Comment faire face à ses peurs ?

Comment faire face à ses peurs ?

Ce week-end, en randonnant, on s’est retrouvés sur une paroi enneigée et gelée, et sur laquelle on avait du mal à progresser. J’avais peur (de rester bloquée là, de tomber à la renverse dans ce qui m’apparaissait comme un grand vide, etc.). J’ai ressenti tout mon corps se mettre en alerte : hyper concentration, précision des pas, respiration que je contrôlais activement pour m’aider à avancer, force énorme dans mes bras pour me soutenir avec les bâtons (alors que mes bras ne sont pas très très forts justement)…

J’avais peur. Après coup, mon mari m’a dit que non on n’avait pas été imprudents et que lui n’avait pas eu peur. Mais moi, si, j’ai eu peur. Et ça c’est un premier point : quand on a peur, c’est ainsi, et entendre quelqu’un dire « n’aie pas peur » n’aide pas.

Dans cet exemple, la réaction de mon corps m’a permis de me sortir de ce mauvais pas. Je me suis vue mobiliser tout mon être avec une détermination profonde : rien n’était plus important que le pas d’après, l’endroit où j’allais poser le pied et comment j’allais le sécuriser pour ensuite soulever un bâton et puis l’autre, et puis le second pied. Et je respirais « fort » parce que c’est ce que je fais quand j’ai peur, grâce au yoga : ce sont mes pratiques en lien avec l’équilibre notamment qui m’ont appris à respirer en conscience et profondément, surtout quand ça vacille.

Et ça c’est déjà super intéressant : la peur nous sauve, nous protège, nous permet d’activer ce qu’il faut pour se sortir de ces situations où on se sent en danger.

Il y a d’autres types de peurs, plus insidieuses peut-être, celles qu’on ressent au quotidien, pour une myriade de raisons. Il y a bien sûr les sources les plus évidentes de peur : examen, entretien d’embauche, problèmes de santé, difficultés financières, etc. Et il y a toutes ces petites peurs du quotidien dont on n’est même pas conscientes mais qui nous empêchent de réaliser nos rêves ou de nous dépasser ou tout simplement de faire cette activité qui nous fait envie. Par exemple : j’ai vécu 13 ans à Maurice, je n’ai jamais fait de plongée parce que j’ai peur d’être sous l’eau avec des bouteilles, tout en me racontant que « moi, je suis une fille de la terre », ce qui n’est pas tout à fait faux, mais quand même, ça me dirait bien d’aller voir les poissons de plus près (mais pas trop. J’ai un peu peur des poissons aussi).

Tu vois ? Les peurs sont partout. Et c’est OK : le plus important, selon moi, c’est de les voir, les identifier, et puis de chercher à les dépasser si c’est important pour nous (clairement, dans l’exemple de la plongée, ça n’a pas été ma priorité !) ou si c’est incontournable (comme pour un examen par exemple). On peut très bien aussi se ficher la paix, attendre que ça passe ou ne pas s’y exposer…

Je te partage mes astuces préférées pour dépasser mes peurs :

Passer à l’action

Le premier, qui n’a rien à voir avec le yoga, c’est de passer à l’action. Je suis une fille stressée, et globalement, je le suis largement moins quand je suis en action : tout est toujours pire dans ma tête que dans la réalité, 99,9% du temps. Tu connais peut-être ce schéma « ce que je crois qu’il pourrait arriver » / « ce qui pourrait arriver » / « ce qui arrive ». Et globalement, c’est quand on se met en action qu’on peut voir ça, et on peut aussi garder en tête que fait est mieux que parfait, ça peut aider.

    Allonger l’expiration 

    Quand on est en situation de peur, on peut avoir tendance à être surtout sur l’inspiration, et notre respiration va souvent se faire plutôt « en haut » au niveau des clavicules. Ce qu’on va essayer de faire, c’est d’allonger l’expiration : l’expiration active le système nerveux parasympathique (celui qui nous apaise). Je dis « essayer » parce qu’au début, ça peut paraitre vraiment impossible : comme d’habitude, on fait avec ce qu’on a, à partir de là où on est. Et on essaie autant que possible d’emmener la respiration en direction du ventre : on visualise qu’on le fait gonfler comme un ballon à l’inspiration et qu’il reprend sa place à l’expiration. Et on se donne l’espace d’accepter que ça prend un peu de temps à se mettre en place.

    La respiration de la Lune, Chandra Bedhana

    Dans cette respiration, on inspire par la narine gauche, on expire par la narine droite, en bloquant les narines avec la main droite comme dans la respiration alternée (qui est aussi une alternative si tu préfères !). L’inspiration par la narine gauche active le système nerveux parasympathique, ce qui nous permet de nous apaiser rapidement (en 10 respirations, on ressent un grand mieux déjà !). J’ai fait cette respiration en haut de la montagne, après ma fameuse paroi !

    Se tapoter le sternum (le haut de la poitrine)

    C’est un truc que j’ai découvert par hasard : quand on a découvert qu’on avait été cambriolés, passé les premières étapes, je marchais dans le salon en respirant fort et en me tapotant le sternum. La respiration, OK, le tapotage, j’ai pas su d’où ça sortait. Magie de la sagesse du corps qui sait quoi faire pour nous apaiser : tapoter à ce niveau là vient stimuler le thymus et ainsi apaiser notre stress. Merveille.

