Sagesse des cèpes : 13 enseignements

Sagesse des cèpes : 13 enseignements

Ces derniers jours, je suis partie à la cueillette de champignons, et alors que j’errais dans les bois à la recherche des cèpes et que j’ai découvert que j’aimais ça (je savais que j’aimais les manger, je savais pas que j’aimais les chercher), j’ai réalisé que cette expérience avait mille choses à nous apprendre (ou plutôt à nous rappeler).

 

Chacun sa perspective

On était partis à 5 pour notre cueillette, un autre jour on était 3… On n’était pas loin les uns des autres et parfois même on se suivait… J’ai trouvé un cèpe en suivant mon Papa (pourtant l’as des cèpes), et lui en a trouvé dans mon sillage (beaucoup plus logique) : on regarde tous les choses de façon différente, avec notre œil, avec nos spécificités… Et du coup, on voit des choses que les autres ne voient pas, les autres voient des choses qui ne nous parviennent pas… On a tous nos forces, notre regard particulier sur les choses, c’est la beauté du travail d’équipe !

 

Quand on ne sait pas ce qu’on cherche, on ne peut pas trouver

Après qu’on ait trouvé collectivement plein de jeunes cèpes, et avoir plus ou moins identifié à quoi ressemblait un cèpe, j’ai trouvé un très gros cèpe, vieux, très différent des jeunes. Parce que je me rappelais de la tête des cèpes dans mon enfance, je l’ai identifié. Mon mari, passé avant : « mais je suis passé devant, ça ressemble pas à un cèpe, ce truc ! » Dans la vie, on peut trouver sans savoir ce qu’on cherche, mais globalement, savoir ce qu’on veut, ça aide énormément !

 

La beauté est dans le regard de celui qui regarde

« Beauty is in the eye of the beholder » en anglais. Mon Papa a trouvé un très gros cèpe et mon mari était « ouaaaaaaaoooouuuuhhh, il est trop beau !!!! » et mon Papa était là « ouais, bof, je préfère les petits, les gros sont moins bons à manger ». Parce que mon mari ne voyait pas ce côté là, il a trouvé le cèpe juste beau. Ce qu’on sait de quelqu’un ou ce qu’on projette sur lui vient éclairer notre perception de sa beauté (intérieure ou extérieure).

 

Le bonheur, c’est le chemin

Si vous avez déjà cherché des champignons, vous savez que ça peut prendre un peu de temps… Mieux vaut profiter de la recherche en elle-même, car si on ne se satisfait que de ces rares moments où on en trouve, on peut passer une bien désagréable matinée (ou après-midi dépendant de votre préférence!). La joie est dans le chemin, dans la cueillette des champignons comme dans la vie : ce n’est pas le diplôme, le meilleur poste, le mariage, la retraite, le 20 sur 20 qui nous amènent le bonheur… Car si on est dans cette dynamique, que se passe-t-il ? On arrive à notre objectif, et déjà, on en cherche un autre, sans parvenir à se satisfaire de celui-ci : on a un cèpe, on en veut un de plus, on en a 20, pourquoi pas 20 de plus, etc…

 

Tout le monde ne cherche pas la même chose

Certes, on est allés aux champignons à 5, et officiellement on cherchait des cèpes. En réalité, mon mari était à l’affût des champignons, toutes variétés confondues, juste pour le plaisir de les admirer et de les prendre en photo. Il cherchait les champignons les plus divers et variés, juste pour le plaisir de les voir.

 

S’entourer de gens qui savent

Quand je ramasse les cèpes, vu que je n’ai pas l’habitude, j’ai besoin de la confirmation de mon expert en cèpes (mon Papa) pour confirmer que ça en est bien un. Et vu que c’est quand même bien subtile pour l’oeil novice, et que les conséquences sont assez sévères, je passe mon temps à crier « Papaaaaaaa » dans les bois. Autant dire que quand il nous a emmenés tous les 4 (mon frère, ma belle-sœur, mon mari et moi), il était débordé par la situation !

Dans la vie comme pour les cèpes, s’entourer de gens qui savent dans les domaines où nous on ne sait pas, c’est capital : on perd plein de temps à essayer de faire des choses qu’on ne sait pas faire par nous-même, et en plus les conséquences peuvent être importantes… Chacun-e d’entre nous a un domaine d’expertise. Absolument tout le monde. Et on a aussi des zones dans lesquelles on n’y comprend rien et pour lesquelles on aura toujours besoin d’aide. Et c’est OK. Si je vais aux cèpes 3 fois par an, il y a des chances que j’ai toujours besoin d’avoir une confirmation que ce que je ramasse ne va pas me tuer (promis, je ramasse pas les champignons rouges !). On est tous l’expert de quelque chose, on a tous quelque chose à transmettre…

 

Tout s’apprend

Dans la même veine, et ça en découle directement, tout s’apprend, et on a tous quelque chose à apprendre, à tout moment. Au début, on regardait chaque champignon avec suspicion « Cèpe ? » et au bout de quelques temps, on est devenus beaucoup plus perspicaces. On apprend des choses qu’on a envie d’apprendre, ou besoin d’apprendre… Et on peut apprendre toute la vie… Très vieux, on peut se mettre à une langue (même si c’est moins facile que pour les enfants), apprendre à distinguer les champignons, changer de métier, se mettre à internet à 80 ans… Tout est possible !

