Le yoga, c’est pour tout le monde !

Le yoga, c’est pour tout le monde !

Article mis à jour le 20 juin 2021

En anglais, ça sonne mieux, on peut dire « yoga for all ». En français, c’est « yoga pour tout le monde » ou « yoga pour tous » / « yoga pour toutes ».

En cette journée internationale du yoga, c’est le seul message que je souhaite porter : le yoga, c’est pour vous, c’est pour moi, c’est pour chacun de nous.

Malgré l’image que nous renvoient les réseaux sociaux et les couvertures de magazines spécialisés, le yoga n’est pas fait que pour les jeunes femmes blanches, belles, grandes, minces et souples. Non, le yoga, c’est fait pour tout le monde, quels que soient :

  • notre genre : que l’on soit femme, homme ou qu’on ne se reconnaisse dans aucun de ces deux genres, on peut pratiquer le yoga.

  • notre poids : on peut faire du yoga et être en surpoids ou obèse. Oui, certaines postures vont devoir être adaptées aux spécificités du corps. Comme pour tous les corps en fait. Le yoga peut vraiment être pratiqué quelque soit votre poids. Quand une copine me dit « j’ai essayé de faire une vidéo avec toi, mais je ne suis pas fine comme toi », mes oreilles saignent, je veux que mon enseignement puisse être suffisamment inclusif pour qu’elle s’y retrouve, elle et toutes celles qui estiment ne pas être assez minces pour pratiquer. Je travaille sur ce front pour proposer toujours plus de variations adaptées !

  • notre couleur : les femmes blanches sont sur-représentées dans le monde du yoga occidental. Très clairement, j’en suis une et du coup j’ajoute à cette sur-représentation. J’espère encore une fois être suffisamment inclusive pour pouvoir toucher des femmes et des hommes de couleur qui pourront faire leur chemin dans le monde du yoga et détrôner par leur propre exemple que le yoga, ce n’est pas que pour les blancs.

  • notre souplesse : on croit à tord qu’on doit être souple pour faire du yoga. On me dit souvent d’ailleurs « tu dois être souple » quand je dis que je suis prof de yoga. Non, pas du tout ! Là encore, on adapte les postures au corps, tel qu’il est. C’est le yoga qui s’adapte à notre corps, pas l’inverse. Oui, une pratique régulière du yoga va permettre d’assouplir certaines parties de votre corps. Mais probablement pas autant que vous l’auriez souhaité. Car en souplesse comme dans la vie, tout n’est pas qu’une question de volonté ! Pour en découvrir un peu plus, n’hésitez à explorer cet article où je vous partage un secret ou deux liées à notre (manque de) souplesse…

  • nos croyances : le yoga peut être une pratique spirituelle, en fonction de ce qu’on souhaite cultiver. Mais en aucun cas pratiquer le yoga n’est une menace dans la pratique de votre religion. Je n’aurais pas pensé à en parler si on ne m’avait pas posé la question, mais je confirme qu’on peut être catholique pratiquant ET faire du yoga !

  • notre état de santé : bien sûr, la pratique est à adapter en fonction des conditions et maladies, mais on peut faire du yoga quelque soit notre état de santé, sans pour autant y chercher la guérison, ni chercher à pratiquer une grande variété de postures. Helena nous parlait d’ailleurs récemment de son expérience. Bien sûr, il est important d’être à l’écoute de nos sensations, de ne pas pousser malgré la douleur, et de respecter les contre-indications. Dans tous les cas, je vous invite à demander un certificat médical chaque année à votre médecin. Si vous avez un souci particulier, n’hésitez pas à insister auprès de votre médecin pour savoir si toutes les postures respectent votre situation particulière. Et n’hésitez pas à en parler à votre prof de yoga. Ca lui permettra de proposer des variations qui vous conviennent ! (sans pour autant vous exposer : elle/il pourra simplement dire « pour celles qui ne veulent ou ne peuvent pas mettre la tête en bas » par exemple).

  • notre style de vie : nous avons des enfants à gérer, un boulot à 1000 à l’heure, une alimentation pas du tout équilibrée… Pas besoin de manger des brocolis pour être un bon yogi, ni d’être végétarienne, ou encore d’y consacrer deux heures par jour !