    La mudra de wonderwoman

    Ce n’est pas son nom officiel, mais presque : c’est la mudra de l’armure énergétique, Vaikhara Mudra. Elle permet de se connecter à notre force, notre courage, notre confiance. Pour la réaliser :

    • on ferme les poings, pouces à l’intérieur.
    • on replie le bras droit contre soi, le poing droit au creux entre l’épaule et la clavicule gauches, et le bras gauche se replie par-dessus, poing gauche dans le creux entre l’épaule et la clavicule droites.

    Une autre mudra, Vajrapradama Mudra

    Celle-ci, c’est la mudra de la confiance inébranlable. La bonne nouvelle, c’est qu’elle est discrète : on peut la faire en toutes circonstances, et même avoir l’air assez distingué 😂! Elle nous permet de calmer notre anxiété, de nous connecter à notre force intérieure… Pour la réaliser :

    • On entrelace les doigts
    • On ouvre les pouces
    • Les paumes des mains sont tournées vers le corps
    • On visualise comme un filet de sécurité qui nous entoure !

    Des postures de yoga

    Plusieurs possibilités sur ce front :

    • les inversions comme le chien tête en bas, les jambes au mur ou la poupée de chiffon
    • les flexions comme le Dieu des vents, l’enfant, le chat, ou la pince assise
    • des postures debout pour s’ancrer dans la confiance et la force intérieure : les guerriers, l’arbre, la montagne, la déesse, la chaise… Toutes ces postures qui nous ancrent et nous connectent à notre force intérieure !

    Et pendant la pratique, on met l’emphase sur la lenteur des mouvements et la douceur ! Et on clôture en position allongée (posture du cadavre / shavasana).

    Accepter l’inconfort

    Accepter l’inconfort d’aller vers l’inconnu. Accepter l’inconfort tout court. Ca nous permet de traverser nos peurs et de réaliser nos rêves, même ceux qui font peur, et c’est le cas de beaucoup de nos rêves. Sinon, ils seraient probablement déjà réalisés. Quand j’ai décidé de faire ma formation de prof de yoga, j’étais grave flippée : et si je dépense tout cet argent et que rien n’en sort ? Ou que je n’aime pas ? Ou que… ? Mon mental m’emmenait dans tous les recoins pour me dire « mais noooon » et j’ai du vraiment me connecter à mon envie de devenir prof, rassurer mon mental avec des faits, et chercher de l’aide à l’extérieur (ici mon mari qui m’a dit « t’as envie, on a les sous, pourquoi tu le ferais pas ? »). Et accepter de rester dans l’inconfort, prendre le risque d’être déçue, de perdre de l’argent ou du temps ou…

    Quand on a décidé de trier toute notre maison pour partir voyager l’esprit libre, toutes mes inquiétudes sont remontées à la surface : « et si on fait le mauvais choix ? ». Rappel : il n’y a pas de mauvais choix. Prends ta mudra wonderwoman, connecte-toi à tes envies, rassemble les preuves que c’est possible (« ce n’est pas irréversible », « je vais trouver un mi-temps à côté » : oui, on rassemble des preuves tangibles pour le mental !)

    Mettre en place des rituels et routines qui sécurisent

    Nous y revoilà, mon sujet favori ! Pour pouvoir dépasser nos peurs, mettre en place des habitudes qui nous soutiennent, ça va énormément nous aider à cultiver à la fois l’ancrage et la force qui nous sont nécessaires. Qu’est-ce qui va t’aider selon toi ? Courir, faire du yoga, de la méditation, cuisiner tous les jours, aller au lit à 21h30…?

    ➡️ Au final, les peurs, on fait tout pour les éviter, on veut pas les ressentir, sans réaliser que c’est souvent en les traversant que la magie arrive. Le courage, c’est ça, faire face à nos peurs, et aller de l’autre côté et voir ce qui se cache derrière. On inspire, on expire, on choisit les outils qui vont nous aider, et c’est parti ! 

     

    Et toi, as-tu des outils favoris pour dépasser tes peurs ? Dis-moi tout en commentaire !

    Des rendez-vous réguliers pour cultiver votre énergie

    Des rendez-vous réguliers pour cultiver votre énergie

    Cette semaine, je suis tombée sur cette phrase (mise en page par MyAgenda) de Florence Servan-Schreiber (qui a écrit 3 kifs par jours, je vous en avais parlé notamment dans cet article sur la gratitude ❤️).

     

    Elle m’a énormément parlée, car elle me ramène à une de mes motivations principales en ce moment dans ma pratique de yoga, et au-delà dans le mouvement que j’insuffle un peu plus dans ma vie, à travers notamment une marche quotidienne « quoi qu’il arrive » : l’énergie ! ✨

    L’énergie, quand on en manque, tout parait plus dur et compliqué, comme une montagne incroyable à gravir… Et le problème c’est que c’est bien souvent le serpent qui se mord la queue : on n’a pas d’énergie, et donc on ne déroule pas le tapis, on ne fait pas cette séance (de yoga, de sport, de peinture, de…), et on a encore plus de mal à se connecter à notre énergie. 😫

    Est-ce que vous voudriez, pour tout le mois (en plus il est court ET on est déjà le 2 février), vous offrir des rendez-vous quotidiens qui vous font du bien ? Ca peut être du sport, de la marche, de la lecture, de la peinture, de la poterie… Ca peut être 5 minutes, 6000 pas, un petit dessin, 5 pages de lues… 

    Si ça vous dit, je vous invite à :

    • définir les activités qui vous nourrissent 
    • définir la fréquence (je vous invite à la choisir quotidienne, mais c’est à adapter en fonction de vos réalités !)
    • définir la durée / quantité  

    (et après, on va tout mettre dans un cadre logique. Pardon, c’était une petite blague pour mes collègues associatifs qui me lisent ici).

