Prendre soin de sa santé mentale au quotidien

18 Août 2021

Je vis une période de changements, tous positifs et choisis, qui entrainent, malgré tout, leur avalanche d’émotions. Et non, l’excitation lié à notre changement de vie n’est pas toujours celle qui est à la surface. D’ailleurs, elle est souvent ensevelie sous une certaine anxiété qui s’exprime de différentes façons. Associée au syndrome prémenstruel, c’est un cocktail puissant que je vous déconseille 😂

La tentation fatale est de fermer les yeux, les oreilles et le cœur surtout et fuir les émotions, les fermer à double tour. Mais je sais très bien que ça refera surface, et probablement à un moment crucial… Ca fait un moment déjà que j’ai choisi en toute conscience de faire pleine place à mes émotions, et d’être là avec elles. Je prends le temps de ressentir ce qui se joue, c’est déjà pas mal.

Pour être en capacité de faire cela, j’ai toute une panoplie de petites pratiques, trucs et astuces pour prendre soin de ma santé mentale au quotidien. « Santé mentale », j’ai l’impression que c’est encore un « gros mot » en français. Quelque chose qui ne se dit pas vraiment, alors que personne n’a de mal à parler de prendre soin de sa santé tout court (santé physique donc). Quelque chose qui sous-entendrait automatiquement qu’une personne qui prend soin de sa santé mentale est forcément en dépression. Non, loin de là !

Prendre soin de sa santé mentale, c’est important pour tout le monde (encore plus en temps de pandémies et autres catastrophes). Et pour moi, ce sont des micro-choses du quotidien… On n’a pas besoin d’aller chez le psy toutes les semaines ou de s’allonger sur de divan d’un psychanalyste pendant 10 ans (mais bien sûr, allez y si vous en ressentez le besoin, ou l’envie [oui l’envie, plonger à la rencontre de soi avec un psy, ça peut être une question d’envie aussi, pourquoi pas ?]).

Ce qui est clé, pour moi, pour être bien dans ma tête :

  • M’entourer des bonnes personnes

Bon, j’ai gagné la loterie du mari, il est vraiment clé dans le dispositif. Et il est venu comme ça : à l’écoute, disponible, ne prend pas personnellement si un jour je suis triste sans raison apparente, capable d’entendre que sa façon de me répondre là ne me convient pas et réajuster en fonction… Puis débriefer après.

Ça peut être n’importe qui de votre entourage, le principal, c’est que ce soit une personne absolument de confiance en qui vous pouvez vous confier (confier/confiance, y a comme un lien). Ça ne veut pas dire leur déverser tout dessus à la moindre occasion, ils/elles sont humain-e-s aussi ! Mais cette personne (ou ces personnes) vous aime a priori, et en leur demandant si elles sont dispos, ça devrait bien se passer. Et puis on peut jouer ce rôle là aussi pour d’autres personnes (ou la même d’ailleurs) autour de nous !

Et bien sûr, voir/parler avec mes proches en général, famille, amies, copines, anciennes collègues (je mets tout au féminin, parce qu’elles sont majoritaire, mais je n’oublie pas mes amis gars !). Bien sûr, ça demande un effort d’être régulière, surtout quand c’est à distance… Mais ça reste capital et à entretenir ! Une simple conversation peut changer une journée !

  • Revenir au corps encore et toujours

Attention, grand scoop, la prof de yoga vous dit que faire du yoga lui fait du bien !! Haha, quelle originalité ! En réalité, ce n’est pas une baguette magique, loin de là. Il y a des jours où je fais mon yoga, parce que c’est ce que je fais avant le petit déjeuner. Par habitude, c’est tout. Je déroule mon tapis, et oui, parfois, ça peut être un peu machinal, un peu robotique, mais avant de commencer, et pendant, je me demande quand même tout le temps « comment je me sens aujourd’hui ? J’ai envie de quoi ? » donc quand même, rien que ça, ça aide énormément…

Donc parfois, oui, c’est une pratique purement physique pendant laquelle j’ai du mal à ramener mon mental dans le corps… Mais après tout, personne n’a jamais dit qu’on ne devait pas pratiquer dans ces cas-là, au contraire ! C’est pour ça que je crois en la force de l’habitude, parce qu’il y a plein de matins où j’ai bien besoin du yoga où j’aurais « grave la flemme » si ce n’était pas ancré.

Revenir au corps, bien sûr, ça passe par n’importe quelle activité physique qui vous conviennent, de la course à pied au rameur en passant par la boxe… C’est vous qui voyez ce qui vous fait du bien, et la bonne nouvelle c’est qu’on peut varier !

  • Déconstruire l’origine de l’émotion

Si je me sens moyen bien, j’essaie de voir pourquoi : que se cache-t-il derrière cette émotion qui me fait me sentir mal ? Quelle pensée ? Des fois, elle est bien cachée, et on a besoin de l’aide de nos personnes-soutiens, voire carrément de personnes extérieures dont c’est le métier. J’ai appris à faire ça justement en coaching : « OK, tu te sens comme ça, pourquoi ? ».

Souvent, on passe d’une circonstance absolument neutre à l’émotion, et on n’arrive pas à voir qu’il y a une pensée, une croyance, un jugement sur cette circonstance qui donne naissance à l’émotion.

