jours, n’importe où, n’importe quand. Passer des moments de qualité avec mon mari et les gens que j’aime en général, randonner, me promener…

  • Et la liste continue…

Fixer et respecter mes limites, manger équilibré, prendre soin de mon énergie, contrôler mon exposition aux médias, ne pas boire plus d’un café par jour… Il y en a des choses sur cette liste ! Je suis sûre que j’adorerais y ajouter la « ronronthérapie » avec un chat si je n’y étais pas allergique !

 

➡️ Chacune a sa liste, conscientisée ou pas, de petites et grandes choses qui lui permettent de garder le cap. Il y a quoi dans votre liste à vous ?

Le modèle de Brooke Castillo

Le paragraphe sur les pensées et les émotions est inspiré du modèle conceptualisé par Brooke Castillo. Je l’ai découvert à travers un programme de coaching pour les profs de yoga. Selon ce modèle :

  • Nous vivons des circonstances qui sont toujours toujours toujours neutres
  • Nous avons des pensées, croyances, jugements à propos de ces circonstances, nous leur attachons des significations
  • Ces pensées génèrent des émotions 
  • Ces émotions entrainent des actions et leurs résultats (je ne vous parle pas vraiment de cet aspect là dans cet article)

Quand on ressent une émotion (quelle qu’elle soit), on peut se demander « quelle pensée me fait ressentir cette émotion ? »

Ca nous permet déjà de mieux comprendre pourquoi on se sent mal, ici et maintenant. Parce que oui, des fois, on ne sait pas du tout pourquoi on est triste / en colère / stressé etc.

Faire ce travail (qui demande un véritable effort) va nous permettre de voir, sans pour autant changer la pensée. Dans un premier temps, le simple fait de prendre conscience de la pensée est déjà excellent.

Et peu à peu, dans le temps, on pourra chercher à la changer, si c’est souhaitable et possible (et parfois, comme dans le cas de mon exemple, ce changement est automatique, parce qu’on voit que la pensée était totalement sans fondement, rien que de la voir l’éradique).

Se protéger de l’actualité pour prendre soin de soi

Se protéger de l’actualité pour prendre soin de soi

Je suis sensible. Je peux pleurer devant une pub (faire du ciel le plus bel endroit de la terre, par exemple, mais aussi des moins glamours). Alors je ne digère pas forcément très bien l’actualité.

Se déconnecter des informations pour sa santé mentale

Je vais enfoncer une porte ouverte, allons-y gaiement : se déconnecter de l’actualité, c’est salutaire. C’est devenu très clair et palpable pour moi en 2015, alors que dans l’association dans laquelle je travaillais, nous avions des problèmes importants avec le ministre de la santé. Entendre sa voix à la radio m’envoyait des décharges électriques dans le corps (j’exagère à peine). Entendre parler de ses décisions délétères me mettait dans une rage folle. Apprendre une nouvelle de ses mesures déclenchait une série d’insultes que j’avais du mal à contenir.

Une fois que j’ai pris conscience de tout ça, et du fait que ça n’apportait rien de bon à quiconque, j’ai activement arrêté d’écouter les infos à la radio et de lire le journal. Je n’étais déjà pas très assidue, là ça a été radical.

Professionnellement, j’avais toujours besoin d’avoir accès à un certain nombre de ces actualités bien sûr. Je me reposais sur mes collègues dont c’était le travail de faire de la veille, sans m’infliger ce qui ne me concernait pas professionnellement, et que je n’étais pas capable de digérer, en plus de ce que je devais digérer à cause de mon boulot (oui, ce ministre nous a bien pourri la vie).

En plus de ça, j’ai continué à suivre certaines personnes sur Facebook qui partageaient régulièrement des infos que je jugeais intéressantes. Et c’est ce que je continue à faire depuis, même si je ne suis plus soumise au stress que j’ai vécu à l’époque.

