Accessoirise ta pratique de yoga !

Accessoirise ta pratique de yoga !

Les accessoires de yoga, avant, je croyais que c’était le mal incarné. Je l’avais déjà mentionné dans cette vidéo. Quand je parle d’accessoires, je parle notamment du coussin, de la courroie, des blocs et du traversin.

Avant, je pensais que pour « faire du vrai yoga », il me fallait le pratiquer simplement sur mon tapis, sans rien d’autre. D’où venait cette croyance, je n’en sais rien, toujours est-il que je me suis refusée à utiliser les accessoires pendant des années.

Quand j’ai commencé ma formation de professeure de yoga, il m’a été demandé d’acheter courroie, blocs et traversin (bolster), et donc a priori, puisqu’il me fallait m’équiper, il allait falloir que je m’en serve. J’étais loin d’être motivée par cette perspective, mais je me suis dit que c’était pour la formation, et que je pourrais toujours les revendre après. Oui, on peut dire que j’y allais vraiment à reculons !

Et puis, petit à petit, posture après posture, différentes variations avec des accessoires étaient proposées dans les modules de formation. Et souvent, très souvent, c’était pour adapter une posture à un corps qui n’avait pas la flexibilité de la faire telle qu’initialement prévue (moi !) et/ou qui avait de légères disproportions qui nécessitaient par exemple l’usage des blocs (re-moi !).

Donc non seulement j’ai pratiqué, mais en plus, et oui, j’ai aimé ! J’ai aimé ressentir la longueur dans mon dos quand je suis en fente basse avec des blocs sous les mains. J’ai aimé redécouvrir des postures que je n’aimais pas pratiquer avant (la partie des bras de la tête de vache ou encore la posture de la main à l’orteil couchée au sol). Des centaines de nouvelles possibilités de pratiques se sont ainsi ouvertes à moi.

Alors si comme moi, tu butes sur l’utilisation d’accessoires, je t’invite à explorer, lors de tes prochaines pratiques, l’utilisation de ces objets du quotidien :

  • Mets un coussin au sol avant de t’asseoir en tailleur. Voire 2 ou 3 si tu le souhaites. Tu arriveras peut-être à mieux garder le dos droit ou à être plus à l’aise dans la posture. Essaie aussi de mettre un ou deux coussins sous tes genoux en torsion allongée. Peut-être comme moi, tu y gagneras un confort immense !

  • Utilise un foulard (ou tout autre objet pouvant remplacer la sangle) dans la posture de la tête de vache pour que tes mains puissent « se rejoindre » à travers elle, si elles n’y parviennent pas physiquement.

  • Utilise 2 blocs (ou des piles de livres) pour soulever le sol à toi en fente basse. Observe si ton dos est plus droit, ta posture plus confortable. Expérimente aussi la posture du papillon allongé, les deux genoux soutenus par des blocs (ou des coussins), et ressens une détente encore plus profonde.

Teste, pratique, et vois les différences que cela amène dans ta pratique ! Observe toi, sans jugement, le cœur ouvert. Ce que je trouve le plus intéressant dans le processus au final, ce sont les perspectives que cela ouvre, au niveau du corps bien sûr, mais aussi au niveau de la tête : un petit accessoire peut tout changer, une petite aide peut nous offrir un monde de confort, un petit soutien et ce qui n’était pas possible le devient !

Et n’oublie pas : ce qui se vit sur le tapis s’applique à la vie ! Bonne pratique !

➡️ Tu as envie de découvrir comment te servir des accessoires de yoga pour adapter le yoga à ton corps (et pas l’inverse) ?

➡️ Découvre « Mon yoga sur mesure« . C’est un atelier d’une heure, à 9 euros, pour t’approprier tes accessoires. La bonne nouvelle, c’est que tu peux utiliser des accessoires même si tu n’en as pas ! 

Prendre soin des autres, jusqu’à quel point ?

Prendre soin des autres, jusqu’à quel point ?