Exemple très personnel : quand j’ai lancé mon premier programme, j’ai mis 2 semaines à le vendre. DEUX semaines. DEUX épuisantes semaines avant de faire une première vente. A me faire un drama incroyable dans ma tête. La circonstance, absolument neutre, était que je n’avais pas vendu le programme pendant 2 semaines. Neutre. Je me sentais triste et découragée.

Quelle pensée se cachait derrière ces émotions ? « Mon programme est top, les gens devraient l’acheter. S’ils ne l’achètent pas, c’est qu’il est nul » (oui, championne de raccourcis incroyables). Rien que d’avoir vu ça, déjà, ça m’a énormément aidée. Je ne la voyais pas comme ça, j’ai du faire un effort pour la voir.

Dans ce cas précis (mais ce n’est pas toujours ni possible, ni souhaitable), j’ai pu déconstruire immédiatement la pensée, puisque j’ai pu me dire très facilement : « comment les gens pourraient savoir comment il est ? Personne ne l’a vu. Donc non, il n’est pas nul, cette pensée est totalement fausse ». C’était facile à voir, et cette pensée a pu être dégommée sur place. Ca m’a apaisée, et permis de voir d’autres choses qui m’ont donné la base pour noter ce sur quoi j’allais pouvoir travailler après, une fois que j’aurais digéré tout ça… (et j’ai pu par la suite en tirer des leçons qui m’ont aidée à lancer mon deuxième programme, que j’ai vendu dans la première heure. Alleluia !)

L’avantage de faire cet exercice avec une personne extérieure, comme une coach, c’est qu’elle ne va pas vous lâcher jusqu’à l’origine de la pensée, et ça permet souvent d’aller plus loin, plus vite… On peut cependant tout à fait le faire par nous-même, avec un cahier et un crayon, le téléphone ou l’ordinateur. Et des fois on a des surprises, parce qu’on réalise que ce qu’on vit là, c’est pas du tout ce qu’on croyait, c’est en fait en lien avec complètement autre chose. Et rien que de le voir déjà, c’est énorme. Juste le voir. S’asseoir avec et réaliser… Et déjà, de voir la pensée, les choses auront évolué…

  • Se ficher la paix !

Pendant le deuxième confinement, j’ai eu une passion chocolat au lait aux noisettes. Une passion intense, partagée par des centaines de Mauriciens je pense, car le rayon était souvent en rupture. C’est sûr que le chocolat au lait aux noisettes, c’est bon, mais à petite dose, après on perd un peu le goût. Et puis on se sent pas forcément très bien après avoir mangé plein de chocolat au lait aux noisettes. J’aime manger équilibré, mais j’aime aussi grandement me ficher la paix, et voir mes priorités. Donc j’ai mangé relativement équilibré, mais avec du chocolat tous les jours. TOUS LES JOURS. Il faut ce qu’il faut. Manger ses émotions, c’est pas le top, mais manger ses émotions en conscience, bah, pourquoi pas ? (bien sûr, dans le respect de ce qui est possible dans notre corps, j’ai la chance d’être sans diabète ni cholestérol

  • Faire tous les jours quelque chose que j’aime

Dans les choses que j’aime, il y a lire, faire du yoga, écrire. Donc déjà, on est bien, c’est des activités faisables tous les jours, n’importe où, n’importe quand. Passer des moments de qualité avec mon mari et les gens que j’aime en général, randonner, me promener…

  • Et la liste continue…

Fixer et respecter mes limites, manger équilibré, prendre soin de mon énergie, contrôler mon exposition aux médias, ne pas boire plus d’un café par jour… Il y en a des choses sur cette liste ! Je suis sûre que j’adorerais y ajouter la « ronronthérapie » avec un chat si je n’y étais pas allergique !

 

➡️ Chacune a sa liste, conscientisée ou pas, de petites et grandes choses qui lui permettent de garder le cap. Il y a quoi dans votre liste à vous ?

Le modèle de Brooke Castillo

Le paragraphe sur les pensées et les émotions est inspiré du modèle conceptualisé par Brooke Castillo. Je l’ai découvert à travers un programme de coaching pour les profs de yoga. Selon ce modèle :

  • Nous vivons des circonstances qui sont toujours toujours toujours neutres
  • Nous avons des pensées, croyances, jugements à propos de ces circonstances, nous leur attachons des significations
  • Ces pensées génèrent des émotions 
  • Ces émotions entrainent des actions et leurs résultats (je ne vous parle pas vraiment de cet aspect là dans cet article)

Quand on ressent une émotion (quelle qu’elle soit), on peut se demander « quelle pensée me fait ressentir cette émotion ? »

Ca nous permet déjà de mieux comprendre pourquoi on se sent mal, ici et maintenant. Parce que oui, des fois, on ne sait pas du tout pourquoi on est triste / en colère / stressé etc.

Faire ce travail (qui demande un véritable effort) va nous permettre de voir, sans pour autant changer la pensée. Dans un premier temps, le simple fait de prendre conscience de la pensée est déjà excellent.

Et peu à peu, dans le temps, on pourra chercher à la changer, si c’est souhaitable et possible (et parfois, comme dans le cas de mon exemple, ce changement est automatique, parce qu’on voit que la pensée était totalement sans fondement, rien que de la voir l’éradique).

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