Ajoutons de la vie à la vie, les mains dans les spaghettis

Ajoutons de la vie à la vie, les mains dans les spaghettis

Un midi, alors que nous préparions à manger, je me suis retrouvée les yeux fermés, les mains plongées dans les spaghettis tout juste cuits. Mon mari a dit « quel est ce nouveau maléfice ? » (sa phrase fétiche quand je fais un truc qu’il trouve étrange). Pendant ces quelques minutes (avant qu’il m’interroge sur le nouveau maléfice donc), j’étais en communion avec mes spaghettis. La prochaine fois que vous en faites, vous pouvez essayer (après les avoir bien rincés à l’eau froide, sinon aoutch !), vous me direz si vous avez communié avec eux.

J’ai longtemps été du genre à tout faire vite fait bien fait. Me dépêcher est encore dans mes habitudes dans certains domaines. Mais j’ai enfin pris le temps de ralentir dans d’autres domaines. Je ne l’ai pas fait exprès, je n’ai pas décidé un jour « bon, je vais ralentir, là, c’est bon ». J’ai quitté mon emploi ce qui m’a permis d’arrêter de courir tout le temps, c’est sûr. J’ai arrêté du coup d’être dans les embouteillages, et ça c’est la victoire du siècle car ça me donnait l’impression de perdre un temps infini, ça ne faisait pas sortir le meilleur en moi, et même si j’avais aménagé mes horaires en fonction, le dragon qui sommeille en moi se réveillait un peu trop souvent sur les routes… Et bien sûr le yoga dans ma vie au quotidien depuis 5 ans, forcément. A force de ressentir des choses en moi sur le tapis, je les ressens hors du tapis. Et je peux passer 5 minutes les doigts dans les spaghettis cuits.

Parce que oui, sentir le sable chaud sous les pieds ou la douceur de la brise sur la plage, c’est sûr que c’est top. Mais on n’est pas tous les jours sur la plage. Et ce que j’aime avec l’expérience des spaghettis, c’est qu’on n’a pas besoin d’attendre l’exceptionnel. On peut comme dans Amélie Poulain plonger les mains dans les sacs de grains secs au quotidien, dans les gestes banals de la vie de tous les jours. Pour moi, ces moments de pleine conscience (car c’est ça, en fait) passent beaucoup à travers le toucher et la vue, mais ça peut passer à travers n’importe quel sens.

Ce n’est pas quelque chose que j’ai décidé de vivre en mode « allons plonger les mains dans les spaghettis et me délecter de cette sensation », mais plutôt l’habitude prise de faire les choses un peu plus en conscience, un peu moins vite, qui me permet de me connecter à mes spaghettis (ils étaient ravis, bien qu’un peu surpris, ce n’était pas dans le briefing qu’ils avaient reçu à l’usine sur la vie des spaghettis).

Se donner l’espace de ralentir, même quelques minutes dans une journée, ça finit par déteindre sur d’autres parties de notre quotidien… Pour moi, ça passe par le yoga du matin, que je clôture depuis quelques mois par une petite prière universelle (très fortement inspirée de cette prière des Nébuleuses), et puis des soirées douces et tranquilles, autant que possible. Le reste de la journée, ce sont simplement de petits moments qui apparaissent naturellement au détour de mon quotidien : l’odeur de la pluie en été, ou celle du nouveau paquet de café, la texture du gilet ou tout simplement le ciel, source infinie de contemplation…

Je vous partage de petites pratiques à faire régulièrement pour ralentir et vous connecter de plus en plus à vous-mêmes. Ce ne sont pas des baguettes magiques, mais peu à peu, vous verrez peut-être de la magie apparaitre dans votre vie. Des spaghettis à la magie, il n’y a qu’un pas…

Etre végétarienne, une des expressions d’Ahimsa

Etre végétarienne, une des expressions d’Ahimsa

Avant toute chose : le végétarianisme est un choix, n’en déplaise à celles et ceux qui font du prosélytisme. Chacun son choix avec sa réalité, ses besoins, son corps, son histoire, ses valeurs, sa santé… Être végétarien, végétalien ou végane, c’est un choix, tout simplement. D’ailleurs, quelle est la différence ?

  • Végétarien : ne mange pas de chair (ni viande, ni poisson, ni fruits de mer : une personne qui consommerait seulement des poissons et des fruits de mer serait pesco-végétarienne par exemple)
  • Végétalien : ne mange pas de produits d’origine animale – pas d’œufs, pas de produits laitiers, pas de miel
  • Végane : ne consomme aucun produit d’origine animale, ni dans son alimentation, ni dans le reste de sa vie (habillement, décoration,…)

Devenir végétarienne : le déclic

En 2013 ou 2014 j’ai lu une phrase dans un bouquin que lisait mon mari et je suis devenue végétarienne. Est-ce que le mec qui a écrit le bouquin est un génie pur ? Non, il a eu la phrase qui m’est arrivée au bon moment, après des années à ne pas manger de viande le lundi parce que j’allais au yoga (tiens donc) et le jeudi parce que c’est jour de carême dans ma belle-famille (pour un Dieu, je ne sais plus lequel, j’avais promis à ma belle-mère). Pendant toute cette période, je savais que je ne voulais pas contribuer à la souffrance animale, mais je continuais à manger les animaux… Jusqu’à cette phrase.

