Le yoga s’adapte à notre corps (pas l’inverse)

Le yoga s’adapte à notre corps (pas l’inverse)

On a un corps. Un seul. Quand on a mal, quand il est abîmé, on ne peut pas le quitter pour se glisser dans un autre. C’est le seul qu’on a. Pour toujours. 

Et Dieu sait qu’il a déjà mille et un challenges auxquels faire face : il a des petites douleurs, des petits bobos, des petits soucis, il vieillit, il doit lutter contre des infections, des virus, des maladies, parfois il met au monde des enfants, les allaite, les porte, parfois il peut avoir une maladie plus sérieuse qui est très compliquée pour lui à gérer et il doit accueillir des médicaments auxquels il doit s’habituer, qu’il doit digérer, intégrer, il grossit, il mincit, il se flétrit, se raffermit, il a plein de poils, et puis des fois plus, il produit des tonnes d’hormones et des fois le dosage lui échappe un peu… 🤪

Notre corps, c’est une magnifique machine, une usine incroyable qui produit tellement de choses pour nous. Et plein de ces choses là, il pense à les faire sans qu’on y pense pour lui, et ça c’est la classe (rendons à César, etc.).

Alors la dernière chose qu’on veut faire, à notre corps, c’est d’en rajouter. Avec tout ce qu’il traverse déjà, ce qu’on veut lui offrir, c’est de l’exercice physique, c’est important pour sa santé, mais dans le respect absolu de ses sensations à lui (nos sensations à nous, donc, hein). Se dépasser, c’est super, dans plein de domaines, notamment en termes de course à pied ou de trail.

Là où on ne veut pas « se dépasser », c’est en restant dans la douleur en yoga. Vraiment. C’est valable pour les exercices de stretching aussi, la gym. Et souvent, la raison pour laquelle on pousse, c’est parce qu’on veut faire « comme la prof », « comme les copines de tapis », « comme sur Instagram », « comme dans Yoga Magazine ». Mais ce n’est pas parce que ton corps n’est pas représenté parmi les profs de yoga, dans les pages de Yoga Journal, ou sur Instagram que tu devrais forcer ton corps à rentrer dans ces postures-là. 

C’est le plus important. Ne crains pas le regard de la prof qui est dans la bienveillance (ou sinon, change de prof !). Ne crains pas le regard de tes copines de tapis. Tu as le droit de faire une autre posture pendant que les autres en font une qui n’est pas disponible pour toi. 

Chaque asana, chaque posture, peut se faire en plein de versions différentes, pour qu’elle puisse correspondre à notre corps. Notre corps à nous. Avec sa taille, sa grosseur, sa souplesse, sa rigidité, ses petits ou grands soucis, la longueur de ses membres, ses accidents passés.

On n’est pas en train de faire moins : on fait mieux, parce que ça nous correspond, parce que notre corps peut bénéficier des bienfaits des postures sans se blesser, parce qu’on va peut-être évoluer, grâce à ces versions adaptées à notre corps d’aujourd’hui !

Chaque posture est une variation : il n’y a pas LA vraie posture et les autres qui ne seraient que des sous-postures. Non non non. Pas plus que mon corps pas souple n’est pas un sous-corps, le chien tête en bas qui correspond à mon corps n’est pas un sous-chien tête en bas. Justement, voilà quelques versions du chien tête en bas !

Quelques pistes pour un chien tête en bas respectueux du corps, quelle que soit la version choisie :

  • la distance entre les pieds et les mains est la même qu’en planche. Souvent on a tendance à rapprocher les mains des pieds pour se rapprocher du V inversé, mais on souhaite se laisser plus d’espace !

  • on souhaite garder le dos dans le respect de ses courbes naturelles. Le bas du dos a tendance à s’arrondir quand on essaie à tout prix de faire de beaux V inversés, alors qu’on veut plutôt conserver la lordose (légère cambrure) au niveau des lombaires.

  • on vient placer notre attention sur le coccyx qui pointe vers le ciel et vers l’arrière

  • on aligne les bras aux oreilles, la tête est dans la continuité de la colonne vertébrale (on ne regarde ni nos pieds, ni la prof), les oreilles alignées aux bras.

