Connaitre nos biais d’humains pour une vie plus alignée à nos valeurs

Connaitre nos biais d’humains pour une vie plus alignée à nos valeurs

Dimanche, nous sommes allés visiter le camp d’internement des Milles, lieu de détention des étrangers considérés comme ennemis au début de la seconde guerre mondiale, puis des Juifs, jusqu’en 1942. Ce lieu de mémoire permet de mieux comprendre le rôle de la France dans la Shoah (bien plus terrible que celui qui nous est présenté dans les livres d’histoires, je pense qu’on le sait).

Parmi les traces retrouvées sur les murs du camp des Milles

La visite de ce musée se clôture sur un espace réflexif. Pour aller au-delà du classique « plus jamais ça » : puisque c’est arrivé, encore et encore, comment empêcher ce qui à première vue peut l’être ? Comment s’assurer au niveau individuel de résister à la barbarie ? De ne pas y prendre part ?

En connaissant nos biais d’humains. Si on connait nos angles morts, on a beaucoup plus de chance de ne pas agir de façon qui ne nous correspond pas. Le musée présente ainsi quatre études* sur nos façons de nous comporter en temps qu’humain : sur le rapport à l’autorité, sur notre capacité d’aider des personnes qu’on ne voit pas, sur l’effet du conditionnement, et enfin sur le conformisme.

Je trouve que le fait de savoir qu’on aura tendance à (ne pas) agir d’une certaine façon dans un cadre donné, ça nous permet de mieux nous voir et de prendre de meilleures décisions, alignées à nos valeurs.

La première, c’était une étude sur le respect de l’autorité. Un individu devait poser des questions à une autre personne, située dans une autre salle, et lui envoyer des décharges électriques d’intensité croissante quand elle répondait mal aux questions. Le responsable de l’étude expliquait que les décharges pouvaient monter jusqu’à 450 volts (mortelles).

Les deux tiers des personnes testées ont continué à infliger des décharges (heureusement fausses !) même après qu’elles aient entendu que l’individu avait mal. Parce qu’elles respectaient l’autorité : il y avait avec elles le responsable de l’étude qui leur disait de continuer. Donc même ceux qui s’interrogeaient avaient tendance à continuer, parce que la figure d’autorité qui était présente leur disait de le faire. La même étude faite avec la personne dans la même pièce a démontré que quand on voit les personnes souffrir de nos actes on s’arrête beaucoup plus tôt, malgré l’autorité. Rassurant quand même. Malgré tout, quand nos (in)actions ont un impact sur des gens qu’on ne voit pas, on aura plus de mal à défier l’autorité.

Ce sur quoi ça peut nous interpeler : quand une autorité nous demande de faire une action qui ne nous parait pas juste, prendre le temps de s’interroger par rapport à nos valeurs, aux conséquences de nos actes sur les personnes, incluant celles qu’on ne voit pas.

La deuxième étude portait sur notre capacité à aider des personnes qui en ont besoin. Dans le cadre de l’étude, de jeunes étudiants qui se rencontraient pour échanger sur leurs difficultés : elles étaient chacune dans leur bulle, avec micro, pour échanger « en toute confidentialité », sans se voir, donc, mais dans un même bâtiment. L’un des participants, un acteur recruté pour l’étude, simulait une crise d’angoisse pendant l’échange. La discussion avait lieu à 2, 3 ou 4 personnes. Quand l’échange se passait à 2, l’autre personne réagissait quasiment immédiatement pour aller chercher de l’aide. Mais plus le nombre était important, et plus les participants tardaient à réagir. Contre-intuitif, n’est-ce pas ? En réalité, chacun compte sur l’autre pour agir… Ça c’était dans une étude. Dans la vraie vie, début 2022, un monsieur de 84 ans est mort dans les rues de Paris, après qu’il ait fait un malaise et que personne, au cours d’une journée entière dans une rue passante, ne lui soit venu en aide.

Ce sur quoi ça peut nous interpeler : ne comptons pas sur les autres pour agir. Nous pouvons réagir par nous-même pour venir en aide à une personne en difficulté, et on peut même solliciter les autres pour nous appuyer dans cette démarche. Aider, c’est aussi simple que d’appeler une personne compétente (police, pompiers) pour gérer la situation.

