Savoir dire non et suivre son cœur

27 Oct 2021

Il est parfois difficile de dire non. De vraiment faire ce qu’on a envie de faire. Parce qu’on sent la pression, parce qu’il y a un imprévu, parce qu’on a « peur » de la personne en face, ou parce qu’on veut faire plaisir.

Se retrouver à dire oui, alors qu’on pense non

Le souci, c’est que parfois on se sent obligée de dire oui. Pour être sympa. Ou alors on n’a pas l’énergie de dire non. Alors même qu’on va au-delà de nos ressources à nous pour répondre à la demande.

Et l’autre problème, c’est quand la personne qui demande un coup de main n’accepte pas que la réponse puisse être négative et insiste lourdement. On peut se sentir rapidement coupable, et puis finalement accepter, pour la paix sociale, pour faire plaisir, pour aider, pour être aimée.

Je sais de quoi je parle, ça a été longtemps mon mode de fonctionnement, notamment au travail. Au début, je disais oui tout le temps, j’étais à droite et à gauche et devant et derrière, mais rarement là où j’aurais dû être selon ma fiche de poste. Trop peur de déplaire. Aoutch. La pomme d’amour du bureau (à Maurice, la pomme d’amour, c’est la tomate, et la tomate, on la met dans tous les plats, quels qu’ils soient).

Apprendre à dire non (en tout cas à répondre selon son cœur)

Maintenant, je sais mieux dire non. Je l’ai appris un peu brusquement, dans un nouveau poste où mon rôle était, en gros, de dire non (la fille a un job facile, tout ce qu’elle fait c’est dire non, cool). J’ai appris très vite et très bien, à dire non, pour le bien de l’organisation. Et ça, c’était devenu hy-per facile : pour le bien de l’organisation, il fallait la protéger, et protéger la cause, et ça, ça me permettait de dépasser mes réticences à tenir tête.

Par contre, personnellement, c’est un peu plus difficile. De dire non et de le maintenir. J’ai en tout cas tendance à vouloir me justifier, et il m’arrive encore de dire oui pour faire plaisir ou parce que je considère que c’est mon devoir…

Au moins trouver des compromis… ?

Mais globalement, je prends beaucoup plus de recul avant de répondre, je pose des questions sur ce que ça implique, et j’arrive à définir les limites de ce que je vais faire. Et en tant que reine du compromis, il m’arrive souvent de dire « non, mais voilà ce que je te propose comme solution alternative… ».

Et parfois, de belles surprises en sortent : j’ai récemment accepté un contrat dont je n’avais pas très envie. Au début c’était un grand non, j’ai tout fait pour mieux comprendre la situation, je lui ai fait une proposition intermédiaire et ça lui a convenu. Au final, elle a eu une grande partie de ce qu’elle voulait, j’ai pu l’aider, apprendre de nouvelles choses et gagner des sous.

Pas une victime

Au final, c’est notre responsabilité : prendre la responsabilité de nous-même, de nos envies et de nos besoins. On est responsable de ce qu’on accepte dans notre vie, de ce qu’on laisse entrer, de ce qu’on refuse, de ce qu’on décide. Bien sûr, certaines choses sont hors de notre contrôle immédiat, comme nos réactions instinctives, notre incapacité à dire non dans l’instant.

Mais on peut déjà commencer à observer : pourquoi j’ai dit oui alors que je sentais bien que c’était NON ? Et on peut se demander s’il y a moyen de faire machine arrière, et trouver des solutions. Ou simplement accepter que cette fois, ça s’est passé ainsi, et garder en tête que la prochaine fois, on recalibrera.

Car oui, c’est possible d’évoluer par rapport à ça. On n’est pas des victimes. Parfois on peut réaliser qu’on se place un peu dans ce rôle-là. C’est de notre responsabilité de dire ce qui nous convient ou pas (dans la mesure où c’est possible : je ne parle pas, par exemple, des cas extrêmes de violence physique ou psychologique où accepter est la seule façon de se protéger par exemple).

Accepter le non des autres

L’autre facette de ce sujet, c’est d’accepter que les autres nous disent non. Demander à quelqu’un, c’est aussi laisser la place à ce qu’il dise non. Non, je ne suis pas disponible, non, je ne peux pas, non, je ne veux pas. Non, sans justification. Accueillir un non, ça peut être aussi un peu difficile. On peut se sentir rejetée ou incomprise.

La meilleure façon pour contourner cela, c’est de s’y préparer (bon bien sûr si vous demandez à votre enfant / petit-enfant de mettre la table et qu’il dit non, c’est autre chose, on est d’accord).

Comment on se prépare à un non ? On envisage l’option A = oui, l’option B = non, l’option C = quelles autres solutions pourrait-on trouver ? Et on se met très au clair que si la personne nous dit non, c’est par rapport à elle, rien qu’à elle, et que ça ne dit rien sur nous.

Le yoga pour apprendre à assumer ses envies et ses besoins

Notre pratique de yoga est un bel espace pour pratiquer cela : souvent, je vous encourage à ne pas faire la posture si elle ne vous convient pas, à choisir l’option la plus appropriée pour votre corps, à pratiquer dans la non-violence envers vous-même.

Si vous avez du mal à dire non, à communiquer sur vos besoins, vous écouter sur le tapis est un excellent premier pas : exprimer les choses par rapport à vous (voire par rapport à la prof), ça peut déjà être énorme !

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