A gauche, ce qu’il se passe quand j’applique dans mon corps les instructions classiques pour un chien tête en bas : dos voûté, manque de stabilité… Et à droite, la version du chien tête en bas qui me convient le mieux, genoux fléchis, dos droit, position stable dans laquelle je peux rester longtemps :

Ce qui ne veut pas dire que je ne vais jamais tendre une jambe dans le chien tête en bas. C’est une posture que j’aime beaucoup justement pour ça, et donc je « marche » dans mon chien tête en bas, je reste en mouvement pour que mon dos (qui s’arrondit) ne reste pas voûté trop longtemps :

Les poignets peuvent être douloureux dans cette posture. On souhaite bien étaler les mains en étoile de mer, index parallèles l’un à l’autre, en répartissant bien le poids. Mais si ça reste douloureux, ce sera peut-être plus confortable d’adoucir l’angle et positionnant une serviette ou une couverture pliée sous la base de la main :

On peut aussi venir déposer nos talons sur des blocs (ou piles de livres) pour plus de stabilité :

Tout le monde ne peut pas mettre la tête en bas, et cette version avec la chaise est excellente. On peut faire la même chose avec un mur. Tu peux aussi la faire si tu ne peux pas mettre de poids sur les mains par exemple. C’est une option que j’aime bien quand je fais du yoga sans tapis ni tenue spécifique. Elle permet aussi de placer notre attention sur d’autres sensations dans la posture.

Et toi, quelle est ta version préférée du chien tête en bas ?

Mes petits trucs pour changer mon énergie

Mes petits trucs pour changer mon énergie

Il y a des matins où on se réveille, on est un peu raplapla. Non qu’il y ait quoi que ce soit qui aille particulièrement mal, ni qu’on vive des émotions désagréables, non. On est juste un peu grognon, pas très bien, mal au cou peut-être, pas la grande forme. Blah.

On peut se laisser enfoncer dans ces sensations et peut-être juger ce qu’il se passe : « je suis jamais en forme », « je dors 8h et je me débrouille quand même pour me réveiller à côté de mes pompes » (ce qui est OK aussi). Et/ou on peut prendre un instant pour observer, en toute neutralité (ou presque) ce qui ne nous va pas : OK, j’ai mal au cou, et un peu à la tête, j’ai le visage tout froissé, oh là là on dirait une carte de France, j’ai la flemme intersidérale de faire quoi que ce soit, et pourtant je dois me dépêcher parce que j’ai mille choses à faire.

Après ce petit état des lieux, on peut passer aux actions immédiates pour prendre le taureau par les cornes : la carte de France va disparaitre probablement après s’être lavé le visage, peut-être une petite séance de yoga pour le cou pour relâcher les tensions, peut-être une petite goutte d’huile essentielle de petit grain bigarade sur les poignets si on sent qu’on est dans une phase où on a besoin d’apaisement.

Et ça va déjà mieux. On peut alors penser un peu plus large :
  • Ça fait plusieurs matins que je me réveille avec ce mal de cou, peut-être devrais-je changer d’oreiller ?

  • Je dors 8h mais je me réveille fatiguée, peut-être que je devrais essayer d’aller au lit plus tôt le soir ? Ou moins manger le soir pour avoir un meilleur sommeil ?

  • Je me sens un peu fébrile en ce moment, est-ce que ça fait longtemps que j’ai fait une prise de sang ? Est-ce que je prends bien ma vitamine B12 en ce moment (la vitamine des végétariens, prenez-en si vous l’êtes, c’est important !) ? Ou peut-être je manque de magnésium ?

  • A moins que je sois déjà en période prémenstruelle ? Dans ce cas qu’est-ce que je peux bouger dans mon planning pour accommoder le dragon ? (réponse, on peut toujours faire un petit truc pour accommoder le dragon, ne serait-ce que décaler UN rendez-vous non prioritaire)

J’ai pris l’habitude de faire ce petit scan de moi-même le matin, pour demander à mon corps « on fait quoi ce matin, comme yoga ? ». Des fois, c’est très clair : « les haaaannncchhheesss ». Parfois, c’est juste « chien-chaaaaattt » (oui mon corps parle comme un assoiffé face à une oasis). Et des fois, il négocie, carrément : « bah je sais pas. Pas trop envie là. On a qu’à aller direct au petit déj, non ? On l’a bien mérité, je trouve ». Ces jours-là, vu qu’il est pas tout seul, et que c’est pas lui qui décide au final, je choisis autrement, j’ouvre YouTube et je fais la première vidéo courte qui m’inspire. 