La troisième étude a permis de démontrer les effets du conditionnement sur les violences. Elle simulait une prison pour évaluer les effets de l’enfermement sur la psychologie à la fois des détenus et celle des gardiens. Les participants, tous volontaires, ont été répartis au hasard, d’un côté les prisonniers, de l’autre les gardes. Chacun a reçu l’équipement du prisonnier ou du garde, dépendant de son rôle. Et très rapidement, violences et humiliations ont commencé, à tel point que l’étude a dû être arrêtée au bout de 6 jours (sur les 15 prévus). Un tiers des gardiens avait commis des actes violents et humiliants. La conclusion qui en a été tirée, c’est que nous pouvons rapidement être conditionnés, sans nous sentir personnellement responsable de nos actes.

Ce à quoi ça doit nous faire penser : quelles sont nos valeurs ? Nos actes sont-ils en adéquation avec ces valeurs ? Si non, que pouvons-nous faire pour retourner la situation ? Avoir quelques mots clés en tête pour résumer nos valeurs clés peut nous aider à prendre un peu de recul.

La quatrième étude démontrait les effets du conformisme : dans un groupe de personnes, des questions étaient posées, chacun devait donner la bonne réponse. Cinq des six participants étaient complices et donnaient de fausses réponses. Et dans un tiers des cas, la personne testée donnait ces mêmes mauvaises réponses alors même qu’elle savait que ce n’étaient pas les bonnes. Pour deux raisons principales : pour ne pas passer pour un imbécile aux yeux du groupe, ou pour se sentir appartenir au groupe.

Ce à quoi ça doit nous faire penser : nous avons le droit à notre point de vue même s’il est différent de celui des autres. Faisons entendre notre voix !

Nous ne sommes pas parfaits. En lisant ces mots, vous vous rappelez peut-être certaines situations où vous aussi avez agi d’une façon non alignée. C’est mon cas. C’est, je pense, notre cas à tous.

Connaitre nos biais, les risques liés à notre nature humaine, c’est nous permettre de les observer en nous quand ils émergent et se réaligner à nos valeurs, à la façon dont on souhaite se comporter. C’est aussi continuer à apprendre, à s’ouvrir aux autres, à reconnaitre nos torts parfois, à s’excuser.

L’idée n’est pas de rechercher la perfection, mais bien de vivre en accord avec qui nous sommes, en étant droites dans nos bottes, et en capacité d’assumer nos actes…

Si on fait le lien avec la philosophie du yoga, ces réflexions sont liées entre autres à Ahimsa, la non-violence, mais aussi Svadhyaya, l’étude de soi, Satya, la vérité, Saucha, la pureté.

Ahimsa, pour moi, est une bonne boussole à toujours avoir en poche et à sortir autant que nécessaire pour se repérer : suis-je en train d’être violente ? Vis-à-vis des autres ? Vis-à-vis de moi ? Vis-à-vis de la moi du futur ? (la culpabilité, le remords, font selon moi partie de la violence à soi-même…). Cette boussole est aiguisée par la connaissance de nos biais d’humains : quand on réalise qu’on ne peut pas se cacher derrière le groupe, on est plus en capacité de rester fidèle à nous-même.

 

*Pour en savoir plus sur ces études : http://www.campdesmilles.org/ressources-confinement-3.html 

Le scan corporel pour revenir ici et maintenant

Le scan corporel pour revenir ici et maintenant

Votre esprit est-il comme le mien un petit singe qui saute de branche en branche, d’une banane à une papaye, d’une chose à l’autre, constamment, sans arrêt ?

C’est notre cas à toutes : on a environ 60 000 pensées par jour, 95% d’entre elles sont répétitives d’un jour à l’autre, et 80% sont négatives.

Leur point commun, c’est qu’elles nous gardent bien souvent ailleurs que dans le présent : dans le passé, dans le futur, ça mouline à fooooond sur toute sorte de sujets. On est ainsi. Par contre, dans notre vie quotidienne, on peut rapidement se sentir détachée de nous-même à force d’être dans le mental, à essayer de suivre notre petit singe qui s’agite. Ca peut amener à une sensation de déconnexion, et on peut passer à côté de signaux importants du corps (notamment en termes de douleurs, ou de fatigue). 

Un des outils les plus simples pour ramener l’esprit ici et maintenant, c’est la pratique du scan corporel, aussi parfois appelé balayage corporel (appellation que je n’utilise pas, je visualise trop le balai🧹).

 

Qu’est-ce donc que le scan corporel ?

Il s’agit, comme un scanner, de passer en revue les différentes parties de notre corps.