Cette phrase, c’était quoi ? En gros, qu’on ne devrait manger que ce qu’on peut tuer soi-même. Ça a été radical. Je sais que je peux tuer les fourmis (je suis génocidaire en la matière), les moustiques (aussi, ahimsa ne s’applique pas à eux), les cafards (mais si quelqu’un est là pour les tuer, c’est mieux parce que j’ai un peu peur). Les araignées, on avait choisi de les laisser vivre, puis on a été envahis, donc on a dû les ratiboiser un peu, et les lézards font leur vie chez nous (ça m’étonne qu’aucun ne se soit invité en cours de yoga d’ailleurs !). Les autres animaux que j’ai déjà tués volontairement, c’est quelques poissons dans mon enfance.

Cette phrase m’a permis le déclic qui me manquait pour devenir végétarienne. En plus je n’aimais pas particulièrement la viande, donc ce n’était rien de très compliqué à mettre en place. Ni une ni deux, je suis devenue « veg » (« vedje ») comme on dit ici. Sans aucun souci. Et puis, à force de voir les recettes véganes, de découvrir les souffrances liées, très souvent, à la production des œufs et du lait, j’ai décidé d’être végane : pas de produit d’origine animale, ni dans mon alimentation, ni dans le reste de ma consommation. Je le suis restée pendant 2 ans, avec de rares exceptions sociales (« merci d’avoir fait un gratin, mais tu sais, je ne mange pas de fromage ni de crème » = je ne suis pas capable de dire ça).

Etre végétarien-ne, c’est aussi recevoir beaucoup de questions sur son alimentation

L’expression d’Ahimsa, la non-violence, par rapport au végétarianisme / végétalisme / véganisme, c’est aussi de ne pas poser 36789 questions aux végétariens sur leur état de santé, leurs prises de sang, leur taux de protéine journalier. Parce que c’est très répétitif, d’une part, et très intrusif aussi, on ne demande pas cela à une personne omnivore. C’est aussi accepter leurs contradictions : certains pourront par exemple faire un petit écart de temps en temps, en mangeant un poisson en vacances (c’est mon cas), et d’autres ne peuvent tout simplement pas voir un steak sans voir l’animal mort (aussi moi, disons que mon niveau de compassion est plus élevé pour les vaches que pour les poissons…). Bien sûr, rien ne vous empêche de poser des questions bienveillantes, dans un cadre respectueux…

Généralement, les gens qui posent le plus de questions, ce sont celles qui se sentent à la fois appelées, et interpelées au niveau de leurs valeurs, mais aussi qui ne voient pas comment elles pourraient arrêter la viande. Le fameux clash entre valeurs d’un côté et de l’autre réalité, culture, habitudes de vie, goûts ancrés, etc.

L’équilibre entre valeurs, plaisir, réalité

Le végétarianisme, c’est un peu l’exemple facile d’Ahimsa, la non-violence. Facile et pas facile, car composé de plein de nuances. Et dans mon cas de compromis et d’arrangements avec moi-même. Après avoir passé 2 ans à dire « je suis végane », le retour des produits laitiers et des œufs dans mon alimentation n’a pas forcément été facile à assumer. Comme si c’était reconnaitre la défaite du véganisme. Alors que non. C’est juste que c’est ce qui me convient le mieux actuellement.

Parmi mes compromis, il y a des œufs produits par des « poules heureuses », en tout cas c’est ce qui m’est vendu : elles gambadent dans la nature, d’après ce qu’on me dit et les œufs ont toute sorte de formes et de couleurs. C’est un privilège. Un œuf coûte à peu près 2 fois le prix de l’œuf vendu en supermarché. Un autre compromis, c’est le fromage. J’en mange aux « grandes occasions » (le bon fromage est vraiment cher de toute façon à Maurice), et sur les pizzas que j’achète. Et le dernier compromis, c’est le lait dans le chocolat au lait (honte à moi), les glaces et les tiramisus. Pour le reste, je fonctionne avec les substituts qui fonctionnent bien pour moi et j’ai changé mes habitudes : le lait de coco est tellement meilleur dans les spaghettis que la crème, le café sans lait, ça fonctionne très bien, il faut juste avoir du bon café…

J’ai été capable d’aller loin dans mon aventure de végétalisme, pendant toute une période, j’ai mixé des noix de cajou pour faire mon lait végétal pour boire mon café au boulot. Est-ce pratique de se trimballer avec un petit pot de lait de noix de cajou à travers l’île ? Non. Est-ce logique ? Pas tellement. Est-ce que ça me faisait plaisir de le faire ? Ouiiiii !! J’ai adoré cette expérimentation. Et quand c’est devenu lourd et pénible et que j’avais envie de manger des œufs à chaque repas et du fromage et tout ça, j’ai lâché prise. Parce que je ne crois pas que tomber dans le dogme et le sacrifice nous aident vraiment à rendre le monde meilleur.

Parce qu’il s’agit bien de cela, avec Ahimsa, le premier des Yamas, la base de tous les autres, de rendre le monde un peu meilleur, une action consciente à la fois.

Quelques idées reçues sur le végétarianisme / végétalisme / véganisme 

Ca coûte cher

Faux. On mange très équilibré pour pas cher du tout. Du riz, des pois chiches et des épinards par exemple (y a-t-il un Mauricien qui sait dire brède en français ? Je traduis ça par épinard dans le désespoir. En gros à Maurice, on mange les feuilles de beaucoup de plantes, par exemple les feuilles de l’équivalent local du potiron, ou de la christophine. Bref, c’est du feuillu vert). Des œufs, du pain, une salade. Du taboulé avec des amandes et des pois chiches.