  • notre âge : les enfants ont accès à des séances de yoga spécifiques pour les captiver, tandis que les plus âgés peuvent simplement rejoindre des séances de yoga doux qui vont sans doute mieux leur convenir. 

  • nos revenus : pas la peine d’avoir un super tapis ou des leggings au top de la mode pour faire du yoga. Vous pouvez faire du yoga en pyjama sur le tapis du salon avec une vidéo YouTube (assurez-vous que le tapis est bien fixé au sol malgré tout !). Vous pouvez aussi faire du yoga sans tapis ni tenue spécifique !

Bref, le yoga, c’est vraiment pour toutes et pour tous. Le yoga vous prend où vous êtes, telles que vous êtes.

Et en cette journée internationale du yoga, faisons en sorte de faire de la place pour celles et ceux qui pensent que ce n’est pas pour eux. Quand vous êtes dans une séance de yoga, indiquez à votre professeur-e vos douleurs et contre-indications, dites-lui quand une posture ne vous convient pas, quand votre ventre vient se mettre dans le chemin de la posture et que vous ne savez pas comment l’adapter. Peut-être qu’elle non plus ne sait pas l’adapter, mais elle pourra vous accompagner dans l’exploration de vos sensations pour vous y aider. En tout cas, si vous êtes en cours avec moi, je serais ravie de vous accompagner !

Accessoirise ta pratique de yoga !

Accessoirise ta pratique de yoga !

Les accessoires de yoga, avant, je croyais que c’était le mal incarné. Je l’avais déjà mentionné dans cette vidéo. Quand je parle d’accessoires, je parle notamment du coussin, de la courroie, des blocs et du traversin.

Avant, je pensais que pour « faire du vrai yoga », il me fallait le pratiquer simplement sur mon tapis, sans rien d’autre. D’où venait cette croyance, je n’en sais rien, toujours est-il que je me suis refusée à utiliser les accessoires pendant des années.

Quand j’ai commencé ma formation de professeure de yoga, il m’a été demandé d’acheter courroie, blocs et traversin (bolster), et donc a priori, puisqu’il me fallait m’équiper, il allait falloir que je m’en serve. J’étais loin d’être motivée par cette perspective, mais je me suis dit que c’était pour la formation, et que je pourrais toujours les revendre après. Oui, on peut dire que j’y allais vraiment à reculons !

Et puis, petit à petit, posture après posture, différentes variations avec des accessoires étaient proposées dans les modules de formation. Et souvent, très souvent, c’était pour adapter une posture à un corps qui n’avait pas la flexibilité de la faire telle qu’initialement prévue (moi !) et/ou qui avait de légères disproportions qui nécessitaient par exemple l’usage des blocs (re-moi !).

Donc non seulement j’ai pratiqué, mais en plus, et oui, j’ai aimé ! J’ai aimé ressentir la longueur dans mon dos quand je suis en fente basse avec des blocs sous les mains. J’ai aimé redécouvrir des postures que je n’aimais pas pratiquer avant (la partie des bras de la tête de vache ou encore la posture de la main à l’orteil couchée au sol). Des centaines de nouvelles possibilités de pratiques se sont ainsi ouvertes à moi.

Alors si comme moi, tu butes sur l’utilisation d’accessoires, je t’invite à explorer, lors de tes prochaines pratiques, l’utilisation de ces objets du quotidien :

  • Mets un coussin au sol avant de t’asseoir en tailleur. Voire 2 ou 3 si tu le souhaites. Tu arriveras peut-être à mieux garder le dos droit ou à être plus à l’aise dans la posture. Essaie aussi de mettre un ou deux coussins sous tes genoux en torsion allongée. Peut-être comme moi, tu y gagneras un confort immense !

  • Utilise un foulard (ou tout autre objet pouvant remplacer la sangle) dans la posture de la tête de vache pour que tes mains puissent « se rejoindre » à travers elle, si elles n’y parviennent pas physiquement.

  • Utilise 2 blocs (ou des piles de livres) pour soulever le sol à toi en fente basse. Observe si ton dos est plus droit, ta posture plus confortable. Expérimente aussi la posture du papillon allongé, les deux genoux soutenus par des blocs (ou des coussins), et ressens une détente encore plus profonde.