Je ne suis pas tout à fait déconnectée, mais globalement, il y a toute sorte de trucs qui ne m’atteignent pas, tout simplement parce que je ne suis pas au courant.

…et au contraire s’informer en détail quand on en ressent le besoin

J’ai été tout de même obsédée par les actus début mars 2020 quand je commençais à péter un plomb en voyant tous les touristes à Maurice et en me disant que statistiquement, le covid était déjà ici depuis belle lurette. J’ai suivi le décompte des nouveaux cas d’assez près et quand les supermarchés ont fermé, je me suis transformée en reine de l’actu : j’étais sur tous les groupes pour nous permettre d’identifier et commander ce qui nous manquait (dans un pays où la commande en ligne était balbutiante à l’époque et où on n’avait pas le droit de circuler, autant dire que l’info était précieuse, qu’il fallait y passer du temps). Comme quoi, ce n’est pas parce qu’on se détache des infos que c’est pour la vie, ni qu’on perd toute capacité à les collecter quand le besoin s’en fait sentir. Peu à peu j’ai lâché à nouveau, et je suis à nouveau uniquement ce qui m’intéresse, ou rien du tout.

C’est ma façon de me préserver. Pour d’autres personnes, c’est tout le contraire, ils ont besoin de tout suivre tout le temps et tout bien comprendre pour se sentir bien (comme moi pendant ma phase début covid, ça me donnait une impression de contrôle de savoir, ça me rassurait). Il n’y a pas de meilleure façon de faire, si ce n’est de voir notre mode de fonctionnement et ajuster nos actions en fonction. Et continuer à s’observer.

Choisir ce à quoi on s’expose

Malgré ma consommation plus que raisonnée des infos, j’ai une consommation des réseaux sociaux assez importante. J’y passe du temps, et je choisis avec attention les personnes que je suis : du yoga, du développement personnel, des entrepreneurs, des partages positifs, de l’art, des dessins humoristiques… Malgré tout, ça n’évite pas que parfois je me retrouve face à des infos que j’aurais préféré apprendre différemment.

Par exemple l’an dernier, un matin d’août, assise à ma table de petit déj, je regarde quelques stories (des mini-vidéos éphémères) sur Instagram d’une femme que j’aime bien pour ses partages un peu loufoques bien qu’engagés. Et je tombe, sans préavis, sur une explosion immense, au milieu d’une ville. Et je fonds en larmes. Je continue les stories et j’apprends qu’il y a eu une explosion dramatique à Beyrouth. Je suis face à mon petit déjeuner, qui est un moment tranquille pour moi, et j’ai choisi d’ouvrir une fenêtre sur le monde.

Et ce jour-là, à travers cette fenêtre, même soigneusement entrouverte sur une douce sélection, je me retrouve à voir des choses que je ne suis pas prête à voir, à un moment où je ne suis pas disponible à accueillir de terribles nouvelles du monde. Cet épisode m’a motivée à m’éloigner des réseaux sociaux le matin et le soir, et pendant plusieurs mois j’ai évité les réseaux entre 20h et 8h le matin. Rythme que je cherche à retrouver pour un meilleur équilibre.

Se détacher de l’illusion d’être au courant de tout

Tenir les informations à distance peut paraitre égoïste, inconscient ou que sais-je encore. Ce qui est sûr c’est que c’est un vrai privilège de pouvoir m’en passer, c’est certain : si mon pays était en guerre, si j’attendais la réforme d’une loi pour avoir les mêmes droits que mes concitoyens, si j’étais exclue de certains services à cause de mon genre, mon orientation sexuelle ou mon origine, je n’aurais probablement pas ce luxe là.

