Sagesse des cèpes : 13 enseignements

20 Oct 2021

Ces derniers jours, je suis partie à la cueillette de champignons, et alors que j’errais dans les bois à la recherche des cèpes et que j’ai découvert que j’aimais ça (je savais que j’aimais les manger, je savais pas que j’aimais les chercher), j’ai réalisé que cette expérience avait mille choses à nous apprendre (ou plutôt à nous rappeler).

 

Chacun sa perspective

On était partis à 5 pour notre cueillette, un autre jour on était 3… On n’était pas loin les uns des autres et parfois même on se suivait… J’ai trouvé un cèpe en suivant mon Papa (pourtant l’as des cèpes), et lui en a trouvé dans mon sillage (beaucoup plus logique) : on regarde tous les choses de façon différente, avec notre œil, avec nos spécificités… Et du coup, on voit des choses que les autres ne voient pas, les autres voient des choses qui ne nous parviennent pas… On a tous nos forces, notre regard particulier sur les choses, c’est la beauté du travail d’équipe !

 

Quand on ne sait pas ce qu’on cherche, on ne peut pas trouver

Après qu’on ait trouvé collectivement plein de jeunes cèpes, et avoir plus ou moins identifié à quoi ressemblait un cèpe, j’ai trouvé un très gros cèpe, vieux, très différent des jeunes. Parce que je me rappelais de la tête des cèpes dans mon enfance, je l’ai identifié. Mon mari, passé avant : « mais je suis passé devant, ça ressemble pas à un cèpe, ce truc ! » Dans la vie, on peut trouver sans savoir ce qu’on cherche, mais globalement, savoir ce qu’on veut, ça aide énormément !

 

La beauté est dans le regard de celui qui regarde

« Beauty is in the eye of the beholder » en anglais. Mon Papa a trouvé un très gros cèpe et mon mari était « ouaaaaaaaoooouuuuhhh, il est trop beau !!!! » et mon Papa était là « ouais, bof, je préfère les petits, les gros sont moins bons à manger ». Parce que mon mari ne voyait pas ce côté là, il a trouvé le cèpe juste beau. Ce qu’on sait de quelqu’un ou ce qu’on projette sur lui vient éclairer notre perception de sa beauté (intérieure ou extérieure).

 

Le bonheur, c’est le chemin

Si vous avez déjà cherché des champignons, vous savez que ça peut prendre un peu de temps… Mieux vaut profiter de la recherche en elle-même, car si on ne se satisfait que de ces rares moments où on en trouve, on peut passer une bien désagréable matinée (ou après-midi dépendant de votre préférence!). La joie est dans le chemin, dans la cueillette des champignons comme dans la vie : ce n’est pas le diplôme, le meilleur poste, le mariage, la retraite, le 20 sur 20 qui nous amènent le bonheur… Car si on est dans cette dynamique, que se passe-t-il ? On arrive à notre objectif, et déjà, on en cherche un autre, sans parvenir à se satisfaire de celui-ci : on a un cèpe, on en veut un de plus, on en a 20, pourquoi pas 20 de plus, etc…

 

Tout le monde ne cherche pas la même chose

Certes, on est allés aux champignons à 5, et officiellement on cherchait des cèpes. En réalité, mon mari était à l’affût des champignons, toutes variétés confondues, juste pour le plaisir de les admirer et de les prendre en photo. Il cherchait les champignons les plus divers et variés, juste pour le plaisir de les voir.

 

S’entourer de gens qui savent

Quand je ramasse les cèpes, vu que je n’ai pas l’habitude, j’ai besoin de la confirmation de mon expert en cèpes (mon Papa) pour confirmer que ça en est bien un. Et vu que c’est quand même bien subtile pour l’oeil novice, et que les conséquences sont assez sévères, je passe mon temps à crier « Papaaaaaaa » dans les bois. Autant dire que quand il nous a emmenés tous les 4 (mon frère, ma belle-sœur, mon mari et moi), il était débordé par la situation !