 

Déguster ce que la nature nous offre

Je n’ai pas la main verte et je n’ai que peu réussi à faire pousser des choses dans le jardin… Par contre, j’adore déguster en direct ce que la nature a à nous offrir, et du coup, ramasser les champignons, rentrer, les nettoyer, les faire sauter, les déguster, c’est la magie de la nature à l’assiette qui nous rapproche de la terre… Quoi de plus enracinant que de manger le champignon qui vient direct du bois, ramassé par nos soins ?

 

Patience, patience

Bien sûr, quand on part cueillir des champignons, on s’arme de patience ! C’est rare qu’ils nous sautent dans les bras en nous disant de nous ramasser ! (Quoi que j’en ai trouvé un au bord du chemin qui n’attendait que mon passage, en rando, alors que je ne le cherchais pas) On y va doucement, on observe, on prend des pignes pour des cèpes (oui ma vue n’est pas toujours très affutée), on a des espoirs et des déceptions… Bref, on cultive la patience !

 

La diversité, c’est beau

On cherchait des cèpes, et on tombait sur toutes sortes de champignons divers et variés : des rouges, des oranges, des blancs, des violets, des noirs, des marrons, des à lamelles, des tout lisses, des à trous, des à bosses, des dodus et des biscornus, des à pustules et des minuscules… Et nous, grands touristes que nous sommes dans nos bois Lozériens, on s’émerveillait de tout. La diversité, c’est beau, et y a pas à dire, quand on voit un champignon vénéneux, on se dit que le comestible doit être pas bien loin… Ca donne de l’espoir !

 

Ensemble c’est plus sympa

Ca c’est une leçon des champignons qui ne s’applique pas forcément à 100 % dans la vie pour tout le monde, car oui, il y a des moments dans la vie pour les introvertis parmi nous (coucou) où on préfère être seuls. En tout cas, les cèpes, c’est plus sympa à plusieurs : on rigole plus, on a un expert avec nous, on en trouve plus, plus vite, et on a moins peur des chasseurs à plusieurs (oui, j’ai peur des chasseurs) (et en plus, on fait plus de bruit à plusieurs).

 

La réussite n’est pas toujours où on l’attend

On a une vision du joli champignon posé au pied d’un arbre en pleine forêt… Mais parfois, les coquins se cachent à l’orée du bois, carrément en plein champ, la tête coincée dans une barrière sur le bord d’un chemin… Ils poussent dans des endroits incroyables… Et on les découvre tout étonnés et heureux de les avoir débusqués

 

Espoir et joie

Cueillir des champignons, c’est partir avec l’espoir d’en trouver quelques-uns pour agrémenter le prochain repas, en se disant avec joie qu’au pire, ça fera une petite balade à la fraîche. Vivre dans l’espoir et la joie, en voilà un beau programme !

Se connecter à ses 5 sens en vacances

Se connecter à ses 5 sens en vacances

Vous faites des collections vous ? Pas moi. J’avais avant une collection de timbres, et je peux dire que j’ai beaucoup de livres, mais globalement, je me sens surtout dépassée par les objets que je possède, et je vise plutôt à réduire.

Par contre, j’ai remarqué que j’avais une belle collection interne, grâce à mes 5 sens… Je suis sûre que vous aussi !

Comment je suis arrivée à cette conclusion ? En ce moment, pour les Français, c’est le temps des vacances… mes dernières vacances sont déjà loin et les prochaines ne sont pas pour tout de suite, et du coup, je me suis un peu replongée dans mes souvenirs de vacances…

A travers les photos oui, mais pas seulement… Les photos peuvent servir de porte d’entrée, c’est certain, voire réactiver certaines mémoires enfouies… Mais on peut se rappeler de nos vacances différemment. Et là, je parle de vacances, mais ça marche pareil avec les week-ends, les journées, les soirées, les micro-moments…

De mes dernières vacances à Rodrigues, je me souviens :

