Non, je n’ai pas d’enfant

Non, je n’ai pas d’enfant

Et non, je n’en aurai pas (à moins que mon désir d’enfanter soit en hibernation prolongée et qu’il se réveille un jour. Je pense plutôt que j’en suis dépourvue, ce qui n’est probablement pas bon signe d’un point de vue évolutionniste : j’ai l’impression que c’est comme un signe que non, mes gênes, pas la peine de les passer, merci). Dans un monde tourné vers la reproduction, à 34 ans, quand on n’a pas d’enfant, et aucun signe qu’on est en train d’en vouloir un, ça pose question. Et leurs questions, les gens ne se privent pas de les poser. Et ça, franchement, ça pose problème.

Est-ce qu’il est normal que N., le jour de ses 35 ans, des collègues lui disent « ben alors, il est temps de faire des enfants ! » ? Est-il normal que N. soit jugée sur son âge en mode « tic-toc, le temps passe » parce qu’elle n’a pas rempli le critère enfant avant 30,7 ans* ? Est-il normal que N. qui passait une douce journée d’anniversaire jusque-là se demande comment répondre à ces questions qu’elle vit comme des attaques ?

Alors voilà ce que je réponds dans ces cas-là, avec un sourire que j’espère non crispé (mais vu que ça m’agace passablement, il y a des chances que mes yeux lancent des éclairs. Je ne suis pas la reine du visage impassible). Avant je le faisais surtout parce que ça me faisait du bien, et maintenant je réalise que je le fais pour toutes mes sœurs que cette question vide :

« Non, je n’ai pas d’enfants. Tu sais, il y a mille raisons pour lesquelles je peux ne pas en avoir : peut-être que j’essaie désespérément d’en avoir depuis des années et que je n’y arrive pas. Peut-être que j’en veux, et pas mon mari, ou l’inverse. Peut-être que j’essaie d’adopter et que je ne remplis pas les critères. Peut-être que les choses ne vont pas bien avec mon mari et que l’heure n’est pas à l’enfantement. Peut-être que je ne veux pas en avoir. Tu comprends, quelque soit le cas qui me concerne, puisque je ne t’en ai jamais parlé, peut-être que je n’ai pas envie de t’en parler ».**

Et j’espère, du plus profond de mon cœur, quand je dis ça, que ça s’imprime dans les cerveaux des personnes concernées pour éviter à mes sœurs de l’entendre. Parce que même quand on ne veut pas d’enfant, cette question teintée de jugement porte une certaine violence en elle, on a l’impression qu’on n’est pas vraiment femme en l’absence d’enfant. Alors si j’en voulais et que je ne pouvais pas, si je mourais d’envie d’avoir un enfant dans mon ventre et que ça n’arrivait pas, cette question me percerait de part en part.

Alors clairement, quand Cécile Doherty-Bigara a sorti Nouvelle Mère, je n’étais pas la candidate idéale pour le lire. Bien sûr, Cécile est prof de yoga dont je suis le parcours depuis plusieurs années, donc bien sûr j’allais le lire, d’autant qu’elle est douce et bienveillante et qu’elle a une jolie plume (elle a aussi fait Sciences Po Toulouse, comme moi… ils vont bientôt pouvoir ajouter « prof de yoga » comme débouchés !).

Nouvelle Mère, c’est son récit de découverte de la maternité. Pas les paillettes et les étoiles qu’on nous vend constamment à ce sujet, mais beaucoup plus les expériences que vivent tellement de femmes de mon âge à l’arrivée de leur premier, de leur deuxième, de leur troisième enfant (je n’ai pas d’amies qui ont 4 enfants, mais il y a fort à parier que ça marche pareil). En tout cas, ses récits résonnent énormément avec ceux de mes amies les plus proches. 

Elle raconte comment la naissance de son fils a bouleversé sa vie, ses réflexes, mêmes ses pratiques spirituelles. De courts récits qui se succèdent sur différents thèmes, avec en filigrane l’amour inconditionnel qu’elle porte à son enfant. Je trouve que tout le monde devrait lire ce petit livre. Il est beau. Cécile nous y expose les difficultés qu’elle traverse après la naissance de son fils, les interrogations, les doutes, les pleurs, les nuits qui n’en sont plus. Et elle nous dit l’amour, la sororité, la famille. J’ai aimé son approche inclusive, sa franchise, son honnêteté. Ses mots sur ses parents, le travail qu’elle a fait pour se défaire de ce qu’elle croyait bon, mais qui ne l’était pas pour elle. Sa force de faire appel à celles qui pourront l’aider.

