Gérer le stress en pleine conscience

Gérer le stress en pleine conscience

Hier, une élève m’a demandé conseil car son ostéopathe lui avait recommandé yoga et pratiques de pleine conscience pour mieux gérer son stress. J’ai fait de mon mieux pour répondre à ses questions, et je me suis dit que ce serait une jolie idée d’article. Après tout, je me suis mise à pratiquer au quotidien il y a 4 ans pour mieux gérer mon stress, je dois bien avoir quelques trucs à partager là-dessus.

Le stress est cause de bien des maux, et mieux le gérer nous permet de mieux vivre, d’être plus agréable à vivre pour nos proches… Et les petites techniques que je vais vous partager vous seront sans doute bien utiles. Pourtant, pas de baguette magique ! Là encore, ces pratiques demandent du temps, et elles peuvent paraitre un peu too much, surtout quand on a la tête dans le guidon. Elles ont aussi vocation à être utilisées après de longues périodes de stress pour déshabituer le corps du stress. Lors d’une consultation de naturopathie avec Sarah Juhasz de Pimp Me Green, joli blog plein de ressources, elle m’a expliqué que oui, le stress vécu sur de longues périodes avait des répercussions sur le corps et l’esprit bien après la période en question et que cela pouvait entrainer faible énergie et autres symptômes.

La première chose que je vais vous recommander, bien sûr, c’est de pratiquer le yoga. Quand j’étais employée, j’en faisais matin et soir. Le matin pour donner le ton à la journée (en plaçant une intention par exemple), le soir pour déposer mes soucis à la porte (je pratiquais sur la terrasse, donc littéralement, à la porte !). En vrai, les soucis me suivaient quand même souvent, mais mon corps était tout de même très reconnaissant à ces pratiques qui me permettaient de vraiment se délasser des tensions de la journée. Quand j’invite mes élèves à s’installer sur leur tapis lors des séances de yoga du soir, je commence souvent par « déposez votre corps sur votre tapis, déposez tout ce que vous portez sur votre tapis qui est là pour vous et vous soutient ».

Et franchement, mon tapis, c’est mon ami. Il a vécu les expérimentations de postures chelous (coucou le corbeau), il a accompagné mes progrès, il a accueilli les larmes, parfois après une longue journée, il a rigolé en me voyant faire des méditations qu’il trouve bizarres (« j’envoie de l’amour à la personne qui me mine la vie actuellement » – c’est celle que je vous propose sur YouTube aujourd’hui d’ailleurs !), il a accueilli mes pieds à la propreté douteuse après 12h+ dans des Birkenstocks dans la chaleur port-louisienne. Bref, mon tapis « has got my back ». Il est là pour moi. J’espère que le vôtre est là pour vous. Et s’il n’y est pas encore, devenez ami-e avec lui. Il n’attend que ça. Et les jours où vous n’avez pas le temps de le sortir, vous pouvez aussi simplement pratiquer debout ou assis-e sur une chaise. Ca marche aussi, c’est ce que j’ai fait ce matin.

Parmi mes autres petits conseils, il y a la pratique de la respiration tout simplement. Allonger la respiration quand les choses s’emballent, placer un instant l’attention sur la respiration afin de ramener le mental dans le corps… Je le reconnais, c’est plus facile à dire qu’à faire, y penser quand on est submergé-e ça peut être compliqué. Et c’est en pratiquant régulièrement hors des périodes compliquées que cela deviendra plus naturel dans les pics de stress.

Une autre pratique en lien avec la respiration qui permet de calmer l’esprit et de mieux gérer stress et anxiété, c’est la cohérence cardiaque. Elle a été popularisée en France par David Servan-Schreiber et est conseillée à vraiment tout le monde. Je l’ai pratiquée régulièrement pendant plusieurs semaines à un moment où j’en avais besoin. Ce qui est recommandé, c’est de la pratiquer 3 fois par jour, 5 minutes à chaque fois. Il s’agit d’inspirer sur cinq secondes et d’expirer également sur 5 secondes : 6 respirations par minute. Des applications existent pour suivre le rythme, ainsi que des vidéos sur YouTube. J’aime bien celle-là qui m’évite d’avoir à regarder l’écran, je peux simplement me fier au son. C’est une pratique très apaisante.