  • des plages magnifiques, des lagons bleutés…
  • du goût de l’eau de coco enrichie à la crème de coco
  • des bêlements des bébés cabris juste à côté de notre logement
  • du soleil qui se lève tôt et qui réchauffe la peau
  • de l’odeur d’herbe sèche alors que nous grimpions la colline
  • de la même herbe qui me pique le derrière alors que je m’assois par terre
  • du sable sous mes pieds et dans mes cheveux
  • du goût du poisson de Solange et Robert (oui, j’ai peu de compassion pour les poissons rodriguais, Solange les prépare TROP bien)
  • de la douceur de la couverture qui nous enveloppait au coucher du soleil
  • du vent qui me fouettait le visage quand j’ouvrais la porte le matin
  • du goût du limon pressé, des mines frites encore meilleures qu’à Maurice, du petit déjeuner de notre hôte
  • de l’odeur du marché
  • du clapotis de l’eau alors que nous étions seuls au monde dans une crique
  • de l’épuisement alors qu’on marchait en tongs sur un chemin accidenté et que j’étais affamée…

Tout ça, c’est un bout de ma collection « Rodrigues 2020 », et certaines de ces portes d’entrées m’emmènent plus loin dans le souvenir que certaines photos. J’en ai beaucoup de Rodrigues, parce que j’avais décidé de vivre ce séjour de façon douce et en pleine conscience, sans téléphone ni distraction…

Mais au final, on l’a tous. Cette odeur de l’enfance qu’on n’a peut-être pas sentie depuis une éternité et quand on la sent à nouveau, tout déferle. La fameuse madeleine de Proust. Plus on vit en conscience, plus ces souvenirs s’imprimeront en nous. C’est pour ça aussi, je pense, que j’aime tant marcher, parce que c’est un excellent moyen d’être en parfaite union avec soi-même.

J’ai une odeur dans le nez, de trolle. Non, pas le petit bonhomme vert, mais plutôt une fleur jaune, magnifique, aux pétales épais qui forment un cœur doré. Et qui embaume de façon puissante. Un parfum puissant et délicat à la fois, presque fruité, bien qu’un peu âpre (vous êtes bien avancés avec cette description qui ne veut rien dire). C’est une fleur qu’on trouve notamment dans les Alpes. Je n’en ai pas vu depuis peut-être une quinzaine d’années. Et pourtant, je peux conjurer son odeur à moi, juste en le décidant. Et ça m’amène la fleur bien sûr, mais aussi les vacances dans les montagnes avec mes parents et mon frère. Bon, je pense pas aux trolles tous les matins, mais quand ça m’arrive, je suis touchée par la puissance des souvenirs.

Alors oui, on veut vivre dans le présent, c’est indéniable. Mais les souvenirs, c’est doux aussi, et se remémorer de ces moments joyeux nous aide parfois à traverser une période compliquée ou tout simplement à « prendre des vacances » quand le temps n’est pas encore venu (petite précision : rien ne remplace les vacances… mais parfois, il faut un peu de patience !)

Si vous allez bientôt partir en vacances, je vous propose de vous ouvrir pleinement à vos 5 sens, et d’apprécier chaque instant. Si vous revenez de vacances, remémorez-vous comment vos 5 sens ont été activés : quelles odeurs, quels panoramas, quelles saveurs, quelles sensations, quels sons… ? Observez peut-être aussi la différence entre les 5 sens, vous êtes peut-être plus sensible avec l’un ou l’autre ? Et si les vacances, ce n’est pas d’actualité pour vous, pensez à votre dernier week-end, votre dernière balade, bref, le dernier moment doux et joyeux, et laissez-vous plonger dans cette exploration… Collectionner nos sensations, c’est un véritable exercice de pleine conscience, et je pense que plus on joue à les ressentir et à se les remémorer consciemment, plus on vit pleinement chaque instant !

Les fameux trolles d’Europe. Des tiges bien épaisses, des pétales d’un jaune profond et ils restent en bouton comme ça. Chaque fois que mes parents en croisent en rando, ils m’envoient des photos (en voilà quelques-unes), dommage qu’il n’y ait pas d’appareil photo olphactif !

Une nouvelle vie pour votre tapis de yoga

Une nouvelle vie pour votre tapis de yoga

Peut-être que vous êtes un peu comme moi et penser à votre vieux tapis de yoga à la décharge, ça vous oppresse ?

De mon côté, ça m’oppresse tellement que j’ai encore mon vieux tapis de yoga tout pourri à la maison. Il a donc survécu à un déménagement, et attend sagement son heure. Mon mari s’en sert de temps en temps, mais il faut le doubler voire le tripler pour avoir l’impression d’être sur un tapis… Et je m’en suis servi quand j’ai filmé Matins Sereins sur la plage, pour isoler mon beau tapis du sable et de l’humidité… Ca n’a pas toujours été le comble de l’efficacité, mais si vous pratiquez à l’extérieur, c’est toujours une bonne idée de vous servir de votre vieux tapis comme sous tapis.