Une autre certitude : je suis parfois complètement larguée quand je me retrouve dans une conversation où on me parle d’actu (« tu penses quoi de xx ? » « hein ? Ah je sais pas, j’ai pas suivi, il se passe quoi ? »). Au final, soit ça ne m’intéresse pas, et ce n’est pas grave que je n’ai pas d’opinion, soit ça m’intéresse et j’irai explorer plus tard ce qui m’intéresse ou me touche plus. Dans tous les cas, j’ai arrêté d’attacher ma valeur à ma connaissance de l’actualité (en ayant fait Sciences Po où on est supposés être intéressés par toute l’actualité, tout le temps, ne pas savoir tout ce qu’il se passe dans le monde, c’est le pêché suprême).

S’exposer aux opinions contraires

Dans ma consommation de réseaux sociaux, j’ai choisi de garder des personnes qui n’ont pas les mêmes avis que moi. Pas parce que j’adore voir les gens qui ne sont pas du même avis que moi, globalement c’est quelque chose qui n’est pas évident pour moi, mais parce qu’elles partagent d’autres choses qui m’intéressent, et oui, ça ne me fait pas de mal d’entendre des avis contradictoires.

Dans le milieu dans lequel j’évolue (yoga, bien-être, spiritualité), il y a actuellement une grande partie des personnes qui se positionnent contre le vaccin. Or, je me suis fait vacciner, car oui, j’ai étudié la question, et j’estime que c’est la clé de la sortie de la situation actuelle. J’ai été tentée d’arrêter de suivre ces personnes parce que ça me fatigue (je ressens physiquement de la lassitude quand j’entends ce genre de discours, voire de la colère quand ça vient avec un discours « les vaccinés sont des moutons », ce qui est en totale rupture avec les principes du yoga…).

Mais j’aime tenter de garder l’esprit ouvert et être en contact avec des personnes qui ont des opinions différentes des miennes. Pas parce que c’est agréable, mais parce que ça me challenge : je suis entourée de gens qui pensent comme moi dans la vraie vie, alors un peu de différence dans mes réseaux ne me fait pas de mal (bon, parfois un peu de mal, mais je peux choisir de ne plus regarder le contenu de cette personne pendant quelques jours si besoin).

Choisir ses moments de disponibilité à l’information

Le but pour moi n’est pas non plus de faire l’autruche. Pas du tout. Mais de mettre mon attention là où c’est important pour moi, et aussi quand j’en suis capable. J’ai décidé de mieux choisir les moments où je suis prête à écouter, me renseigner, m’intéresser à des choses difficiles, comme le futur de l’humanité. Qui n’est pas forcément très joyeux. En l’état actuel de nos connaissances en tout cas. Par exemple mon mari en ce moment écoute une série de cours d’un ingénieur qui nous explique, pendant 20 heures, en long en large et en travers, à quel point notre style de vie ne tiendra pas très longtemps. C’est un sujet que je trouve très intéressant, et que j’aime approfondir. Parfois.

Mais certains jours, je n’ai pas envie, je n’ai pas la capacité ni le courage de l’écouter. Parce que c’est dur et que ça fait peur, et qu’il y a des jours où je ne suis pas prête à faire face à ça. Il y a des jours où je préfère regarder des vidéos de petits chats en lisant des romans qui se terminent bien en écoutant les petits oiseaux chanter et en faisant de la respiration alternée…

Une consommation intentionnelle des informations pour préserver son monde intérieur

Choisir notre consommation de l’actualité nous permet de protéger notre santé mentale, de placer notre attention là où ça compte pour nous et d’éviter de se sentir mal au seul son d’une voix. On a chaque jour 60 000 pensées. Et j’ai décidé de mieux choisir les miennes.

Ce n’est pas du déni, c’est de la préservation. Ce n’est pas un manque d’intérêt pour notre monde, c’est une attention à mon monde intérieur. Et ce monde intérieur, c’est ma base pour œuvrer pour le monde extérieur, pour continuer à impacter positivement, à mon échelle.