Ça, c’était pour changer notre énergie le matin, quand on dirait que la journée pourrait mal commencer. Au milieu de la journée, mes tactiques sont variées, et incluent :

  • Lever les yeux de mon ordinateur très souvent et chaque fois que je sens comme une lourdeur se déposer sur moi

  • Danser. Ca me vient assez peu naturellement, car j’apprécie généralement plus le silence que la musique (oui, c’est étrange), mais quand ça me vient, ça me fait beaucoup de bien. Si je suis dans une énergie basse, je commence avec de la musique assez calme (mais pas déprimante), puis je monte en gradation jusqu’à pouvoir danser sur Celebration (et là on est un summum de l’énergie). Si je ne passe pas par ces étapes, je ne suis tout simplement pas dedans, et je ne vais pas réussir à bouger mon énergie, ni à apprécier ma musique entrainante.

  • Me mettre au soleil

  • Manger du chocolat (j’ai pas dit que c’était des tactiques parfaites, j’ai dit que c’étaient les miennes)

  • Vérifier si j’ai faim (chez moi, c’est un processus, car très souvent, je ne sens pas que j’ai faim, ce qui peut me faire descendre très bas en énergie, alors que j’ai juste faim)

  • M’étirer et bailler. Bailler et m’étirer. M’étirer et bailler

  • Faire quelques mouvements. Je pense que ça peut être bizarre pour les gens avec qui je suis, mais je peux avoir une tendance à faire quelques mouvements pendant des réunions, ou à être debout (si je suis avec des gens qui comprennent et qui sont open) après le repas, si j’ai besoin d’être productive, parce que j’ai une tendance à avoir envie de faire la sieste après le déjeuner

  • D’accepter que là, je suis pas dedans, je n’ai pas été dedans, je lâche l’affaire, je fais une sieste, je regarde un épisode d’une série, je lis un bouquin, ou je fais rien. Et on verra après. Je dois dire que je suis assez souvent dans cet état d’esprit pendant 2 heures après le repas, ce qui est beaucoup plus facile à gérer depuis que je suis à mon compte, mais qui reste compliqué quand j’ai plein de trucs à faire et parce que j’ai toujours ma petite voix qui me dit « gnagnagna »

Pour certaines personnes, ce sera ranger (pas moi, haha), courir, cuisiner… Vous, quelles sont vos astuces pour faire basculer votre énergie ? On pourrait faire une grande liste de tout ce qu’on fait pour s’inspirer mutuellement, puis je mettrai à jour cet article avec toutes vos astuces !

Le bonheur, c’est le chemin

Le bonheur, c’est le chemin

« Il n’y a point de chemin vers le bonheur. Le bonheur, c’est le chemin. » Lao Tseu

En 2012, j’ai décidé de me lancer sur la voie de l’exploration du chemin du bonheur. J’avais passé beaucoup de temps à lire des articles en tout genre autour du développement personnel les quelques mois/années précédents, et il était temps de secouer un peu le cocotier (je savais déjà que j’allais me marier religieusement, ce qui était déjà un changement de vie en soi, puisque nous n’avons vécu ensemble au quotidien qu’à partir de ce moment-là, et je ne savais pas encore que j’allais changer de travail aussi, la même semaine, d’ailleurs).

Je ne sais plus trop ce qui m’a mis dans cette quête, mais ce dont je me rappelle, c’est qu’en avril 2012, un couple d’amis m’a offert Opération Bonheur (The Happiness Project), de Gretchen Rubin, et ça a été une source d’inspiration incroyable. Je l’ai lu à deux reprises, à quelques années d’intervalle.

Opération Bonheur, c’est le récit d’une année de vie de Gretchen Rubbin, année pendant laquelle elle a consciemment mis en place une thématique par mois (donc 12 thématiques sur l’année), pour explorer de nouvelles habitudes, pour faire des efforts dans certains aspects de sa vie pour contribuer à son bonheur. Rien que d’expliquer ça, j’ai envie de sortir une grande feuille bristol et de planifier les 12 prochains mois.