En plus globalement les produits expirent moins vite que la viande ou le poisson, donc moins de pression sur la gestion du frigo (je fais pas la maline, parce que je ne suis pas une experte dans le domaine !)

C’est long et compliqué de préparer des repas végétariens / végétaliens

Non, c’est comme préparer un repas normal, on peut faire des recettes vite fait bien fait. Vous avez peut-être une vision de recettes compliquées, mais n’oubliez pas que beaucoup de choses du quotidien sont déjà végétariennes : un gratin, un plat de pâtes, une salade composée, une tarte, une poêlée de champignons…

« On peut plus t’inviter depuis que t’es végétarienne ! »

Bien sûr que si ! Je ne peux pas parler pour les autres, mais globalement, je suis toujours très contente qu’on ait pensé à moi en me faisant un plat juste pour moi, ou en mettant toute la tablée au végétarianisme pour un repas. Je trouve ça très chouette. Si la personne est végane, c’est peut-être plus compliqué d’adapter les plats, n’hésitez pas à lui demander des idées ou des astuces !

Les chaussures véganes, ça coûte un rein

Les chaussures véganes, ça coûte un peu, c’est sûr. Et comme toujours avec les chaussures, on n’est jamais sûres à 100% qu’on va y être vraiment bien dedans à la longue, comment vont-elles vieillir, comment vont-elles supporter l’humidité (coucou les Mauriciennes !)… Ce que je fais : je me les suis faites offrir (par mon frère !), et sinon, j’achète d’occasion des chaussures en cuir. Donc des chaussures très peu, voire jamais, portées (il vaut mieux éviter de porter des chaussures qui ont l’empreinte du pied de la précédente propriétaire, ça va jouer sur les articulations). J’ai fait pareil avec ma ceinture et mon sac à mains. En France, il y a Vinted, les friperies de plus en plus nombreuses en ville, et plein d’autres sites et personnes qui vendent à distance… Et à Maurice, il y a The Good Shop et Ju & Marinette…

Etre végane, c’est extrême

Non, ça n’est pas extrême, mais ça demande une bonne dose de volonté pour le devenir et le rester ! Si on a déjà eu des troubles du comportement alimentaire, transitionner vers une alimentation purement végétalienne, ça peut être difficile, voire faire resurgir des difficultés du passé : soyez attentives à cela, et respectez-vous, avant toute chose !

C’est dangereux pour la santé

Non, sauf si bien sûr vous avez un avis médical contraire. Manger végétarien ou végétalien n’est pas synonyme de déséquilibre alimentaire ou de carence. Par contre, il vaut mieux bien sûr veiller à l’équilibre général de vos assiettes et vous supplémenter en vitamine B12 (une vitamine qu’on ne trouve pas dans l’assiette végétalienne, et en faible dose dans l’assiette végétarienne). La carence est fréquente même chez les omnivores, particulièrement chez les plus de 50 ans. J’utilise la VegOne, et de façon générale, on préfère utiliser de la B12 à base de cyanocobalamine (selon les recommandations de la Fédération Végane). 

Et les protéines alors ? On trouve des protéines dans une très large palette d’aliments. Personnellement, je m’assure d’avoir un apport important en protéines au moins au repas du midi (pois chiches, haricots rouges, oeufs au plat…), sinon j’ai faim dans l’après-midi…

C’est difficile d’arrêter la viande

Ca dépend des gens. Pour certaines personnes, c’est du jour au lendemain, pour d’autre, ça prend du temps. On peut commencer par réduire, un repas à la fois… Je conseille de ne pas tomber dans le piège de vouloir absolument remplacer la viande avec des sortes d’équivalents véganes ou végétaux, parce que ce n’est pas toujours très bon (on a fait des heures de cuisine pour notre premier Noël végane, c’était très élaboré, avec du faux foie-gras, et tout, mais c’était vraiment pas à la hauteur de nos espérances, c’est bien meilleur maintenant qu’on n’essaie plus d’imiter !) Donc c’est difficile, oui et non. Comme d’habitude, le principal est de savoir pourquoi on le fait : si la raison pour laquelle on veut réduire notre consommation de produits animaux nous parait suffisamment importante, nos efforts nous paraitront beaucoup moins difficiles !

 

Des questions ? Dites-moi tout en commentaire !

Le matériel idéal pour faire du yoga

Le matériel idéal pour faire du yoga

Ça peut être tentant quand on a envie de se mettre au yoga de se dire « il faut d’abord que je m’achète un tapis, un legging, une brassière de sport, que je me crée un endroit sympa dans la maison… » Je vais vous parler de mes indispensables pour ma pratique de yoga, ça vous inspirera peut-être…

Mon seul indispensable, c’est mon tapis. Mon sacro-saint tapis chéri que j’aime et que j’adore. Je l’ai acheté 6 mois après avoir commencé ma pratique quotidienne, parce que j’avais défoncé le précédent, et je ne me voyais pas envoyer à la poubelle deux tapis par an et devoir me réhabituer à un nouveau tapis à chaque fois (oui, mon tapis de yoga a une âme, la transférer de tapis à tapis, c’est compliqué). Alors je me suis renseignée, et j’ai acheté, cher, le Manduka Pro, un tapis en matière naturelle, garanti à vie.