Voilà quelques pistes pour réfléchir à votre consommation d’actualités :

  • Est-ce qu’être informée est une valeur importante pour vous ?
  • Quels sont les domaines dans lesquels vous souhaitez être au courant de l’actualité ?
  • Quels sont les canaux par lesquels vous souhaitez être informés ? Télé, radio, réseaux sociaux, journaux, newsletters…
  • Y a-t-il dans votre vie actuelle des informations qui vous parviennent et que vous ne souhaitez pas avoir ? Par quel biais ? Comment les réduire ?
  • Y a-t-il des temps où vous avez plus de disponibilité mentale pour vous renseigner sur des sujets qui vous tiennent à cœur ?

Quand j’essaie de lire le journal en espagnol après même pas trois mois d’apprentissage. J’adore lire les journaux des pays que je visite, ça me donne l’impression d’être une locale ! 

Et vous, quel est votre rapport à l’actualité ?

J’aimerais bien aller toujours bien

J’aimerais bien aller toujours bien

« Je ne suis pas à plaindre ». C’est ce que j’entends beaucoup autour de moi. Des gens qui se sentent mal et qui se rabâchent à longueur de journée « je ne suis pas à plaindre, y a plus grave ». C’est sûr, il y a plus grave. Et puis il y a vous, ce que vous ressentez ici et maintenant, et ça, c’est ce qui est (se dire « on n’est pas à plaindre » vous aide peut-être à relativiser, et c’est top si c’est le cas !

On a tendance à se le dire à soi-même pour essayer de réfréner une émotion en soi, et on a aussi tendance à le dire aux autres quand ils expriment une émotion difficile. Et typiquement, la personne d’en face peut se sentir rabaissée, pas écoutée quand on lui dit ça. Attention, je ne dis pas que vous êtes le mal incarné si vous l’avez déjà dit. On a tous dit des variations de tout ça, parce que des fois, on est juste désarmés.
 

A la liste des choses qu’on dit et qui généralement n’aident pas, il y a « ça va aller ». Je l’ai beaucoup entendu à une période de ma vie, et tout ce que ça me donnait envie de faire, c’était de hurler « mais qu’est-ce que t’en sais ? » (je vous épargne la version peu polie).  

On (se) dit ce genre de chose avec une bonne intention. En vrai, on ne sait pas quoi dire, donc on dit un truc facile à dire. Généralement, l’autre personne n’attend rien d’autre que d’être écoutée. Puisque de toute évidence, à certains moments de la vie, il n’y a rien d’autre à faire qu’à attendre et voir, et donc on voudrait juste parler et qu’on nous serre dans ses bras ou qu’on nous écoute vraiment. Sans nécessairement nous comprendre. Quand on est la personne qui écoute, c’est un exercice très périlleux (je trouve).

Bref, on sort ces phrases toutes faites, à nous ou aux autres, parce que les émotions difficiles, on ne les aime pas, ni chez nous ni chez les autres. On n’a pas envie de les vivre, on n’a pas envie que les gens qu’on aime les vivent, on veut aller bien tout le temps, on veut que tout le monde aille bien tout le temps.

Et clairement, en 2021, je pense qu’on a compris que non, on ne va pas bien tout le temps. Et c’est totalement normal. Covid ou pas Covid (pourquoi on lui donne une majuscule à celui-là, sérieusement ?), confinement ou pas confinement, crise ou pas crise.

A l’intérieur de nous, il y a une myriade de trucs qui se passent. En écho à ce qu’il se passe à l’extérieur, mais aussi, juste à l’intérieur, avec nous-même. Parfois, on ne sait même pas pourquoi, mais une émotion est déclenchée. Elle est désagréable à vivre. D’ailleurs, on dit souvent « émotion négative ». Je n’aime pas utiliser ce terme-là. Il n’y a pas d’émotion qui soit négative. C’est ce genre de qualificatif qui nous les fait fuir encore plus : « je ne vis que du positif, love and light, tralalala youpi » (et j’enfonce au passage ce qui ne me plait pas bien profondément en moi).