Je vous emmène découvrir le monde merveilleux du recyclage et de l’upcycling des tapis de yoga.

La responsabilité environnementale au coeur de notre pratique de yoga

Pas évident de trouver une solution responsable. Car oui, la responsabilité environnementale est au cœur de notre pratique de yoga : ahimsa, la non-violence, mais aussi saucha, la pureté.

Ahimsa, c’est prendre soin de ce qui nous entoure à travers la non-violence, et ça s’exprime de mille et une manières, notamment dans l’assiette, dans nos relations, mais aussi dans notre rapport à notre environnement. Se préoccuper de l’impact des objets de notre vie après qu’ils ne soient plus utilisables dans leur première fonction, ça contribue à la mise en œuvre d’Ahimsa, le premier et la base des 5 yamas.

Saucha, la pureté, la propreté, de soi, de son environnement immédiat, et, j’aime le penser, de ce qui nous entoure. C’est le premier des niyamas. Les niyamas sont beaucoup plus tournés vers nous-mêmes que vers le monde, à la base. J’aime penser qu’avoir des actions alignées avec nos pensées nous permettent de réaliser Saucha dans notre vie quotidienne.

Votre tapis de yoga, vous pouvez…

…le donner

Si vous changez de tapis pour des raisons de confort et que votre ancien tapis est encore en très bon état, vous pouvez contacter les associations autour de vous pour le donner, pour qu’il soit réutilisé.

Mais s’il est abimé, je vous invite à ne pas surcharger les associations avec des produits dont elles ne pourront de toute façon rien faire : demandez-leur ce qu’elles acceptent ou pas. Tous les dons qui ne peuvent pas être utilisés en association demandent de leur temps, et donc de l’argent pour s’en occuper (les trier, les donner à leur tour ou les jeter, dépendant de l’état des dons), c’est important à garder en tête.

Vous pouvez aussi donner votre vieux tapis à des associations qui accueillent les animaux, ils ont souvent besoin de ce type de matériel pour les chiens et chats (je regarde toujours avec suspicion le chat du voisin s’il s’approche trop de mon tapis de yoga, j’ai comme l’impression qu’il adorerait y enfoncer ses griffes !).

…le recycler ou le composter (attention à sa composition !)

Si vous connaissez la matière de votre tapis de yoga, et qu’il est totalement :

  • en jute ou en liège, ou dans toute autre matière absolument naturelle, vous pouvez le composter
  • en PVC ou TPE, vous pouvez le mettre au tri avec les bouteilles en plastique. Si si.

Mais si vous avez le moindre doute, ou si sa composition est mixte, il n’est ni compostable et ni recyclable, et il faut trouver une autre solution.

…le transformer en chaussures… oui oui !!

Et là, je vais vous présenter ma solution préférée d’utilisation créative de nos vieux tapis de yoga… La transformation en chaussures ! Oui ! Et c’est à Maurice que ça se passe !

Il y a quelques temps, j’ai découvert par hasard cette merveilleuse initiative de Priya Ramkissoon, et j’ai décidé de la rencontrer pour vous en parler (et je précise, au cas où, que cet article n’est pas sponsorisé !)

Pendant le premier confinement, Priya a décidé d’explorer la création de chaussures en matériaux recyclés : pneus, chutes textiles, vieux vêtements et… tapis de yoga ! Et ainsi est née Soleil Footwear, un projet qui s’inscrit au cœur de l’initiative 3030 que Priya a créée en hommage à sa meilleure amie Sheena décédée avant ses 40 ans.

Priya a mûri cette idée pendant de nombreuses années, et le temps libéré pendant le confinement lui a permis de tester, d’explorer et finalement de lancer le projet.

Cette initiative est ancrée des deux pieds dans le XXIe siècle, où l’humain et l’environnement sont au premier rang : non seulement les matériaux sont recyclés, mais en plus, les créatrices sont des femmes issues de milieux vulnérables qui sont formées et accompagnées dans le cadre de ce projet.

Utiliser des matériaux recyclés permet non seulement de diminuer l’empreinte environnementale des créations, mais aussi de réduire les coûts de production, une donnée fondamentale pour cette entreprise sociale.

Chaque matériau utilisé dans la production joue son propre rôle : « l’utilisation des tapis de yoga dans la production de chaussures apporte un vrai plus, elles sont ainsi bien plus confortables. » Et à force d’intégrer de nouvelles matières dans leurs créations, les femmes qui ont été formées et qui produisent les chaussures sont de plus en plus créatives, en proposant de nouvelles techniques à partir de nouvelles matières issues du recyclage.