C’est un vrai investissement, et parce que je suis radine et que j’ai une grosse déformation professionnelle liée à mon travail en association où chaque sou est compté (c’était un peu mon travail en plus), j’ai fait le calcul, concrètement : un tapis classique de supermarché à peu près à 12€ (à Maurice), 2 par an vu ma puissance de destruction (je pratique en extérieur, ça doit jouer), en combien d’années j’allais rentabiliser ce nouveau super tapis à 100€ pour une utilisation quotidienne ? Voilà. Oui, j’ai fait ce calcul (et j’ai rentabilisé mon tapis tout récemment). Parce que j’ai du mal à acheter des choses chères, j’ai souvent besoin de ce petit détour, et je vous en parle, parce que je sais que je ne suis pas la seule ! Si c’est votre cas aussi, faites ce petit calcul. Vraiment. On m’avait dit que c’était stupide parce que je devrais me faire plaisir pour un objet du quotidien. Mais franchement, chacun ses critères. On met notre argent là où c’est important pour nous, et des fois on doit prendre des détours pour arriver à le faire. Et c’est parfaitement OK de connaitre nos ressorts, nos motivations, et nos petites bizarreries pour faire ce qui fonctionne pour nous.

Le plus important dans tout ça, c’est que mon tapis, c’est le paradis du confort. Avant, j’avais toujours l’impression qu’un de mes os s’enfonçaient dans le sol, quelle que soit la posture, il y avait toujours des genoux, des crêtes iliaques ou des ischions qui s’enfonçaient profondément dans le sol à travers le tapis. Aoutch ! Et surtout, risque de blessure : on ne va pas déposer le poids convenablement dans le tapis, on va compenser avec autre chose, et on risque de se blesser. Mon tapis est épais (6 mm), et ferme : je ne m’y enfonce pas, c’est super important pour la stabilité dans les postures, pour ne pas glisser ni perdre en alignement. Si vous aussi vos os s’enfoncent dans le sol mais que le changement de tapis n’est pas au programme, vous pouvez tout simplement doubler ou tripler votre tapis en le pliant sur lui-même, je l’ai beaucoup fait, ça aide vraiment à pouvoir rester dans une posture sans douleur (parce que oui, toujours, sans douleur !)

Le tapis est mon seul véritable indispensable, mais je pratique souvent sans lui. Une ou deux fois par semaine, je pratique debout ou sur chaise, et alors que j’essaie de remettre du yoga dans mes soirées, le lit fait aussi très bien l’affaire (pour des postures toutes douces). C’est aussi intéressant pour moi d’explorer ces autres formats, pour les jours où j’ai moins de temps, où j’ai la flemme de sortir mon tapis, où j’ai envie d’une simple pratique à base de respiration et de méditation…

Pour tout le reste, je dirais que ça dépend vraiment des personnes, des besoins mais aussi des envies ! Et oui, le plaisir, ça compte !

  • Ceux dont j’ai de plus en plus de mal à me passer, ce sont les blocs, indispensables pour moi pour certaines postures (comme le lézard), par manque de longueur de bras et de souplesse. Vous pouvez (re)lire cet article sur les accessoires ou regarder cette mini-vidéo sur les blocs. N’hésitez pas à tester avec des piles de livres ou des boites solides (comme les Tupperware).
  • Vestimentairement, là, tout est possible. Pour les personnes qui ont une forte poitrine, la brassière de sport peut être indispensable. Au-delà, leggings, pantalon ample, de pyjama, short, tout convient ! J’ai longtemps fait du yoga habillée n’importe comment, avant d’avoir des leggings qui me sont maintenant indispensables pour enseigner, mais aussi pour ma pratique, j’aime voir mes alignements de près. Bien sûr, il y a toute une variété de pratiques qu’on peut faire dans sa tenue de travail, c’est d’ailleurs ce que je porte les jours où je ne déroule pas mon tapis.
  • La sangle, c’est un petit accessoire dont je me sers régulièrement dans mes cours de yoga, en invitant mes élèves à venir avec un foulard, une longue taie de traversin, n’importe quel long tissu… Ca permet d’expérimenter des postures différemment, d’avoir des sensations différentes.

Et vous, avez-vous des indispensables pour votre pratique de yoga ?

Le stress, ce grand vautour

Le stress, ce grand vautour

Vous avez été plusieurs à me parler de stress ces derniers temps. Et ça me touche beaucoup, parce que j’ai été très sensible au stress. Très stressée. Pendant longtemps. Et j’avais zéro politique de gestion du stress. Il m’envahissait et il s’installait et je le laissais faire sa maison à l’intérieur de moi. Et puis, j’ai commencé le yoga au quotidien, et même si le stress m’habitait toujours autant, pour quelques instants matins et soirs, il s’échappait. Et puis, j’ai commencé à être plus consciente de ces moments où le stress s’envolait…

Vous avez été plusieurs à me parler de stress ces derniers temps. Et ça me touche beaucoup, parce que j’ai été très sensible au stress. Très stressée. Pendant longtemps. Et j’avais zéro politique de gestion du stress. Il m’envahissait et il s’installait et je le laissais faire sa maison à l’intérieur de moi. Et puis, j’ai commencé le yoga au quotidien, et même si le stress m’habitait toujours autant, pour quelques instants matins et soirs, il s’échappait. Et puis, j’ai commencé à être plus consciente de ces moments où le stress s’envolait…

Mais je restais à fond dans mon système, me raccrochant à certaines phrases que je trouve maintenant culpabilisantes, par exemple : « If you are tired, learn to rest, not to quit” (si tu es fatiguée, apprends à te reposer, pas à laisser tomber), attribuée à Banksy. Cette phrase, elle m’a accompagnée, à un moment de ma vie. Juste la phrase, je ne suis jamais allée chercher ce qu’il y avait derrière, elle revenait souvent dans mes réseaux, et je me la suis appropriée, dans un premier temps : si je suis fatiguée, j’apprends à me reposer, pas à laisser tomber. Parfait. Yoga, week-ends dépaysants, vacances… Oui, mille fois oui à tout cela.