Enfin, la méditation de pleine conscience est un outil formidable. On prend le temps d’être ici et maintenant, sans attente. J’ai pratiqué avec Christophe André et ses méditations de 3 minutes, c’est court et pratique. J’aime aussi solliciter les sens, c’est ce que je vous avais proposé avec la méditation autour d’un fruit, je trouve que ça permet de vraiment se recentrer dans l’immédiat. C’est d’ailleurs un processus qu’on peut faire à tout moment dans la journée pour revenir à soi et calmer l’esprit, avec la méthode 5-4-3-2-1 : regarder 5 choses (avec les yeux), distinguer 4 sons (avec les oreilles), toucher 3 textures (avec les doigts, le toucher), sentir 2 odeurs ou parfums (avec le nez) et percevoir un goût (avec la bouche, la langue). Essayez ! Après ce processus, vous verrez qu’on redescend immédiatement.

Marcher dans la nature reste un des meilleurs moyens que je connaisse pour me reconnecter à moi, et diminuer le stress et les pensées vagabondes : marcher avec un certain rythme et faire monter le rythme cardiaque, observer la nature, et puis à un moment, prendre le temps de s’asseoir pour profiter…

Un, deux, trois, respirez, méditez, yogatez, marchez, défoulez-vous, et dé-stres-sez !

Qu’y a-t-il dans ma trousse à pharmacie ?

Qu’y a-t-il dans ma trousse à pharmacie ?

Alors, dans ma trousse à pharmacie, il y a des huiles essentielles, du yoga et des mudras ! (bon, il y a bien 2 ou 3 autres trucs aussi, mais ça sonnait moins bien si je disais « il y a des huiles essentielles, du Doliprane, des mudras, des pansements, et quelques médicaments périmés pas encore triés »). Plus sérieusement, ces quelques outils et conseils sont issus de mon expérience personnelle et ne remplacent bien sûr pas un avis médical.

*Je sais que vous êtes nombreux/ses à avoir besoin de médicaments au quotidien et à vie. Je ne fais pas du tout l’apologie du naturel à tout prix, on a besoin de l’allopathie dans mille et un cas. Les petites astuces que je vous présente concernent les petits maux du quotidien. Par ailleurs, soyez vigilant-e-s sur les éventuelles interactions entre votre traitement et les huiles essentielles que je mentionne, parlez-en à votre médecin. Prenez soin de vous🎔*

 

« J’ai mal à la tête »

Le mal de tête a mille et une causes, donc à vous de voir ce qui peut vous convenir ou pas, fiez-vous à votre intuition ! Pour ma part, quand j’ai mal à la tête, j’utilise de l’huile essentielle de menthe poivrée (lisez bien les contre-indications listées sur le site de la Compagnie des Sens, dont je me sers comme référence pour la sécurité autour de l’usage des huiles). On l’utilise diluée dans une huile végétale et on l’applique sur les tempes. Et avant de reboucher le flacon, on prend une bonne inspiration à même le flacon. Oui, ça décoiffe et c’est puissant !

Si votre mal de tête est lié à des douleurs cervicales (ce qui est souvent mon cas), vous pouvez faire quelques mouvements tout doux pour délier le cou. Ca devrait aider à relâcher et à diminuer le mal de tête. Cette vidéo ou celle-ci par exemple. Si vous sentez que ça ne vous fait pas de bien, restez à l’écoute de vos ressentis et arrêtez tout !

Pour calmer un mal de tête, vous pouvez aussi pratiquer, que vous soyez assis-e, couché-e ou debout, Mahasirsha Mudra, ça devrait faire redescendre la pression. Pour ce faire :

  • Repliez vos annulaires à l’intérieur des paumes de main

  • Déposez le bout des index et majeurs sur le bout du pouce de la même main

  • Les auriculaires restent droits, autant que possible

  • Vous pouvez déposer vos mains sur les cuisses, paumes tournées vers le ciel, ou le long du corps si vous êtes allongé-e

  • Pour cette mudra, comme pour toutes les mudras, restez aussi longtemps que vous le souhaitez, connectez vous à votre respiration. Si le moindre effet indésirable apparait, défaites simplement la mudra

« J’ai mal au dos » ou « j’ai mal au cou »

Quand j’ai mal au dos, je me dirige vers mon tapis. Soit je me lance dans une série de mouvements qui intuitivement me font du bien, ou je cherche une vidéo qui cible spécifiquement cette zone pour me guider. Vous pouvez tester celle-ci ou celle-ci qui ne nécessite pas de tapis, toujours précieux d’avoir des gestes qu’on peut faire en milieu de journée, au bureau et sans matériel.