Pour soutenir l’initiative, vous pouvez donner votre vieux tapis de yoga, en contactant Priya, elle s’organisera avec vous pour le récupérer. Elle est aussi à la recherche de boutiques et studios de yoga qui pourraient servir de relais pour la collecte des tapis de yoga. Si vous en connaissez, n’hésitez pas à faire signe à Priya : plus il y aura de points de collecte, plus il y aura de tapis de yoga qui auront une nouvelle vie !

Et si vous voulez (vous) offrir une paire de chaussures en tapis de yoga recyclé, vous pourrez trouver votre bonheur ici :

➡️ Avez-vous d’autres idées de recyclage ou d’upcycling des tapis de yoga ? Connaissez-vous des initiatives autour de vous qui ont le même type de démarche que Soleil Footwear ?

Les modèles élaborés dépendent des formes des matériaux reçus pour optimiser leur utilisation
On aperçoit sur la semelle le délicat tissé du tapis qui apparait !
Des couleurs et motifs qui dépendent des chutes de tissus reçues à l’atelier !

Un grand merci à Priya d’avoir répondu à mes questions ! 

Retrouvez Soleil Footwear sur Instagram et Facebook

En quête de perfectionnisme ?

En quête de perfectionnisme ?

Souvent, on aimerait que les choses soient parfaites. Exactement comme on voudrait qu’elles soient là. Le cadre bien droit accroché au mur, la lettre sans faute absolument, le rapport idéalement mis en page, le repas de famille convivial, délicieux et sans accroc, la posture parfaite, les journées pleines d’énergie et bien remplies, ni trop ni trop peu.

Mais on vit dans la vraie vie. Dans la vie où la perfection telle que je la vois n’est pas la perfection telle que vous la voyez vous, telle que votre partenaire la voit, telle que la voisine la voit… On a chacun notre propre vision de la perfection… Et du coup, de voir ça, ça m’aide à lâcher prise.

La quête de la perfection dans le travail

« Fait est mieux que parfait » m’aide énormément à passer à l’action, à mettre au monde ce qu’auparavant j’aurais mis des mois à partager. Il y aura toujours quelqu’un pour voir que ce que vous avez produit, cuisiné, préparé, créé, monté, filmé, n’est pas parfait pour lui. Toujours.

Alors certes, avoir produit quelque chose de « parfait » pour vous, c’est la garantie d’aucun regret, zéro, nada…. Hmmm… Vraiment ?

J’ai une tendance au perfectionnisme, que j’ai pu emmener assez loin… Jusqu’à ce que je réalise que non, je me maintenais dans l’immobilisme, et que c’était une belle façon de procrastiner. Et de me protéger. Ne pas me montrer. Me faire croire que je voulais quelque chose de parfait, alors que je me cachais juste derrière.

A partir de là, j’ai décidé que le principal pour moi (et chacun sa définition), c’était :

  • de faire de mon mieux, seulement de mon mieux (un des Accords Toltèques)
  • d’être satisfaite et fière de ce que j’ai produit
  • si c’est un écrit, qu’il n’y ait pas de fautes, si c’est un cours, que je sois en accord avec chaque posture, si c’est une lettre que les alignements soient bons (oui, les alignements, en yoga comme à l’écrit, c’est important), si c’est un gâteau, qu’il soit mangeable (oui mes standards en cuisine sont bas, je m’adapte à mes capacités)

Bref, pour moi, me dire que ce que j’ai produit est beau, bien, bon me suffit amplement. Pas dans le sens « je ne fais plus d’effort à partir de ce moment là », mais dans le sens « OK, je suis à cette étape, ai-je autre chose à peaufiner, ou bien puis-je mettre mon énergie sur autre chose ? »

Si c’est un plaisir de peaufiner mon ebook, mon article, mon site internet, avec joie pour continuer ! Mais si ça devient lourd, si je sens que je pinaille, si ça prend mon énergie au détriment d’autre chose qui est tout autant important (comme le repos par exemple, oui, c’est important, et non, quand quelqu’un vous propose un rendez-vous à un moment où vous aviez prévu de vous reposer, vous n’avez pas à accepter), je passe à autre chose. Surtout que souvent, je fais ça uniquement pour ne pas faire cette autre chose.

Et d’apprendre à faire ça pour moi m’a appris à le faire pour les autres. Et en fait c’est le plus dur (pour moi) de ne pas attendre des autres le niveau de perfection que j’aurais aimé. Parce que leur niveau de perfection est autre. Ni pire, ni mieux. Différent. Et ça reste un sacré exercice, mais à partir du moment où j’ai pu faire ce shift, j’ai pu lâcher prise sur énormément de situations. Pas toutes. Mais beaucoup.