Et puis, j’ai finalement entendu un côté culpabilisant à cette phrase (pour moi). J’ai entendu, derrière, « la situation ne te convient pas, mais repose toi un peu, et retournes-y. » Et je pense que c’est ce qu’elle signifie pour beaucoup de personnes qui s’en servent, un peu comme je m’en suis servi, en mode « just do it ».

Alors oui, nous devons inclure le repos dans nos quotidiens. Du vrai repos. Qui inclut aussi, pour moi, d’arrêter de nous auto-glorifier d’être toujours le plus occupé, ou juger son prochain qui parait être moins débordé que soi. Sortir de la société du plus occupé, c’est compliqué, parce qu’il y a cette pression. D’être productif. Parfois, d’arriver tôt et partir tard du travail, dans certaines cultures d’entreprise (ou d’association). De celui qui a l’emploi du temps le plus rempli. D’être celui qui est le plus débordé.

Récemment, je rentrais dans une réunion Zoom, apparemment assez peu coiffée et on m’a demandé si je sortais de la sieste. Et moi, j’ai senti le besoin de me justifier que non, je sortais pas de la sieste, et justement, aujourd’hui, c’est une journée chargée blablabla. Et puis j’ai coupé court, en me voyant me justifier. Et alors, si je sortais de la sieste un après-midi de semaine ? Et alors, si je travaillais 5 heures par semaine, ça regarde qui d’autre que moi ? Et alors ?

On est dans une société tellement déconnectée qu’on se fait des réunions à rallonge pour ne rien produire, on s’y épuise, on n’a pas de temps pour ce qui compte vraiment, et après on veut pousser une séance de yoga au milieu de notre emploi du temps hyper chargé pour décompresser. Et je vous y invite. Parce que c’est probablement grâce à ce temps pour vous que vous déciderez d’élaguer certaines de vos responsabilités. Ou de continuer en conscience, rechargée. 

Mais parfois, virer des choses de l’emploi du temps, quitter certaines responsabilités, éradiquer certaines choses, certaines relations, certains engagements, c’est ce dont on a besoin. Pour notre santé physique et mentale ou tout simplement pour notre épanouissement. Se défaire de ce qu’on croit devoir faire, et établir ce qu’effectivement, on doit réellement faire, et ce qu’on peut laisser aller. Tranquillement.

Se reposer c’est bien. Mais parfois il faut y aller à la cisaille. Au sécateur. Ou à la tronçonneuse. Et éradiquer ce qui nous draine. Ça fait un bien fou.

 

** Pour prendre du temps pour vous si vous êtes stressée (pour agrandir les vidéos, cliquez sur le petit carré en bas à droite) :

Commencer une nouvelle activité

Commencer une nouvelle activité

L’une de vous m’a récemment parlé de l’immense difficulté qu’elle ressent à se mettre au yoga : « je sais que ce serait bon pour moi, j’en ai envie, mais je ne le fais pas, je ne sais pas pourquoi. » On a un peu déconstruit tout ça ensemble, et je vous partage ici les points saillants de notre conversation.

Ça peut être vraiment irritant, voire culpabilisant, de savoir qu’on a ENVIE de commencer une activité, que ça nous ferait DU BIEN, qu’on en tirerait des bénéfices au quotidien, qu’on serait en meilleure santé, MAIS on ne s’y met pas. Et on ne sait même pas pourquoi.

Halte à la culpabilisation ! Je vous partage ici de ce que j’ai pu tirer de ma propre expérience, à partir de deux exemples vécus : je fais du yoga tous les jours depuis 5 ans, et je veux me mettre à courir, mais je ne m’y mets pas. Pourquoi d’un côté ça a fonctionné, et de l’autre, je peine à m’y mettre ?

Ceci est basé seulement sur mon expérience. J’ai peu lu sur le sujet, et je suis sûre qu’il y a mille et un autres aspects à prendre en considération. C’est un sujet que je trouve fascinant, et je pense que je viendrai mettre à jour cet article régulièrement au fil de mes nouvelles expériences, et peut-être de mes lectures (quand j’aurai réussi à courir régulièrement par exemple !)

Définir notre motivation

Est-ce qu’on souhaite faire cette activité parce qu’on pense qu’ « il faut » ? En mode « Si tout le monde le fait, c’est bien que ça aide ».

Quand j’ai commencé à faire du yoga tous les jours, c’était pour gérer mon stress, et être une meilleure personne au quotidien (pas en mode Mère Teresa, mais plutôt en mode « je vais limiter le nombre de petites phrases assassines que j’envoie dans le monde tous les jours »). Et très rapidement, j’ai vu que ça m’aidait, au moins à l’intérieur à être plus zen (je crois pas qu’à l’extérieur c’était très visible).