En termes de mudras, j’adore utiliser ce que j’appelle « les Merudanda Mudras ». Selon l’orientation des pouces, on cible le bas, le milieu ou le haut du dos, et j’adore véritablement sentir l’effet dans mon dos, c’est magique, je sens presque les os se réaligner sur place. C’est très simple : on replie tous les doigts, les ongles exercent une certaine pression contre la paume. Le pouce reste allongé et il est orienté :

  • Vers l’extérieur pour le haut du dos (Urdhwa Merudanda Mudra)

  • Vers le ciel pour le milieu du dos (Merudanda Mudra)

  • Vers l’intérieur pour le bas du dos (Adho Merudanda Mudra)

De façon générale, pour le dos, il y a aussi Anudandi Mudra que je présente en introduction de cette vidéo.

« Je suis épuisé-e »

Plusieurs causes à l’épuisement. Si c’est chronique, plusieurs pistes à explorer : le sommeil, l’alimentation, ce qui vous épuise au quotidien (dans la tête), et bien sûr, ne pas hésiter à consulter ! Si c’est après une longue journée de travail où vous devez enchainer sur d’autres taches, je vous invite à sortir votre tapis. Peut-être avez-vous le sentiment de ne pas avoir le temps, mais globalement, j’appelle ça plutôt du temps bien investi. Les deux dernières années où j’étais employée, je faisais du yoga matin et soir, et autant le matin je n’ai jamais eu de mal, autant le soir, le canapé m’appelait (oui, pas d’enfant, en rentrant du travail, c’est le canapé qui m’appelle), mais finalement, à chaque fois je me disais que j’avais bien fait de me motiver, que j’étais mille fois mieux après. Je vous propose de tester cette vidéo qui vient de sortir (je m’améliore, j’arrive à coordonner les sorties de vidéos et d’articles !)

En termes de mudras pour la fatigue, je vous l’avez mentionné ici, j’adore Ananta Prajna mudra qui permet d’optimiser l’énergie. Garuda Mudra a aussi un effet assez similaire chez moi, ça me fait bouillonner d’énergie (ou en tout cas, si je la pratique en état de fatigue intense, j’arrive à sentir la vie en moi, ce qui est déjà un excellent début !). Vous pouvez aussi tester Surya Mudra, pour un effet coup de fouet :

  • Pliez vos annulaires en direction de la paume des mains

  • Recouvrez-les avec les pouces, et appuyez légèrement

  • Laissez les autres doigts étendus

  • Déposez le dos de vos mains sur vos cuisses

Pour gérer les états émotionnels parfois un peu volatils quand je suis (très) fatiguée, j’utilise l’huile essentielle de petit grain bigarade, une goutte pure sur chaque poignet. Et pour s’endormir plus sereinement, essayez l’huile essentielle de lavande vraie ! Vérifiez bien avant les contre-indications !

Santé !

 

PS : merci à Sophie qui m’a inspiré cet article malgré elle, et aux L. Ladies pour leur enthousiasme face aux mudras, vous m’inspirez à continuer à vous les présenter !

PS 2 : non, cet article n’est pas sponsorisé par la Compagnie des Sens, je trouve juste leurs descriptions des contre-indications très claires !

Muscler la persévérance

Muscler la persévérance

J’ai toujours été plutôt persévérante professionnellement : quand j’ai quelque chose à réaliser, quand j’ai besoin que ça se passe, je m’entoure, je (me) forme et je m’assure que ça se passe. Et oui, on va réussir à déménager le bureau à la date prévue, et oui, on va réussir à atteindre nos objectifs, allons réfléchir ensemble comment on peut le faire.