On est parent, on veut le meilleur pour ses enfants. On travaille dans une association, on veut le meilleur pour les personnes qui bénéficient de ses actions. On est épouse-époux, on souhaite être le/la meilleure partenaire de vie pour notre conjoint-e. On a un parent malade, on souhaite être présent-e pour l’épauler. On est employé-e, notre collègue ne peut pas assumer une tâche, on lui propose de la faire, puis d’en faire une autre…

Jusqu’où va-t-on pour prendre soin des autres ? Y a-t-il une limite à se fixer ?

Quand je suis devenue directrice de l’unité de gestion d’une association de lutte contre le VIH, j’ai rapidement compris que je n’étais pas Wonderwoman et qu’il y avait une floppée de monde dans mon équipe à mobiliser pour que nous travaillons toutes ensemble. Ca a été un peu violent pour certaines à qui je me suis retrouvée à dire « tu sais, ça, je ne peux pas m’en occuper DU TOUT maintenant. Tu penses que tu ne peux pas le faire, mais je sais que tu le peux. Viens me voir quand ça bloque. » Ca a super bien marché, j’ai pu faire ce que j’avais d’urgent et d’important à faire, et elle a pu faire ce qui l’était, dans son domaine. Si j’avais pris toute cette responsabilité sur mon dos, ça n’aurait pas fonctionné. Pa ti pou kapav (je n’aurais pas pu).

J’avais besoin d’elle à ce moment là, qu’elle soit là et qu’elle se fasse confiance comme j’avais confiance en elle. Il y a eu d’autres moments où je n’étais pas du tout capable de voir que je pouvais déléguer. Que je pouvais faire autrement. Qu’il y avait du monde autour de moi pour m’aider. Il y a eu plein de fois où je me suis laissée emporter par mes émotions, complètement drainée, asphyxiée par le poids du monde sur mes épaules. Si si. Je sais que ce n’était pas exactement le poids du monde lui-même, mais ça pesait quand même des tonnes.

Pourtant, tout ça, c’était dans ma tête. J’étais loin d’être seule. La situation était pénible, mais bien loin d’être dramatique et surtout je n’étais pas directement impactée, contrairement aux personnes concernées par les services.

Qu’aurais-je pu faire différemment ?

  • J’aurais pu prendre le temps de prendre du recul sur la situation
  • J’aurais pu demander aux gens qui me pompaient mon énergie de rester à distance
  • J’aurais pu aller chez un psy
  • J’aurais pu faire encore plus de yoga
  • J’aurais pu demander à travailler un jour par semaine de la maison
  • J’aurais pu…

Mais surtout, ce qu’il me manquait, c’était un cadre : quelles sont mes limites ? A moi en tant que personne ? Quelles sont les limites de mon action dans le cadre de ce poste ? Ai-je une obligation de résultat ou une obligation de moyens ? Quelles limites je pose aux autres ? Et surtout, quelles limites je mets à ma responsabilité à moi en tant que responsable de ce département ?

Est-ce que ça apporte quelque chose que je me réveille à 3h du matin en y pensant ? Que ma dernière pensée le soir soit pour l’association, de même que la première le matin ?

On retombe ici sur le principe d’ahimsa, la non-violence : si en prenant soin des autres, je me fais mal à moi-même, au final, il y a fort à parier que je vais finir par faire mal aux autres. Parce que je vais y laisser des plumes. Et que quand on y laisse des plumes, on finit par avoir un réflexe de protection. On se renferme, on s’oppose, on s’érige, on s’emporte. Alors peut-être qu’on fait du bien d’un côté, mais on fait du mal de l’autre, et à terme, cela est-il vraiment productif ? Ne vaudrait-il pas mieux passer un peu de temps à travailler sur les limites de nos missions, dans chacun de nos rôles, pour ensuite pouvoir arbitrer sainement sur des situations ? On peut aussi passer un peu de temps pour explorer ce que ce désir d’aider à tout prix veut dire chez nous.

Alors bien sûr, si on est parent, activiste, conjoint-e, humain-e, on va se laisser emporter à un moment ou à un autre par tout le brouhaha dans nos têtes, par les élans des autres et les nôtres, par tout ce qu’on estime qu’il y a à faire. C’est certain. Ca va arriver une fois, deux fois, mille fois. Et c’est parfait comme ça, c’est notre humanité qui s’exprime.