Dans la vie comme pour les cèpes, s’entourer de gens qui savent dans les domaines où nous on ne sait pas, c’est capital : on perd plein de temps à essayer de faire des choses qu’on ne sait pas faire par nous-même, et en plus les conséquences peuvent être importantes… Chacun-e d’entre nous a un domaine d’expertise. Absolument tout le monde. Et on a aussi des zones dans lesquelles on n’y comprend rien et pour lesquelles on aura toujours besoin d’aide. Et c’est OK. Si je vais aux cèpes 3 fois par an, il y a des chances que j’ai toujours besoin d’avoir une confirmation que ce que je ramasse ne va pas me tuer (promis, je ramasse pas les champignons rouges !). On est tous l’expert de quelque chose, on a tous quelque chose à transmettre…

 

Tout s’apprend

Dans la même veine, et ça en découle directement, tout s’apprend, et on a tous quelque chose à apprendre, à tout moment. Au début, on regardait chaque champignon avec suspicion « Cèpe ? » et au bout de quelques temps, on est devenus beaucoup plus perspicaces. On apprend des choses qu’on a envie d’apprendre, ou besoin d’apprendre… Et on peut apprendre toute la vie… Très vieux, on peut se mettre à une langue (même si c’est moins facile que pour les enfants), apprendre à distinguer les champignons, changer de métier, se mettre à internet à 80 ans… Tout est possible !

 

Déguster ce que la nature nous offre

Je n’ai pas la main verte et je n’ai que peu réussi à faire pousser des choses dans le jardin… Par contre, j’adore déguster en direct ce que la nature a à nous offrir, et du coup, ramasser les champignons, rentrer, les nettoyer, les faire sauter, les déguster, c’est la magie de la nature à l’assiette qui nous rapproche de la terre… Quoi de plus enracinant que de manger le champignon qui vient direct du bois, ramassé par nos soins ?

 

Patience, patience

Bien sûr, quand on part cueillir des champignons, on s’arme de patience ! C’est rare qu’ils nous sautent dans les bras en nous disant de nous ramasser ! (Quoi que j’en ai trouvé un au bord du chemin qui n’attendait que mon passage, en rando, alors que je ne le cherchais pas) On y va doucement, on observe, on prend des pignes pour des cèpes (oui ma vue n’est pas toujours très affutée), on a des espoirs et des déceptions… Bref, on cultive la patience !

 

La diversité, c’est beau

On cherchait des cèpes, et on tombait sur toutes sortes de champignons divers et variés : des rouges, des oranges, des blancs, des violets, des noirs, des marrons, des à lamelles, des tout lisses, des à trous, des à bosses, des dodus et des biscornus, des à pustules et des minuscules… Et nous, grands touristes que nous sommes dans nos bois Lozériens, on s’émerveillait de tout. La diversité, c’est beau, et y a pas à dire, quand on voit un champignon vénéneux, on se dit que le comestible doit être pas bien loin… Ca donne de l’espoir !

 

Ensemble c’est plus sympa

Ca c’est une leçon des champignons qui ne s’applique pas forcément à 100 % dans la vie pour tout le monde, car oui, il y a des moments dans la vie pour les introvertis parmi nous (coucou) où on préfère être seuls. En tout cas, les cèpes, c’est plus sympa à plusieurs : on rigole plus, on a un expert avec nous, on en trouve plus, plus vite, et on a moins peur des chasseurs à plusieurs (oui, j’ai peur des chasseurs) (et en plus, on fait plus de bruit à plusieurs).

 

La réussite n’est pas toujours où on l’attend

On a une vision du joli champignon posé au pied d’un arbre en pleine forêt… Mais parfois, les coquins se cachent à l’orée du bois, carrément en plein champ, la tête coincée dans une barrière sur le bord d’un chemin… Ils poussent dans des endroits incroyables… Et on les découvre tout étonnés et heureux de les avoir débusqués

 

Espoir et joie

Cueillir des champignons, c’est partir avec l’espoir d’en trouver quelques-uns pour agrémenter le prochain repas, en se disant avec joie qu’au pire, ça fera une petite balade à la fraîche. Vivre dans l’espoir et la joie, en voilà un beau programme !

1 Comment

  1. Emilie

    Et vous, vous allez aux cèpes ?

    Bon, si vous êtes à Maurice, j’imagine que non 😂 Peut-être aux goyaves de Chine ?

    Reply

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