Par contre, côté perso, projets pour moi, beaucoup moins. Je me dis tout le temps que je peux le faire plus tard. Voilà comment en 2018 je me suis retrouvée à apprendre l’espagnol 3 mois seulement avant notre départ en Patagonie. C’était un peu juste. J’y ai passé l’hiver, à me geler les pieds en répétant « Vamos a Bariloche », à raison de plusieurs heures par jour. Ou comment, toujours pour ce même voyage, nous n’avions toujours pas la nationalité française de mon mari un mois avant le départ (nationalité qui nous a grandement facilité les choses pour l’Argentine) alors qu’on aurait pu l’avoir des années avant. Mais mon mari se sentait Français sans la nationalité, et les papiers, ce n’est pas notre tasse de thé, on a laissé courir sans réaliser… Voilà aussi comment je ne suis toujours pas Mauricienne et me suis finalement dépêchée de faire ma demande quand la loi de l’immigration a changé et que je me suis sentie agressée que le gouvernement puisse envisager de me demander de candidater pour un permis de travail après plus d’une décennie sur le territoire. Je ne l’ai toujours pas, mais au moins, je l’ai demandée. Et c’est la même chose pour tout. Je laisse trainer.

Alors avec ma petite entreprise de yoga, je craignais de faire la même chose. Après tout, ce n’est pas mon activité principale (je suis consultante auprès d’associations dans mon autre vie), c’est moi qui fixe les dates limites, c’est moi qui lance les projets, si je ne le fais pas, aucune conséquence autre que pour moi. Contrairement à mon travail dans l’associatif, il n’y a pas de conséquence si je ne bouge pas (non que je sois sur le terrain à sauver des vies, soyons clairs : le plus clair de mon travail avec les associations, c’est de les aider à sécuriser des fonds pour continuer leurs activités et pour lancer de nouveaux projets).

Et finalement, je mets mes deadlines et je les respecte. Souvent en passant à l’action seulement en arrivant au pied du mur, mais franchement, je m’impressionne. La newsletter sort le mercredi, et donc tous les mercredis, je dois avoir un nouvel article et une nouvelle vidéo, une newsletter mise en page… Et c’est fait. Parfois dans la douleur, un peu, quand je suis moins inspirée, quand je suis un peu fatiguée. Mais c’est fait.

Et puis, j’ai réfléchi. Pourquoi j’arrive à respecter ces dates là, et pourquoi pas d’autres ? Pourquoi ce blog il vit alors que j’en ai lancé deux autres qui n’ont connu que trois articles et sont tombés en désuétude ? Et deux très jolies choses sont apparues. Déjà, derrière mes deadlines, il y a vous, mes élèves, mes lecteurs-rices, ça me motive à écrire, produire, monter, bref, FAIRE. Puis, la deuxième, moins évidente, est que je suis devenue entrepreneure. Chef d’entreprise. Même si l’entreprise en question est un micro-bébé prématuré (né quelques mois avant la date prévue pour cause de confinement). Et du coup, respecter mes deadlines et mes engagements envers moi-même, c’est aussi respecter mes engagements envers ma micro-entreprise, lui donner les meilleures chances de vivre et s’épanouir comme une fleur de lotus ! (tadaaaam et oui, fallait bien faire le lien avec le yoga !)

Donc la persévérance, ça se muscle, ça s’entraine, et surtout, ça fonctionne au mieux quand on répond à la question « pourquoi ? ». Pourquoi je fais ça ? A quoi ça sert de faire ça ? Pour moi ? Pour les autres ? Et une fois que c’est clair, et qu’on est bien aligné avec soi, on a déjà fait une belle partie du chemin ! 

Les jours 25 et 26

Les jours 25 et 26

Il y a très souvent un moment dans le mois où un petit truc me fait complètement dérailler. « Mo sap lor kal »* comme on dit en créole et plus rien ne m’arrête. Pourtant, c’est un petit truc, rationnellement, pas de quoi s’enflammer… Ah tiens, et si je me dirige vers mon application de suivi de mon cycle… Ah ben voilà, j’en suis au jour 25 ou 26 de mon cycle. Maintenant que je le sais, ça me fait redescendre d’un cran déjà.

C’est une colère volcanique, je considère toute personne qui n’est pas d’accord avec moi comme un crétin fini et si on essaie de me prouver le contraire c’est encore pire. Et c’est relativement nouveau pour moi. Ca a commencé quand j’ai eu 30 ans. Avant pour moi, ces histoires de cycle, de mauvaise humeur, c’était un peu du mélodrame et franchement je ne comprenais pas.