Quand j’ai commencé à courir, c’était pour préparer mes jambes à porter 12 kilos sur mon dos pour nos prochaines aventures, puisque je m’étais blessée lors de la précédente. Et puis les aventures se sont éloignées, et ma motivation aussi… Alors que le concept de courir et me dépasser me parle tellement. Il y a quelques semaines, on écoutait Etienne Klein nous parler des montagnes et de l’ultratrail : mon mari l’avait déjà écouté, et m’a dit « tu vas aimer »***. On l’a écouté ensemble et je me suis dit « oh là là, mais un jour je vais faire ça ». Beaucoup de choses qu’il a dites ont résonné très fort en moi, autour de la liberté, du rapport à la nature et à l’immensité, du dépassement de soi et de la douleur physique (complètement l’inverse de ce que je vous dis de faire en yoga !). Et je pense que ma prochaine motivation autour de la course à pied, je la cueillerai plutôt dans ce registre là (et non, je ne vais pas m’inscrire à un ultratrail ou même un trail, l’année prochaine, ce sera plus du domaine de l’exploration…).

>> Notre motivation, souvent, on va la trouver dans des choses qui sont très proches de nos valeurs de cœur.

Détricoter nos croyances

« De toute façon, à chaque fois que je commence quelque chose, je ne vais pas au bout ». « Je ne suis pas capable d’avoir une activité régulière. » « Je ne suis pas sportive. » « Courir, c’est pas pour moi » « Je ne suis pas souple, je ne peux pas faire du yoga. » « Je n’ai pas de temps. » « Faire du sport/du yoga/de la méditation/de l’espagnol 10 minutes par jour, ça sert à rien ». Vous vous êtes déjà dit une ou plusieurs de ces phrases, ou une variation ?

Tout ça, ce sont des croyances. Oui, même le manque de temps : c’est juste qu’on priorise quelque chose d’autre par rapport à l’activité ou la nouvelle habitude qu’on voulait mettre en place. A part bien sûr les moments de la vie qui transforment le temps en une sorte de denrée incroyablement rare (on me souffle à l’oreillette que l’arrivée d’un enfant dans la famille peut être un de ces temps) ou ces moments où rien d’autre n’est important que la circonstance incroyablement dure qu’on traverse. Bien sûr, ça dépend !

Donc, si on a trouvé la motivation, quelles sont les parties de ces croyances qu’on peut dégommer ? En faisant un peu de place dans l’emploi du temps en remplaçant la case repassage par la case vélo ? En faisant ces 10 minutes de gym par jour et en réalisant qu’on se sent mieux, qu’on a un peu plus de muscles ou de force ? J’ai bien aimé me prouver que j’étais capable d’installer une habitude quotidienne dans ma vie, avec ma pratique de yoga. Oui, c’est aussi de la fierté, de réaliser que j’ai réussi à prendre soin de moi, à introduire une habitude saine dans mon quotidien : me prouver, à moi, que j’étais capable d’avoir prise sur mes habitudes, d’améliorer mon quotidien, tous les jours.

Affiner nos attentes

« Je vais courir deux fois par semaine, et à la fin du mois, je courrai en toute légèreté, sans souffrance » : se mettre des attentes trop élevées (voire irréalistes) a de grandes chances de nous décourager. Choisissez des attentes qui soient réalistes et proportionnelles à vos efforts, pour ne pas vous décourager trop rapidement. Je pensais que si j’arrivais à courir assez longtemps, ce serait sans souffrance. Ben non. Et pourtant, cette souffrance, c’est aussi ça qui apporte la satisfaction à la fin de la course… D’avoir dépassé cette souffrance, d’être allée au-delà…

Dépasser la peur de vivre une émotion inconfortable

  • Si je m’y mets et que je ne m’y tiens pas, je vais être déçue de moi, encore une fois.
  • Si je m’y mets et que j’arrête au bout de deux semaines, plus jamais je ne voudrai essayer.
  • Si je m’y mets et que je n’y arrive pas, c’est sûr, je jette l’éponge.
  • …et ses 14764 variations possibles

C’est sûr, (re)commencer une activité nous demande de l’énergie, du temps, de l’attention… Mais aussi de traverser des émotions pas toujours très agréables. On va se dire qu’on est nul, que ce n’est pas pour nous, et « regarde cette fille comme elle court bien, elle court vite, elle est belle, elle est pas rouge comme une tomate, elle donne pas l’impression d’être au bord d’un arrêt cardiaque ». Oui, c’est là qu’on est en train de comparer le chapitre 46 (cette fille), avec le chapitre 1 (nous, au moment où on commence n’importe quelle activité).

Et une des choses qui m’aide à avancer au quotidien, c’est de réaliser que quand j’ai peur de vivre une émotion inconfortable, en fait, je suis déjà en train d’en vivre une, alors autant passer à l’action… Et peut-être qu’effectivement on vivra des émotions inconfortables… et peut-être pas !

Définir des plan A, plan B, plan C,… plan Z

Si comme moi, vous êtes la reine des excuses, les plans A, B, C sont une bonne tactique. Pour ma pratique du yoga, j’ai plein de façon de la faire, et il n’y a aucune situation où je peux ne pas la faire. Sauf si je décide véritablement, que là, aujourd’hui, non. Pas en format excuse, mais en format choix conscient éclairé (par exemple, en ce moment, le samedi matin, on va marcher avant le petit-déjeuner. Choix conscient de favoriser la marche à la place du yoga). Ce qui change tout. Par exemple, mon plan A, c’est de faire du yoga tous les matins avant le petit déjeuner, pendant 20/30 minutes. Mon plan B, c’est de réduire cette durée (quand je manque de temps ou que j’ai la flemme). Mon plan C, c’est d’en faire sans tapis, sans tenue spécifique (quand j’ai encore moins de temps ou encore plus la flemme. Ne sous-estimons pas la flemme dans le rôle qu’elle peut jouer à nous faire perdre nos habitudes). Mon plan D, c’est de prendre 3 minutes pour m’étirer ou méditer (quand vraiment je n’ai pas le temps ou si je suis blessée).