En vrai : je ne l’ai pas fait. Je me suis inspirée de son expérience, pour mettre en place de nouvelles choses, mais pas à son niveau d’énergie et d’engagement, pas de façon suivie et documentée comme elle. Ca aurait été chouette, et je le ferai peut-être un jour, mais pour l’instant, je ne prends pas suffisamment de plaisir à être structurée pour le faire de façon aussi organisée ! L’idée n’est de toute façon pas du tout de reproduire ce qu’elle a fait, c’est un partage plus qu’une méthode : elle a mis en place ce système pour explorer différents aspects de sa vie, sans nous dire de faire de même.

Alors que je feuillette le livre pour me replonger là-dedans, je tombe sur cette phrase (traduction approximative de ma part, mille excuses, j’ai le livre en anglais) : « ce que je fais chaque jour compte plus que ce que je fais une fois de temps en temps ». Ah tiens. Gretchen aurait-elle planté cette graine dans ma tête pour que 4 ans plus tard je me mette à faire du yoga tous les jours ? Au-delà, ce que je retiens de cette phrase, c’est d’essayer de se créer une vie qui nous plait, au quotidien : dans mon cas, devenir prof de yoga et vivre à un rythme où je me sens moi-même, plutôt que de prendre un mois de vacances une fois par an pour tout oublier.

Plus sérieusement, ce que j’en retiens, des années plus tard, c’est la nécessité d’être intentionnelle dans mes actions. Quoi que je fasse, je le relie avec ce que ça m’apporte, pourquoi je le fais. Je regarde Top Chef (oui, je regarde Top Chef, je suis au taquet, alors que je ne cuisine pas, et que je suis végétarienne [et qu’il y a beaucoup de viande dans Top Chef]), qu’est-ce que ça m’apporte, pourquoi j’aime le regarder ? Et la réponse « rien » est tout à fait valable. Mais au moins, c’est clair (en vrai, ça m’inspire à faire un tout petit peu plus de cuisine, ça m’inspire de voir ces chefs au taquet, de voir à quel point UNE minute peut tout changer, et j’ai une liste de restaurants à explorer longue comme le bras…). Alors, je ne le fais pas forcément consciemment, mais j’aime prendre un temps régulièrement pour réfléchir à tout ça, et supprimer ce qui est contre-productif.

Cette nécessité d’être intentionnelle, elle s’inscrit aussi quand on veut mettre en place une nouvelle habitude, par exemple « je veux faire du sport. OK, pourquoi ? Pour être belle et musclée. Est-ce que cette motivation est suffisante pour moi ? Non, je me trouve déjà belle toute molle. Mais je sais que faire du sport est important pour ma santé. Ha ha, nous y voilà, c’est peut-être ça, ma motivation. Et peut-être qu’avec la bonne motivation, je vais réussir à m’y tenir ! »

Dans son planning, dans ses 12 mois, elle a porté son attention sur son énergie, son couple, son travail, ses enfants, ses loisirs, ses amis, sur l’argent, la spiritualité, faire du temps pour une passion, la pleine conscience, son attitude…

Et c’est comme ça que j’ai commencé à m’intéresser à la psychologie positive. Et j’ai lu 3 kifs par jour. Oui, je lis que des trucs abordables, j’ai lu assez de trucs compliqués, quand, à 17 ans, il a fallu se farcir La dynamique de l’Occident de Norbert Elias. Je n’ai aucune idée de quoi parle ce bouquin, mais je me rappelle que ça me passait complètement au-dessus. C’était une lecture pour un concours auquel je ne me suis finalement pas présentée, mais que j’ai retrouvée dans mes études par la suite. La bonne blague. J’ai aussi eu toute une matière qui s’appelait Epistémologie des méthodes. 20 heures. Je suis arrivée à l’examen, j’avais aucune idée de ce qu’était l’épistémologie des méthodes. La théorie m’a tuée à ce moment-là. Depuis je suis pragmatico-pragmatique. Et je lis donc des ouvrages très pragmatiques, et je vous transmets des trucs pragmatiques et actionnables.