Cette pratique, je vous en propose une version en clôture de chacune de mes séances de yoga : un temps pour relâcher les parties du corps, une par une, en y plaçant notre attention. C’est tout.

 

« J’ai pas de scanner ! » : comment fait-on un scan corporel ?

1. Dans quel cadre ?

On peut le faire dans le cadre d’une pratique de yoga comme je vous le propose la plupart du temps, ou bien on peut faire seulement le scan, sans préambule.

Personnellement, je préfère largement avoir une pratique physique avant pour dénouer les tensions, ressentir mon corps dans l’effort, et apaiser mon mental, pour ensuite me déposer au sol et ressentir. On est toutes différentes, et ça peut être exactement l’inverse pour vous : explorez !

2. Dans quelle position fait-on un scan corporel ?

On le fait généralement en position allongée. N’hésitez pas à prendre un coussin, une couverture, tout ce qui pourra faciliter votre confort !

Ceci dit, on n’est pas du tout obligée d’être allongée ! Le scan corporel est un excellent moyen de reprendre conscience de ce qui se trame ici et maintenant à l’intérieur de vous : ça peut très bien se faire assis, sur votre chaise de bureau, voire même debout, appuyée contre un mur. Le principal sera d’être dans un espace suffisamment sécurisant pour pouvoir fermer les yeux ou pour pouvoir en tout cas laisser votre regard se détendre.

Vous pouvez aussi faire une version « express – yeux ouverts », en situation de stress, par exemple avant une présentation, un entretien d’embauche ou un oral d’examen : ramener son attention sur les parties du corps, même sans fermer les yeux, est un excellent moyen de ralentir la spirale du mental (celle qui dit « et si je suis pas prête ? et si je raconte n’importe quoi ? et si je me souviens plus ce que je voulais dire ?)

3. Et maintenant, on fait quoi ?

Vous êtes installée, prête à scanner ? C’est parti ! On va simplement passer en revue les parties de notre corps, avec la simple intention de les relâcher (c’est ce qu’on fait ensemble la plupart du temps en cours de yoga). Concrètement, ça veut dire que vous allez placer votre attention sur une partie du corps, observer ce qu’il s’y passe (peut-être que vous ne ressentez rien, et c’est OK aussi), et détendre consciemment cette partie, comme pour laisser les tensions s’envoler. Et puis, on passe à une partie suivante, puis une autre…

Vous pouvez scanner tout le corps, des pieds à la tête, ou bien seulement une partie comme je vous le propose dans le scan du visage, ou dans le scan des jambes (dans le coffret de bulles de sérénité). Ce qui est intéressant, c’est d’apporter son attention à des parties qui n’en ont jamais : le 3e orteil par exemple, quand je le scanne, c’est toujours une redécouverte (le pauvre, trop au milieu pour se prendre le coin de la porte comme le petit orteil, trop à l’intérieur pour se prendre le coup quand je trébuche sur une marche… il n’est jamais au centre de mon attention, sauf pendant les scans !)

On peut entrer dans un joli niveau de détail : le gros orteil droit, le 2e, le 3e, le 4e, le petit orteil droit, la plante du pied droit, le talon droit, le dessus du pied droit, l’intérieur de la cheville droite, l’extérieur de la cheville droite… Ou on peut être dans quelque chose de plus rapide : les pieds, les mollets, les genoux, les cuisses… C’est à expérimenter, pour explorer vos préférences !

Peut-être que vos pensées vont vouloir aller à droite à gauche : observez la pensée, nommez-la (avec un mot), et puis ramener votre attention au souffle et au corps ! C’est parfaitement OK, et vous n’avez rien raté du tout ! 

4. Et après le scan corporel ? 

Une fois qu’on a passé en revue tout notre corps, on prend quelques instants pour rouvrir les yeux, reprendre contact avec ce qui nous entoure… On peut s’étirer, faire les mouvements dont on a envie… Et puis, si on est allongée, on se tourne sur le côté pour pousser dans les mains pour se rasseoir.

Prenez le temps qu’il vous faut pour ne pas vous relever trop vite. Si jamais vous avez la tête qui tourne ou une sensation désagréable, rallongez vous le temps que les choses s’apaisent !

 

Les bienfaits du scan corporel

Le scan corporel nous permet de revenir dans notre corps, ici et maintenant, et donc d’apaiser le stress. Il nous aide également à cultiver notre concentration : quand il s’agit de placer son attention sur le 3e orteil gauche, ça demande un bel effort pour le localiser, et le relâcher !