C’est un beau livre, à lire, que vous soyez mère ou non, père ou non, que vous ayez des projets d’enfantement ou non, que vous soyez grand-parent ou non. Un récit qui reflète tellement ceux de mes amies. Un récit vrai, fort, profond.

Et aujourd’hui, après avoir dévoré ce livre, j’ai envie de vous dire, à vous, les nouvelles mères, les jeunes mères : je vous vois, je vous entends, je vous soutiens, je ne vis pas vos réalités et ne pourrai jamais comprendre dans ma chair ce que vous traversez. Mais toutes, je vous tiens dans mon cœur ❤️

* âge moyen de la mère à l’accouchement du premier enfant en France selon l’INSEE

** J’aime beaucoup les réponses comme ça. Répondre sans répondre et en exposant, sans blesser la personne, pourquoi la question est problématique en soi. (Je trouve ça nettement mieux que la réponse de mon mari « quand je vois tes enfants, j’ai encore moins envie d’en avoir »). J’ai le même type de réponse pour « allez, mais tu vas bien prendre un petit verre avec nous, le jus d’orange c’est tout pourri » (réponse élaborée suite à un diner professionnel où je me suis fait traiter d’enfant par un mec qui ne comprenait pas que je ne boive pas d’alcool. Les meilleures réponses ne venant qu’après la situation, je n’ai pas encore eu l’occasion de la dégainer, cette réponse, mais je vous la partage) : « Il y a plein de raisons pour lesquelles je peux ne pas boire d’alcool. Peut-être que je n’aime pas le goût. Peut-être que c’est ma religion. Peut-être que je suis alcoolique en rémission. Peut-être que je suis enceinte et que je ne suis pas prête à l’annoncer. Peut-être que je prends un traitement incompatible avec l’alcool. Mais clairement, j’ai dit non une fois, une deuxième fois, et ce simple non devrait suffire. Le jus d’orange, c’est excellent ! »

« Fais de ta passion ton métier et tu n’auras plus jamais besoin de vacances »

« Fais de ta passion ton métier et tu n’auras plus jamais besoin de vacances »

On entend souvent ce genre de choses. Bon. J’entends qu’il est drôlement plus agréable de travailler pour quelque chose qui nous plait fondamentalement, et j’en suis aussi pleinement persuadée.

Mais je ne suis pas du tout d’accord avec ce concept de « pas de vacances ». Comment ça, pas de vacances ? Ce n’est pas parce que notre métier nous passionne que nous n’avons pas besoin de nous ressourcer. D’arrêter quelques temps pour mieux reprendre. De développer notre créativité à travers d’autres activités.

Si je fais encore trop souvent passer ma micro-entreprise après mes activités « sérieuses » de consultante auprès d’associations, je sais déjà que je continuerai à avoir besoin de temps de pause. Après 5 mois d’activité, j’avais déjà très envie d’un break. D’arrêter la course aux articles, aux vidéos, à mieux communiquer, plus communiquer, trouver d’autres élèves, animer des cours, un, deux, trois, à jouer à Madame Météo avec mes séances sur la plage etc. J’adore ce que je fais, mais ça m’a quand même épuisée.

Ca m’a épuisée parce que je suis dramatiquement sortie de ma zone de confort (je suis passée de « j’ai peur d’être vue » mi-avril à une chaine YouTube, certes peu consultée, mais totalement publique). Ça m’a épuisée parce qu’il a fallu apprendre à se renouveler constamment, changer de thèmes, varier, offrir des séances qui nourrissent mes élèves, à un rythme soutenu. Ça m’a épuisée parce que jongler avec mes autres activités n’est pas si facile que ça.

Alors ma semaine de vacances à Rodrigues, ça a été une vraie bulle d’oxygène. On ne l’avait pas anticipée, on a réalisé assez tard que c’était notre seule fenêtre de vacances de l’année, mais ça faisait bien 3 semaines que je disais régulièrement « il faut que ce rythme s’arrête ».