    De mon côté, ça va donner : minimum 20 minutes de yoga assez actif, au quotidien (et plus doux en période prémenstruelle et menstruelle) et minimum 4000 pas par jour en extérieur (et pas en moyenne : je fais de longues randos le week-end, et non, je ne vais pas diviser sur la semaine, parce que je sais que ce qui me fait du bien, c’est de sortir et marcher tous les jours). 

    Le yoga est une habitude bien ancrée, j’adapte juste un peu l’intensité (je ressens le besoin de faire des choses un peu plus « physiques »), et pour la marche, depuis la mi-janvier, je sors tous les jours « quoi qu’il arrive », sans minimum de pas. Honnêtement, 4000 pas, c’est largement atteignable tous les jours pour moi par rapport à ce que j’ai expérimenté sur ces dernières semaines, mais ça me permet de prévoir que je vais devoir sortir au minimum 30 minutes tous les jours et de trouver une place dans le calendrier. Donc c’est un peu ambitieux mais complètement réaliste. 

    Je me suis mis ces petits objectifs parce que je sens que ce sont des activités qui :

    • portent mon énergie au quotidien
    • sont faisables : je ne pars pas sur 2 heures de méditation tous les jours ou 45 minutes de course. J’ai choisi des activités que je pratique déjà, et sur lesquelles je veux simplement accroitre l’intensité (yoga) ou la quantité (marche)
    • s’intègrent à mon quotidien : chez moi, ce sont les activités pratiquées au quotidien qui me nourrissent. Alors bien sûr la rando de 25 000 pas du week-end me nourrit sur tant d’autres plans. Mais au final, quand je suis enfermée chez moi avec mon projet à rendre à mon client associatif, c’est ma pratique de yoga du matin, ou la petite balade du jour qui vont me permettre de me sentir mieux, et oui, plus en énergie !

    Ca vous dit de vous joindre à moi ? Choisissez ce qui vous fait kiffer, choisissez la fréquence, la durée, trouvez le moyen qui va vous plaire pour le réaliser (avec une copine ? en extérieur ? avec de la musique ?), et en avant ! Si vous le souhaitez, vous pouvez suivre vos rendez-vous avec vous-même avec ce petit outil que je vous ai concocté 📅 

    Et si vous voulez me partager ce que vous prévoyez comme rendez-vous régulier, dites-moi tout juste en-dessous ! 

    PS : n’oubliez pas, on n’est pas là pour souffrir ! Si ça ne vous parle pas du tout et que vous n’avez pas envie, c’est que ce n’est pas le moment pour vous. Si vous avez choisi une activité qui vous disait bien et que finalement bof, ça ne vous fait pas plus de bien que ça, changez, ajustez, trouvez la version qui vous convient à vous ! Respectez vos envies ❤️

     

    Savoir dire non et suivre son cœur

    Savoir dire non et suivre son cœur

    Il est parfois difficile de dire non. De vraiment faire ce qu’on a envie de faire. Parce qu’on sent la pression, parce qu’il y a un imprévu, parce qu’on a « peur » de la personne en face, ou parce qu’on veut faire plaisir.

    Se retrouver à dire oui, alors qu’on pense non

    Le souci, c’est que parfois on se sent obligée de dire oui. Pour être sympa. Ou alors on n’a pas l’énergie de dire non. Alors même qu’on va au-delà de nos ressources à nous pour répondre à la demande.

    Et l’autre problème, c’est quand la personne qui demande un coup de main n’accepte pas que la réponse puisse être négative et insiste lourdement. On peut se sentir rapidement coupable, et puis finalement accepter, pour la paix sociale, pour faire plaisir, pour aider, pour être aimée.

    Je sais de quoi je parle, ça a été longtemps mon mode de fonctionnement, notamment au travail. Au début, je disais oui tout le temps, j’étais à droite et à gauche et devant et derrière, mais rarement là où j’aurais dû être selon ma fiche de poste. Trop peur de déplaire. Aoutch. La pomme d’amour du bureau (à Maurice, la pomme d’amour, c’est la tomate, et la tomate, on la met dans tous les plats, quels qu’ils soient).

    Apprendre à dire non (en tout cas à répondre selon son cœur)

    Maintenant, je sais mieux dire non. Je l’ai appris un peu brusquement, dans un nouveau poste où mon rôle était, en gros, de dire non (la fille a un job facile, tout ce qu’elle fait c’est dire non, cool). J’ai appris très vite et très bien, à dire non, pour le bien de l’organisation. Et ça, c’était devenu hy-per facile : pour le bien de l’organisation, il fallait la protéger, et protéger la cause, et ça, ça me permettait de dépasser mes réticences à tenir tête.