La quête de la perfection dans nos niveaux d’énergie

Lâcher la quête de la perfection, c’est aussi accepter que mon niveau d’énergie n’est pas toujours au top. Et donc accepter que certains jours je ne produise rien ou presque. Accepter que certains jours je n’ai pas envie de travailler, même sur les choses que j’aime et que j’adore. Accepter. C’est difficile, j’ai une bonne dose de culpabilité en moi. Peu à peu, je fais de la place pour ces journées là et j’accepte que ça fait partie de mon rythme. Des journées « contemplatives ». Si au moins je contemplais vraiment 😂 Ca me challenge beaucoup, car j’ai du mal à accepter ce rythme cyclique. Qui a toujours été en moi. Et le problème c’est que si je ne lâche pas ma quête à vouloir toujours être au top, je culpabilise et je n’accepte pas d’être ainsi. Humaine. Femme. Cyclique. Et je n’arrive pas à voir les cadeaux qui se cachent derrière une journée où je ne fais rien (souvent : de la créativité, une journée pleine d’énergie le lendemain, une conversation agréable avec une amie…)

La quête de la perfection sur le tapis

J’en ai été longtemps coupable : « je veux emmener mes talons sur le tapis en chien tête en bas ». Et le jour où j’y suis presque arrivée, j’étais trop fière. Puis quelques mois après, j’ai du me prendre en photo dans cette même posture dans le cadre de ma formation et j’ai pu voir que ma quête d’une supposée perfection m’avait emmenée dans des travers pas du tout recommandables : j’avais le dos rond, je risquais de me blesser et je ne profitais pas des bienfaits de la posture. J’ai déplacé le curseur de la posture parfaite : d’abord une posture sécuritaire, où je respecte mes alignements, en fonction de mon corps (et pas de celui de la prof), une posture dans laquelle je me sens bien… Bref, la posture parfaite est celle qui est imparfaite 🙂

→ Au final, cette quête de la perfection est, bien souvent, détachée de nous-mêmes, ou plutôt centrée sur ce qu’on croit que les autres veulent. Mais les autres ne veulent rien. Ou si peu. Ils sont dans leur propre film : ma prof de yoga n’attend pas que je fasse la posture la plus avancée, elle souhaite que je fasse la posture qui me convient à moi dans mon corps. Mon client associatif (dans ma vie de consultante) a besoin que je lui rende ses documents à temps et sans faute d’orthographe, pas que je lui fasse des graphiques extraordinaires (j’en fais, aux couleurs de Yoga avec Emilie. Si si !), ça c’est mon obsession, pas la sienne, et pendant que je fais ça, je ne fais pas autre chose. Et je me sens tellement mieux quand je ne m’évertue pas à rester accrochée à mon espace de travail !

Et vous, quels sont les domaines où vous avez du mal à lâcher prise avec votre perfectionnisme ?

A la découverte de soi sur les sentiers

A la découverte de soi sur les sentiers

Jeudi, après 4 mois de fermeture, les plages ont rouvert. Et le nombre de pas que nous faisons tous les jours a subitement explosé ! Oui, on vit à Maurice, mais on ne passe pas beaucoup de temps allongés sur la plage, ni même à nager dans l’océan (encore moins en plein hiver !). Non, pour nous, l’intérêt de la plage, c’est surtout de marcher (et c’est sûr, se baigner, mais je réalise que c’est vraiment secondaire).

J’adore marcher sur la plage. Le sable dans les orteils. Faire une pause et s’allonger à même le sable sous les filaos ou sous les parasols des hôtels fantômes. Sentir le soleil d’hiver qui chauffe la peau, ou les rayons d’été qui essaient de percer les manches longues et le chapeau.

J’adore marcher tout simplement. C’est mon mode de fonctionnement. Quand je suis dans un nouvel endroit, ma seule façon de l’apprivoiser, c’est de marcher. C’est ma façon de découvrir. Quand on est en voyage, dans une grande ville, on se fait parfois des journées à 40000 pas. Parce que tout ce qu’on sait faire, c’est déambuler au gré de nos envies. Parfois on se fait une obsession sur un monument ou sur une place ou une rue particulière, et on va y revenir peut-être 10 fois sur un séjour de 3 jours (coucou Casa Rosada à Buenos Aires !). On marche, on boit un café, on mange une empanada, une crêpe ou une gauffre et c’est reparti.

Quand je marche, je vois plus de choses, plus de détails, je ressens mieux. L’ambiance, l’air, les gens, le paysage. Et je pense que pendant que je marche, il y a beaucoup de choses qui se passent en arrière plan, dans ma tête. Que je marche en ville ou dans la nature, que ce soit pour la balade ou pour me déplacer d’un point A à un point B, j’apprécie toujours. Mille fois plus que de prendre un véhicule pour me déplacer en ville par exemple.