De façon répétée, le scan corporel peut nous aider à mieux accepter notre corps, tel qu’il est, avec ce qu’on aime de lui, ce qu’on aime moins, ce qui nous pèse, ce qu’on souhaiterait différent.

Et puis, soyons honnête, c’est une pratique trop cool quand on n’a pas envie de se bouger mais qu’on veut quand même prendre soin de soi !

Les postures d’équilibre dans la joie !

Les postures d’équilibre dans la joie !

Les postures d’équilibre font partie des plus connues en yoga : entre les postures sur les mains, la tête, celle de l’arbre ou du danseur, elles font partie des poses les plus représentées dans les magazines ou sur les réseaux sociaux.

Pourtant, on peut passer des cours et des cours entiers sans posture d’équilibre à proprement parler. Et elles ne sont pas forcément toujours très aimées…

 

Faire des postures d’équilibre, pourquoi ?

Au niveau physique, elles sont souvent exigeantes : maintenir tout notre poids sur une seule jambe pendant plusieurs dizaines de secondes, ça sollicite énormément. Pas seulement les muscles des jambes d’ailleurs, mais aussi les abdominaux et le reste du corps. Les postures d’équilibre renforcent ainsi les articulations, notamment au niveau des chevilles (pour les postures sur les pieds !).

Et puis, les postures d’équilibre nous sollicitent tellement que nous ressentons assez rapidement un sentiment de paix, ou en tout cas de calme, et nous permettent de nous ancrer dans l’ici et le maintenant. Idéal pour trouver un peu de sérénité !

En équilibre, on vient aussi cultiver la concentration : puisqu’elles nous mettent souvent au défi, tout notre être est tourné vers le maintien de ces postures, peu de place pour les pensées envahissantes !

 

Quelques conseils pour stimuler ton équilibre dans les postures de yoga

Pour que nous réussissions à garder notre équilibre, nous avons d’abord besoin d’un bon alignement de départ. Par exemple, avant de commencer la posture de l’arbre, assure-toi que tu es bien droite, les pieds parallèles l’un à l’autre et à la largeur des hanches ou bien collés l’un à l’autre. Dans tous les cas, on veut être aussi aligné que possible, et on souhaite aussi que les pieds soient bien étalés au sol. Pour cela, on peut soulever les orteils, les écarter si c’est possible, puis les redéposer au sol. Au sujet de l’alignement, tu vas probablement sentir que tu le perds un peu au moment où tu soulèves un de tes pieds pour entrer dans la posture. Prends un instant pour venir réaligner tout ce qui peut l’être, dans le respect de ton corps. 

Un autre élément qui entre en jeu bien sûr, c’est la force : si on a peu de force dans les jambes, ça va être difficile de tenir longtemps sur une jambe, si nos abdominaux sont raplapas, ça va être compliqué de garder le genou soulevé vers le ciel pendant très longtemps. C’est une question de pratique, pas de panique ! Entre et sors de la posture autant de fois que nécessaire et engage les muscles des jambes.  Peu à peu, tes muscles vont se renforcer et tu pourras rester plus longtemps dans la posture.

Et puis, on va venir fixer un point à l’horizon, et se concentrer dessus pour rester dans la posture. Ce n’est pas si facile que ça si on pratique dans un espace où on n’est pas seule (si tes enfants jouent autour de toi par exemple !) ou si tu veux regarder la vidéo posée ailleurs qu’en face de toi en même temps. Laisse toi plutôt guider par ma voix, et lâche prise sur le visuel : fixe ce point face à toi et concentre-toi dessus, c’est aussi ce qui te permettra de te connecter à cette fameuse paix intérieure ! 

 

Joue avec ton équilibre

Il arrive bien souvent qu’on le cherche mais qu’on ne le trouve pas, ce fichu équilibre ! Ou bien qu’on le perde en cours de route… Et c’est OK ! Je t’invite à voir ça plutôt comme un jeu, ça te donnera envie d’y revenir et d’expérimenter, dans la joie : accueille !