    Par contre, personnellement, c’est un peu plus difficile. De dire non et de le maintenir. J’ai en tout cas tendance à vouloir me justifier, et il m’arrive encore de dire oui pour faire plaisir ou parce que je considère que c’est mon devoir…

    Au moins trouver des compromis… ?

    Mais globalement, je prends beaucoup plus de recul avant de répondre, je pose des questions sur ce que ça implique, et j’arrive à définir les limites de ce que je vais faire. Et en tant que reine du compromis, il m’arrive souvent de dire « non, mais voilà ce que je te propose comme solution alternative… ».

    Et parfois, de belles surprises en sortent : j’ai récemment accepté un contrat dont je n’avais pas très envie. Au début c’était un grand non, j’ai tout fait pour mieux comprendre la situation, je lui ai fait une proposition intermédiaire et ça lui a convenu. Au final, elle a eu une grande partie de ce qu’elle voulait, j’ai pu l’aider, apprendre de nouvelles choses et gagner des sous.

    Pas une victime

    Au final, c’est notre responsabilité : prendre la responsabilité de nous-même, de nos envies et de nos besoins. On est responsable de ce qu’on accepte dans notre vie, de ce qu’on laisse entrer, de ce qu’on refuse, de ce qu’on décide. Bien sûr, certaines choses sont hors de notre contrôle immédiat, comme nos réactions instinctives, notre incapacité à dire non dans l’instant.

    Mais on peut déjà commencer à observer : pourquoi j’ai dit oui alors que je sentais bien que c’était NON ? Et on peut se demander s’il y a moyen de faire machine arrière, et trouver des solutions. Ou simplement accepter que cette fois, ça s’est passé ainsi, et garder en tête que la prochaine fois, on recalibrera.

    Car oui, c’est possible d’évoluer par rapport à ça. On n’est pas des victimes. Parfois on peut réaliser qu’on se place un peu dans ce rôle-là. C’est de notre responsabilité de dire ce qui nous convient ou pas (dans la mesure où c’est possible : je ne parle pas, par exemple, des cas extrêmes de violence physique ou psychologique où accepter est la seule façon de se protéger par exemple).

    Accepter le non des autres

    L’autre facette de ce sujet, c’est d’accepter que les autres nous disent non. Demander à quelqu’un, c’est aussi laisser la place à ce qu’il dise non. Non, je ne suis pas disponible, non, je ne peux pas, non, je ne veux pas. Non, sans justification. Accueillir un non, ça peut être aussi un peu difficile. On peut se sentir rejetée ou incomprise.

    La meilleure façon pour contourner cela, c’est de s’y préparer (bon bien sûr si vous demandez à votre enfant / petit-enfant de mettre la table et qu’il dit non, c’est autre chose, on est d’accord).

    Comment on se prépare à un non ? On envisage l’option A = oui, l’option B = non, l’option C = quelles autres solutions pourrait-on trouver ? Et on se met très au clair que si la personne nous dit non, c’est par rapport à elle, rien qu’à elle, et que ça ne dit rien sur nous.

    Le yoga pour apprendre à assumer ses envies et ses besoins

    Notre pratique de yoga est un bel espace pour pratiquer cela : souvent, je vous encourage à ne pas faire la posture si elle ne vous convient pas, à choisir l’option la plus appropriée pour votre corps, à pratiquer dans la non-violence envers vous-même.

    Si vous avez du mal à dire non, à communiquer sur vos besoins, vous écouter sur le tapis est un excellent premier pas : exprimer les choses par rapport à vous (voire par rapport à la prof), ça peut déjà être énorme !

    Sagesse des cèpes : 13 enseignements

    Sagesse des cèpes : 13 enseignements

    Ces derniers jours, je suis partie à la cueillette de champignons, et alors que j’errais dans les bois à la recherche des cèpes et que j’ai découvert que j’aimais ça (je savais que j’aimais les manger, je savais pas que j’aimais les chercher), j’ai réalisé que cette expérience avait mille choses à nous apprendre (ou plutôt à nous rappeler).

     

    Chacun sa perspective

    On était partis à 5 pour notre cueillette, un autre jour on était 3… On n’était pas loin les uns des autres et parfois même on se suivait… J’ai trouvé un cèpe en suivant mon Papa (pourtant l’as des cèpes), et lui en a trouvé dans mon sillage (beaucoup plus logique) : on regarde tous les choses de façon différente, avec notre œil, avec nos spécificités… Et du coup, on voit des choses que les autres ne voient pas, les autres voient des choses qui ne nous parviennent pas… On a tous nos forces, notre regard particulier sur les choses, c’est la beauté du travail d’équipe !

     

    Quand on ne sait pas ce qu’on cherche, on ne peut pas trouver

    Après qu’on ait trouvé collectivement plein de jeunes cèpes, et avoir plus ou moins identifié à quoi ressemblait un cèpe, j’ai trouvé un très gros cèpe, vieux, très différent des jeunes. Parce que je me rappelais de la tête des cèpes dans mon enfance, je l’ai identifié. Mon mari, passé avant : « mais je suis passé devant, ça ressemble pas à un cèpe, ce truc ! » Dans la vie, on peut trouver sans savoir ce qu’on cherche, mais globalement, savoir ce qu’on veut, ça aide énormément !

