Décisions compliquées : les prendre en conscience

8 Juil 2020

Je vous le disais la semaine dernière, j’ai récemment pris une décision difficile. J’ai loooonnnngguement pesé le pour et le contre, je me suis interrogée à tous les niveaux… Et finalement, c’est décidé, j’y vais ! Je m’embarque dans une aventure qui va être compliquée et anxiogène, et je ressens déjà des bouffées d’une inquiétude dont je connais la saveur et que je ne voulais plus ressentir.

Pourtant, je vous le disais, cette décision, je l’ai prise en conscience. Mon corps freine des 4 fers : petite boule dans l’estomac, crispation des mâchoires, flashbacks de nuits à me réveiller à 3h du matin. Oui, mais alors, pourquoi je l’ai prise, cette décision ? Pourquoi j’ai décidé d’y aller en niant ces signaux pourtant clairs que je m’attache à suivre de plus en plus ?

Parce qu’il y a, pour moi, quelque chose de plus grand, de limite sacré. Il y a une cause, il y a un projet, il y a des gens en souffrance, et il y a moi qui peux, peut-être, contribuer à faire quelque chose.

Mon coeur a-t-il raison quand il dit “mais pourquoi on voudrait s’infliger ça ?” ?Probablement. Ma tête a-t-elle raison quand elle dit “mais comment tu vas te sentir si ça périclite et que t’as rien fait ?” ? Probablement. Vous connaissez Heart and Brain ? Cette jolie BD où l’on voit un cerveau (Brain) et un coeur (Heart) en désaccord sur à peu près tout s’écharper avec humour ? C’est un peu ça qu’il s’est passé. Impossible de les réconcilier.

Comment j’ai décidé d’avancer par rapport à ça ? J’ai écouté les arguments en faveur, les arguments contre. J’ai parlé à mon mari. Et finalement, je me suis demandé quelle question comptait plus. Et clairement, c’était celle du cerveau, qui me disait “comment tu vas te sentir de ne rien avoir fait ?”. Alors j’ai décidé que je n’aurai pas rien fait. Je ne dis pas que je ferai bien, mais je peux dire que je ferai de mon mieux. Avec amour.

Alors oui, je nie une partie de mes ressentis physiques dans cette prise de décision, ou en tout cas j’ai décidé de leur dire que je les entends, mais que je ne me base pas sur eux pour décider, cette fois. Au final, j’ai pris des mois et des mois à la prendre, 2 ans, même. Et quand il a fallu y aller, ce sont mes valeurs auxquelles j’ai voulu donner la priorité. Comment vais-je répondre aux besoins de mon corps, à ses sollicitations, à ses réflexes de crispation automatique dans certaines situations ? Je vais respirer, je vais faire des mudras, je vais pratiquer rester consciente à mes ressentis, et ne pas les enfouir comme j’ai pu le faire par le passé.

Et quand je dis que c’est ma tête qui a décidé, en réalité, une partie de mon coeur aussi. C’est juste qu’il a un peu peur de se faire écharper et d’y laisser des plumes encore. Mais il est mieux outillé maintenant pour se préserver, prendre soin de lui et des autres couches de mon être (les koshas, sujet d’un futur article, promis !).

Je l’avais dit ici, je le redis, mon yoga est au service de mon activisme. Il va m’aider à naviguer dans mon nouveau rôle sur le conseil d’administration de PILS. #actHIVistunjouractHIVisttoujours

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