Alors j’essaie de dompter la bête. Je sais qu’il y a un déséquilibre homornal qui crée tout cela, et je travaille dessus avec les conseils d’une naturopathe. Je parle à mon dragon et je lui demande s’il ne veut pas redevenir mon gentil dragounou, celui qui est tout doux et qui ne déclenche sa fureur que quand il y a une bonne raison. Une vraie de vraie.

Alors heureusement, ce n’est qu’un ou deux jours par mois. Et j’ai décidé, là, tout récemment, de vraiment profiter de cette puissance magnifique, cyclique. Si un ou deux jours par mois, j’ai la faculté de voir tout ce qui ne fonctionne pas, après tout, pourquoi ne pas me servir des fruits de cette colère ? Une fois figée, la lave d’un volcan redessine le paysage. La colère peut être signe de dysfonctionnements, de choses à faire évoluer, de situations qu’on ne veut plus vivre, etc. J’ai décidé d’observer ce qui déclenche les éruptions de mon volcan pour ensuite évaluer la situation, puis prendre des actions, une fois le pic de fureur passé. Et ça marche plutôt pas mal !

La colère fait aussi partie de la vie, et tant qu’elle n’est pas permanente, tant qu’elle n’est pas centrée sur une seule personne, une seule situation, elle peut nous apporter tellement. Alors j’accepte de mieux en mieux mes jours 25 et/ou 26. Si je les ai anticipés, j’essaie de ne pas avoir de réunions ce jour là, pour éviter d’en faire profiter les autres. Parce que c’est bien cela au final qui me dérange : imposer mon humeur à mon entourage. Et si je n’ai pas anticipé ou pas la possibilité de faire autrement, je préviens, si je suis à l’aise avec les personnes en question.

Apprivoiser mon cycle et apprendre à mieux travailler avec est une formidable découverte, et je remercie mes jours 25 et 26 de m’avoir mise sur le chemin de l’exploration de mon intériorité féminine !

* « je perds les pédales » (traduction non idéale mais qui se rapproche de l’idée)

Les battements d’ailes du papillon

Les battements d’ailes du papillon

En 2013, je me suis embarquée dans un grand chantier d’amélioration de mon hygiène de vie. J’ai viré les cosmétiques chimiques de ma salle de bains. Déjà que je n’utilisais pas grand-chose, j’ai ratiboisé : j’ai supprimé toutes les crèmes et les ai remplacées par aloe vera et huiles adaptées, j’ai supprimé le shampoing et utilisé du bicarbonate de soude pendant au moins 2 ans sur ma tête (ne faites pas ça sans explication, renseignez-vous d’abord sur le no poo), j’ai viré le vieux mascara dont je me servais une fois tous les 300 ans… Cette même année, je suis allée chez une naturopathe pour la première fois et j’ai écrémé peu à peu la farine blanche et les produits laitiers de mon alimentation, responsables probables de mon acné adulte. Ces grands changements simultanés étaient comme un espèce de tourbillon qui m’occupait bien l’esprit, à un moment où j’en avais grandement besoin !

J’aime bien parler du battement d’ailes d’un papillon qui change tout, ça me fascine. Alors là, pour le coup, c’était un cyclone de classe 4 (dit la fausse Mauricienne qui n’a jamais vu de cyclone classe 4 en 12 ans) qui m’a décidée à enclencher de micro-changements. EUX sont les battements d’ailes de papillon dont je parle et ils ont entrainé ensuite une série d’autres modifications : l’année suivante, j’ai complètement changé de petit-déjeuner qui fait que je n’ai (presque) plus jamais faim avant midi, je suis devenue végétarienne, puis j’ai été végétalienne pendant 2 ans (la fille qui expliquait le shampoing au bicarbonate est végane, et à force de lire sa plume délicieuse, j’ai réalisé que les plats dont elle parlait étaient aussi délicieux), l’ouverture à une vie plus en conscience, etc.