     

    La beauté est dans le regard de celui qui regarde

    « Beauty is in the eye of the beholder » en anglais. Mon Papa a trouvé un très gros cèpe et mon mari était « ouaaaaaaaoooouuuuhhh, il est trop beau !!!! » et mon Papa était là « ouais, bof, je préfère les petits, les gros sont moins bons à manger ». Parce que mon mari ne voyait pas ce côté là, il a trouvé le cèpe juste beau. Ce qu’on sait de quelqu’un ou ce qu’on projette sur lui vient éclairer notre perception de sa beauté (intérieure ou extérieure).

     

    Le bonheur, c’est le chemin

    Si vous avez déjà cherché des champignons, vous savez que ça peut prendre un peu de temps… Mieux vaut profiter de la recherche en elle-même, car si on ne se satisfait que de ces rares moments où on en trouve, on peut passer une bien désagréable matinée (ou après-midi dépendant de votre préférence!). La joie est dans le chemin, dans la cueillette des champignons comme dans la vie : ce n’est pas le diplôme, le meilleur poste, le mariage, la retraite, le 20 sur 20 qui nous amènent le bonheur… Car si on est dans cette dynamique, que se passe-t-il ? On arrive à notre objectif, et déjà, on en cherche un autre, sans parvenir à se satisfaire de celui-ci : on a un cèpe, on en veut un de plus, on en a 20, pourquoi pas 20 de plus, etc…

     

    Tout le monde ne cherche pas la même chose

    Certes, on est allés aux champignons à 5, et officiellement on cherchait des cèpes. En réalité, mon mari était à l’affût des champignons, toutes variétés confondues, juste pour le plaisir de les admirer et de les prendre en photo. Il cherchait les champignons les plus divers et variés, juste pour le plaisir de les voir.

     

    S’entourer de gens qui savent

    Quand je ramasse les cèpes, vu que je n’ai pas l’habitude, j’ai besoin de la confirmation de mon expert en cèpes (mon Papa) pour confirmer que ça en est bien un. Et vu que c’est quand même bien subtile pour l’oeil novice, et que les conséquences sont assez sévères, je passe mon temps à crier « Papaaaaaaa » dans les bois. Autant dire que quand il nous a emmenés tous les 4 (mon frère, ma belle-sœur, mon mari et moi), il était débordé par la situation !

    Dans la vie comme pour les cèpes, s’entourer de gens qui savent dans les domaines où nous on ne sait pas, c’est capital : on perd plein de temps à essayer de faire des choses qu’on ne sait pas faire par nous-même, et en plus les conséquences peuvent être importantes… Chacun-e d’entre nous a un domaine d’expertise. Absolument tout le monde. Et on a aussi des zones dans lesquelles on n’y comprend rien et pour lesquelles on aura toujours besoin d’aide. Et c’est OK. Si je vais aux cèpes 3 fois par an, il y a des chances que j’ai toujours besoin d’avoir une confirmation que ce que je ramasse ne va pas me tuer (promis, je ramasse pas les champignons rouges !). On est tous l’expert de quelque chose, on a tous quelque chose à transmettre…

     

    Tout s’apprend

    Dans la même veine, et ça en découle directement, tout s’apprend, et on a tous quelque chose à apprendre, à tout moment. Au début, on regardait chaque champignon avec suspicion « Cèpe ? » et au bout de quelques temps, on est devenus beaucoup plus perspicaces. On apprend des choses qu’on a envie d’apprendre, ou besoin d’apprendre… Et on peut apprendre toute la vie… Très vieux, on peut se mettre à une langue (même si c’est moins facile que pour les enfants), apprendre à distinguer les champignons, changer de métier, se mettre à internet à 80 ans… Tout est possible !

     

    Déguster ce que la nature nous offre

    Je n’ai pas la main verte et je n’ai que peu réussi à faire pousser des choses dans le jardin… Par contre, j’adore déguster en direct ce que la nature a à nous offrir, et du coup, ramasser les champignons, rentrer, les nettoyer, les faire sauter, les déguster, c’est la magie de la nature à l’assiette qui nous rapproche de la terre… Quoi de plus enracinant que de manger le champignon qui vient direct du bois, ramassé par nos soins ?

     

    Patience, patience

    Bien sûr, quand on part cueillir des champignons, on s’arme de patience ! C’est rare qu’ils nous sautent dans les bras en nous disant de nous ramasser ! (Quoi que j’en ai trouvé un au bord du chemin qui n’attendait que mon passage, en rando, alors que je ne le cherchais pas) On y va doucement, on observe, on prend des pignes pour des cèpes (oui ma vue n’est pas toujours très affutée), on a des espoirs et des déceptions… Bref, on cultive la patience !

     

    La diversité, c’est beau

    On cherchait des cèpes, et on tombait sur toutes sortes de champignons divers et variés : des rouges, des oranges, des blancs, des violets, des noirs, des marrons, des à lamelles, des tout lisses, des à trous, des à bosses, des dodus et des biscornus, des à pustules et des minuscules… Et nous, grands touristes que nous sommes dans nos bois Lozériens, on s’émerveillait de tout. La diversité, c’est beau, et y a pas à dire, quand on voit un champignon vénéneux, on se dit que le comestible doit être pas bien loin… Ca donne de l’espoir !