L’expérience humaine est composée d’émotions agréables, douces, enchantantes. Elle est composée aussi d’émotions difficiles, désagréables, dures. On est humains, on vit toute cette palette d’émotions.

Mais on n’a pas appris à vivre avec. Et ce n’est pas du tout naturel pour beaucoup de monde de rester avec nos émotions difficiles. Moi la première. Je suis la reine des solutions, et donc s’il y a un problème, il y a une solution : s’il y a une émotion qui m’embête, je vais la ratiboiser au sécateur, qu’on en finisse une bonne fois. Bon, a priori, ça ne marche pas comme ça. Le sécateur, ça ne fait que renforcer la pousse : si je ne prends pas le temps de la déraciner avec délicatesse, et donc de voir bien quelles sont toutes ses ramifications, jusqu’où elle va, dans mon corps, mon cœur, mon esprit, elle va pousser comme une plante tropicale invasive.

Prendre le sécateur pour couper l’émotion, c’est la fuir. Et ça ressemble à quoi de fuir une émotion ? On va sentir monter la tristesse par exemple, et on va chercher à s’en divertir absolument : on va manger un truc qui nous fait plaisir, on va regarder des vidéos de chats sur YouTube, on va aller se noyer dans les méandres des réseaux sociaux (ou plein d’autres choses encore, et on peut faire toutes ces choses là). On ne veut pas voir, on ne veut pas aller regarder, on fuit.

Et ça va peut-être bien marcher sur le très court terme. Et attention ! Des fois c’est vital de faire ça : on pète un plomb et on a besoin d’un truc pour ne pas voir l’émotion, ne pas la traverser maintenant parce que ce n’est pas le moment.

Si on est en confinement avec 3 enfants, dont 2 à l’école primaire, des devoirs par-dessus la tête, la maitresse qui fait des commentaires pas les bienvenus sur le manque de qualité des devoirs, et les cris d’enfants qui n’ont pas le droit de sortir jouer dans la rue : on fait ce qu’on peut pour arriver à la fin de la journée, on est bien d’accord. Donc on n’est pas là en train de se dire qu’on ne va plus jamais fuir une émotion désagréable de notre vie. On peut essayer d’être plus consciente. On peut essayer de prendre 30 secondes, au milieu du chaos pour respirer 3 fois profondément, décrisper nos muscles et essayer de voir ce qui se passe là.

Donc, bien sûr, je parle des cas où on a le choix. Dans ma vie idéale, j’ai toujours le temps de traverser une émotion difficile. Dans ma vraie vie, ce n’est pas qu’une question de temps : parfois je n’aurai pas envie, pas le courage, juste envie de m’évader, oublier ce qui me tourmente, et c’est parfaitement OK. Mais j’ai bien remarqué, sur les quelques mois écoulés, depuis que j’essaie vraiment de le pratiquer, que c’est ce qui m’apporte le plus d’alignement avec moi-même : me laisser vivre ce qui est, traverser, et en ressortir grandie. Une copine dans mon groupe d’entrepreneures m’a dit « tu as eu un passage à vide, et depuis, je te trouve sereine et posée, tranquille et déterminée ». La seule chose qui a changé, c’est que j’ai vécu une déception et au lieu de faire style (auprès de moi-même) « ouais ça va, tout roule », j’ai accepté que j’étais déçue, que j’étais triste, pas contente. Ça ne veut pas dire que je pleurais toute la journée ni que tout le monde autour de moi le savait. Non, ça veut juste dire qu’à l’intérieur de moi, j’ai respiré plein plein de fois, j’ai relâché mon corps plein plein de fois, j’ai ressenti tout ce qu’il se passait dans mon corps (et il s’en passe, des choses, dans nos corps), j’ai observé, et j’ai dit « OK. OK tout ce qui est là est là. OK mon estomac est lourd, ou ma gorge est nouée ou mes jambes sont tendues. OK. »