Et donc, j’ai lu Trois Kifs par jour de Florence Servan-Schreiber. Où elle nous parle, globalement, de gratitude. Mais aussi de plein de données liées au bonheur. Ça me fascine. Elle mentionne dans cet ouvrage que la moitié de notre capacité à ressentir le bonheur dépend de notre héritage, d’un point de vue génétique. C’est beaucoup. Et peu à la fois. 10% dépend des conditions extérieures de nos vies : notre travail, nos activités, nos proches, le temps qu’il fait, etc. Le reste, 40% dépend de l’interprétation que nous faisons des situations que nous traversons. Et bien sûr, sur ces 40%, notre tempérament joue sur notre façon d’interpréter ce que nous vivons. Donc, non, nous ne sommes pas égaux en matière de bonheur.

Mais nous pouvons tous, consciemment, cultiver un peu de bonheur au quotidien. C’est le pouvoir de la gratitude, des 3 kifs par jour que mentionne le titre de l’ouvrage : voir, cultiver et partager les petits moments de bonheur dans une journée (et on y reviendra très bientôt !), il y a la dimension, qui revient souvent, de pessimiste/optimiste. Dans mon ancien boulot, mon patron me disait souvent en rigolant que j’étais pessimiste (j’étais la fille pénible qui dit non, qui serre la vis et qui contrôle). Si j’avais été pessimiste, j’aurais jeté l’éponge au premier obstacle : « on ne va jamais y arriver, c’est impossible ». Mais c’est sûr que mon optimisme est fortement teinté de réalisme, et en même temps, c’est ça qui me permet de le cultiver : j’essaie, je me plante, je réessaie, parce que quand j’ai appris à marcher, même si je suis tombée plein de fois sur le front, j’étais sûre de réussir à marcher. Et que je fais plein de choses que je ne sais pas faire, et qu’apprendre vient en faisant.

Je vous laisse avec une petite phrase extraite de Trois kifs par jour : « Tout ne se déroule pas pour le mieux, mais nous sommes tous capables d’en extraire le meilleur en posant un regard neuf sur une même situation. »

Découvrir le système des chakras

Découvrir le système des chakras

Je vous propose régulièrement des séances sur les chakras, et je me suis dit que ce serait intéressant pour vous d’avoir un point de repère auquel vous référer pour mieux comprendre sur quoi la séance va porter.

Je le raconte souvent, ma première impression des chakras a longtemps été empreinte de l’aura d’Arielle Dombasle dans Un Indien dans la ville qui « ouvre ses chakras », en méditant et en répétant « un cercle est un carré, un carré est un cercle ». C’est une scène qui est restée ancrée profondément en moi, et pendant des années et des années, pour moi, les chakras, c’était un truc de « gens perchés ».

Depuis, j’ai fait pas mal de trucs que j’aurais qualifié avant de « trucs de gens perchés », et probablement qu’aux yeux de certain-e-s, je suis perchée moi-même ! On évolue, on grandit, on expérimente, et on trouve parfois certaines choses qui nous parlent plus que d’autres. Et le système des chakras, je dois dire que j’ai bien accroché avec. C’est une découverte assez récente : avant ma formation, j’ai bien suivi quelques cours sur ce thème, mais je suis arrivée sans trop d’idée de quoi on allait me parler pendant ce module. Et j’ai aimé ce que j’ai découvert ! Mieux, je m’en sers au quotidien. Allez, je vous en embarque dans un petit tour des chakras !

Les chakras sont des roues d’énergie, situées à différents endroits du corps. Il y a différents systèmes de chakras, celui que j’utilise dénombre 7 chakras principaux et des milliers de chakras secondaires. D’après la tradition du yoga, il y aurait des milliers de nadis, des canaux d’énergie dans le corps qui transportent l’énergie vitale, et les chakras seraient les points d’intersection principaux de ces canaux d’énergie.

De mon point de vue, travailler avec les chakras nous permet de mieux nous connaitre, d’enlever les voiles qui nous coupent de notre nous profond.