Pendant les vacances, j’ai complètement coupé avec les réseaux sociaux. Depuis que j’avais lancé ma page Facebook, j’étais devenue légèrement obsédée (mon mari suggère d’enlever le terme « légèrement » !). Pas très yogique tout ça. Puis j’y ai ajouté Instagram, ce qui n’a rien arrangé. Une semaine sans rien regarder, c’était une super idée. J’avais gardé WhatsApp seulement pour rester connectée à la famille et aux ami-e-s, une connexion le matin et/ou une connexion le soir et c’est tout. 

Depuis qu’on est rentrés, j’ai souhaité conserver une légère distance avec tout ça. Au lieu d’allumer le wifi au lever, je le fais uniquement quand je me mets à travailler ou en tout cas après le petit déjeuner. Au lieu de l’éteindre au coucher, j’essaie de penser à le couper avant de diner. Et ça me va beaucoup mieux. Les élèves qui m’envoient des messages le soir reçoivent une réponse le lendemain et je ne pense pas que quiconque s’en formalise.

Dans cette culture de l’immédiat, j’ai été tentée quelques mois par « je dois être joignable en tout temps si jamais il y a un problème etc. » Et en fait, non. C’est sûr que je m’assure d’être joignable quelques heures avant les cours de yoga, au cas où il y ait un souci technique quelconque, mais sinon, je ne me mets pas plus d’obligations. Ça me va bien mieux, moi qui ai déjà à la base « un esprit qui saute », d’être loin des réseaux, sans notifications incessantes (ou désir de vérifier ce qu’il s’y passe, si ma dernière publication a été appréciée ou pas…).

Et ce sont les vacances qui m’ont permis de prendre cette distance-là. Couper complètement pendant une courte semaine m’a fait réaliser que je pouvais aisément réduire mon temps de connexion au quotidien. Alors oui, quel que soit votre métier, même si c’est votre passion, je recommande des vacances régulières, sans rien faire de spécial, aller se balader ailleurs, voir autre chose.

Ca peut vous donner certains déclics, ça peut relancer votre créativité si elle s’est un peu essoufflée, ça peut tout simplement vous donner, à vous, un temps pour prendre du recul sur votre activité et votre vie. Et mettre en place de nouvelles habitudes qui vous permettent de mieux vivre au quotidien !

 

Commencer une pratique de yoga à la maison

Commencer une pratique de yoga à la maison

On peut penser que faire du yoga chez soi, avec une vidéo YouTube ou un cours sur Zoom, si on n’en a jamais fait, ça ne va pas marcher. C’est sûr que c’est (un peu) plus compliqué.

Avoir déjà suivi quelques cours en présentiel peut aider à vous donner des bases, mais si vous avez envie de faire du yoga et que ce qui est pratique et faisable c’est que ça se passe chez vous, il vaut mieux en faire sans se mettre trop de pression, avec ces quelques conseils :

#1 Commencez par du yoga doux (comme celui que j’enseigne par exemple 😊)

Préférez des séances douces où vous aurez le temps d’entrer dans la posture, de regarder ce que le/la prof fait, de vous réajuster en fonction. Evitez dans un premier temps les séances de vinyasa yoga par exemple, où on enchaine des postures à un bon rythme. Vous pourrez explorer cela quand vous connaitrez mieux les postures. Non seulement, ça pourrait vous décourager, mais surtout vous pourriez vous blesser.

#2 Soyez attentifs aux instructions données par l’enseignant-e

Le/la prof va parler d’alignement, de pieds parallèles l’un à l’autre, de garder le dos droit, d’engager les abdominaux etc. Quand c’est vraiment important il/elle va vous dire d’être particulièrement vigilant-e par rapport à une instruction, pour vous protéger d’une éventuelle blessure.

#3 Vous êtes votre meilleur-e professeur-e

C’est vous le capitaine à bord. VOUS. Le/la prof ne fait que vous inviter à faire des mouvements. Si votre corps vous crie sa douleur (ou même vous la chuchote), si votre cou se bloque, ou tout simplement, si vous ne le sentez pas, sortez de la posture, et prenez de profondes respirations ou faites une posture qui convient mieux à votre corps. 

#4 Pas besoin de grand équipement

Vous n’avez pas besoin d’un super legging à la mode pour faire du yoga. N’importe quelle tenue fait l’affaire. Ceci dit, j’ai observé une amélioration dans mes alignements avec le changement de vêtement. Quand je pratiquais avec un pantalon de sport « large » (vous excuserez mon manque de vocabulaire), je voyais bien moins mes alignements (notamment genoux/chevilles). Pour le tapis, vous pouvez pratiquer sans problème sur un tapis premier prix, mais si vous pratiquez très régulièrement, ils peuvent s’abimer très rapidement. Si vous traversez des hivers frisquets, vous pouvez investir dans des chaussettes de yoga avec de petits picots sous les pieds pour ne pas glisser ! (vous pourrez toujours explorer les accessoires quand vous avancerez dans votre pratique).