Je te donne quelques possibilités de variations de l’arbre, une posture qu’on pratique souvent ensemble :

 

Perdre l’équilibre, encore et encore, ça peut être frustrant sur le coup. L’équilibre peut être fluctuant d’un jour à l’autre, peut-être que demain ce sera mieux. Ne te juge pas. Si tu tombes, ris ! Tu m’as d’ailleurs peut-être déjà vue, dans une posture d’équilibre, reposer le pied soulevé à terre le temps de retrouver mon équilibre : et oui, moi aussi mon équilibre va et vient !

N’hésite pas à pratiquer avec un mur ou une chaise : tu pourras t’y appuyer le temps de trouver l’équilibre, puis t’en défaire progressivement, si tu le souhaites… C’est un bon moyen de cultiver l’équilibre, en respectant ton corps et ce qu’il peut à un instant T. Si tu êtes enceinte, avec le centre gravité qui évolue tout le long de la grossesse, c’est d’autant plus important de pratiquer les postures d’équilibre près d’un mur, car même si tu as l’habitude de les faire, avec le corps qui change, les repères ne sont pas les mêmes.

Alors, as-tu trouvé ton équilibre ? N’oublie pas, la Terre est toujours là pour te rattraper !

Revivre ses meilleurs souvenirs à travers ses 5 sens

Revivre ses meilleurs souvenirs à travers ses 5 sens

Dans le contexte actuel, il est facile de se laisser embarquer dans toutes sortes de pensées négatives et des émotions difficiles qui viennent avec. Tout le monde en parle tout le temps (on a le choix de sujets collectifs lourds, en plus).

Contrairement à ce qui apparait peut-être ici, je ne suis pas la reine de l’optimisme, je suis consciente des défis de l’humanité, covid ou pas, guerre ou pas. C’est pour ça que les pratiques comme le yoga me font tellement de bien, pour me remettre dans l’ici et maintenant, et dans mon pouvoir à moi : de choisir ce que je veux vivre et comment je veux le vivre.

Aujourd’hui, je vous propose de vous faire vivre des émotions agréables, en vous créant une bibliothèque de souvenirs à partir de vos 5 sens (si vous avez le coffret de bulles de sérénité, il y a une pratique à ce sujet, un peu différente de ce que je vous propose ici). Mariage, premiers pas d’un enfant, vacances formidables, repas de famille, succès professionnel ou scolaire… Peu importe la nature des souvenirs, on veut que ça vous fasse planer.

Listez vos 10 chouettes expériences. Oui, dix, on se fait un bon petit stock. Peu importe si c’est le « Top 10 » (mon mari adore classer nos séjours, nos randonnées, nos balades en Top 1, Top 2, Top 3… moi je ne vois pas comment faire ça. Je peux juste dire « ça c’est une de mes préférées »), ou si c’est juste les premiers 10 souvenirs qui vous viennent en tête !

Et puis c’est parti, asseyez-vous ou allongez-vous confortablement, fermez les yeux ou laissez votre regard se détendre. Prenez le temps de laisser votre corps se déposer au sol, observez votre respiration. Et puis, avec le premier souvenir de votre liste, décrivez-le pour vous-même à partir de vos 5 sens. On commence par définir où on est, et on égrène les 5 sens : je vois… j’entends… je sens… j’ai le goût… je touche…

Par exemple : je suis sur les rives d’un lac au pied de Fitz Roy, ce pic au cœur de la Patagonie. Je vois cette eau profonde, les montagnes au loin, le ciel bleu, et Fitz Roy au loin, les oiseaux qui vont et qui viennent, le reflet incroyable dans le lac. J’entends le bruit du vent, les oiseaux qui se poursuivent, le bruit de l’eau qui clapote, les cailloux qui crissent à chacun de mes mouvements. J’entends surtout le calme et le silence. Je sens l’odeur de l’air frais et pur, des arbres qui nous environnent, du café qu’on vient de préparer après la nuit sous la tente. J’ai le goût du café et des flocons d’avoine dans la bouche. Mes doigts enserrent la tasse de café pour se réchauffer, je suis assez inconfortablement assise, j’ai froid, et je sens les rayons du soleil qui essaient de me réchauffer (toucher).

C’est simple et en même temps, ça demande un vrai effort de se souvenir de tout ça à travers nos sens. Ca permet de faire taire le mental quelques temps au passage.

En pensant à ces doux moments, votre cerveau va déclencher les émotions qui les accompagnent. Le subconscient ne distinguant pas l’origine des émotions (d’expériences passées ou présentes), on façonne notre esprit pour lui faire vivre des émotions agréables, pour qu’il les reconnaisse et s’en empare à chaque fois que c’est possible pour lui.

