En quête de perfectionnisme ?

14 Juil 2021

Souvent, on aimerait que les choses soient parfaites. Exactement comme on voudrait qu’elles soient là. Le cadre bien droit accroché au mur, la lettre sans faute absolument, le rapport idéalement mis en page, le repas de famille convivial, délicieux et sans accroc, la posture parfaite, les journées pleines d’énergie et bien remplies, ni trop ni trop peu.

Mais on vit dans la vraie vie. Dans la vie où la perfection telle que je la vois n’est pas la perfection telle que vous la voyez vous, telle que votre partenaire la voit, telle que la voisine la voit… On a chacun notre propre vision de la perfection… Et du coup, de voir ça, ça m’aide à lâcher prise.

La quête de la perfection dans le travail

“Fait est mieux que parfait” m’aide énormément à passer à l’action, à mettre au monde ce qu’auparavant j’aurais mis des mois à partager. Il y aura toujours quelqu’un pour voir que ce que vous avez produit, cuisiné, préparé, créé, monté, filmé, n’est pas parfait pour lui. Toujours.

Alors certes, avoir produit quelque chose de “parfait” pour vous, c’est la garantie d’aucun regret, zéro, nada…. Hmmm… Vraiment ?

J’ai une tendance au perfectionnisme, que j’ai pu emmener assez loin… Jusqu’à ce que je réalise que non, je me maintenais dans l’immobilisme, et que c’était une belle façon de procrastiner. Et de me protéger. Ne pas me montrer. Me faire croire que je voulais quelque chose de parfait, alors que je me cachais juste derrière.

A partir de là, j’ai décidé que le principal pour moi (et chacun sa définition), c’était :

  • de faire de mon mieux, seulement de mon mieux (un des Accords Toltèques)
  • d’être satisfaite et fière de ce que j’ai produit
  • si c’est un écrit, qu’il n’y ait pas de fautes, si c’est un cours, que je sois en accord avec chaque posture, si c’est une lettre que les alignements soient bons (oui, les alignements, en yoga comme à l’écrit, c’est important), si c’est un gâteau, qu’il soit mangeable (oui mes standards en cuisine sont bas, je m’adapte à mes capacités)

Bref, pour moi, me dire que ce que j’ai produit est beau, bien, bon me suffit amplement. Pas dans le sens “je ne fais plus d’effort à partir de ce moment là”, mais dans le sens “OK, je suis à cette étape, ai-je autre chose à peaufiner, ou bien puis-je mettre mon énergie sur autre chose ?”

Si c’est un plaisir de peaufiner mon ebook, mon article, mon site internet, avec joie pour continuer ! Mais si ça devient lourd, si je sens que je pinaille, si ça prend mon énergie au détriment d’autre chose qui est tout autant important (comme le repos par exemple, oui, c’est important, et non, quand quelqu’un vous propose un rendez-vous à un moment où vous aviez prévu de vous reposer, vous n’avez pas à accepter), je passe à autre chose. Surtout que souvent, je fais ça uniquement pour ne pas faire cette autre chose.

Et d’apprendre à faire ça pour moi m’a appris à le faire pour les autres. Et en fait c’est le plus dur (pour moi) de ne pas attendre des autres le niveau de perfection que j’aurais aimé. Parce que leur niveau de perfection est autre. Ni pire, ni mieux. Différent. Et ça reste un sacré exercice, mais à partir du moment où j’ai pu faire ce shift, j’ai pu lâcher prise sur énormément de situations. Pas toutes. Mais beaucoup.

La quête de la perfection dans nos niveaux d’énergie

Lâcher la quête de la perfection, c’est aussi accepter que mon niveau d’énergie n’est pas toujours au top. Et donc accepter que certains jours je ne produise rien ou presque. Accepter que certains jours je n’ai pas envie de travailler, même sur les choses que j’aime et que j’adore. Accepter. C’est difficile, j’ai une bonne dose de culpabilité en moi. Peu à peu, je fais de la place pour ces journées là et j’accepte que ça fait partie de mon rythme. Des journées “contemplatives”. Si au moins je contemplais vraiment 😂 Ca me challenge beaucoup, car j’ai du mal à accepter ce rythme cyclique. Qui a toujours été en moi. Et le problème c’est que si je ne lâche pas ma quête à vouloir toujours être au top, je culpabilise et je n’accepte pas d’être ainsi. Humaine. Femme. Cyclique. Et je n’arrive pas à voir les cadeaux qui se cachent derrière une journée où je ne fais rien (souvent : de la créativité, une journée pleine d’énergie le lendemain, une conversation agréable avec une amie…)

La quête de la perfection sur le tapis

J’en ai été longtemps coupable : “je veux emmener mes talons sur le tapis en chien tête en bas”. Et le jour où j’y suis presque arrivée, j’étais trop fière. Puis quelques mois après, j’ai du me prendre en photo dans cette même posture dans le cadre de ma formation et j’ai pu voir que ma quête d’une supposée perfection m’avait emmenée dans des travers pas du tout recommandables : j’avais le dos rond, je risquais de me blesser et je ne profitais pas des bienfaits de la posture. J’ai déplacé le curseur de la posture parfaite : d’abord une posture sécuritaire, où je respecte mes alignements, en fonction de mon corps (et pas de celui de la prof), une posture dans laquelle je me sens bien… Bref, la posture parfaite est celle qui est imparfaite 🙂

→ Au final, cette quête de la perfection est, bien souvent, détachée de nous-mêmes, ou plutôt centrée sur ce qu’on croit que les autres veulent. Mais les autres ne veulent rien. Ou si peu. Ils sont dans leur propre film : ma prof de yoga n’attend pas que je fasse la posture la plus avancée, elle souhaite que je fasse la posture qui me convient à moi dans mon corps. Mon client associatif (dans ma vie de consultante) a besoin que je lui rende ses documents à temps et sans faute d’orthographe, pas que je lui fasse des graphiques extraordinaires (j’en fais, aux couleurs de Yoga avec Emilie. Si si !), ça c’est mon obsession, pas la sienne, et pendant que je fais ça, je ne fais pas autre chose. Et je me sens tellement mieux quand je ne m’évertue pas à rester accrochée à mon espace de travail !

Et vous, quels sont les domaines où vous avez du mal à lâcher prise avec votre perfectionnisme ?

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