Il me parait cependant important de mettre en place des mécanismes pour nous empêcher de basculer du « côté obscur de la force », là où on va se déconnecter de nous-mêmes et de nos besoins. Définir un cadre, dans nos différents rôles, en discuter avec les principaux concernés, nous permet d’agir dans les meilleurs intérêts des personnes que l’on veut aider et soutenir, sans pour autant nous négliger.

Ce que je fais maintenant de façon beaucoup plus constante et vigilante, c’est que je me reconnecte régulièrement aux limites que je me suis fixées pour continuer à être la meilleure version de moi-même dans mes différents rôles. Je me reconnecte à ce cadre-là, et je le réajuste au fur et à mesure.

Prendre soin de soi, c’est prendre soin de l’autre. Et vous, que faites-vous pour prendre soin de vous ?

 

 

Bilan de déconfinée

Bilan de déconfinée

A Maurice, nous sommes déconfinés depuis dimanche. En 2 mois et demi, nous avons vécu, au niveau national, des bas (supermarchés fermés pendant 10 jours, panique, familles n’ayant rien à manger) et des hauts (solidarité exceptionnelle, « victoire » contre le coronavirus).

Individuellement, je fais partie de celles et ceux qui ont bien vécu le confinement. Introvertie, travaillant déjà à 80% de la maison, avec des revenus stables, pas d’enfant, un mari avec qui j’apprécie de passer 100% de mon temps, j’avais le bon profil. J’avais aussi en moi beaucoup de raisons qui auraient pu faire que ça se passe moins bien, dont ma « claustrophobie îlienne », l’annulation de la venue de nos amis de Belgique, l’annulation du voyage-retrouvailles avec mes parents, mon frère et ma belle-soeur en Islande, mon besoin de passer du temps dans la nature…

Mais ce que je retiendrai du confinement, c’est que je me suis jetée à l’eau. Pour la première fois peut-être, je me suis montrée « au monde ». Mon projet de yoga en ligne existait depuis le début de ma formation de prof de yoga, mais je ne l’aurais pas lancé aussi tôt sans le confinement. J’aurais attendu d’avoir donné un nombre incroyable de cours de yoga pour me sentir légitime pour proposer du contenu en ligne. Légitimité, confiance en moi, tout ça tout ça.

J’avais donné 3 cours en présentiel avant le confinement, avec 3 élèves en tout. Au début du confinement, ma première vidéo, je l’ai faite pour ma Maman (au bord de la piscine, avec un son atroce, mais le coeur y était). Puis je l’ai partagée à des amies. Puis j’en ai fait d’autres, en intérieur, plus proche de l’écran pour une meilleure qualité de son. Et enfin, j’ai lancé mes séances sur Zoom. Après avoir miraculeusement trouvé un micro, la qualité de mes vidéos et séances de yoga en ligne s’est améliorée, et j’ai osé les partager plus largement.

J’ai désormais quelques élèves très assidues, d’autres qui viennent quand c’est possible… Je suis fière de vous avoir apporté un petit coin de douceur pendant ces semaines d’enfermement à travers 17 séances Zoom et 13 vidéos YouTube. Et ce n’est pas fini ! Yoga avec Emilie va évoluer dans les prochaines semaines, avec l’introduction de « vraies » séances d’environ 1 heure à 1h15.

Je n’ai pas attendu que les choses soient parfaites pour me lancer. Je me suis sentie (et je me sens encore) comme ça, plusieurs fois :

Mais j’y suis allée, parce que j’avais quelque chose à offrir à mes proches à un moment où ils en avaient besoin, et ils en ont parlé autour d’eux.

J’ai une ancienne vie de perfectionniste. Où je voulais que tout soit parfait « avant que ça parte », « avant de soumettre », « avant de déposer », etc. J’en ai encore de sacrés restes. Mais je me répète, aussi souvent que nécessaire que « le mieux est l’ennemi du bien » et que souvent passer à l’action nous permet de déjouer la plupart de tout ce qu’il se passe dans nos têtes. Ce qu’on craint le plus, la plupart du temps, n’arrive pas. Des variations de ce schéma circulent sur internet, et ça m’aide beaucoup d’y penser en cas de grand coup de stress :

Bref, ce bilan de déconfinée pour vous encourager à faire ce que votre coeur souhaite faire, même si ce n’est pas parfait. On apprend en faisant, on apprend de nos erreurs, de nos réussites, des retours que nous font les gens sur ce que nous partageons au monde (merci !). Voilà deux mantras à garder en tête : « Fait est mieux que parfait » et « le mieux est l’ennemi du bien. »

A l’action !

