Des postures de yoga pour chacune

26 Jan 2022

Savez-vous qui est la personne la plus importante dans un cours de yoga ?

C’est vous.

Oui, chacune de vous qui participez à mes séances de yoga, vous êtes chacune les plus importantes, vous êtes au cœur de mes séances.

Oui, je parle bien des cours collectifs. Chacune est la plus importante et chacune doit y trouver ce qui lui fait du bien.

Avant chaque séance, je vois qui est inscrit, et je pense à vous en la préparant. Même si parfois, c’est votre première séance, qu’on ne se connait ni d’Adam ni d’Eve (quelle expression étrange), je pense à vous.

Si on se connait un peu, si vous avez l’habitude de pratiquer avec moi, vous m’avez peut-être partagé un souci de santé, ou vos préférences, et je peux me baser dessus pour construire une séquence qui vous convienne. Soit je ne vous connais pas, et dans ce cas, je laisse de l’espace pour ajuster en fonction de ce que je sens qui se passe dans la séance, tout en me rappelant de donner plus de détails sur certaines postures.

Ces derniers temps, plusieurs d’entre vous m’ont dit avoir une douleur à tel endroit de leur corps, avoir du mal à rester dans telle posture, ou un souci de santé particulier.

Et je vous dis merci pour ces partages : c’est précieux pour moi de savoir ça, parce que je peux vous proposer des variations des postures qui vous conviennent.

Le yoga qui me convient n’est pas forcément le yoga qui vous convient.

Le yoga qui convient à Cécile n’est pas celui qui convient à Meera, n’est pas celui qui fonctionne chez Sylvette, n’est pas celui qui va à Jasmeen.

Et pourtant, vous pratiquez toutes avec la même prof. Dans un même temps. Dans la même séance.

J’ai à cœur d’adapter les postures et les rendre accessibles et adaptées à VOTRE corps. Votre corps qui est unique et que vous seule connaissez vraiment.

Je vous dis souvent que je suis la guide et que vous êtes la pilote, et que si quoi que ce soit que je dis ne fonctionne pas pour vous, vous ne le faites pas, ou vous le faites à votre sauce.

Le fait que vous me disiez vos petits soucis de santé, votre condition actuelle, ce n’est pas du tout obligatoire. On n’a pas forcément envie de parler à sa prof de yoga de ses soucis, et c’est OK.

Il suffit alors que vous ayez le réflexe d’adapter toujours la posture en fonction de vos sensations. Et c’est pour ça que bien souvent, je propose plusieurs variations. Pas « plein », parce qu’après on s’y perd, mais souvent deux, parfois trois.

Quand je vois que l’une de vous s’écoute et ne se met pas à genoux parce que ce n’est pas juste pour elle, je lui propose une autre posture, ou de se mettre dans la posture de l’enfant, ou de simplement respirer profondément.

Je souhaite que chacune de mes élèves se retrouve dans mes séances.

J’ai été frustrée, quand je pratiquais en studio, à croire que je n’étais « pas assez souple », et que « mes bras étaient trop courts » (bon, ils ne sont pas trop longs non plus). Et je suis restée seule avec ma frustration. Pas envie d’attirer l’attention sur moi (coucou l’élève timide), et surtout, croyance que c’était moi qui manquais de quelque chose.

Vous ne manquez de rien. Je répète : vous ne manquez de rien.

C’est un chemin, dans lequel il n’y a pas forcément de progrès extérieur et visible. Souvent, les évolutions sont intérieures : vous vous sentirez plus à l’aise dans les postures, vous coordonnerez votre souffle et vos mouvements de façon plus fluide, vous sentirez vos pensées s’apaiser beaucoup plus rapidement…

Vous avez peut-être l’impression de souvent tomber quand vous faites des postures d’équilibre. C’est pas grave, le sol est là pour vous rattraper, continuez à jouer avec, sans frustration, peut-être que peu à peu, vous trouverez un peu plus de stabilité sur un seul pied, peut-être que non, et on s’en fiche !

Vous avez peut-être l’impression que les postures de guerriers sont toujours aussi fatigantes pour vous, et vous vous dites « mais quand vais-je progresser ? » Mais le progrès, il est dans l’observation de vos sensations, de vos pensées, le retour au souffle, et l’acceptation. Qui inclut l’acceptation de la frustration parfois !

Vous avez peut-être l’impression que quand je vous invite à entrer dans votre temple intérieur il est vide et désertique et vous vous sentez en échec par rapport à cela : ça viendra, ou pas, et c’est OK. Nous n’avons pas toutes la même capacité à visualiser, et vous êtes sans doute probablement plus à l’aise avec certaines autres techniques de visualisation ou de méditation !

J’ai détesté me sentir incompétente sur le tapis, parce que je n’arrivais pas à toucher mes orteils (je ne peux toujours pas), j’ai détesté me sentir à la ramasse quand mon corps ne faisait pas la posture « comme la prof ». Ce n’est pas ça le yoga.

Ça peut arriver d’être frustrée, bien sûr, dans notre pratique de yoga. Mais si on passe la séance à se dire « ça j’y arrive pas, moi ça fait pas ça dans mon corps, je suis trop nulle », on perd beaucoup de bénéfices de la pratique. Attention, je ne dis pas que ça ne doit jamais arriver : nous sommes humaines, et on a des jours de moins bien. Quand ça arrive, on observe, on réalise qu’on est vraiment dans la frustration aujourd’hui, on revient au souffle… On laisse la frustration nous traverser.

Et on se rappelle que but de notre pratique, c’est de revenir à nous, à travers le corps, d’harmoniser le corps, la respiration, le mental, et l’ensemble de notre être. Le but du yoga n’est pas la performance. Je répète : le but du yoga n’est pas la performance.

Il y a du yoga pour vous, il y a du yoga pour moi, et il y a le yoga qu’on fait ensemble : si vous pratiquez avec moi, n’hésitez pas à me dire quelles sont vos contraintes, vos particularités, vos frustrations, et vos petits ou grands soucis de santé. Et j’ajusterai en fonction.

C’est mon métier de prof de proposer des variations de postures qui conviennent à mes élèves. Par contre, je laisse mes élèves décider pour elles ce qu’elles souhaitent ou pas appliquer. Je ne dis pas « Cécile, toi tu peux t’asseoir plutôt comme ça » (probablement à cause de vieilles traces de mon enfance où je n’aimais pas que le prof me distingue des autres). Je dis plutôt « si ce n’est pas confortable pour vous de vous asseoir en tailleur… ». Et en plus, ça permet à toutes les autres qui n’ont rien dit d’en profiter, au cas où.

Parce que oui, nous sommes nombreuses à ne pas oser, ne pas vouloir, dire à notre prof nos petites particularités. Et c’est tout à fait compréhensible. Dans ce cas, rappelez-vous, c’est vous qui pilotez : choisissez ce qui vous convient, sans frustration ni comparaison. Et laissez aller le reste !

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