Et puis peu à peu, c’est passé, c’est devenu plus léger, plus fluide, et je peux dire que j’ai grandi. C’était pas le but, le but c’était juste de me permettre d’être et d’arrêter de me contraindre, et surtout d’arrêter d’essayer d’être bien tout le temps ce qui fait qu’après j’explose à un moment pas du tout approprié. Quand l’émotion qu’on fuit / qu’on enfonce bien profondément en nous / qu’on coupe au sécateur (en fonction de la version qui nous parle le plus), quand cette émotion là rejaillit, c’est plus fort, plus dur, plus violent peut-être. En tout cas pour moi. Pour certaines, ça va être une explosion lors d’une discussion avec leur partenaire, au travers des devoirs des enfants, ou dans une réunion avec les collègues : on va réagir démesurément (par rapport à nos réactions habituelles, pas par rapport à un supposé standard), on va s’enflammer, nou pou sap lor kal (on va pêter un plomb).

La façon de traverser mes émotions qui marche le mieux du mieux pour moi, c’est… le yoga. Haha grande surprise ! Même si je pratique de plus en plus RRSOP sans mouvement, dans mon quotidien, rien de tel, pour moi, que de passer par le corps. Soit je me laisse porter par mes envies, soit je choisis une séance douce, proche du tapis. Mais pour vous ce sera peut-être au contraire une séance plus active ou carrément autre chose.

Dans tous les cas, on s’assure de :

  • placer notre attention sur la Respiration, en respirant de plus en plus profondément…
  • …Relâcher notre corps, pour pouvoir…
  • …Sentir ce qu’il s’y passe…
  • …Observer ce qui est…
  • …et Permettre à ce qui est d’être, tout simplement

Et des fois, oui, les larmes montent. Des fois, oui, le simple fait de déposer le front sur le tapis et déjà tout est différent. Faire circuler l’énergie dans le corps n’a pas son pareil, pour moi, pour vivre mes émotions difficiles. J’ai déjà déroulé mon tapis dans la rage absolue, en revenant du travail. Le yoga, c’est ça aussi. Nous aider à traverser des moments d’inconfort profond.

Superposition des émotions (mon interprétation) - Photo de Callum Skelton

Superposition des émotions (mon interprétation) 

Photo de Callum Skelton

Mes petits trucs pour changer mon énergie

Mes petits trucs pour changer mon énergie

Il y a des matins où on se réveille, on est un peu raplapla. Non qu’il y ait quoi que ce soit qui aille particulièrement mal, ni qu’on vive des émotions désagréables, non. On est juste un peu grognon, pas très bien, mal au cou peut-être, pas la grande forme. Blah.

On peut se laisser enfoncer dans ces sensations et peut-être juger ce qu’il se passe : « je suis jamais en forme », « je dors 8h et je me débrouille quand même pour me réveiller à côté de mes pompes » (ce qui est OK aussi). Et/ou on peut prendre un instant pour observer, en toute neutralité (ou presque) ce qui ne nous va pas : OK, j’ai mal au cou, et un peu à la tête, j’ai le visage tout froissé, oh là là on dirait une carte de France, j’ai la flemme intersidérale de faire quoi que ce soit, et pourtant je dois me dépêcher parce que j’ai mille choses à faire.

Après ce petit état des lieux, on peut passer aux actions immédiates pour prendre le taureau par les cornes : la carte de France va disparaitre probablement après s’être lavé le visage, peut-être une petite séance de yoga pour le cou pour relâcher les tensions, peut-être une petite goutte d’huile essentielle de petit grain bigarade sur les poignets si on sent qu’on est dans une phase où on a besoin d’apaisement.

Et ça va déjà mieux. On peut alors penser un peu plus large :
  • Ça fait plusieurs matins que je me réveille avec ce mal de cou, peut-être devrais-je changer d’oreiller ?

  • Je dors 8h mais je me réveille fatiguée, peut-être que je devrais essayer d’aller au lit plus tôt le soir ? Ou moins manger le soir pour avoir un meilleur sommeil ?