Quand j’étais employée, il m’arrivait souvent de marcher à fond la caisse du bureau à mon point de rendez-vous, plutôt que de prendre une voiture, subir les embouteillages, chercher une place… Là, je maitrisais mon emploi du temps, et je me sentais bien mieux pour ma réunion que si j’avais eu à venir en voiture. Généralement je trouvais aussi plein de solutions pour les problèmes en cours (et j’a-do-re trouver des solutions). Je réalise bien sûr que c’est un privilège immense de pouvoir galoper à travers les ruelles de Port Louis, merci mon corps. Grand privilège aussi que celui de travailler en Birkenstock (chaussures tout terrain nécessaires dans les pavés défoncés de la capitale !)

Marcher donc. Apaisant. Ressourçant. Energisant.

J’ai souvent des pics d’inspiration en randonnant. J’écris dans ma tête. Bon, c’est perdu à tout jamais, mais je philosophe à fond. Tout en étant très présente à moi-même, parce que plus ça monte, plus c’est dur, plus je suis chargée, plus c’est dur. Et quand c’est dur, j’ai besoin de mobiliser le souffle et la présence au corps.

Et la rando ça pardonne pas. Dès que je ne suis plus présente à moi, je me casse la figure. Parfois royalement. Comme lors de notre PREMIERE randonnée pendant nos 3 mois de voyage en Patagonie. Chargée comme un bœuf, après une longue journée éprouvante, complètement épuisée, en pleine descente, juste avant de monter la tente, je me suis étalée, le nez contre le sentier, la cheville tordue, l’appareil photo entre moi et le sentier, le sac qui m’enfonçait encore un peu dans la terre. Complètement incapable de me relever seule. Certaine de m’être cassé la cheville. En train de pleurer, le nez écrasé dans la poussière, l’appareil photo dans mes côtes (je suis comme les enfants, peur + fatigue = larmes).

Juste avant de tomber, tout ce à quoi je pensais, c’était de m’arrêter, je laissais la gravité m’emmener toujours un peu plus bas dans cette descente qui n’en finissait pas. Je sais maintenant que plus je suis fatiguée en randonnée, plus je dois rester avec mon souffle. Et parfois m’arrêter pour manger. Pas goûter, mais manger. Il m’est arrivé, un mois plus tard, lors d’une longue étape, en faisant une pause à l’heure du goûter, alors qu’il nous restait encore 2 ou 3 heures de marche de réaliser qu’il me fallait un vrai repas. L’avantage de trimballer la maison sur le dos, c’est de dégainer au bord du lac le réchaud, la purée en flocon et le sachet de thon (oui du thon en sachet, en rando, c’est ce qu’on a trouvé de plus facile, donc adieu le végétarisme pour l’instant en rando).

La marche, ça peut même être carrément thérapeutique. Il se passe tellement de chose en nous quand on marche. Peut-être avez-vous lu ou regardé Wild, l’histoire vraie de Cheryl Strayed qui se met au défi de traverser les Etats-Unis du Sud au Nord à travers le désormais mythique PCT (devinez qui a envie de le faire depuis qu’elle a lu le livre) ? Un très beau récit où Cheryl cherche à dépasser une étape difficile de sa vie, et elle nous emmène avec elle sur les sentiers, dans ses galères et ses joies. On rit et on pleure avec elle. Et après ses 1700 kms (oui quand même), elle est une femme changée. Elle s’est trouvée.

Dans un autre genre mais avec la même puissance de transformation, Marche et invente ta vie de Bernard Ollivier nous partage les galères et les succès de jeunes de 14 à 18 ans qui ont bénéficié d’une randonnée de 2000 kms sur 110 jours, en binôme avec un adulte, sans téléphone ni musique, et encore moins internet (oui quand même). Le jeune décide à tout moment de continuer ou d’arrêter. A travers le livre, on découvre des tranches de vie de ces adolescents plus que chahutés par la vie, et de ce que cette marche incroyable leur a apporté. Ce récit m’a bouleversée. On a dans nos pieds une puissance de transformation insoupçonnée.

Qu’on marche pour le plaisir, parce que pas le choix, pour se (re)trouver ou carrément pour se sauver la vie, on a mille et unes choses à savourer dans ces moments. Prenons le temps de le ressentir, en pleine conscience, ou en déroulant des histoires dans sa tête, ou peut-être un peu des deux… La marche, c’est un peu comme le yoga, ce qu’il se passe avec les pieds sur les sentiers, on l’emmène avec nous dans la vie…

Célébrons nos contradictions

Célébrons nos contradictions

Nous sommes des êtres de contradiction. Profondément. Peut-être pas tout le monde dans la même proportion. Mais en tout cas tous les êtres avec qui j’ai pu avoir des discussions un peu profondes (faites-moi confiance, le bureau international de la statistique ambulante, c’est moi, je parle à trois personnes qui sont pleines de contradictions et je dis que la planète entière est ainsi !) (en plus je pense que mon mari à la relecture va dire « bah non, pas moi ») (ah bah voilà, c’est ce qu’il me dit, je vous l’avais pas dit ?).