     

    Ensemble c’est plus sympa

    Ca c’est une leçon des champignons qui ne s’applique pas forcément à 100 % dans la vie pour tout le monde, car oui, il y a des moments dans la vie pour les introvertis parmi nous (coucou) où on préfère être seuls. En tout cas, les cèpes, c’est plus sympa à plusieurs : on rigole plus, on a un expert avec nous, on en trouve plus, plus vite, et on a moins peur des chasseurs à plusieurs (oui, j’ai peur des chasseurs) (et en plus, on fait plus de bruit à plusieurs).

     

    La réussite n’est pas toujours où on l’attend

    On a une vision du joli champignon posé au pied d’un arbre en pleine forêt… Mais parfois, les coquins se cachent à l’orée du bois, carrément en plein champ, la tête coincée dans une barrière sur le bord d’un chemin… Ils poussent dans des endroits incroyables… Et on les découvre tout étonnés et heureux de les avoir débusqués

     

    Espoir et joie

    Cueillir des champignons, c’est partir avec l’espoir d’en trouver quelques-uns pour agrémenter le prochain repas, en se disant avec joie qu’au pire, ça fera une petite balade à la fraîche. Vivre dans l’espoir et la joie, en voilà un beau programme !

    J’aimerais bien aller toujours bien

    J’aimerais bien aller toujours bien

    « Je ne suis pas à plaindre ». C’est ce que j’entends beaucoup autour de moi. Des gens qui se sentent mal et qui se rabâchent à longueur de journée « je ne suis pas à plaindre, y a plus grave ». C’est sûr, il y a plus grave. Et puis il y a vous, ce que vous ressentez ici et maintenant, et ça, c’est ce qui est (se dire « on n’est pas à plaindre » vous aide peut-être à relativiser, et c’est top si c’est le cas !

    On a tendance à se le dire à soi-même pour essayer de réfréner une émotion en soi, et on a aussi tendance à le dire aux autres quand ils expriment une émotion difficile. Et typiquement, la personne d’en face peut se sentir rabaissée, pas écoutée quand on lui dit ça. Attention, je ne dis pas que vous êtes le mal incarné si vous l’avez déjà dit. On a tous dit des variations de tout ça, parce que des fois, on est juste désarmés.
     

    A la liste des choses qu’on dit et qui généralement n’aident pas, il y a « ça va aller ». Je l’ai beaucoup entendu à une période de ma vie, et tout ce que ça me donnait envie de faire, c’était de hurler « mais qu’est-ce que t’en sais ? » (je vous épargne la version peu polie).  

    On (se) dit ce genre de chose avec une bonne intention. En vrai, on ne sait pas quoi dire, donc on dit un truc facile à dire. Généralement, l’autre personne n’attend rien d’autre que d’être écoutée. Puisque de toute évidence, à certains moments de la vie, il n’y a rien d’autre à faire qu’à attendre et voir, et donc on voudrait juste parler et qu’on nous serre dans ses bras ou qu’on nous écoute vraiment. Sans nécessairement nous comprendre. Quand on est la personne qui écoute, c’est un exercice très périlleux (je trouve).

    Bref, on sort ces phrases toutes faites, à nous ou aux autres, parce que les émotions difficiles, on ne les aime pas, ni chez nous ni chez les autres. On n’a pas envie de les vivre, on n’a pas envie que les gens qu’on aime les vivent, on veut aller bien tout le temps, on veut que tout le monde aille bien tout le temps.

    Et clairement, en 2021, je pense qu’on a compris que non, on ne va pas bien tout le temps. Et c’est totalement normal. Covid ou pas Covid (pourquoi on lui donne une majuscule à celui-là, sérieusement ?), confinement ou pas confinement, crise ou pas crise.

    A l’intérieur de nous, il y a une myriade de trucs qui se passent. En écho à ce qu’il se passe à l’extérieur, mais aussi, juste à l’intérieur, avec nous-même. Parfois, on ne sait même pas pourquoi, mais une émotion est déclenchée. Elle est désagréable à vivre. D’ailleurs, on dit souvent « émotion négative ». Je n’aime pas utiliser ce terme-là. Il n’y a pas d’émotion qui soit négative. C’est ce genre de qualificatif qui nous les fait fuir encore plus : « je ne vis que du positif, love and light, tralalala youpi » (et j’enfonce au passage ce qui ne me plait pas bien profondément en moi).

    L’expérience humaine est composée d’émotions agréables, douces, enchantantes. Elle est composée aussi d’émotions difficiles, désagréables, dures. On est humains, on vit toute cette palette d’émotions.

    Mais on n’a pas appris à vivre avec. Et ce n’est pas du tout naturel pour beaucoup de monde de rester avec nos émotions difficiles. Moi la première. Je suis la reine des solutions, et donc s’il y a un problème, il y a une solution : s’il y a une émotion qui m’embête, je vais la ratiboiser au sécateur, qu’on en finisse une bonne fois. Bon, a priori, ça ne marche pas comme ça. Le sécateur, ça ne fait que renforcer la pousse : si je ne prends pas le temps de la déraciner avec délicatesse, et donc de voir bien quelles sont toutes ses ramifications, jusqu’où elle va, dans mon corps, mon cœur, mon esprit, elle va pousser comme une plante tropicale invasive.