#5 Essayez des vidéos jusqu’à trouver LA/LE prof qui résonne avec vous

Quand j’ai commencé à faire du yoga, j’ai eu de la chance de tomber directement sur une prof de yoga avec qui j’ai bien accroché. Grâce à elle, le yoga m’a plu de suite. Puis quand j’ai voulu commencer à pratiquer chez moi, j’ai erré quelques jours entre plusieurs profs de yoga en ligne, avant de trouver Adriene qui reste encore LA prof avec qui j’aime le plus pratiquer en ligne. Si un-e prof ne vous plait pas, mais que le yoga en ligne vous attire, continuez d’explorer, vous trouverez le/la prof qui vous convient ! 

#6 Trouvez le moment qui vous convient pour pratiquer

Pour moi, le moment idéal, c’est le matin, avant le petit déjeuner. J’adore pratiquer à ce moment-là, pour me préparer pour ma journée. Choisissez le moment qui vous parle, mais aussi le moment où, logistiquement, vous ne serez pas trop dérangé-e. Testez, explorez, et sachez que si vous vous faites escalader par vos jeunes enfants quand vous êtes en chien tête en bas, ou si votre chien a décidé que c’était le bon moment pour venir vous lécher le visage, vous n’êtes pas la seule !

#7 Respectez votre corps

Ne cherchez pas à faire des postures comme sur Instagram. Nous sommes des millions à avoir des corps qui nous empêchent de faire certaines postures. Ou à faire de jolies postures. Par exemple, mon chien tête en bas est moche comme tout, parce que je dois plier les genoux pour garder mon dos droit.

#8 Suivez votre pratique dans un journal

J’ai pendant quelques temps noté quelle vidéo je faisais, tous les jours, et ce que j’avais aimé dans cette pratique, ce que j’en retenais. Je ne voyais pas vraiment ce que cela m’apportait, alors j’ai arrêté, mais pour de nombreuses personnes, documenter leur pratique leur permet d’observer leur évolution, tant d’un point de vue physique que psychologique ou spirituel. 

#9 Profitez !

Profitez de votre pratique, savourez, observez les changements en vous, au bout de quelques semaines, de quelques mois. Oh, de petits changements, mais qui ajoutés les uns aux autres font toute la différence.

Bien sûr, certains de ces conseils sont aussi valables pour les cours de yoga en salle !

Alors, vous venez pratiquer avec moi sur YouTube ou sur Zoom ?

Yoga à la maison, pas sur la maison… Photo d’Ali Zheeb

Surfer d’une activité à l’autre

Surfer d’une activité à l’autre

Il y a 2 semaines, j’ai partagé ces magnifiques stories (de haut niveau artistique) sur Instagram et Facebook (les stories, ce sont des publications éphémères qui vivent 24h et permettent de partager de petites séquences du quotidien, entre autres) :

Et l’une de vous m’a dit « ce serait bien que tu nous partages comment tu fais pour te centrer quand tu passes d’une activité à l’autre ». Alors, autant vous dire que c’est quelque chose sur quoi je suis toujours en train de progresser. J’ai vécu le même genre de journée hier et je suis arrivée en fin de journée à ma séance de yoga complètement échevelée (au propre et au figuré) et pas centrée du tout.  

On a tou-te-s des journées comme ça, où on a surchargé le planning par foi absolue que oui, bien sûr, faire tout cela c’est tout à fait possible ou par hasards de calendriers, contraintes extérieures incontrôlables et autres imprévus en tout genre. Alors qu’est-ce qu’on peut faire pour passer sereinement d’une activité à l’autre quand clairement on aurait bien envie de se poser mais qu’on ne peut pas ?

La première chose à faire, pour moi, et que j’oublie bien souvent, c’est d’abord de faire quelque chose qui m’ancre. J’y suis de plus en plus attentive et je vois la différence dans mon niveau de présence. Ce que j’ai fait ces derniers temps et que j’ai adoré faire, c’est d’anticiper mon dernier rendez-vous de la journée. Alors oui je travaille de chez moi la plupart du temps, donc ça facilite les choses, mais ça vous donnera peut-être des idées. Le dernier rendez-vous de la journée, c’est 2 fois par semaine le cours de yoga. Comme hier, où j’ai passé la journée chez un client, j’ai fait une heure de route, j’avais 15 minutes de battement avant une réunion de travail qui était elle-même juste avant mon cours de yoga.