Les 7 chakras principaux sont basés le long de la colonne vertébrale, de sa base au sommet de la tête. Chaque chakra a son nom en sanskrit, ses propriétés, son élément, sa couleur, sa vibration. Si vous avez déjà suivi des cours de yoga avec moi sur les chakras, il m’arrive régulièrement de vous faire voyager au fil des chakras en visualisant les couleurs, mais aussi parfois en venant « chanter » un son (bija mantra) qui lui est associé.

Je vous offre ici une courte présentation des 7 chakras principaux, de la racine à la couronne, avec leurs caractéristiques à l’équilibre, à l’excès, et en déficience. Je vous propose aussi quelques pratiques de yoga pour venir les harmoniser, qu’ils soient déficients ou en excès.

Muladhara Chakra, le chakra racine, au niveau du coccyx, à la base de la colonne vertébrale est celui à travers lequel on cultive l’enracinement, la stabilité. Quand il est excessif, on peut ressentir de la lourdeur, être dans les excès alimentaires, l’accumulation matérielle, résister aux changements. A l’inverse, quand il est déficient, on peut être dans la peur, l’anxiété, on peut manquer de discipline. En yoga, les postures d’enracinement vont nous aider à harmoniser ce chakra (la montagne, l’arbre, le dieu des vents, l’enfant…), mais aussi les automassages. Son bija mantra : LAM. 

Svadhistana Chakra, le chakra sacré, 2 cm sous le nombril, nous permet de cultiver plaisir et créativité, il est associé à la joie, la vitalité, l’énergie sexuelle. Quand il est excessif, on peut être dans la dépendance. Quand il est déficient, on va être plutôt dans la résistance au plaisir, une certaine rigidité ou encore une torpeur émotionnelle. En yoga, on vient harmoniser ce chakra avec des postures en lien avec les hanches, et en cultivant la fluidité dans les postures, notamment. Son bija mantra : VAM

Manipura chakra, le chakra solaire, au niveau de l’estomac, est celui de la force intérieure et de la détermination. Quand il est excessif, on peut être dans une colère « perpétuelle », dans l’arrogance, ou encore dans l’hyperactivité. De l’autre côté, s’il est déficient, on sera plutôt dans le manque d’énergie, de volonté, de confiance. Pour l’harmoniser en yoga, nous viendrons faire plutôt des postures en lien avec les abdominaux, des respirations comme kapalabathi (le nettoyage du crâne). Son bija mantra : RAM

Anahata Chakra, le chakra du coeur, au niveau de la région du… coeur, est celui de l’amour, de la compassion et de l’acceptation. Quand il est excessif, on peut être dans la dépendance affective, on peut avoir des difficultés à mettre des limites avec les autres, on peut être dans la jalousie ou encore vouloir toujours plaire aux autres. Quand il est déficient, on sera au contraire plutôt dans l’intolérance, dans le manque d’estime de soi, on aura du mal à passer du temps avec les autres. En yoga, pour l’harmoniser, on vient faire des postures d’ouverture du cœur (comme le chameau, l’arc, le chat, le cobra, le poisson…) et pratiquer des respirations variées. Son bija mantra : YAM

Vishudha Chakra, le chakra de la gorge, est celui de la communication (s’exprimer ET écouter) : s’exprimer en étant soi-même. Quand il est excessif, on peut avoir du mal à s’arrêter de parler, à écouter (et oui !) quand on nous parle, on peut avoir du mal à garder une confidence pour soi. Au contraire, quand il est déficient, on peut ne pas arriver à dire sa vérité, on peut parler trop doucement, avoir énormément de mal à prendre la parole… En yoga pour l’harmoniser, on vient travailler au niveau du cou et de la gorge, mais aussi avec les sons : on vient chanter les bija mantras par exemple ! Son bija mantra : HAM

Ajna Chakra, le 6e chakra est situé au niveau du 3e oeil, entre les sourcils, c’est celui de l’intuition, de l’imagination créative, de la visualisation. Quand il est excessif, on peut avoir des problèmes de concentration, des obsessions, et quand il est déficient, on peut avoir du mal à visualiser, à imaginer, on peut être dans le déni et dans l’incapacité de voir les autres options face à nous. Pour l’harmoniser, en yoga, on vient faire du yoga des yeux, de la respiration alternée, mais aussi certaines postures d’équilibre comme l’arbre ou l’aigle. Son bija mantra : AUM