Pour mon envie de courir, je n’ai pas de plan B, ni C. J’ai juste une envie diffuse de courir, je me vois bien, courir, légère, les cheveux au vent, me dépasser, mes baskets roses aux pieds… Mais s’il pleut, vente, fait trop chaud, trop froid, pas assez beau, si j’ai la flemme, je n’ai aucun plan B (et en plus, je veux pas salir mes jolies baskets, aïe). Du coup, je pense que ça fait partie des raisons pour lesquelles je ne le fais pas.

Choisir le bon moment et la bonne formule

Oui, il y en a ! Choisir de faire de la méditation de pleine conscience, une heure par jour, alors que vos enfants en bas âge sont à la maison 24/7 pendant le confinement, ce n’est pas forcément la formule gagnante. Peut-être pouvez-vous déjà commencer par 5 ou 10 minutes tous les jours, enfermée dans les toilettes (j’ai cru comprendre que c’était un endroit de paix quand on est parent et qu’on réussit à s’y enfermer sans le petit dernier de 2 ans à ses basques) et quand la situation évoluera, vous pourrez adapter la formule.

2 exemples de la vie réelle :

  • Ma pratique de yoga : je n’arrivais plus à aller à des cours de yoga en studio, aux horaires figés et avec du temps de transport. J’ai commencé à faire du yoga tous les jours alors que je vivais un quotidien stressant, avec peu de temps, et peu d’espace mental. J’ai choisi de faire 10 minutes de yoga tous les matins et tous les soirs.
  • Mes tentatives avec la course à pied : ma dernière tentative qui a été la plus proche du succès a eu lieu pendant une saison où je pouvais courir sans mourir de chaud (important) et avec un accompagnement qui me convenait (un programme audio de running débutant avec une personne que j’apprécie, qui me disait dans les oreilles exactement les bonnes choses au bon moment, c’est fou). En cinq semaines, j’avais réussi à atteindre mon objectif (45 minutes sans m’arrêter contre 3 minutes au départ). Puis, je suis partie en France pendant 2 mois, c’était l’hiver, et j’ai arrêté parce que courir dans le froid : « non mais ça va pas ? ». Problème de timing, en partie…

Capitaliser sur son expérience et sa connaissance de soi

Vous avez déjà essayé X programmes, et vous ne vous y tenez pas ? Vous savez que prendre la voiture pour aller faire de la gym, ça vous pèse ? Ou au contraire, vous savez que rejoindre les copines pour aller courir c’est ce qui vous motive ? Vous avez l’impression de mourir à la 3e minute de course, mais après avoir fait vérifier votre cœur et vos analyses de sang, c’est sûr, ce n’est pas ça, vous avez juste besoin de quelqu’un qui vous rassure et vous pousse ? VOUS vous connaissez mieux que vous ne le croyez. Si pour vous, c’est le temps de transport jusqu’à l’activité qui vous pèse, trouvez une activité que vous pouvez faire chez vous ou autour de chez vous. Si c’est au contraire la solitude et l’absence de rendez-vous, trouvez une formule pour pratiquer avec une amie, un professeur, un coach sportif…

Expérimenter et si besoin, changer son fusil d’épaule ou se ficher la paix !

Et oui, on peut croire qu’on veut courir / danser / faire du yoga… Et puis on essaie pendant une période suffisamment soutenue, et non, on n’y trouve pas de plaisir, ça ne nous plait pas : il est peut-être temps d’explorer de nouvelles options, une autre forme de yoga, de la marche au lieu de la course, ou de la natation ou du volley plutôt que la danse…

Restez ouvertes à vos ressentis et puis fichez-vous la paix aussi : quand ça veut pas, ça veut pas, et peut-être que ce n’est juste pas le bon moment, vous avez peut-être d’autres priorités en ce moment…

>> En bref, la motivation ne fait pas tout

Savoir pourquoi on agit, c’est la base, mais ce qui vous permettra de continuer l’aventure, c’est aussi de :

  • l’ancrer dans une habitude, quelle qu’en soit le rythme
  • trouver la formule gagnante pour vous : avec des copines, en présentiel / à distance, …
  • observer les bienfaits sur vous, en lien avec votre motivation d’origine, mais pas seulement : je voulais mieux gérer mon stress quand j’ai commencé le yoga, et j’ai pu voir une amélioration sur ce front, mais j’ai aussi ressenti du plaisir pendant mes pratiques matinales, je me suis connectée à la nature, j’ai observé que certains de mes muscles se tonifiaient. Tous ces résultats secondaires ont encore renforcé ma motivation et mon engagement !

>> Sachant tout ça, je n’ai pas encore réussi à me mettre à courir… pourquoi ? On revient à la motivation, je pense, qui n’est pas assez clairement définie pour moi, ni assez… motivante !

Et vous, vous vous êtes mise à quoi ? Et quelles ont été vos astuces pour vous y mettre et pour persévérer ?