Teste, pratique, et vois les différences que cela amène dans ta pratique ! Observe toi, sans jugement, le cœur ouvert. Ce que je trouve le plus intéressant dans le processus au final, ce sont les perspectives que cela ouvre, au niveau du corps bien sûr, mais aussi au niveau de la tête : un petit accessoire peut tout changer, une petite aide peut nous offrir un monde de confort, un petit soutien et ce qui n’était pas possible le devient !

Et n’oublie pas : ce qui se vit sur le tapis s’applique à la vie ! Bonne pratique !

➡️ Tu as envie de découvrir comment te servir des accessoires de yoga pour adapter le yoga à ton corps (et pas l’inverse) ?

➡️ Découvre « Mon yoga sur mesure« . C’est un atelier d’une heure, à 9 euros, pour t’approprier tes accessoires. La bonne nouvelle, c’est que tu peux utiliser des accessoires même si tu n’en as pas ! 

Prendre soin des autres, jusqu’à quel point ?

Prendre soin des autres, jusqu’à quel point ?

On est parent, on veut le meilleur pour ses enfants. On travaille dans une association, on veut le meilleur pour les personnes qui bénéficient de ses actions. On est épouse-époux, on souhaite être le/la meilleure partenaire de vie pour notre conjoint-e. On a un parent malade, on souhaite être présent-e pour l’épauler. On est employé-e, notre collègue ne peut pas assumer une tâche, on lui propose de la faire, puis d’en faire une autre…

Jusqu’où va-t-on pour prendre soin des autres ? Y a-t-il une limite à se fixer ?

Quand je suis devenue directrice de l’unité de gestion d’une association de lutte contre le VIH, j’ai rapidement compris que je n’étais pas Wonderwoman et qu’il y avait une floppée de monde dans mon équipe à mobiliser pour que nous travaillons toutes ensemble. Ca a été un peu violent pour certaines à qui je me suis retrouvée à dire « tu sais, ça, je ne peux pas m’en occuper DU TOUT maintenant. Tu penses que tu ne peux pas le faire, mais je sais que tu le peux. Viens me voir quand ça bloque. » Ca a super bien marché, j’ai pu faire ce que j’avais d’urgent et d’important à faire, et elle a pu faire ce qui l’était, dans son domaine. Si j’avais pris toute cette responsabilité sur mon dos, ça n’aurait pas fonctionné. Pa ti pou kapav (je n’aurais pas pu).

J’avais besoin d’elle à ce moment là, qu’elle soit là et qu’elle se fasse confiance comme j’avais confiance en elle. Il y a eu d’autres moments où je n’étais pas du tout capable de voir que je pouvais déléguer. Que je pouvais faire autrement. Qu’il y avait du monde autour de moi pour m’aider. Il y a eu plein de fois où je me suis laissée emporter par mes émotions, complètement drainée, asphyxiée par le poids du monde sur mes épaules. Si si. Je sais que ce n’était pas exactement le poids du monde lui-même, mais ça pesait quand même des tonnes.

Pourtant, tout ça, c’était dans ma tête. J’étais loin d’être seule. La situation était pénible, mais bien loin d’être dramatique et surtout je n’étais pas directement impactée, contrairement aux personnes concernées par les services.

Qu’aurais-je pu faire différemment ?

  • J’aurais pu prendre le temps de prendre du recul sur la situation
  • J’aurais pu demander aux gens qui me pompaient mon énergie de rester à distance
  • J’aurais pu aller chez un psy
  • J’aurais pu faire encore plus de yoga
  • J’aurais pu demander à travailler un jour par semaine de la maison
  • J’aurais pu…

Mais surtout, ce qu’il me manquait, c’était un cadre : quelles sont mes limites ? A moi en tant que personne ? Quelles sont les limites de mon action dans le cadre de ce poste ? Ai-je une obligation de résultat ou une obligation de moyens ? Quelles limites je pose aux autres ? Et surtout, quelles limites je mets à ma responsabilité à moi en tant que responsable de ce département ?