Sahasrara Chakra 🤍, le chakra couronne (parfois représenté en violet, parfois en blanc), au sommet de la tête, est celui de la conscience et de la connexion à l’univers, de l’esprit ouvert et de l’intelligence. Quand il est excessif, on sera dans une sur-intellectualisation, on vit dans sa tête ou encore dans une dépendance spirituelle. Quand il est déficient, on peut manquer d’ouverture d’esprit ou encore faire preuve d’apathie. Pour l’harmoniser en yoga, les postures d’équilibre sur la tête ou sur les mains, la respiration alternée ou encore Savasana (la posture du cadavre qu’on fait à la fin de chaque séance). Son bija mantra : le son du silence.

Les mentions que j’indique pour les aspects déficients ou excessifs des différents chakras sont indicatifs, et pas du tout exhaustifs. Ils sont mentionnés pour vous aider à voir où vous pourriez souhaiter harmoniser vos chakras. 

Voyage au pays des chakras ❤️🧡💛💚💙💜

☀️ Pour explorer tout ça plus en profondeur, je vous invite à un voyage de découverte des chakras les mardis soirs de septembre et octobre 2022. Nous partirons en voyage du chakra racine au chakra couronne et nous clôturerons le voyage par une harmonisation des chakras.

  • Mardi 6 septembre : chakra racine – sécurité, stabilité, ancrage
  • Mardi 13 septembre :  chakra sacré – plaisir, créativité, fluidité
  • Mardi 20 septembre : chakra plexus solaire – force, détermination
  • Mardi 27 septembre : chakra du cœur – amour, compassion
  • Mardi 4 octobre : chakra de la gorge – communication, dire qui on est
  • Mardi 11 octobre : chakra du 3e œil – intuition
  • Mardi 18 octobre : chakra couronne – harmonie physique et spirituelle
  • Mardi 25 octobre : harmonisation des 7 chakras

☀️ Pour vous inscrire au voyage des chakras, suivez ce lien et inscrivez vous aux séances du mardi, soit à l’unité, soit avec un abonnement mensuel. Les séances sont disponibles en direct et en replay pendant 5 jours.

☀️Vous pouvez choisir de faire l’intégralité du voyage ou de ne participer qu’à une ou quelques étapes !

☀️Et promis on fera pas ça ⤵️  (ou peut-être que si, juste pour le fun !) 

La cause de toutes les souffrances selon les Yoga Sutras

La cause de toutes les souffrances selon les Yoga Sutras

Quand j’étais en formation pour devenir professeure de yoga, on nous a assigné un yoga sutra, à chacun-e d’entre nous, par ordre alphabétique, de façon arbitraire. Les Yoga Sutras, c’est une collection de 194 aphorismes, de Patanjali, qui date d’il y a 2500 ans environ.

Certaines ont été déroutées par leur sutra, d’autres ont été touchées. C’était mon cas.

Mon yoga sutra était le II-5 :

« Anitya-ashuchi-dukha-anātmasu nitya-shuchi-sukha-ātma khyātir avidyā » (je ne parle pas Sanskrit, mais de façon générale, je trouve que je ne fais pas assez honneur aux racines indiennes du yoga, et j’essaie d’inclure de plus en plus les noms des postures en sanskrit).

En voilà une première traduction de Françoise Mazet :

« L’ignorance de la réalité, c’est prendre l’impermanent, l’impur, le malheur, ce qui n’est pas le Soi, pour le permanent, le pur, le bonheur, le Soi. »

Et une autre de Jean Bouchart d’Orval :

« On nomme errance l’incompétence à distinguer le mortel de l’éternel, l’impur du pur, la souffrance de la joie et le non-Soi du Soi. »

Et pour ma présentation, j’ai décidé de combiner les deux traductions, parce qu’aucune ne me paraissait correspondre véritablement à ma compréhension de ce sutra : dans chaque ouvrage, le sutra est ensuite commenté pour nous aider à comprendre ce qu’il veut dire.