    Prendre le sécateur pour couper l’émotion, c’est la fuir. Et ça ressemble à quoi de fuir une émotion ? On va sentir monter la tristesse par exemple, et on va chercher à s’en divertir absolument : on va manger un truc qui nous fait plaisir, on va regarder des vidéos de chats sur YouTube, on va aller se noyer dans les méandres des réseaux sociaux (ou plein d’autres choses encore, et on peut faire toutes ces choses là). On ne veut pas voir, on ne veut pas aller regarder, on fuit.

    Et ça va peut-être bien marcher sur le très court terme. Et attention ! Des fois c’est vital de faire ça : on pète un plomb et on a besoin d’un truc pour ne pas voir l’émotion, ne pas la traverser maintenant parce que ce n’est pas le moment.

    Si on est en confinement avec 3 enfants, dont 2 à l’école primaire, des devoirs par-dessus la tête, la maitresse qui fait des commentaires pas les bienvenus sur le manque de qualité des devoirs, et les cris d’enfants qui n’ont pas le droit de sortir jouer dans la rue : on fait ce qu’on peut pour arriver à la fin de la journée, on est bien d’accord. Donc on n’est pas là en train de se dire qu’on ne va plus jamais fuir une émotion désagréable de notre vie. On peut essayer d’être plus consciente. On peut essayer de prendre 30 secondes, au milieu du chaos pour respirer 3 fois profondément, décrisper nos muscles et essayer de voir ce qui se passe là.

    Donc, bien sûr, je parle des cas où on a le choix. Dans ma vie idéale, j’ai toujours le temps de traverser une émotion difficile. Dans ma vraie vie, ce n’est pas qu’une question de temps : parfois je n’aurai pas envie, pas le courage, juste envie de m’évader, oublier ce qui me tourmente, et c’est parfaitement OK. Mais j’ai bien remarqué, sur les quelques mois écoulés, depuis que j’essaie vraiment de le pratiquer, que c’est ce qui m’apporte le plus d’alignement avec moi-même : me laisser vivre ce qui est, traverser, et en ressortir grandie. Une copine dans mon groupe d’entrepreneures m’a dit « tu as eu un passage à vide, et depuis, je te trouve sereine et posée, tranquille et déterminée ». La seule chose qui a changé, c’est que j’ai vécu une déception et au lieu de faire style (auprès de moi-même) « ouais ça va, tout roule », j’ai accepté que j’étais déçue, que j’étais triste, pas contente. Ça ne veut pas dire que je pleurais toute la journée ni que tout le monde autour de moi le savait. Non, ça veut juste dire qu’à l’intérieur de moi, j’ai respiré plein plein de fois, j’ai relâché mon corps plein plein de fois, j’ai ressenti tout ce qu’il se passait dans mon corps (et il s’en passe, des choses, dans nos corps), j’ai observé, et j’ai dit « OK. OK tout ce qui est là est là. OK mon estomac est lourd, ou ma gorge est nouée ou mes jambes sont tendues. OK. »

    Et puis peu à peu, c’est passé, c’est devenu plus léger, plus fluide, et je peux dire que j’ai grandi. C’était pas le but, le but c’était juste de me permettre d’être et d’arrêter de me contraindre, et surtout d’arrêter d’essayer d’être bien tout le temps ce qui fait qu’après j’explose à un moment pas du tout approprié. Quand l’émotion qu’on fuit / qu’on enfonce bien profondément en nous / qu’on coupe au sécateur (en fonction de la version qui nous parle le plus), quand cette émotion là rejaillit, c’est plus fort, plus dur, plus violent peut-être. En tout cas pour moi. Pour certaines, ça va être une explosion lors d’une discussion avec leur partenaire, au travers des devoirs des enfants, ou dans une réunion avec les collègues : on va réagir démesurément (par rapport à nos réactions habituelles, pas par rapport à un supposé standard), on va s’enflammer, nou pou sap lor kal (on va pêter un plomb).

    La façon de traverser mes émotions qui marche le mieux du mieux pour moi, c’est… le yoga. Haha grande surprise ! Même si je pratique de plus en plus RRSOP sans mouvement, dans mon quotidien, rien de tel, pour moi, que de passer par le corps. Soit je me laisse porter par mes envies, soit je choisis une séance douce, proche du tapis. Mais pour vous ce sera peut-être au contraire une séance plus active ou carrément autre chose.

    Dans tous les cas, on s’assure de :

    • placer notre attention sur la Respiration, en respirant de plus en plus profondément…
    • …Relâcher notre corps, pour pouvoir…
    • …Sentir ce qu’il s’y passe…
    • …Observer ce qui est…
    • …et Permettre à ce qui est d’être, tout simplement

    Et des fois, oui, les larmes montent. Des fois, oui, le simple fait de déposer le front sur le tapis et déjà tout est différent. Faire circuler l’énergie dans le corps n’a pas son pareil, pour moi, pour vivre mes émotions difficiles. J’ai déjà déroulé mon tapis dans la rage absolue, en revenant du travail. Le yoga, c’est ça aussi. Nous aider à traverser des moments d’inconfort profond.

    Superposition des émotions (mon interprétation) - Photo de Callum Skelton

    Superposition des émotions (mon interprétation) 

    Photo de Callum Skelton

    Mes petits trucs pour changer mon énergie

    Mes petits trucs pour changer mon énergie

    Il y a des matins où on se réveille, on est un peu raplapla. Non qu’il y ait quoi que ce soit qui aille particulièrement mal, ni qu’on vive des émotions désagréables, non. On est juste un peu grognon, pas très bien, mal au cou peut-être, pas la grande forme. Blah.