Avant ma rencontre, j’ai installé mon espace de yoga, je me suis mise en tenue, j’ai installé un coussin sur mon tapis et un carton en face pour faire office de bureau bas, et je me suis installée là pour mon appel. Je pense que mon interlocutrice a vu que j’étais assise au sol parce que à un moment je prenais des notes sur mes genoux, mais je suis déjà une consultante bizarre-prof de yoga, je ne suis pas à une bizarrerie près. Ca m’a aidée à m’ancrer pour mon rendez-vous. Et je savais qu’après je ne serais pas trop speed pour transitionner après à mon rôle de prof de yoga. Bon, c’était sans compter le fait que je m’allonge sur le tapis « juste 2 minutes » après mon appel et que je me relève en panique 10 minutes plus tard, le micro pas branché, le « bureau » pas enlevé, la fenêtre pas fermée… Donc il y a de certains couacs dans mes plans, c’est sûr ! Ceci dit, j’ai remarqué qu’être assise au sol m’aide vraiment à « faire redescendre ma tête ». Mon esprit vole beaucoup d’une chose à l’autre, et avec ce genre de journées, ça vole encore plus, m’asseoir au sol m’aide, j’ai l’impression, à calmer mes pensées.

D’autres façons de prendre quelques minutes avant une activité sans s’allonger au sol, ce qui, j’en conviens, n’est pas toujours disponible :

  • On peut respirer. Si on a besoin de faire monter l’énergie, on fera la respiration de la joie (à la minute 37 de cette vidéo – c’était ma première vidéo, sans micro, du coup le son est moyen), si on a besoin de calmer les pensées, on fera la respiration alternée (une vidéo là-dessus très bientôt). Si on a l’impression que notre esprit est à l’extérieur de notre corps (ça m’arrive régulièrement, c’est pour ça que je vous fais faire régulièrement des pratiques d’enracinement), on respirera profondément, les mains en hakini mudra :

  • On peut insérer une activité fun entre deux activités. Ca peut être de mettre une jolie chanson qui nous fait danser. Ca peut être de sortir marcher 3 minutes à l’extérieur. En tapant les mains l’une contre l’autre (c’est ce que j’ai fait ce matin, j’avais l’air maline en marchant le long de la route).

  • On peut faire du yoga des yeux, surtout si les activités qu’on enchaine sont toutes à base d’écran, ou du yoga tout court, assis à notre bureau.

  • Ah et boire des infusions ! Je bois du rooibos. Je bois du café aussi, parce que j’aime le goût, mais je ne crois pas que ce soit très très bon pour l’ancrage, en tout cas pas sur moi !

J’écoute aussi parfois quand l’envie m’en prend, des mantras. En écrivant cet article j’écoute ça. J’ai « découvert » les mantras pendant le confinement. « Découvert » entre guillemets, parce que je les connaissais déjà, ayant quand même fait Maha Shivaratree (pélerinage hindou) une dizaine de fois et ayant déjà remarqué que « Om Namah Shivaya » me faisait un peu flotter (pour le plus grand plaisir de ma belle-mère qui m’a prise en flagrant délit de le fredonner), mais je ne les avais jamais écoutés hors contexte familial de prières. Nous avons pratiqué les mudras pendant une séance d’entraide entre (futur-e-s) profs Diva Yoga, pendant le confinement, et ça a été une révélation. Déjà parce que je chante excessivement mal. Ensuite parce que j’ai chanté avec le groupe, seule devant mon écran et que j’ai trouvé ça extrêmement libérateur, porteur et avec un énorme effet clarifiant sur l’esprit. Ces deux là sont mes préférés : Hari Om Tat Sat (dont je peux « chanter » le « refrain » à tue-tête parfois) et Om Mani Padme Hum. 

Je précise que tout cela est issu de mes expérimentations diverses et variées de femme un peu étourdie qui aime parfois avoir des journées très remplies mais qui aspire à une vie quand même beaucoup plus slow que cela. Et vous, que faites-vous quand le rythme s’emballe ?