Parce que notre cerveau est une merveilleuse machine qui a aussi besoin d’un peu d’entrainement : si on a l’habitude de tout voir en gris ou en noir, on aura tendance à ne voir que le gris ou le noir. Apprendre à voir plus de couleurs dans la vie, à vivre des émotions plus agréables, c’est possible, et ça passe, entre autres, par ce type de petits exercices !

Alors, vous allez essayer ? Racontez-moi ! 

3 mudras pour agir sur le corps et l’esprit

3 mudras pour agir sur le corps et l’esprit

J’aime de plus en plus les mudras, ces gestes que l’on fait principalement avec les doigts et les mains, et qu’on appelle souvent « yoga des mains ». Je trouve que c’est une façon simple de prendre soin de soi et facile à incorporer à son quotidien.

Aujourd’hui, je vous partage 3 mudras que j’aime particulièrement, soit parce qu’elles ont un effet important sur moi, soit parce que vous m’avez dit en ressentir les effets pendant les cours de yoga.

Rappelez-vous : explorez ces mudras, voyez ce que vous ressentez. Si jamais c’est désagréable ou inconfortable, défaites vos doigts et vos mains. Vous pouvez les pratiquer n’importe où et n’importe quand, une minute ou 15 minutes, c’est comme vous préférez, même devant la télé, dans les transports (si vous ne conduisez pas !). Plus souvent on va pratiquer, même en faisant autre chose, plus on va ressentir les bienfaits des mudras.

 

Hakini mudra

Cette mudra, il arrive qu’on y vienne naturellement quand on est en train de réfléchir intensément à quelque chose. Vous avez peut-être déjà vu des politiques ou des collègues la faire… On peut avoir tendance à la faire naturellement quand on est en train de « ramasser » toutes nos idées : symboliquement, avec nos mains ainsi positionnées, c’est un peu ce qu’on fait. Avec cette mudra, on stimule la concentration, mais aussi l’équilibre.

Quand j’ai appris cette mudra, j’ai immédiatement pensé à une personne avec qui j’ai beaucoup travaillé. Souvent, quand il avait quelque chose de compliqué à dire, hop, ses doigts se plaçaient automatiquement en hakini mudra.

Et pour cause, elle est très simple et naturelle : on vient simplement rejoindre le bout des doigts ensemble, écartés les uns des autres. Et c’est tout.

Je la pratique personnellement les mains au niveau de la région du coeur, mais elle est souvent enseignée plutôt au niveau du ventre. Je vous invite comme d’habitude à tester, expérimenter et voir ce qui vous convient. Vous pouvez la pratiquer aussi dans une posture d’équilibre, comme dans celle de l’arbre.

 

 

Ushas mudra

Cette mudra nous permet d’apaiser le stress, et d’apporter de la clarté sur les situations que l’on traverse. Elle nous aide aussi à mettre en place de nouvelles habitudes. Et elle stimule la production d’endorphines, l’hormone du bien-être. Je la trouve personnellement très apaisante. J’aime la déposer au niveau de la gorge ou au niveau du coeur.

Ushas mudra ne se fait pas de la même façon selon qu’on soit un homme ou une femme (et si vous ne vous identifiez à aucun de ces deux genres, expérimentez les deux versions et choisissez celle qui est juste pour vous).

Pour faire cette mudra, on entrelace les doigts : pour les femmes, la main gauche sera au-dessus (l’auriculaire droit est en-dessous), pour les hommes ce sera la main droite (l’auriculaire gauche est en-dessous).

 

Prana mudra

Celle-ci, c’est celle sur laquelle j’ai le plus de retours quand j’enseigne. Elle fait circuler l’énergie vitale, elle agit contre la fatigue, et est utilisée de façon générale pour la santé.

L’index et le majeur de chaque main sont tendus, collés ou bien légèrement séparés. Et on vient déposer le bout du pouce, de l’annulaire et de l’auriculaire en contact avec les uns avec les autres. On dépose le dos des mains sur les cuisses ou les genoux.

Vous avez pratiqué, et vous ne ressentez pas de bienfaits ? C’est normal, c’est assez subtil et ça peut prendre du temps ! Je vous invite à pratiquer « sans attente » (facile à dire, plus difficile à faire, je vous l’accorde), et à explorer sans vous décourager !

 

Vous aimez les mudras ? Voilà quelques articles qui vous intéresseront sans doute :