Ce que j’aime dans la deuxième traduction, c’est la mise en opposition de chaque mot avec son opposé, et ce que j’aime moins, ce sont les mots errance, incompétence, mortel et éternel. J’ai donc combiné les deux, en m’inspirant aussi d’une traduction anglaise (de Swami Satchidananda) :
« L’ignorance, c’est prendre l’impermanent pour le permanent, l’impur pour le pur, la souffrance pour la joie, le non-soi pour le soi ».

Dans les Yoga Sutras, ce sutra s’inscrit dans la description des causes de souffrance. L’ignorance, « avidya », décrite dans ce sutra, est considérée comme la racine de toutes les autres causes de souffrance (yoga sutra II-4)*. 

La partie la plus accessible de ce yoga sutra, pour moi, concerne la première partie « prendre l’impermanent pour le permanent ». L’impermanence est perpétuelle, et nous avons souvent du mal à nous ajuster à cette réalité. Je me vois régulièrement prendre l’impermanent pour le permanent, dans ma vie de tous les jours :

  • Si je ne réussis pas quelque chose (au milieu de tout ce que je réussis par ailleurs), je peux me dire « je suis trop nulle, je n’y arriverai jamais ». Or, c’est simplement une expérience que je traverse, et peut-être que c’est cette expérience même qui me permettra d’y « arriver » la fois d’après. Ca n’a rien à voir avec le fait d’être trop nulle ! Et la souffrance vécue à ce moment-là est celle qui est liée à la pensée « je n’y arriverai jamais » beaucoup plus qu’à l’échec vécu à un instant T.

  • Régulièrement, je manque d’énergie. Par le passé, jusqu’à récemment, j’ai pu me définir comme « une personne qui manque d’énergie, toujours fatiguée ». Mais en fait non. Si je respecte mon corps et ses besoins (assez basiques sommes toutes de dormir assez et manger équilibré), je suis en forme. Me définir comme manquant d’énergie ne fait que renforcer cette croyance limitante et vient l’installer comme quelque chose de permanent (à l’échelle de ma vie)

L’exemple classique donné en commentaire de ce yoga sutra est celui d’une personne qui rentre à la tombée de la nuit, sans lumière, et qui voit un serpent au travers de sa route. Il part chercher de l’aide et revient avec une lanterne à la lueur de laquelle il réalise que c’était une corde, et non pas un serpent. Plongés dans l’ignorance, nous prenons souvent la corde pour un serpent, et la lumière qui vient dissiper notre ignorance, d’après les Yoga Sutras, c’est le yoga. Le yoga nous permet de la détricoter, peu à peu, d’y jeter une lumière qui la dissipe.

Un autre sutra qui me parle particulièrement en lien avec la souffrance est le yoga sutra II-16 : « Héyam duhkham an-āgatam. » – « Nous pouvons éviter la souffrance qui n’est pas encore en marche. » (traduction de Françoise Mazet) 

Cette phrase m’aide à me rappeler de ne pas (trop) m’inquiéter pour l’avenir. Je suis plutôt du genre stressée de la vie, donc c’est un travail de longue haleine, de me ramener dans le présent encore et toujours. Ce sutra me permet de me rappeler que m’inquiéter de vivre une émotion difficile à l’avenir (déception, peur, colère) est évitable. Et que de m’inquiéter dans le présent pour quelque chose qui n’est pas encore arrivé me fait vivre l’émotion difficile maintenant par anticipation, et vient même l’amplifier. Vivre dans le présent, notamment à travers le yoga, m’aide à lâcher prise par rapport à ces pensées. 

Je pense que nous allons continuer à décrypter les yoga sutras au fur et à mesure de mon inspiration. Ce n’est pas forcément une façon très orthodoxe de faire, mais c’est celle que j’arrive à faire. Je n’arrive pas vraiment à le faire dans l’ordre, et certains sutras m’échappent d’ailleurs toujours un peu, de même que certaines interprétations plus profondes de certains sutras. Au fil de mon évolution et de l’approfondissement de ma compréhension, je continuerai à vous emmener avec moi sur le chemin des sutras.

 
 

* Les autres causes de souffrance selon le Yoga Sutra II-3 : « le sentiment de l’ego, le désir de prendre, le refus d’accepter, l’attachement à la vie. » (traduction de Françoise Mazet)