Privilégiée

Privilégiée

Il y a deux ans, nous nous apprêtions, mon mari et moi, à passer trois mois en Patagonie. Et quand je dis nous nous apprêtions, nous venions de vider la majeure partie des affaires de notre maison de l’époque, donc le départ était imminent. Ce voyage en Patagonie, c’est un rêve un peu fou-fou que nous avons nourri pendant plusieurs années. Nous devions y aller avant mes 30 ans, puis j’ai eu un nouveau poste qui me passionnait et nous avons décalé de plusieurs années. Nous l’avons nourri, nous l’avons construit, nous l’avons bâti.

Cette aventure, elle a pris naissance peu à peu dans nos têtes. Pour nous, depuis Maurice, découvrir l’Amérique Latine, ça ne pouvait pas se faire en 2 semaines. Que ce soit en termes d’empreinte carbone, de faisabilité ou de budget, ça ne passait pas. Et puis on se connait à force. On traine devant le moindre papillon, donc devant l’immensité de la Patagonie, il fallait doser en termes de mois. Trois, ça nous paraissait bien.

Le moment venu, j’ai démissionné de mon poste, Kunal a pris ses trois mois de congés sans soldes. Le moment venu, nous avons pris nos billets, nous nous sommes équipés (merci les parents ). Le moment venu, ou plutôt le moment largement dépassé, j’ai appris l’espagnol.

vec chacun 2 tenues, et pas grand-chose d’autre à part le matériel de bivouac, nous nous sommes envolés pour notre belle aventure… Oui, on a eu le look total pendant 3 mois, en tenue de rando qu’on soit sur les chemins ou à Buenos Aires (j’avoue, j’ai acheté la première robe potable de retour à Buenos Aires pour les 2 derniers jours !)

Et quand nous étions là-bas, dans un moment d’éternité (vous savez, ces doux moments où on se sent un peu hors du temps, flotter presque et on se dit « wow, on est ici, on est là, on voit ça, c’est trop beau, c’est trop doux »), mon mari a dit « on a de la chance » et j’ai répondu « on l’a bâti » (après avoir déjà beaucoup entendu « la chaaaaannnnnccceeee » quand j’ai parlé de notre projet autour de moi, en mode « si je peux, tu le peux ». Oui je suis la compassion incarnée). 

S’en est suivi une jolie discussion sur les chemins autour de San Martin de Los Andes qui s’est vite conclue sur « oui, on l’a bâti sur la chance que nous avons ». Oui, nous sommes privilégiés. Grandement. Et quoi qu’il en soit, quelle que soit ma capacité à le reconnaitre, je bénéficie de ces privilèges. Dans ce cas là, d’être française (visas). D’être en bonne santé. D’être née dans une famille qui valorise l’éducation. D’avoir eu mes 2 parents ensemble toute ma vie, de ne pas avoir à m’inquiéter de leur santé jusqu’à l’âge adulte, d’avoir grandi dans une petite ville où j’ai pu cultiver des amitiés avec des personnes qui ne venaient pas du même milieu que moi. D’avoir eu des profs qui se sont préoccupés de mon orientation, parce que j’étais dans un lycée à taille humaine. Et donc d’avoir fait des études que je n’aurais même pas pensé envisageables pour moi sans Mr B. La chance de pouvoir travailler pendant les vacances, parce que j’étais suffisamment en forme pour enchainer la fin de l’année scolaire et le travail avec pour seule transition un week-end de rapatriement dans ma ville « natale » (je l’appelle ma ville natale, pas natale du tout, mais bon, c’est là où j’ai grandi de 9 à 17 ans, c’est tout comme, je ne trouve pas de mot qui corresponde mieux). Bref vous voyez le truc. Je suis aussi très consciente que tout ça peut basculer d’un instant à l’autre. Pas en mode angoissée, mais en mode « cueille dès aujourd’hui les roses de la vie » (j’ai appris Ronsard en CM1, ça laisse des traces).

La Patagonie, on y reviendra. Parce que trois mois c’était bien, mais six autres, ce sera encore mieux. Et puis comme dans tous les endroits où je me sens bien, je me suis visualisée y habiter. Sauf que là, j’avais carrément un projet de tricoteuse de bonnets /écrivaine. Donc un jour peut-être, je tricoterai des bonnets en écrivant (enfin !) mon roman, dans les environs de Pucón ou de Bariloche. Et bien sûr, je donnerai des cours de yoga ! 