    On peut se laisser enfoncer dans ces sensations et peut-être juger ce qu’il se passe : « je suis jamais en forme », « je dors 8h et je me débrouille quand même pour me réveiller à côté de mes pompes » (ce qui est OK aussi). Et/ou on peut prendre un instant pour observer, en toute neutralité (ou presque) ce qui ne nous va pas : OK, j’ai mal au cou, et un peu à la tête, j’ai le visage tout froissé, oh là là on dirait une carte de France, j’ai la flemme intersidérale de faire quoi que ce soit, et pourtant je dois me dépêcher parce que j’ai mille choses à faire.

    Après ce petit état des lieux, on peut passer aux actions immédiates pour prendre le taureau par les cornes : la carte de France va disparaitre probablement après s’être lavé le visage, peut-être une petite séance de yoga pour le cou pour relâcher les tensions, peut-être une petite goutte d’huile essentielle de petit grain bigarade sur les poignets si on sent qu’on est dans une phase où on a besoin d’apaisement.

    Et ça va déjà mieux. On peut alors penser un peu plus large :
    • Ça fait plusieurs matins que je me réveille avec ce mal de cou, peut-être devrais-je changer d’oreiller ?

    • Je dors 8h mais je me réveille fatiguée, peut-être que je devrais essayer d’aller au lit plus tôt le soir ? Ou moins manger le soir pour avoir un meilleur sommeil ?

    • Je me sens un peu fébrile en ce moment, est-ce que ça fait longtemps que j’ai fait une prise de sang ? Est-ce que je prends bien ma vitamine B12 en ce moment (la vitamine des végétariens, prenez-en si vous l’êtes, c’est important !) ? Ou peut-être je manque de magnésium ?

    • A moins que je sois déjà en période prémenstruelle ? Dans ce cas qu’est-ce que je peux bouger dans mon planning pour accommoder le dragon ? (réponse, on peut toujours faire un petit truc pour accommoder le dragon, ne serait-ce que décaler UN rendez-vous non prioritaire)

    J’ai pris l’habitude de faire ce petit scan de moi-même le matin, pour demander à mon corps « on fait quoi ce matin, comme yoga ? ». Des fois, c’est très clair : « les haaaannncchhheesss ». Parfois, c’est juste « chien-chaaaaattt » (oui mon corps parle comme un assoiffé face à une oasis). Et des fois, il négocie, carrément : « bah je sais pas. Pas trop envie là. On a qu’à aller direct au petit déj, non ? On l’a bien mérité, je trouve ». Ces jours-là, vu qu’il est pas tout seul, et que c’est pas lui qui décide au final, je choisis autrement, j’ouvre YouTube et je fais la première vidéo courte qui m’inspire. 

    Ça, c’était pour changer notre énergie le matin, quand on dirait que la journée pourrait mal commencer. Au milieu de la journée, mes tactiques sont variées, et incluent :

    • Lever les yeux de mon ordinateur très souvent et chaque fois que je sens comme une lourdeur se déposer sur moi

    • Danser. Ca me vient assez peu naturellement, car j’apprécie généralement plus le silence que la musique (oui, c’est étrange), mais quand ça me vient, ça me fait beaucoup de bien. Si je suis dans une énergie basse, je commence avec de la musique assez calme (mais pas déprimante), puis je monte en gradation jusqu’à pouvoir danser sur Celebration (et là on est un summum de l’énergie). Si je ne passe pas par ces étapes, je ne suis tout simplement pas dedans, et je ne vais pas réussir à bouger mon énergie, ni à apprécier ma musique entrainante.

    • Me mettre au soleil

    • Manger du chocolat (j’ai pas dit que c’était des tactiques parfaites, j’ai dit que c’étaient les miennes)

    • Vérifier si j’ai faim (chez moi, c’est un processus, car très souvent, je ne sens pas que j’ai faim, ce qui peut me faire descendre très bas en énergie, alors que j’ai juste faim)

    • M’étirer et bailler. Bailler et m’étirer. M’étirer et bailler

    • Faire quelques mouvements. Je pense que ça peut être bizarre pour les gens avec qui je suis, mais je peux avoir une tendance à faire quelques mouvements pendant des réunions, ou à être debout (si je suis avec des gens qui comprennent et qui sont open) après le repas, si j’ai besoin d’être productive, parce que j’ai une tendance à avoir envie de faire la sieste après le déjeuner

    • D’accepter que là, je suis pas dedans, je n’ai pas été dedans, je lâche l’affaire, je fais une sieste, je regarde un épisode d’une série, je lis un bouquin, ou je fais rien. Et on verra après. Je dois dire que je suis assez souvent dans cet état d’esprit pendant 2 heures après le repas, ce qui est beaucoup plus facile à gérer depuis que je suis à mon compte, mais qui reste compliqué quand j’ai plein de trucs à faire et parce que j’ai toujours ma petite voix qui me dit « gnagnagna »

    Pour certaines personnes, ce sera ranger (pas moi, haha), courir, cuisiner… Vous, quelles sont vos astuces pour faire basculer votre énergie ? On pourrait faire une grande liste de tout ce qu’on fait pour s’inspirer mutuellement, puis je mettrai à jour cet article avec toutes vos astuces !