Est-ce que ça apporte quelque chose que je me réveille à 3h du matin en y pensant ? Que ma dernière pensée le soir soit pour l’association, de même que la première le matin ?

On retombe ici sur le principe d’ahimsa, la non-violence : si en prenant soin des autres, je me fais mal à moi-même, au final, il y a fort à parier que je vais finir par faire mal aux autres. Parce que je vais y laisser des plumes. Et que quand on y laisse des plumes, on finit par avoir un réflexe de protection. On se renferme, on s’oppose, on s’érige, on s’emporte. Alors peut-être qu’on fait du bien d’un côté, mais on fait du mal de l’autre, et à terme, cela est-il vraiment productif ? Ne vaudrait-il pas mieux passer un peu de temps à travailler sur les limites de nos missions, dans chacun de nos rôles, pour ensuite pouvoir arbitrer sainement sur des situations ? On peut aussi passer un peu de temps pour explorer ce que ce désir d’aider à tout prix veut dire chez nous.

Alors bien sûr, si on est parent, activiste, conjoint-e, humain-e, on va se laisser emporter à un moment ou à un autre par tout le brouhaha dans nos têtes, par les élans des autres et les nôtres, par tout ce qu’on estime qu’il y a à faire. C’est certain. Ca va arriver une fois, deux fois, mille fois. Et c’est parfait comme ça, c’est notre humanité qui s’exprime.

Il me parait cependant important de mettre en place des mécanismes pour nous empêcher de basculer du « côté obscur de la force », là où on va se déconnecter de nous-mêmes et de nos besoins. Définir un cadre, dans nos différents rôles, en discuter avec les principaux concernés, nous permet d’agir dans les meilleurs intérêts des personnes que l’on veut aider et soutenir, sans pour autant nous négliger.

Ce que je fais maintenant de façon beaucoup plus constante et vigilante, c’est que je me reconnecte régulièrement aux limites que je me suis fixées pour continuer à être la meilleure version de moi-même dans mes différents rôles. Je me reconnecte à ce cadre-là, et je le réajuste au fur et à mesure.

Prendre soin de soi, c’est prendre soin de l’autre. Et vous, que faites-vous pour prendre soin de vous ?

 

 

Bilan de déconfinée

Bilan de déconfinée

A Maurice, nous sommes déconfinés depuis dimanche. En 2 mois et demi, nous avons vécu, au niveau national, des bas (supermarchés fermés pendant 10 jours, panique, familles n’ayant rien à manger) et des hauts (solidarité exceptionnelle, « victoire » contre le coronavirus).

Individuellement, je fais partie de celles et ceux qui ont bien vécu le confinement. Introvertie, travaillant déjà à 80% de la maison, avec des revenus stables, pas d’enfant, un mari avec qui j’apprécie de passer 100% de mon temps, j’avais le bon profil. J’avais aussi en moi beaucoup de raisons qui auraient pu faire que ça se passe moins bien, dont ma « claustrophobie îlienne », l’annulation de la venue de nos amis de Belgique, l’annulation du voyage-retrouvailles avec mes parents, mon frère et ma belle-soeur en Islande, mon besoin de passer du temps dans la nature…

Mais ce que je retiendrai du confinement, c’est que je me suis jetée à l’eau. Pour la première fois peut-être, je me suis montrée « au monde ». Mon projet de yoga en ligne existait depuis le début de ma formation de prof de yoga, mais je ne l’aurais pas lancé aussi tôt sans le confinement. J’aurais attendu d’avoir donné un nombre incroyable de cours de yoga pour me sentir légitime pour proposer du contenu en ligne. Légitimité, confiance en moi, tout ça tout ça.

J’avais donné 3 cours en présentiel avant le confinement, avec 3 élèves en tout. Au début du confinement, ma première vidéo, je l’ai faite pour ma Maman (au bord de la piscine, avec un son atroce, mais le coeur y était). Puis je l’ai partagée à des amies. Puis j’en ai fait d’autres, en intérieur, plus proche de l’écran pour une meilleure qualité de son. Et enfin, j’ai lancé mes séances sur Zoom. Après avoir miraculeusement trouvé un micro, la qualité de mes vidéos et séances de yoga en ligne s’est améliorée, et j’ai osé les partager plus largement.