C’est comme ça que ça arrive, la plupart du temps. Un battement d’aile de papillon qui entraine d’autres battements d’ailes et quand on regarde en arrière, on mesure le chemin parcouru à partir d’une microdécision. C’est ce que j’aime avec le yoga (ouf, arrivée à 300 mots je fais enfin le lien avec le yoga ! Mon mari me demandait il y a quelques semaines « mais c’est quoi exactement ta ligne éditoriale, parce que tu parles euh… un peu de tout, non ? » Si si. Je parle de ce dont j’ai envie, le jour où je l’écris, et je le relie au yoga (ou pas d’ailleurs), parce que les 8 piliers du yoga nous permettent de rattacher la vie elle-même au yoga, puisque le yoga, c’est la vie. Vous pouvez me citer, je sais, c’est profond ce que je dis 😂).

Je disais donc, avant que mon cerveau ne m’interrompe avec ses petites anecdotes, que c’est ce que j’aime avec le yoga. On apprend peu à peu à vivre de plus en plus en conscience. A faire des choix qui nous correspondent mieux. A mieux goûter la vie et découvrir qui nous sommes vraiment et ce qui compte pour nous. Ralentir sur le tapis, mettre en perspective les choses qui nous arrivent, et voir ce qu’on veut en faire. Ralentir dans la vie, étudier nos choix, interroger nos habitudes. Ralentir pour mieux vivre, s’interroger pour grandir, changer pour devenir soi.

Merci d’être arrivé-e à la fin de cet article rempli de parenthèses, mon cerveau a envie de chemins escarpés et de grands détours aujourd’hui, je n’ai pas voulu le frustrer !

PS : il ne résiste pas non plus (mon cerveau) à vous partager une autre anecdote liée aux battements d’ailes de papillon. Dans la posture du papillon allongé, il m’arrive de dire d’écarter les genoux et de les ramener vers l’intérieur, en rythme avec la respiration, « comme si votre papillon battait des ailes ». Pendant une séance avec mon mari comme seul élève, je le vois partir dans un mouvement frénétique de genoux, et je l’invite à ralentir ses mouvements, et il me répond « mais il va décoller comment mon papillon, alors ? » (oui, on rigole bien chez nous !!)

Que tous les êtres soient libres et heureux

Que tous les êtres soient libres et heureux

Si vous avez fait du yoga avec moi, vous savez que c’est avec cette phrase que je clôture toutes mes séances de yoga.

C’est aussi ainsi que je clôture toutes mes pratiques personnelles. Que tous les êtres soient libres et heureux. Pas seulement ma famille, pas seulement mes ami-e-s, pas seulement les gens autour de moi, pas seulement ceux que j’aime, pas seulement les humains, non, tous les êtres. Alors oui, ça peut sembler relever de la prière, de l’utopie.

Pour moi, ça relève de l’énergie : j’ai passé du temps sur mon tapis, pour moi, et je suis prête, à la fin de ma pratique, à envoyer toutes mes ondes au reste du monde. Après ma pratique, mieux connectée à moi, aux autres et à l’univers, je peux ensuite apporter un peu de lumière autour de moi, simplement avec cette intention.

Vous le savez peut-être si vous avez lu cet article, pour moi, yoga et contribution au monde sont intimement liés. D’une part parce que je suis venue au yoga quotidien pour soutenir mon engagement, d’autre part parce que la contribution au monde est au coeur du yoga (et de notre humanité).

Les deux premiers piliers du yoga, les yamas et les niyamas, nous guident vers une vie éthique et des éléments pour passer à l’action

Les yamas sont des principes éthiques de comportement envers les autres :

  • Ahimsa, la non-violence

  • Satya, la vérité

  • Asteya, la non-convoitise

  • Brahmacharya, la modération

  • Aparigraha, le non-attachement

Les niyamas guident notre relation avec nous-mêmes :

  • Saucha, la propreté, la pureté

  • Santosha, le contentement

  • Tapas, la discipline enthousiaste

  • Svadhyaha, l’étude de soi

  • Ishvara Pranidhana, l’abandon au divin

Nous explorerons les yamas et les niyamas dans les semaines à venir. Dans le désordre et au fur et à mesure que je sens que j’ai quelque chose de constructif à partager.

En attendant, que tous les êtres soient libres et heureux. Le fait de dire cette petite phrase avec intention tous les jours me permet de me rappeler au quotidien que je veux aider autour de moi à faire de notre monde un meilleur monde. Et je sais aussi qu’une petite action a un effet papillon.