PS : le privilège, j’y reviendrai. C’est un grand sujet qui a de nombreuses ramifications et clairement, déconstruire nos privilèges fait partie du travail nécessaire pour vivre au mieux les yamas (ces « règles » éthiques de comportement en société, le premier pilier du yoga), et notamment Ahimsa (la non-violence), Satya (la vérité) et Asteya (l’honnêteté). C’est un travail inconfortable mais tellement nécessaire, et cette vidéo aide à visualiser la longueur d’avance que nous donnent nos privilèges et la nécessité d’en être conscient-e (bien sûr, cette vidéo est issue du contexte américain, mais on peut l’adapter à nos pays et leurs spécificités).

 

Energies de rentrée

Energies de rentrée

Je ne sais pas si c’est parce que j’ai vécu une vingtaine de rentrées scolaires dans ma vie au mois de septembre, mais malgré le fait que je vive depuis 12 ans à Maurice où la rentrée des classes a lieu en janvier (d’habitude. Là avec le corona, l’année scolaire s’est pris un coup dans l’aile et l’année scolaire terminera plus tard pour rattraper le temps perdu pendant le confinement. Clairvoyance pour une fois de nos élus qui ont compris que la continuité pédagogique à Maurice, ça a été plus que compliqué), bref, fin août / début septembre, je suis toujours dans une énergie de rentrée.

La rentrée, j’aime ça, j’ai toujours aimé ça. Les nouveaux stylos, les cahiers, les classeurs, et le sacro-saint agenda que j’ai aimé d’amour fou, surtout au lycée. C’était d’ailleurs mon premier blog, sur papier, et j’avais une seule lectrice, parfois deux ou trois, mais il y en avait une qui était plus fidèle à mes écrits du jour, c’était celle à qui j’envoyais des emails le soir après nous être séparées et celle qui est toujours la première à me lire, m’encourager, malgré les bébés qui sont nés et les kilomètres qui nous séparent. Cette semaine, ça fait 20 ans qu’on se connait, oui 20 ans tout pile, et même si nous n’avons été géographiquement que 3 ans dans le même espace (le lycée), nous sommes dans le même espace de tête et de coeur depuis 20 ans.

La rentrée, je disais, j’aime ça. Retrouver les ami-e-s (ou en rencontrer de nouvelles, pour la vie !), sentir l’air se rafraîchir, peu à peu admirer les couleurs de l’automne se déposer sur la colline d’en face, le ciel rose à 7h40 le matin, ressortir le manteau (bon, vous m’excuserez, ça fait longtemps que je n’ai pas vu le mois de septembre en France, donc je ne sais plus trop si ces trucs là se passent en septembre ou en octobre [mais je pense pas qu’on attende novembre pour sortir les manteaux en Lozère], en tout cas, c’est dans le même élan de rentrée), mon Papa qui dit « bon, cette année, on repart sur de bonnes bases ».

Et donc, pour « la rentrée », j’avais prévu de vous sortir un joli programme sur le yoga du matin. Pour ancrer de bonnes habitudes, pour optimiser l’énergie de la rentrée. Et parce que la vie arrive, et que je me suis coupé le pouce, que dans ma vie de consultante, j’ai eu un contrat inattendu qui a pris beaucoup de mon temps, que j’avais prévu de filmer en extérieur et qu’il a fait mauvais les jours où j’avais prévu de filmer, que mon espace mental a été pris pendant un bon moment sur la marée noire, je n’ai pas réussi à le sortir « à temps ». Ce programme, il sortira un peu plus tard, et ce sera très bien comme ça.

Parfois, on recule pour mieux sauter, et l’accepter fait partie du jeu. Oui, j’ai des objectifs à atteindre pour ma petite entreprise de yoga, et je les équilibre avec les autres objectifs que j’ai dans le reste de ma vie, et tout le reste qui n’était pas prévu. Quand la vie arrive, la vie arrive, et je réajuste le planning en fonction pour continuer à atteindre mes objectifs, tout en respectant autant que possible une façon plus douce de travailler, sans me surcharger et en ayant des espaces de repos et de détente plus importants que quand j’étais salariée. Ca reste un exercice d’équilibriste qui est souvent teinté de culpabilité, encore, mais je progresse dans une vision plus « slow living » de mon quotidien professionnel, et je pense que c’est ainsi que je peux le mieux contribuer au monde.