Yoga et activisme ?

Yoga et activisme ?

Nous vivons des temps où le respect des droits humains est loin, très loin, d’être acquis. Impliquée depuis plus de 12 ans dans la lutte contre le VIH et pour le respect des droits de TOU-TE-S, je suis venue au yoga quotidien à un moment où il était difficile pour moi de continuer mon engagement : trop de stress, trop d’angoisse et trop impuissante face aux impacts délétères des mesures prises au niveau national.

Alors, j’ai déroulé mon tapis un soir, et je me suis dit « et si je faisais du yoga ? ». Dans mon jardin, tranquille, avce une vidéo trouvée sur YouTube, j’ai adoré. J’ai recommencé le lendemain matin, et pendant 2 ans, j’en ai fait matin et soir. Le yoga m’a aidée à garder mon calme (bien que mes anciens collègues ne l’aient pas vraiment remarqué à l’époque !), à rester autant que possible moi-même et authentique. Et le yoga m’a soulagée, physiquement, quand je rentrais avec un profond mal de jambes (oui, quand je stresse, j’ai mal aux jambes…).

Et pourtant, à un moment, j’ai eu un doute : si le yoga m’aide à lâcher-prise, à prendre du recul, ne va-t-il pas faire de moi une mauvaise activiste ? Ou une non-activiste, une fataliste ? En fait, non, ma pratique de yoga m’a permis d’être plus forte à un moment où j’en avais besoin, d’être plus ancrée, pour pouvoir affronter les tempêtes, et pour pouvoir continuer à aimer le travail qui m’épuisait.

Alors oui, je l’ai quitté, ce travail que j’adorais et détestais, qui m’épuisait en tout cas, je l’ai quitté il y a 2 ans. Mais mon engagement reste là et prend plusieurs formes. Dont peut-être, bientôt, des cours de yoga offerts à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

En anglais, on dit « fill your cup first » : remplis ta tasse d’abord. Comment s’engager, rester fort dans son combat, inlassablement, si on ne prend pas un instant pour nous, régulièrement, pour nous reconnecter à la source, nous reconnecter à nous-mêmes et à ce qui nous dépasse, pour nous faire du bien au corps et à l’esprit. Mon mari appelle ça le « yogactivisme ».

Activistes pour le respect des droits humains, au sens large, prenez soin de vous, votre combat n’en sera que plus fort.

#actHIVistunjouractHIVisttoujours

Du tapis à la vie

Du tapis à la vie

Ce qui me plait peut-être le plus dans le yoga, c’est de vivre des choses sur le tapis et de les emmener dans ma vie quotidienne.

Hier soir, alors que je guidais une relaxation autour des cinq sens, je me suis surprise à encourager les participants à se remémorer les sensations vécues pendant la séance et imaginer comment ils pourraient les emmener avec eux dans leur vie quotidienne. 

Par exemple :

  • en mettant la tête en bas et en observant notre environnement de ce côté là, nous avons vu les choses sous un autre angle. Comment, dans ma vie de tous les jours, je peux me mettre dans une situation où je vois les choses d’un angle différent ? Peut-être pour mieux comprendre une personne avec qui j’ai un désaccord ou pour résoudre un problème.

  • en frottant nos mains l’une contre l’autre, nous avons fait monter la chaleur entre nos paumes et nous les avons appliquées sur nos yeux pour leur apporter détente et relaxation. Dans ma vie, comment je peux, avec des éléments a priori banaux du quotidien, (m’)apporter un peu de lumière et de bonheur ? Marcher pieds nus dans l’herbe du jardin, m’étirer en me réveillant le matin, savourer mon thé en pleine conscience…

  • en massant nos mâchoires, nous avons senti des tensions se délier, une grande relaxation du bas du visage. Pourtant, ces tensions, nous ne les sentions pas forcément avant d’appliquer nos doigts de chaque côté de notre visage. Et dans ma vie, quel domaine pourrais-je regarder, toucher, palper, pour me libérer d’un poids insoupçonné ou pour apporter un mieux-être, une détente ?