J’ai désormais quelques élèves très assidues, d’autres qui viennent quand c’est possible… Je suis fière de vous avoir apporté un petit coin de douceur pendant ces semaines d’enfermement à travers 17 séances Zoom et 13 vidéos YouTube. Et ce n’est pas fini ! Yoga avec Emilie va évoluer dans les prochaines semaines, avec l’introduction de « vraies » séances d’environ 1 heure à 1h15.

Je n’ai pas attendu que les choses soient parfaites pour me lancer. Je me suis sentie (et je me sens encore) comme ça, plusieurs fois :

Mais j’y suis allée, parce que j’avais quelque chose à offrir à mes proches à un moment où ils en avaient besoin, et ils en ont parlé autour d’eux.

J’ai une ancienne vie de perfectionniste. Où je voulais que tout soit parfait « avant que ça parte », « avant de soumettre », « avant de déposer », etc. J’en ai encore de sacrés restes. Mais je me répète, aussi souvent que nécessaire que « le mieux est l’ennemi du bien » et que souvent passer à l’action nous permet de déjouer la plupart de tout ce qu’il se passe dans nos têtes. Ce qu’on craint le plus, la plupart du temps, n’arrive pas. Des variations de ce schéma circulent sur internet, et ça m’aide beaucoup d’y penser en cas de grand coup de stress :

Bref, ce bilan de déconfinée pour vous encourager à faire ce que votre coeur souhaite faire, même si ce n’est pas parfait. On apprend en faisant, on apprend de nos erreurs, de nos réussites, des retours que nous font les gens sur ce que nous partageons au monde (merci !). Voilà deux mantras à garder en tête : « Fait est mieux que parfait » et « le mieux est l’ennemi du bien. »

A l’action !

Yoga et activisme ?

Yoga et activisme ?

Nous vivons des temps où le respect des droits humains est loin, très loin, d’être acquis. Impliquée depuis plus de 12 ans dans la lutte contre le VIH et pour le respect des droits de TOU-TE-S, je suis venue au yoga quotidien à un moment où il était difficile pour moi de continuer mon engagement : trop de stress, trop d’angoisse et trop impuissante face aux impacts délétères des mesures prises au niveau national.

Alors, j’ai déroulé mon tapis un soir, et je me suis dit « et si je faisais du yoga ? ». Dans mon jardin, tranquille, avce une vidéo trouvée sur YouTube, j’ai adoré. J’ai recommencé le lendemain matin, et pendant 2 ans, j’en ai fait matin et soir. Le yoga m’a aidée à garder mon calme (bien que mes anciens collègues ne l’aient pas vraiment remarqué à l’époque !), à rester autant que possible moi-même et authentique. Et le yoga m’a soulagée, physiquement, quand je rentrais avec un profond mal de jambes (oui, quand je stresse, j’ai mal aux jambes…).

Et pourtant, à un moment, j’ai eu un doute : si le yoga m’aide à lâcher-prise, à prendre du recul, ne va-t-il pas faire de moi une mauvaise activiste ? Ou une non-activiste, une fataliste ? En fait, non, ma pratique de yoga m’a permis d’être plus forte à un moment où j’en avais besoin, d’être plus ancrée, pour pouvoir affronter les tempêtes, et pour pouvoir continuer à aimer le travail qui m’épuisait.

Alors oui, je l’ai quitté, ce travail que j’adorais et détestais, qui m’épuisait en tout cas, je l’ai quitté il y a 2 ans. Mais mon engagement reste là et prend plusieurs formes. Dont peut-être, bientôt, des cours de yoga offerts à celles et ceux qui en ont le plus besoin.

En anglais, on dit « fill your cup first » : remplis ta tasse d’abord. Comment s’engager, rester fort dans son combat, inlassablement, si on ne prend pas un instant pour nous, régulièrement, pour nous reconnecter à la source, nous reconnecter à nous-mêmes et à ce qui nous dépasse, pour nous faire du bien au corps et à l’esprit. Mon mari appelle ça le « yogactivisme ».

Activistes pour le respect des droits humains, au sens large, prenez soin de vous, votre combat n’en sera que plus fort.

#actHIVistunjouractHIVisttoujours