 

 

*** Je me méfie quand il me dit « tu vas aimer » en me parlant d’Etienne Klein. C’est un physicien et philosophe des sciences très sympathique mais il fait des nœuds dans mon cerveau en parlant de vide et de néant, et que le vide n’est pas vide et que le néant n’est pas synonyme de vide et que si on peut parler de néant, c’est qu’il n’est pas totalement néant… 

La posture de yoga qui vous est incontournable

La posture de yoga qui vous est incontournable

Dernièrement, une prof de yoga parlait de « posture incontournable du yoga ». Personnellement, je ne pense pas qu’il y en ait. Je comprends la logique : certaines postures se trouvent PARTOUT, et on tombe toujours dessus. Mais si pour une raison ou une autre on ne peut ou ne veut pas la faire, alors, elle n’est pas incontournable.

De mon point de vue, nous avons chacune nos postures incontournables, et elles sont propres à nous-même : par exemple pour moi, une posture incontournable, c’est le chien-chat. Elle est incontournable pour MOI. La vôtre, c’est peut-être le pigeon, l’enfant, ou peut-être que vous n’en avez pas.

Avant d’être prof de yoga, je pensais qu’il fallait absolument savoir se mettre sur la tête pour être une vraie bonne pratiquante du yoga. Maintenant je sais que non. Qu’on peut faire du yoga sans faire la moindre posture, aussi. Et que si on a envie de se mettre sur la tête, c’est très bien, mais que si on ne peut pas, on peut s’en passer, ou trouver des postures qui nous donnent une idée de comment ça peut être d’être sur la tête, sans mettre tout son poids sur ses vertèbres cervicales. Bref, contrairement à ce que je croyais (désespérément, car pour mes vertèbres cervicales, c’est un grand non, cette posture !), aucune posture n’est incontournable !

Par contre, il y a nos postures à nous, incontournables, celles qui sont délicieuses, qui nous font tellement de bien, dans le corps, dans le cœur ou dans l’esprit, ou un peu de tout ça d’ailleurs. Et je trouve intéressant aussi d’explorer celles qu’on aime moins. Celles qu’on déteste cordialement. Celles où ça parait hallucinant d’être dedans.

Pour ça, je vous invite à explorer, en vous posant certaines de ces questions :

Les postures que vous aimez faire, vous 

Les questions à vous poser : pourquoi j’aime la faire ? Qu’est-ce qu’elle m’apporte ? Aux niveaux physique, émotionnel, spirituel.

Par exemple : j’adore le chien-chat parce que je sens mon dos qui prend vie, mes vertèbres qui sont contentes, j’ai l’impression de me défaire de milliers de micro-tensions. Ou encore : j’adore la relaxation en savasana, j’ai l’impression de me régénérer complètement.

Les postures que vous détestez 

Les questions à vous poser : pourquoi je la déteste ? Parce que je n’arrive pas à la faire ? Parce que j’ai mal quand je la fais ? Parce que je n’arrive pas à la faire comme la prof ?

Par exemple : une posture que j’ai DE-TES-TEE cordialement pendant des années, c’est Supta Padangustasana, la posture couchée de la main à l’orteil. Impossible pour moi d’attraper mon pied, sentiment d’incompétence maximal. Soit j’essayais désespérément de la faire (si j’étais dans un cours public), soit je zappais complètement la partie de la séance YouTube sur cette posture. Radical. Et puis, j’ai eu la bonne piste qui m’a permis de la réaliser dans mon corps, et maintenant, c’est une de mes postures préférées (j’en parlais ici dans le blog, et ici en vidéo, c’est parfois plus parlant !)

Donc mon invitation pour vous, c’est de vous pencher sur une posture que vous détestez, et que vous essayiez de ressentir dans votre corps, peut-être, ce qui bloque, si comme moi, c’est une impossibilité physique, ou si c’est autre chose. Et une fois que vous avez une piste, vous pouvez demander à votre prof de yoga préférée des options à explorer pour venir transformer votre rapport à cette posture, si c’est votre souhait (en commentaire ou par email, vous savez que c’est toujours possible !)

Je pars du principe que sur le tapis comme dans la vie, quand on a une situation qui nous fait grincer des dents, on a quelque chose à y gagner d’explorer plus en détails !

Les postures auxquelles vous êtes indifférente 

Les questions à vous poser : est-ce parce que je la fais tout le temps et machinalement ? Est-ce parce que je ne ressens plus rien de particulier ?

Alors mon défi pour vous, c’est de venir trouver quelque chose de doux, de particulier dans ces postures, peut-être de ralentir pour venir observer vos micros-mouvements, ou de bien ressentir l’avant-après dans le corps et l’esprit, dans cette posture. Peut-être que votre prof vous fait faire le chien-chat à chaque séance ou presque (coucou !) et que vous, cette posture ne vous parle pas plus que ça. Que pouvez-vous trouver de nouveau dans cette posture qui vous laisse de marbre ?

Ni l’un, ni l’autre, pas de préférence

Peut-être que vous n’avez ni posture préférée, ni de posture qui ne vous plait pas. Prêtez alors attention à ce que vous aimez dans votre pratique, ce qui vous nourrit.

 

➡️ Dans toutes ces réflexions, aucune bonne ou mauvaise réponse, et rien d’inscrit dans le marbre, ça évolue avec notre pratique. L’idée de prendre un peu de recul sur ce que vous aimez et ce que vous aimez moins dans votre pratique du yoga, c’est de peut-être venir élargir la palette de postures que vous appréciez, de venir explorer ce qui vous fait réagir, et de venir approfondir, aussi, votre conscience de vous-même pendant votre pratique ! Mais surtout, rappelez-vous : toujours dans le respect de votre corps, de votre rythme, sans douleur, et dans la joie !