  • en soufflant par la bouche comme des chevaux, nous avons renoué avec le jeu, en sentant nos lèvres vibrer, nos bouches s’animer, nos joues trembler, comme quand nous étions enfants. Dans mon quotidien, où est-ce que je peux amener un peu plus de jeu, de liberté, de fraicheur ?

  • avec la respiration de l’abeille, yeux et oreilles fermés, en faisant le bourdonnement caractéristique, nous nous sommes privés de certains de nos sens pour mieux ressentir les vibrations dans le cerveau et calmer les pensées. Comment, dans mon quotidien, je peux prendre un instant, une minute de temps en temps, pour me détacher de mes pensées et mieux ressentir ce qu’il se passe à l’intérieur de moi ?

De façon générale, à chaque séance, je vous demande de pratiquer dans le cadre des limites et des besoins de votre corps, en l’écoutant LUI avant de m’écouter moi. Car c’est bien lui qui vous donne les signaux de ce qui lui convient ou pas. Lui qui sait ce qui fait mal et qui va le blesser ou pas. Lui qui ressent le plaisir de la pratique. Nous sommes responsables de protéger nos corps, de nous protéger, sur le tapis. Et dans la vie, comment je peux mieux me responsabiliser, mieux me connecter à ce qui est bon et juste pour moi ? Et prendre, en conscience, les meilleures décisions pour réaliser mes rêves ?

Les 5 sens représentés par Daniel Puel (Pixabay)

La non-violence au coeur du yoga

La non-violence au coeur du yoga

Quand j’ai commencé le yoga il y a 10 ans environ, j’avais décidé, un peu spontanément, de ne pas manger de viande mon jour de yoga. Je ne sais pas trop d’où ça sortait, toujours était-il que le lundi, c’était yoga, et donc c’était végétarien.

Ahimsa, la non-violence, est le premier des 5 yamas, qui constituent ensemble le premier des 8 piliers du yoga. La non-violence prend mille formes, à l’égard de soi, des autres, qu’ils soient humains ou animaux. Pour moi, une des façons de vivre la non-violence a été de devenir végétarienne, et même pendant un temps, végétalienne. Je navigue pour trouver un équilibre entre ce qui a du sens pour moi et la non-violence vis-à-vis de moi-même.

Vivre la non-violence est le travail d’une vie. En voulant vivre la non-violence envers les autres, est-on en train de se faire violence à soi ? En souhaitant respecter absolument les besoins des autres, n’est-on pas en train de nier les nôtres ?

A l’origine de cet article, une conversation avec une très bonne amie qui me partage ses difficultés de jeune mère. Je lui réponds avec passion qu’elle DOIT se respecter, qu’il n’est PAS QUESTION que ses enfants lui bouffent la vie à ce point, qu’il y a des solutions, qu’elle DOIT s’aider elle-même. Aoutch. Parce que j’observe la violence qu’elle se fait à elle-même, SELON MOI, parce qu’elle ne prend pas les actions que JE trouve importantes à prendre alors que c’est SA vie, SES enfants, je rajoute une couche de violence en lui disant « fais ci, fais ça ». Parce que je veux qu’elle sorte de la violence qu’elle se fait à elle-même (selon moi), je lui impose mon point de vue, soit-disant pour son bien. Alors qu’en réalité, elle cherchait probablement simplement une oreille réconfortante.

A chacun de définir ce qu’est la non-violence pour elle, pour lui. Et surtout, ce n’est pas défini une fois pour toutes. C’est une définition qui évolue, au fil des lectures, des expériences, des déconvenues, des souffrances. Le plus important, je dirais, est d’observer nos comportements, et de décider de faire différemment, la prochaine fois. Car on ne va pas se faire la violence de se dire « j’aurais pas du… » !