  • Je me sens un peu fébrile en ce moment, est-ce que ça fait longtemps que j’ai fait une prise de sang ? Est-ce que je prends bien ma vitamine B12 en ce moment (la vitamine des végétariens, prenez-en si vous l’êtes, c’est important !) ? Ou peut-être je manque de magnésium ?

  • A moins que je sois déjà en période prémenstruelle ? Dans ce cas qu’est-ce que je peux bouger dans mon planning pour accommoder le dragon ? (réponse, on peut toujours faire un petit truc pour accommoder le dragon, ne serait-ce que décaler UN rendez-vous non prioritaire)

J’ai pris l’habitude de faire ce petit scan de moi-même le matin, pour demander à mon corps « on fait quoi ce matin, comme yoga ? ». Des fois, c’est très clair : « les haaaannncchhheesss ». Parfois, c’est juste « chien-chaaaaattt » (oui mon corps parle comme un assoiffé face à une oasis). Et des fois, il négocie, carrément : « bah je sais pas. Pas trop envie là. On a qu’à aller direct au petit déj, non ? On l’a bien mérité, je trouve ». Ces jours-là, vu qu’il est pas tout seul, et que c’est pas lui qui décide au final, je choisis autrement, j’ouvre YouTube et je fais la première vidéo courte qui m’inspire. 

Ça, c’était pour changer notre énergie le matin, quand on dirait que la journée pourrait mal commencer. Au milieu de la journée, mes tactiques sont variées, et incluent :

  • Lever les yeux de mon ordinateur très souvent et chaque fois que je sens comme une lourdeur se déposer sur moi

  • Danser. Ca me vient assez peu naturellement, car j’apprécie généralement plus le silence que la musique (oui, c’est étrange), mais quand ça me vient, ça me fait beaucoup de bien. Si je suis dans une énergie basse, je commence avec de la musique assez calme (mais pas déprimante), puis je monte en gradation jusqu’à pouvoir danser sur Celebration (et là on est un summum de l’énergie). Si je ne passe pas par ces étapes, je ne suis tout simplement pas dedans, et je ne vais pas réussir à bouger mon énergie, ni à apprécier ma musique entrainante.

  • Me mettre au soleil

  • Manger du chocolat (j’ai pas dit que c’était des tactiques parfaites, j’ai dit que c’étaient les miennes)

  • Vérifier si j’ai faim (chez moi, c’est un processus, car très souvent, je ne sens pas que j’ai faim, ce qui peut me faire descendre très bas en énergie, alors que j’ai juste faim)

  • M’étirer et bailler. Bailler et m’étirer. M’étirer et bailler

  • Faire quelques mouvements. Je pense que ça peut être bizarre pour les gens avec qui je suis, mais je peux avoir une tendance à faire quelques mouvements pendant des réunions, ou à être debout (si je suis avec des gens qui comprennent et qui sont open) après le repas, si j’ai besoin d’être productive, parce que j’ai une tendance à avoir envie de faire la sieste après le déjeuner

  • D’accepter que là, je suis pas dedans, je n’ai pas été dedans, je lâche l’affaire, je fais une sieste, je regarde un épisode d’une série, je lis un bouquin, ou je fais rien. Et on verra après. Je dois dire que je suis assez souvent dans cet état d’esprit pendant 2 heures après le repas, ce qui est beaucoup plus facile à gérer depuis que je suis à mon compte, mais qui reste compliqué quand j’ai plein de trucs à faire et parce que j’ai toujours ma petite voix qui me dit « gnagnagna »

Pour certaines personnes, ce sera ranger (pas moi, haha), courir, cuisiner… Vous, quelles sont vos astuces pour faire basculer votre énergie ? On pourrait faire une grande liste de tout ce qu’on fait pour s’inspirer mutuellement, puis je mettrai à jour cet article avec toutes vos astuces !