Nous sommes des êtres de contradictions. Nous ne sommes pas une seule chose, nous sommes multiples. Et dans cette multiplicité, des contradictions, il y en a à la pelle.

Je suis un être de contradictions. Et j’ai longtemps lutté contre. J’ai tellement souhaité vivre en pleine cohérence avec moi-même, tout en voulant me mettre des étiquettes très claires dans ma tête : minimaliste, zéro déchet, écolo, zen, bienveillante, etc. Ces étiquettes loin de me définir m’enferment et m’empêchent d’être pleinement moi-même dans mes contradictions : minimaliste qui adore s’entourer de piles de livres, randonneuse-aventurière qui dort dans la tente au milieu de nulle part et qui adore le confort d’un hôtel 5 étoiles…

Ces contradictions en nous, elles peuvent être là, présentes depuis très longtemps, ou elles peuvent être liées à une évolution en cours. J’aurais tellement aimé qu’une fois que j’ai pris conscience d’un problème (par exemple la maltraitance des animaux dont je vous parlais récemment), je sois capable de réaligner l’entièreté de mes actions en un claquement de doigts. Mais parfois ça prend du temps. Parfois, on réussit puis on « rechute ». Parfois, ce n’est pas possible, même.

Quand on remarque une contradiction en nous, on peut se sentir mal à l’aise. Et pourtant, deux aspects apparemment contradictoires cohabitent en nous, et nous ne sommes prêts à ne lâcher aucun des deux. Ça ne veut pas dire qu’on n’avancera pas sur ces sujets, ça veut dire qu’on peut se donner le temps nécessaire pour évoluer. A notre rythme. Toujours.

Pour moi, les contradictions, c’est ce qui donne du relief aux personnes. C’est nouveau. Avant, j’essayais de lisser à tout prix mes contradictions, quitte à réprimer une partie de moi. Qui finissait par rejaillir par ailleurs. Un peu comme dans les dessins animés quand un personnage bloque une sortie d’eau qui finit toujours par trouver une autre sortie… Le risque, en voulant se lisser à tout prix, ce serait de réprimer une partie de nous, de manquer d’authenticité, et peut-être même de se perdre.

Alors j’ai commencé à faire de la place pour mes contradictions, et même à les célébrer :

  • Consciente de mon besoin de contribuer à la protection de l’avenir de l’humanité, je continue quand même à prendre l’avion. Alors qu’entrer dans un avion a été source de joie extrême pendant des années, pendant un temps, je pensais à l’empreinte carbone et ça m’angoissait. Et puis j’ai réconcilié mes contradictions, en conscience : je prends l’avion, et je vais continuer, même quand je ne vivrai plus sur mon île, toujours en privilégiant d’autres moyens de transport, mais parfois, c’est compliqué. J’ai déjà regardé, pour faire Maurice-France en bateau, c’est 19 jours. Ca m’a aidée à assumer cette contradiction là.
  • Prof de yoga, je continue à perdre patience régulièrement, et à me mettre en colère. Non, je ne flotte pas sur un petit nuage. Je fais un travail par rapport à cette colère, parfois saine, parfois moins, l’objectif étant de ne pas l’étouffer (elle est utile et précieuse pour voir quand nos limites sont franchies), mais de la canaliser… On en reparlera !
  • Récemment, j’échangeais avec l’une de vous qui ne me connaissait qu’à travers YouTube. Elle m’a dit, en se redressant, « faut que je me tienne droite, je suis devant une prof de yoga ». Et je lui ai répondu en riant que mon mari me menace parfois de me prendre en photo et de les envoyer à mes élèves tellement je me tiens mal. Et oui. Prof de yoga toute tordue sur son ordi 75% du temps. Régulièrement je m’étire, je décroise mes jambes, j’allonge mon dos. Et puis je me recroqueville à nouveau dans une posture pas du tout physiologique mais combien confortable.

Je suis ci et ça, et encore tout ça. Ce sont mes contradictions. Je pourrais me lisser, me forcer à ne voir que la facette qui me plait, ne montrer au monde qu’un côté.

Et quelque part, vouloir à tout prix voir disparaitre ses contradictions, c’est un peu faire fi de notre nature humaine. Multiple, complexe, évolutive. Faite de hauts et de bas, d’avancées et de reculades, de progrès, de réflexions et de no man’s lands.

Ça ne veut pas dire que je ne travaille pas sur les parties qui ne me plaisent pas. Ça veut dire que je suis heureuse d’être comme je suis, ici et maintenant, comme une belle boule à facettes et ses milliers de reflets. Mes facettes évoluent au fur et à mesure, et c’est parfait ainsi !